Halde garderie

En ces temps de criiiiise, chaque nouvelle qui tombe sur les feed-rss semble écrite par une équipe de Demaerd, la multinationale tentaculaire qui fait tout de travers avec fierté. Et lorsque la catastrophe s’empile sur le cataclysme, lorsqu’il n’y a plus d’espoir, et que noir, c’est noir (ceci n’est pas une remarque raciste ou obamanne), il faut savoir se détendre un bon coup. On peut pour cela tenter une bonne cuite, un petit coup de sexe, ou … une lecture détaillée d’un rapport de la Halde.

OK, je vous l’accorde : il est difficile de battre un petit orgasme ou un bon cocktail. Mais certains monuments de l’humour franchouillard permettent parfois d’atteindre un assez haut niveau de rigolisme qui chatouille l’intérieur : des petits gloussements contenus jusqu’aux éclats de rires francs, ces prouesses scripturales ne sont alors pas à négliger lorsque l’environnement est morose.

En France, nous n’avons jamais eu de pétrole, et nous n’avons plus, depuis des années, d’idées. Il nous reste une forme bien particulière d’humour ou de cynisme diraient certains. Cet humour va nous servir avec les temps qui s’annoncent bien sombres. Heureusement, la HALDE veille.

Organisme Généralement Médiocre, la HALDE est un de ces comités Théodule créé suite à l’impulsion furieuse d’une instance politique probablement en plein sevrage d’amphétamines. En gros, il s’agissait de créer une sinécure pépère pour quelques pré-retraités gavés de frétilline et de subventions étatiques, avec pour mission de distribuer des doses massives de moraline effervescente sur tous les sujets où l’on pouvait imaginer une discrimination.

En gros, le but officieux de la HALDE est de lutter contre les différenciations. Officiellement, on appelle ça « discrimination ». Officieusement, il faut que tout le monde soit égal partout de la même façon. A ce titre, la HALDE préfigure la nouvelle mode terriblement « fashion » des polices de la pensée : cette saison, vous porterez votre police politique sucrée, doucereuse, agréable à l’oreille et efficace dans l’insinuation, le petit doigt dressé qui tance vertement les écarts à la norme républicaine. Elle vous ira à merveille sur les grands boulevards parisiens où vous ferez fureur en offrant de la repentance, de la flagellation rhétorique et de l’indignation calibrée.

Eh oui ! La HALDE, c’est ce petit côté bon-papa rétro donneur de conseils apparemment humanistes, couplé avec le redoutable pouvoir des organismes amorphes et mous qui est de s’insérer dans toutes les anfractuosités de la pensée quotidienne pour fournir un lien forcément citoyen de vivrensemble gluant.

D’ailleurs, paf, ça commence dès leur site oueb : bon-papa gâteau HALDE te tutoie direct.

Je sais, il ne s’agit pas, stricto sensu, d’un message direct de la HALDE, mais d’un abrutissant vendeur de temps de cerveau disponible radiophonique qui lance un concours de textes sur … la discrimination, adoubé par … la HALDE. Ça donne cependant une assez bonne idée du ton général du site. Sur ce dernier, on trouve tout de même une gentille définition de la discriminature suffisamment consensuelle pour mettre tout le monde d’accord, et, dans le bas, un lien sur une étude (miam miam), portant sur, je cite, les « Stéréotypes et discriminations dans les manuels scolaires (6 novembre 2008) ».

A la bonne heure ! Voilà enfin le plat de résistance, la bonne grosse poilâde, le steak à pas cher qu’on va pouvoir s’enfiler moyennant une petite subvention quasi-indolore au travers des nombreux impôts qu’on nous ponctionne tous les jours. Souriez, vous êtes enflés 🙂 ! Et ne cliquez pas sur l’édifiant PDF sans comprendre que vous entrez maintenant dans le monde merveilleux de La Non Discrimination Totale.

Je passerai aimablement sur les 90 premières pages (!) qui détaillent, avec la gourmandise d’entomologistes pointilleux étudiant les problèmes psychologiques chez les hyménoptères, les méthodes statistiques touffues employées avec force jolis graphiques en 3D avec lissage et ombrage ; on en retiendra surtout que l’étude, produite par des enseignants-chercheurs de Metz-Nancy, aura déclenché beaucoup d’intérêt dans l’Académie de … Metz-Nancy, et que beaucoup de leurs collègues ont répondu à profusion. Étonnant.

Non, l’aspect franchement rigolo de ce poussif bréviaire du Bien-Pensant, véritable jalon dans la recherche outrancière des discriminations fantasmées, ce sont les passages qui se penchent sur la culture même de notre société, notamment au travers de son langage de tous les jours, et pousse ainsi le ridicule jusqu’à une espèce de novlangue consternante qu’Orwell n’aurait même pas osé imaginer.

Vous me direz : à l’instar d’un poisson rouge trop gourmand de mousse au chocolat, h16 pousse le bouchon un peu trop loin !

Eh bah même pas. Quelques extraits suffisent à donner l’ampleur du foutage de gueule en cinémascope que nos subventions arrivent à produire au travers de comités fumigènes surexcités de l’égalitarisme.

Ainsi, dès la page 101 et suivantes, les auteurs se lamentent en petites phrases sèches de la sexualisation des professions :

on pourra à nouveau regretter certaines pages qui renforcent toujours la sexualisation des professions, par exemple lorsqu’il s’agit de présenter les fonctionnaires, p.60-61 avec « un préfet », « un enseignant », « un policier », « un contrôleur des services sanitaires », « un pompier » et « une infirmière » !

Effectivement : la société et, dès lors, les manuels scolaires, sujet de l’étude, se vautrent dans la plus basse des discriminations en constatant que les pompiers sont rarement des pompières, et qu’on représente plus souvent les infirmières que les infirmiers. Un peu plus loin, l’indignation millimétrée est exprimée un peu plus fort avec l’étude d’un métier : sage-femme.

« Son champ de compétence… Il est toutefois limité à une grossesse et un accouchement normaux ; un médecin doit obligatoirement prendre le relais en cas de grossesse ou accouchement difficile. La sage-femme assure le suivi médical de la grossesse, l’accompagnement de la future mère ainsi que les séances de préparation à l’accouchement. Après la naissance, elle dispense… Elle surveille… » On remarque immédiatement que, pour la première fois, le métier est présenté exclusivement au féminin…

Eh oui. Sage-femme est un métier présenté au féminin. C’est scandaleux. Quand on y pense, c’est même effroyable de constater que l’appellation de ce métier remonte au moyen-âge et qu’il était déjà au féminin. Pas étonnant que ces siècles froids et obscurs ont été remplis de vieux chnoques sexistes qui n’ont collé le mot « sage » devant celui de femme que pour accroître l’idée que la femme, naturellement, ne le serait pas ! Argh, j’enrage, j’étouffe, je fulmine à l’idée qu’il ne pourrait y avoir de sage-homme ! Mes tréfonds se révulsent à l’idée de cette discrimination hhabôminable. Et si on ajoute les ambassadeurs forcément masculins, les grenouilles féminines, les baleines scandaleusement dames, les crapauds stupidement mâles, on se dit que ceci ne peut plus durer ! On attend avec impatience les propositions de la HALDE ; je propose en attendant les mots « grenouillon », « balein », « crapaude » ; et le dernier peut convenir pour le féminin d’ambassadeur, tiens.

L’alternative extrême-gauchiste consiste à, je vous le rappelle, sur-utiliser le « -« . On aurait ainsi le-a crapaud-e, la-e balein-e, et un-e camarade syndiqué-e. Je vous l’accord-e, c’est insupportabl-e. Mais c’est tendanc-e chez les excité-e-s de l’égalitarisme.

Pendant ce temps, la HALDE ne s’arrête pas là. Si les manuels barbotent dans les métiers sexistes, ils font aussi – horreur – dans les contes gérontophobes. C’est très mal : un petit vieux, surtout dans un conte, doit être doux, légèrement rouillé, et toujours prêt à donner un conseil judicieux.

Dans certaines illustrations, les seniors sont porteurs d’un rôle négatif. Ainsi, un livre de 6ème voulant illustrer le conte « Hansel et Gretel » montre un senior dans le rôle de la sorcière. Dans un contexte aussi spécifique qu’un conte, sur lequel les auteurs n’ont pas de marges de liberté, ce type de stéréotype est inévitable. Il est toutefois indispensable de veiller à contrebalancer ces stéréotypes afin de ne pas les laisser s’installer dans les représentations qu’ont les élèves des seniors.

Avec de tels exemples, pas étonnant que les petits mioches poussent mémé dans les escaliers, hein. Franchement, les frères Grimm sont de gros bâtards. Et si vous croyez avoir tout lu, vous êtes loin du conte compte ! Si, comme je viens de le prouver, derrière les frères Grimm se cachaient de dangereux jeunistes prêts à buter du vieillard, c’est de la gnognotte à côté de Ronsard (Pierre de, dit « Granny Fucker »).

Par exemple, en français, le poème de Ronsard « mignonne allons voir si la rose » est étudié par tous les élèves. Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des seniors. Il serait intéressant de pouvoir mesurer combien de textes proposés aux élèves présentent ce type de stéréotypes, et chercher d’autres textes.

Ce dangereux psychopathe a osé pondre, carrément, des poèmes licencieux et dégradants pour les séniors ! Quelle râclure, ce Ronsard ! J’y crois pas !

Je pense que l’étude approfondie de Du Bellay, ou même de Victor Hugo laisserait certainement entrevoir les monstres froids et ségrégationnistes qui se cachaient aux tréfonds de leurs âmes pourries. Ah, je vous jure, elle est belle, la culture française ! Que des pourris, moi, je vous dis.

Et si on regarde les scientifiques, c’est pas mieux !! Que des petits pervers multiphobes ! On découvre ainsi, à la page 166 du rapport de notre chère HALDE, le bijou suivant :

Les relations homosexuelles ne sont guère plus évoquées dans le cadre de la sexualité des animaux comme l’attestent les extraits issus de différents manuels : “le rat est attiré par la rate en chaleur” (SVT section Terminale S, édition Bordas). “les grillons mâles attirent leurs femelles par leur chant” “les mammifères femelles en période ovulatoire recherchent et acceptent les mâles” (SVT 4e éditions Nathan, 2007).

On croit rêver ! D’après SVT, 4ème édition, de chez Nathan en 2007, il n’y a pas de pédés chez les grillons !

MAIS DE QUI SE MOQUE-T-ON ?!

Tout le monde sait qu’il y a des trans, des bi, des gays et des lesbos chez les grillons ! Et chez les rats, même topo ! Ca partouze sec chez les crevettes et on n’en saura rien dans les manuels !! Cacher cette vérité scientifique à nos chères têtes blondes est un scaAÂÂaandale tellement gigantesque que je le qualifierai de … scandaleux, tiens ! Un scandale scandaleux, rien moins. Je suis scandaleusement scandalisé par l’absence de représentation de gays, trans, bis et autres lesbos chez les rats, les grillons et les abeilles, dans les manuels scolaires qu’on donne à lire à nos enfants !

Je vous rappelle, au passage, que vous avez payé cette étude, et que vous continuez de payer pour ce comité.

Bonne soirée.

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