Flexiprofs, nanotechs et école des fans

A en croire Rocard, qui nous annonce que « 900 000 enseignants, c’est fragile, ça ne se traite pas à la tronçonneuse, c’est plutôt de l’arboriculture », plus l’institution à réformer est grosse, plus les outils pour le faire doivent être petits. On comprend dès lors pourquoi Sarkozy est passé, sur les neuf derniers mois, de la pelleteuse à la pince à épiler. Avec le rapport Pochard, nous entrons dans le domaine merveilleux des nanotechnologies politiques, où chaque avancée d’un nanomètre est le résultat d’âpres discussions…

Le sujet, il est vrai, est à la Politique des Réformes en Fraônce ce qu’une bombe thermonucléaire est à l’explosif haute densité genre TNT. Il s’agit ici de l’un des deux bastions syndicaux du pays, avec la Sécurité Sociale, celui qui forme nos chères têtes blondes à manipuler le SMS et les arts martiaux en milieux éducatifs sensibles : l’Education Nationale.

En produisant un épais rapport (269 pages), Pochard et son groupe de mercenaires[1] de divers horizons devait fatalement s’attendre, en tentant une analyse critique du diplodocus, à des réactions fleuries et mesurées, ainsi qu’à la mise en avant par les syndicats de toute leur bonne volonté pour faire marcher le biniou, dont tout le monde s’accorde à dire qu’il ne produit plus guère que du vent.

Cela n’a évidemment pas loupé : déjà pendant les travaux, des soubresauts avaient agité la commission au point que Rocard, l’un des cowboys du groupe, avait dû faire parler la poudre avant la publication des résultats de leurs cogitations. Tout aura donc été fait pour que l’épais bébé ne soit pas immédiatement noyé dans l’eau de son bain saumâtre où tentaient pourtant de l’y enfoncer la presse, les syndicalistes et une bonne partie des profs.

Maintenant qu’il est paru, analysons rapidement son contenu, et écoutons d’une oreille attentive les hurlements d’orfraie des populations concernées. En résumé, voici ce qu’on peut y trouver :

  1. bivalence : les profs seraient amener à couvrir, progressivement, deux matières.
  2. « annualisation » du temps de travail et prise en compte des heures de préparation des cours
  3. développement de l’autonomie des établissements
  4. évaluation du corps enseignant et reconnaissance de la performance
  5. simplification du recrutement
  6. hausses de salaires, bien sûr
  7. quelques aides pour les jeunes profs

En gros, les mesures préconisées sont somme toute assez légères, et, conformément à ce que laissait supposer l’introduction de ce billet, on est en train d’infliger une solide camomille des familles à un malade de la gangrène. Rien de tel pour requinquer l’animal, dira-t-on, sourire au lèvre et pince-à-linge sur le nez pour se protéger des effluves abominables que la bête refoule dans ses derniers spasmes.

Et on ne peut pas s’y tromper : les beuglements à 120 décibels des syndicats sur certaines propositions, notamment les trois premières, ne laissent aucun doute sur la justesse de l’idée de départ.

Ainsi, la bivalence, qui fonctionne très bien dans à peu près tous les autres pays européens, est rigoureusement impossible à mettre en place en Fraônce parce que … parce que … Et là, je suis bien embêté, parce que le repaire de brigands SNES-FSU ne semble pas donner d’arguments pour lequel cette bivalence serait l’apocalypse éducative qu’ils prophétisent à chaque communiqué de presse. On ne peut donc que supposer que les malandrins s’imaginent faussement que la bivalence a quelque chose de sale, de retors ou de moralement répréhensible. Encarté au SNES, si – égaré par folie sur ce site libéral – tu me lis, n’aie pas peur ! La bivalence n’a rien d’une pratique sexuelle honteuse. Toi aussi, tu peux enseigner deux (2) matières à tes élèves. Ce n’est pas sale et c’est possible : d’autres profs, dans d’autres pays, l’ont tenté et y sont parvenus ! Serais-tu trop mou du genou pour y arriver toi aussi ?

Le développement de l’autonomie des établissements, lui aussi, provoque la tétanie et les braillements. Pourtant, en donnant finalement un minimum de levier au directeur pour orienter son collège ou son lycée, on donne aux équipes en place un moyen de se démarquer des autres, de mettre en avant des méthodes éducatives innovantes, mieux adaptées au terreau social dans lequel l’école est implantée. C’est aussi l’occasion d’introduire un peu de concurrence entre les établissements. Et là, patatras, le mot est lâché : concurrence. Évidemment, à ce mot, les zizis des syndicats se rétrécissent d’un coup, comme baignés par une eau printanière bien fraîche lors d’un bain à Knokke-Le-Zoute. Introduire la concurrence, c’est admettre, grands dieux, qu’il pourrait y avoir des *bons* et des *mauvais* établissements. Fini l’égalitarisme, fini l’enseignement formaté aussi bien pour l’établissement en ZEP de Troufignou-Les-Rixes que pour le lycée Henry IV (eh oui : tout le monde sait bien qu’actuellement, un bachelier de l’un et l’autre établissement se valent exactement !).

Enfin, évaluer le corps enseignant, c’est admettre, là encore, qu’il pourrait exister des maîtres adulés de leurs disciples, des enseignants aux méthodes éprouvées dont la classe, tant bien que mal, sait lire et écrire à l’arrivée en 6ème, et d’autres profs, aux résultats plus … mitigés, joyeusement détestés de leurs élèves. Or, cela est impensable car, à l’image d’une école des Fans où 900.000 bambins seraient venus pousser la chansonnette pour Jules Ferry, le corps enseignant est homogène et tout le monde a 10/10 : il n’y a que des bons. On m’objectera qu’il est difficile d’évaluer les profs, que la réussite ou l’échec d’un élève dépend aussi de ce dernier, etc… Je dirai bof, dans la mesure où ces évaluations existent déjà dans le privé et dans les autres pays où le prof incompétent ne voit pas son contrat renouvelé. Diable : le privé a donc une formule magique ancestrale, gardée depuis de lustres par des trolls et des gobelins et l’Education Nationale n’est pas outillée contre les enchantements de cet ordre ! Zut.

Décidément et à la réflexion, ce rapport, franchement peu violent, déclenche une tempête à la mesure de l’immobilisme d’airain de nos chers syndicazenseignants, dont la raison d’être est, on le voit encore, de s’opposer (« Pour Rien, Contre Tout »).

La vraie question qui demeure, cependant, et au-delà des modifications cosmétiques ou légères que ce rapport propose, est de savoir pourquoi le métier d’enseignant est à ce point dévalué actuellement. Car, si l’on se rappelle un tant soit peu les années 60 ou 70, il existait bien des enseignants qui n’étaient pas payés plus qu’actuellement (moins, même), et qui pourtant étaient respectés des parents et des élèves. Pourquoi a-t-on observé un tel glissement sur ces 30 dernières années ?

On peut noter tout d’abord la plus forte politisation des écoles au fur et à mesure que les générations des années 80 sont arrivées à la place de leurs ainés. L’école, le collège et le lycée sont devenus des lieux d’expressions politiques. Dans le même temps, on a observé la montée en puissance des méthodes d’enseignements novatrices, bricolages infâmes de techniques fumoïdes visant à placer l’apprenant au cœur du système interactif d’apprentissage. Petit-à-petit, l’élève, dont le rôle consistait essentiellement à écouter et à prendre une place hiérarchique inférieure à celle du maître, est devenu un égal de ce dernier, pendant que les bases même de l’instruction étaient ballotées entre les maths modernes, la méthode de lecture globale, les ateliers poterie et pâte-à-modeler, et une croissance exponentielle des heures pour taper dans un ballon ou son voisin.

L’enseignant, devenant lentement mais sûrement un intermède pénible dans la vie de l’enfant-roi, s’est transformé en garde-chiourmes / assistant social. L’impossibilité, dans les faits, de noter les élèves à leur valeur exacte pour ne plus constituer que des appréciations molles d’un niveau flou, a poussé encore un peu plus loin le principe (déjà évoqué) de l’école des fans : tout le monde a gagné (qui le passage en 6ème, qui le brevet, qui le bac). L’enseignant est devenu alors un simple rouage servant à refiler la patate chaude au rouage suivant.

Et, force est de le constater, un petit rouage qui se charge de déplacer des patates chaudes n’a pas, dans une société, une grande valeur. Tant qu’on ne changera pas ceci, les profs se sentiront toujours mal vus. Et ils auront raison.

Le Maônde

Notes

[1] Notez bien l’ordre ; je n’ai pas dit Mercenaire et son groupe de pochards, hein.

J'accepte les BCH !

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Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
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Commentaires31

  1. max_00

    Une remarque au passage:

    vous dites "L’impossibilité, dans les faits, de noter les élèves à leur valeur exacte pour ne plus constituer que des appréciations molles d’un niveau flou, a poussé encore un peu plus loin le principe (déjà évoqué) de l’école des fans : tout le monde a gagné (qui le passage en 6ème, qui le brevet, qui le bac)."

    Je pense que vous cessez en trop bon chemin! malheureusement!

    J’ai eu l’occasion d’enseigner à l’université, et je peux témoigner que le deug, la licence, la maitrise, le dea, et meme un doctorat ne valent pas plus!

    Savez-vous pourquoi l’on "recrute" 50 doctorants par an à Bordeaux en chimie alors qu’il n’y a que 3 postes par an? Simplement parce que la bourse de these des doctorants comporte une part de financement pour le laboratoire!

    Savez-vous pourquoi le CNRS impose aux jeunes docteurs de partir deux (2) ans à l’étranger avant de pouvoir se frotter aux concours "républicains"? Simplement parce qu’au bout de deux ans, vous n’avez plus droit au chomage (chomage qui est payé en partie par les laboratoires)

    Je pourrais vous livrer de nombreuses "petites" phrases entendues au cours de mon parcours de jeune chercheur …
    du genre :

    – "la thermochimie je n’y ai jamais rien compris, les étudiants n’auront qu’à se démerder" … dixit un enseignant chercheur avec 10 ans "d’expérience"
    – "l’important c’est ta thèse, l’enseignement c’est secondaire et ça obligera les étudiants a bosser" … dixit mon co-directeur de thèse
    – "Ta méthode va certes plus vite et donne les bon résultats, mais ici nous travaillons pas de cette façon et on ne va pas changer une méthode établie depuis 10 ans" .. No comment … A se demander à quoi servait mon travail.
    – "Que vas tu devenir dans la vie si tu n’obtiens pas ta thèse ?" … J’avoue que celle-là c’est ma préférée, je ne pensais quand même pas que je ne puisse rien faire avec un bac+5 en poche. Je n’ai même pas trouvé la force de rire quand j’ai entendu cette phrase.

    Et je vous en passe des grandioses et des pas tristes …

    Au jour d’aujourd’hui les facs de sciences acceptent n’importe qui pour remplir les "quotas" nécessaires pour ouvrir les filières !

    Quand j’ai quitté la fac en 2004, 50% des heures de cours des enseignants (qui avaient été payées) n’avaient pas été effectué … faute d’étudiants !

    Et je ne parle pas des modalités de notation qui changent en cours de cursus, des moyens douteux mis en œuvre pour remplir les amphis et justifier les postes, de l’état de délabrement des bâtiments de recherche (dans certains, il y a encore des équipements qui fonctionnent en 110V), etc etc etc etc

    Et là je ne parle pas d’une obscure fac du fin fond de sa grotte ! Je parle de Bordeaux 1 !

    max

  2. Ce que vous racontez confirme malheureusement ce que j’ai pu vivre moi-même, à un degré moindre, lors de mes propres études (terminées quelques années avant vous). Comme quoi, non seulement la situation n’est pas brillante, mais le recul permet de voir qu’elle empire !

  3. bibi33

    bivalence : les profs seraient amener à couvrir, progressivement, deux matières.

    Je me demande à cette occasion comment sa fait-il que pour le bonheur de nos chers apprenants les syndicats de l’éducation nationale tolèrent l’existence de professeur de physique-chimie!

    Et comment ils arrivent à justifier que la bivalence physique-chimie existe (et ne semble pas devoir être remise en question) alors qu’un professeur doit enseigner exclusivement une et une seule matière afin de garantir la qualité du service public de l’éducation!

  4. El Gringo

    "Il s’agit ici de l’un des deux bastions syndicaux du pays, avec la Sécurité Sociale, celui qui forme nos chères têtes blondes à manipuler le SMS et les arts martiaux en milieux éducatifs sensibles : l’Education Nationale."

    Et bien sûr, ces deux bastions participent activement à la ruine du pays. Jusqu’où iront-ils? Que se passera t’il quand les bailleurs de fonds étrangers, considérant que la France est devenu insolvable, couperont le robinet à pognon? Qu’arrivera t’il quand l’état ruiné ne pourra plus payer ses fonctionnaires? On pourra se réjouir de la fin de ce système ubuesque mais les dommages "collatéraux" risquent de faire extrêmement mal.

  5. Anton WAGNER

    "Je me demande à cette occasion comment se fait-il que pour le bonheur de nos chers apprenants les syndicats de l’éducation nationale tolèrent l’existence de professeur de physique-chimie!"

    >>> Et on pourrait en dire autant de l’histoire-géographie !

  6. stephane

    J’ai eu mon bac à la fin des années 90,"à l’époque",ce diplôme ne valait déjà plus grand chose et j’ai pu l’ obtenir uniquement parce que je maitrisait à peu près correctement la langue française et deux trois notions de culture générale
    j’ai été ensuite diplômé des Beaux Arts alors qu’à l’époque je peignais comme un cochon
    on peut maintenant voir les ravages de la "méthode de lecture globale" sur beaucoup de blogs où les jeunes internautes sont incapables de former une phase correcte ou d’utiliser quelques signes de ponctuation.
    Sans vouloir jouer au "vieux con de service",il serait temps de mettre un coup de pied dans la fourmillière et de virer tous les profs incompétents afin qu’ils ne puissent plus fabriquer à la chaine des individus illétrés et incapables par la suite de choisir une voie qui leur convienne

  7. gnarf

    Concernant les methodes d’enseignement, il y a quand-meme quelque-chose qui m’epate.
    Je me rappelle avoir vu plusieurs reportages sur le systeme educatif d’un pays nordique (je ne me rappelle plus lequel), avec:
    – des methodes d’enseignement dignes de mai 1968. Eleves pas forces d’apprendre, tout le monde en rond…etc.
    – les eleves a la sortie de ce systeme avaient de tres tres bons resultats aux tests, peut-etre meme les meilleurs.

    Intriguant.

  8. bibi33

    @gnarf

    Ce la n’a rien d’intrigant il suffit juste de concevoir le test de manière à ce que seul les élèves ayant reçu les enseignements avec la méthode pédagogique puisse comprendre les questions!

  9. Jesrad

    Les pays nordiques ? Vous parlez bien de ces pays où les établissements sont complètement autonomes et en concurrence entre eux (d’où une grande diversité et des niveaux différents de l’un à l’autre – le collège unique, on connaît pas chez eux), où les profs sont rémunérés aussi en fonction de leur performance et où le programme scolaire est une liste d’objectifs à tenir sur l’ensemble de la scolarité plutôt que par année, permettant une plus grande liberté d’enseignement ?

    C’est intriguant, en effet, que leurs résultats soient bons 😀

  10. Flak

    moui mais ca on a du leu proposer aux francais et ils ont du faire "peuh!" comme il font pour tout ce qu’on leur propose de nouveau 😀 …
    et pas uniquement les gauchistes.
    La culture et l’attitude au quotidien y est pour beaucoup.Elle y est pour beaucoup dans la sensation de rejet qu’on les jeunes vis a vis des vieux, les immigres vis a vis des locaux, etc etc.
    peuh!

  11. geo

    bon,après avoir lu vos "élucubrations" (y manque celles d’Antoine), que me conseillez vous, d’aller à l’école ou de rester chez moi, je ne sais plus trop quoi penser de ce système……..
    J’attends donc vos conseils (avisés bien sûr)

  12. diable moelleux

    "Encarté au SNES, si – égaré par folie sur ce site libéral – tu me lis, n’aie pas peur ! La bivalence n’a rien d’une pratique sexuelle honteuse. Toi aussi, tu peux enseigner deux (2) matières à tes élèves. Ce n’est pas sale et c’est possible : d’autres profs, dans d’autres pays, l’ont tenté et y sont parvenus ! Serais-tu trop mou du genou pour y arriver toi aussi ?"

    Bonsoir, voici un "encarté" du snes qui a ceci à dire :
    – je suis parfaitement conscient qu’il est possible d’enseigner deux matières (à condition d’avoir la formation correspondante néanmoins)
    – mais ce n’est pas parce qu’on PEUT le faire qu’on DOIT le faire : regardons d’abord si ça sert à quelque chose, en particulier si ça apporte quelque chose de positif aux élèves !

    Or jusque là, il n’a jamais été établi que la bivalence des profs rendait les élèves meilleurs (on voit pas bien le rapport, même). Au contraire, un prof bivalent est nécessairement moins bon (dans ses matières) qu’un prof spécialisé (dans la sienne). Donc si on choisit de rendre les profs bivalents, alors il faut carrément admettre publiquement qu’on souhaite un enseignement de qualité inférieure. Au passage, notez qu’il y a déjà eu des profs bivalents en France par le passé (les PEGC) mais leur recrutement a été abandonné après plusieurs années, précisément parce qu’ils ont été jugés insuffisamment compétents dans les disciplines qu’ils enseignaient.

    Dire qu’il faut faire ceci ou cela parce que les autres pays le font, c’est un argument "panurge" qui ne vaut vraiment pas grand chose.

    On considère aujourd’hui en France que si le niveau baisse, c’est à cause des profs… on en déduit qu’il faudrait que les profs travaillent plus pour que les élèves réussissent mieux…

    Apparemment on pleure les valeurs perdues par ici ; tiens ! moi aussi je les pleure, et pas mal de profs avec moi. Mais il ne vient à l’idée de personne que ce sont *les élèves* qui doivent travailler plus sérieusement pour progresser ? Personne ne se rend compte que la culture de consommation, de la facilité, de la télé, dans laquelle ils baignent, sont en contradiction avec la valeur "travail" ?

    Mais non, ici on est aveugle, on est consommateur et on confond l’école avec un service, on croit que l’élève-client n’a qu’à payer pour que le savoir vienne à lui comme ça, sans effort, tout seul. Bin tiens !

    En tous cas, votre mépris pour les profs ne vous aide pas à dire des choses intelligentes sur un sujet que manifestement vous ne connaissez pas.

    Comme si je me mettais à donner des conseils à mon boulanger pour faire son pain.

    @ geo : conseil avisé, fuis ce blog qui remâche des idées en dehors de la réalité (*) et lis ce qu’ont écrit de vrais penseurs : ouvre les livres de philo et d’économie et apprends et découvre par toi-même en plus du minimum vital que te fournit l’école, bien obligée de te proposer un truc au rabais vu le niveau ambiant… et surtout, lis de plusieurs sources (à gauche et à droite) histoire d’avoir un panorama un peu complet.

    (*)à l’exception de quelques-unes qui sont intéressantes

  13. Titi

    @Diable moelleux :

    J’ ai eu mon bac en 2006 et avec mention. Après l’ avoir obtenu je suis entré à l’ université de droit d’ aix-marseille. Et là je me suis surpris à aimer travailler. J’ avais devant les yeux des professeurs captivants ! CAPTIVANTS.
    Je suis maintenant convaincu d’ une chose :
    C’ est le prof qui fait la matière , qui passionne ses élèves. Le prof qui arrive en cours et qui dicte son cours , celui là il se fera chahuter et les élèves ne travailleront pas. Autrement dit autant rester à la maison et bosser sur des bouquins (chose qui est permise à la fac mais interdite au lycée ! aberrant ).

    donc arretez d’ accuser les élèves: un enseignant un vrai ( et j’ en ai vu pas mal pour le moment dont très peu dans le public (3 en fait dans le public et bizarement ils étaient profs de maths ou de physique ) un enseignant donc un vrai rend les élèves amoureux de la matière qu’ il enseigne.

    vous êtes incompétent et vous vous le cachez en accusant les élèves. croyez moi faites l’ effort de captiver vos élèves de les passioner et ils se mettront à bosser ( pas pour vous faire plaisir mais parce qu’ ils "kifferont" la matière.

    autre chose qui fonctionne bien sinon pour les faire bosser : contrôle à chaque séance de 10 minutes. Aaaahhh evidemment vous travaillerez plus… mais ça c’ est un autre problème

  14. geo

    @ diable moelleux,

    merci pour les conseils que vous pensez être avisés, mais de part la référence à Antoine vous auriez pu penser que j’avais quitté la barboteuse depuis longtemps,

    bref mais les conseils que vous donnez sont à peu près les mêmes que je donne a mes « petits enfants » et que j’ai donné (sans grand succès) à mes enfants.

    Oui , comme vous je ne pense pas à la qualité de la bivalence des profs (ils ont déjà bien du mal avec la mono-valence), les seules matière où l’on peut admettre cette bivalence, sont la physique chimie et l’histoire géographie (ces matières peuvent avoir des liens communs).Cette bivalence peut être pratiquée dans le primaire, au collège, mais pour le reste du cursus la monovalence est gage de qualité.

    ’’ On considère aujourd’hui en France que si le niveau baisse, c’est à cause des profs… on en déduit qu’il faudrait que les profs travaillent plus pour que les élèves réussissent mieux…’’

    Effectivement les niveaux ont baissés, et l’on vous dira qu’il est plus élevé qu’avant dans certaines matière et l’on vous cite l’informatique…..ben tien c’est vrai qu’en 1966 on était nul en informatique….et pour cause…..

    Vous dites pleurer les valeurs perdues, c’est bizarre mais vous parents, enseignants….vous en êtes les instigateurs de ce déclin…rappelez vous ‘’’il est interdit d’interdire’’’ cela ne vous dit rien ? Avant le prof était respecter, mais maintenant c’est un ‘’pote’’ il tutoie, il appelle l’élève par sont prénom, s’assois sur le coin de sa table…etc…quand l’élève s’en ramasse une, que font les parents d’aujourd’hui…..ils vont s’en prendre au prof…

    Personnellement je ne méprise pas les profs, je méprise le laxiste dont il font preuve, plutôt que de faire grève pour des actions futures hypothétiques, ils feraient mieux de faire grève pour la suppression des parents d’élèves, ils devraient faire grève pour restaurer leur autorité dans l’école, demander a ce que les niveaux soient rehaussés……

    Cessez vous les enseignants de défendre cette démagogie de l’égalité des chance, demandez plutôt aux élèves l’égalité dans le travail….

    A propos j’ai 64 ans, et 30 ans dans la recherche….et cela grâce aux professeurs d’avant 1968, eux au moins avait a cœur leur job, et la réussite de l’élève….ce dont je ne suis pas sûr avec les profs de maintenant…

    Et puis ce blog entre nous est une fenêtre ‘’’pamphlétaire’’ de la réalité cela me permet de compléter mon panorama….

    Allez merci tout de même des conseils et amitié

  15. geo

    @Titi
    Bravo, pour votre bac..mais n’en tirez pas gloire, il est dommage qu’il ait fallu la fac pour que vous découvriez l’art et "l’amour" du travail…

    Il y a certainement un part de responsabilité des profs dans l’art et la manière d’enseigner, si l’élève lambda n’a pas envie d’apprendre, comment faire? si VOUS avez la recette soyez en sûr les profs sont demandeurs.

    En classe il y a deux partis: celui qui sait, et celui qui veut savoir mais est ce réellement comme cela, ne traitez donc pas les profs comme vous le faites, ils ont des défauts mais les élèves n’ont aucunes qualité que celles de se croire supérieurs…….

  16. geo

    @ H16

    Merci de vos réflexions sur la société française, même si ce n’est pas au gout de tout le monde.

  17. geo

    et zut, en relisant je constate des fautes, vous voyez même le correcteur d’orthographe est foireux, il n’y a pas que l’école…….alors pardonnez moi ces fautes qui sont des fautes et pas des erreurs de frappe…..

    merci….

  18. @geo : merci pour vos commentaires. Je ne partage pas toujours votre point de vue, mais j’apprécie votre modération et votre respect.

    @diable moelleux : … que dire si ce n’est « Quelle caricature ! ».

    Vous vous comportez, en effet, comme la caricature de l’intervenant collectiviste qui débarque sur ce blog de temps en temps. Ainsi ne semblez-vous pas trop préoccupé par la recherche de la vérité ou même d’une solution quelconque au problème constaté de la baisse de niveau. La défense de votre petit pré carré passe avant tout. Frustré sans doute de n’avoir eu aucune réponse à votre premier « commentaire » (apostrophes de rigueur), vous vous fendez d’un commentaire plus long où vous exposez vos « arguments » (apostrophes de charité).

    Vous écrivez ainsi d’un mépris supposé pour les profs, alors que je me contente clairement de mépriser celui qui, encarté au SLURP, BROL ou autre SNOUPS s’empresse de transformer sa profession en rente, accroché à ses droits sans plus s’occuper de ses devoirs : « la bivalence ? Surtout pas ! Pourquoi ? Parce que c’est mâl ! On ne peut pas suivre des pays pour lesquels ça fontionne ! Ce serait panurgesque ! Bouh ! Vilain panurgisme ! ». Et on y va de la pétition de principe « Bivalence => baisse de niveau » qu’aucun fait, aucune étude n’étaie. Et on y va de l’argument d’autorité « je suis prof, je sais de quoi je parle et pas vous », mêlant au mépris de l’hôte du blog une méconnaissance des bases élémentaires de la discussion.

    Allons allons. Il va falloir faire mieux que ça.

  19. La Buscasse

    La situation de l’Ecole et donc des élèves et des Enseignants découle de la mise en oeuvre de la théorie du "Crédentialisme".
    Il s’agit de combattre les inégalités sociales par une baisse du niveau des Diplômes: La sélection par le Diplôme sera moins efficace si ceux ci sont moins valorisés. Par cette stratègie, l’Ecole n’accroitra pas les inégalités comme peut le faire une conception élitiste des Diplômes.
    Pour y arriver il faut augmenter massivement le nombre d’étudiants (massification de l’enseignement), ce qui entraîne automatiquement une baisse du niveau moyen des éléves et donc par répercusion l’obligation de baisse du niveau des diplômes pour obtenir un ratio admis/sur présents suffisant pour gérer les flux.
    Aujourd’hui on arrive à un seuil qui est le nombre d’élèves disponibles pour justifier les moyens mis pour massifier.
    Dans cette stratégie le rôle de l’Enseignant et l’implication des élèves est relativement secondaire.
    L’obtention du diplôme n’est plus un objectif mais un dû pour la grande majorité des élèves.
    A quoi sert l’Enseignant?
    On pourrait penser que cette stratégie aurait un impact négatif sur l’activité économique.
    Ce n’est pas le cas, car dans le même temps les progrès technologiques et d’organisation, largement occultés par la pédagogie, font que le niveau requis pour exécuter une tâche baisse régulièrement.
    On peut trouver également des diplômés Bac +5, recrutés comme cadres, qui effectuent des tâches de secrétariat sans état d’âme.
    C’est cela la nouvelle égalité des chances.

  20. geo

    ""Je ne partage pas toujours votre point de vue,""
    Le croyez vous cher ami, sur le fond il semblerait que nos points de vue convergent, c’est peut être sur la forme que cela coincerait, c’est l’âge qui ferait la différence? pourquoi pas!
    Continuez à regarder la société au travers du prisme de la dérision, mais il serait intéressant d’avoir des solutions de temps en temps……Tenez cela me fait penser au fameux 5ème pouvoir, le pouvoir d’internet….que pensez vous à ce sujet?
    Lanceriez vous un débat à ce sujet?
    amicalement.

  21. geo

    @La Buscasse

    Puis je vous poser la question :

    Qu’est ce la théorie du "Crédentialisme", afin d’éclairer ma lanterne, réactiver mes neurones vieillissants et ne pas mourir idiot, je vous en remercie par avance
    au revoir.

  22. pp

    h16, dieu sait si le système éducatif est mal fichu et corrompu, mais tirer sur les profs c’est tirer sur le lampiste. Et parler de pré carré pour les profs ! Si tu savais comment l’éducation nationale traite ses employés tu ne dirai pas ça, et si tu étais toi même traité de la sorte par ton employeur tu aurai tôt fais de te barrer et de nous gratifier d’un de tes billets indigné dont tu as le secret.

    Quant à @diable moelleux, je trouve ses propos sur la bivalence pleins de bons sens. Mais effectivement tout dépend de ce qu’on veut.

    Ne pas se tromper de cible !

  23. « si tu étais toi même traité de la sorte par ton employeur tu aurai tôt fais de te barrer » : précisément. Si la situation est à ce point mal saine, pourquoi, pourquoi, purkwâ les malheureux lampistes restent-ils contre vents et marées ?

    Mmmh… Et peut-être aussi qu’une relecture du billet initial s’impose (tant pour toi que pour diable mielleux) : je ne méprise ni ne tire sur les profs. Je méprise ceux qui, accrochés à leurs petites habitudes, refusent absolument, ergots dressés, d’envisager une seconde toute remise en cause. Ce sont ceux-là qui ont réussi à transformer l’éducation nationale en machine à créer des idiots savants. Enfin, le fait même que l’employeur soit indigne montre – encore une fois – toute la limite de l’interventionnisme.

    Je persiste et signe : pourquoi, dans les autres pays, les profs parviennent à cet effort insurmontable en France ? Pourquoi les systèmes des autres pays permettent-ils de meilleurs résultats que le nôtre ? Qui peut croire un seul instant que ce pays a hérité de la population d’élèves les plus cancres, les plus stupides ou les moins doués ? Statistiquement, que croire ? Que ce sont les élèves qui sont dopés à l’idiotine, tous, d’une année sur l’autre et de plus en plus depuis 30 ans, ou que c’est le système qui, par ses méthodes et ses modes de fonctionnements étatico-syndicalistes, est incapable de former ces élèves ?

  24. pp

    Le problème vient de la direction de l’éducation nationale qui a redéfini la mission de l’école, qui n’est plus sensée instruire les élèves mais de les socialiser. Les IUFM ne forment pas des maîtres ou des professeurs mais des psychologues sociaux :
    « Pendant les très nombreuses heures de cours que j’ai suivies à l’IUFM, aucun enseignement traitant de connaissances explicites et spécifiques aux matières enseignées à l’école primaire ne m’a été dispensé, excepté par les professeurs d’histoire-géographie et de science naturelle dont j’ai apprécié la grande qualité intellectuelle et humaine. Quant aux autres cours dont le volume horaire était le plus important, je n’y ai subi qu’un endoctrinement pédagogique inepte ; ils étaient vides de tout contenu ».

    Et le problème ne se limite pas à la france, voici le témoignage édifiant d’un parent d’élève allemand :
    http://www.liberation.fr/transve...

    Quant à la méthode globale, voici ce qu’en dit le Dr Ghislaine Wettstein-Badour (tiré du livre "De la destruction du savoir en temps de paix") :
    « Le seul élément susceptible de faire régresser l’illettrisme sous toutes ses formes, incapacité de lire, de comprendre un texte, d’écrire et d’orthographier correctement la langue, est d’utiliser des pédagogies qui apportent au cerveau les éléments dont il a besoin pour accomplir ces tâches d’une grande complexité. Les conclusions des travaux de neurosciences de ces vingt dernières années permettent de comprendre qu’il existe des pédagogies qui favorisent la qualité des apprentissages, la structuration du cerveau et de la pensée conceptuelle, alors que d’autres créent le chaos et introduisent le désordre dans la réflexion. Ces recherches permettent également de comprendre que, si les méthodes globales sont à bannir formellement, les pédagogies semi-globales, actuellement baptisées méthodes mixtes, sont tout aussi dangereuses. »

    Toute mesure qui ferait autre chose que s’attaquer à ces problèmes (peut-être devrai je dire trahisons) ne sont que gadgets. Inutile donc de s’en prendre à des boucs émissaires désignés à la vindicte publique.

  25. La Buscasse

    @GEO

    En étudiant les théories sur les inégalités je suis « tombé » sur deux
    textes :

    http://www.edex.univ-tlse1.fr/ed...

    http://www.u-bourgogne.fr/LABO-I...

    Mon analyse : la massification de l’enseignement ne répond pas à un besoin
    d’emploi mais à une vision « idéologique ?» du traitement de l’Egalité des
    chances à travers l’éducation.

    En résumé : plus longtemps les faibles restent à l’école, plus les
    inégalités à la sortie en terme de niveau sont faibles. Comme il faut
    motiver cet allongement de la durée, on leur donne des diplômes.

    Cela entraîne une baisse de la crédibilité des diplômes (crédentialisme). Ce
    crédentialisme est censé être compensé par la suite : les inégalités
    d’éducation étant plus faibles, cela contribuera à diminuer les inégalités
    générées par les activités ultérieures ou du moins éviter que l’éducation ne
    crée de fait des castes d’intellectuels et donc aggrave les inégalités
    sociales.

    Cette politique étant récente, on ne peut pas pour l’instant vérifier cette
    hypothèse.

    On ne peut pas bien sûr en mesurer l’effet direct sur la croissance.

  26. geo

    @La Buscasse

    L’égalité des chances est un non sens, le type d’éducation à la française ne marche plus depuis bien longtemps.
    La suppression de la sélection, pour le principe de cette égalité des chances, à entrainé un baisse globale du niveau des élèves et par conséquent de la qualité des diplômes.
    La France se "crétinise" de manière globale, baladez vous sur les blogs et lisez (syntaxe, vocabulaire, orthographe…..) écoutez les intervenants à la télévision et vous serez édifié du niveau intellectuel de la soi-disante "élite de l’info".

    ""Cette politique étant récente, on ne peut pas pour l’instant vérifier cette
    hypothèse""

    Les effets de cette "massification" comme vous dites n’est pas nouvelle, elle date de Rocard (année 80) et les effets sont très visibles, manque criant de qualification en tout genre, tant dans les métiers manuels que dans les domaine du fondamental (maths, physique, chimie), le recul de la création, de "l’entreprenariat" est le résultat de cette vulgarisation du diplôme.
    Les résultats sur la croissance? c’est vrai pas évident à trouver les causes, quoique…..à bien y regarder on peut en trouver des causes; mais pas forcément liées à la mauvaise qualité du diplôme……
    Bientôt on fera le devoir de mémoire de "l’entreprise"
    salut….

  27. Laglute

    Je crois surtout que l’on confond égalité des chances, dans le sens des moyens mis en oeuvre ( qualité des prestations, facilités d’accès, diversités des choix ) avec égalité de résultat, résultat qui est dépendant des capacités des individus eux mêmes. Vous aurez beau financer à fond perdus un ane, il n’en restera pas moins ane !!!

    Cela me rappelle les éternelles débats sur les buts du système éducatif : son rôle n’est pas de réduire les inégalités ( dans le sens social car c’est toujours dans ce sens que l’on aborde la chose en Frâonce ), mais de permettre aux apprenants ( ! ) d’atteindre leur plein potentiel.

  28. geo

    """"Vous aurez beau financer à fond perdus un ane, il n’en restera pas moins ane """"

    Tout à fait exact, ce n’est pas en coupant les oreilles de l’âne que vous en ferai un cheval de course!

  29. Phantom O

    Sur la bivalence des profs je ne sais pas trop quoi en penser. La revendication des syndicats me semble un tout petit peu légitime, ce que je veux dire c’est que si un prof a été formé en français je ne vois pas trop ce qu’il ferait dans une classe d’anglais. Mais en supposant cette possibilité de bivalence des profs (qui marche dans d’autres pays), c’est un énorme aveu implicite que leur formation d’origine dans leur matière respective est de la merde, c’est ça qu’il faut dire!!! Si un prof de français peut devenir un prof d’anglais, alors je ne vois pas pourquoi un non-titulaire de diplôme à la profession se voit interdire d’être prof! Ce problème illustre bien qu’être prof c’est une vocation qui requiert autre chose qu’une connaissance académique. Et c’est bien là que je rejoins h16, être prof aujourd’hui c’est avant tout profiter d’une rente de monopole organisé par l’Etat, et tant qu’on ne permettra pas aux établissements d’embaucher qui ils souhaitent pour former leur équipe pédagogique avec des critères de leur choix comme ça se fait ailleurs (et même dans les pays scandinaves pourtant socdem…), on aura toujours ce problème!

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