Le Sénat propose un Chèque-Syndicat

Les parlementaires de ce pays ne cesseront jamais d’étonner. Certes, ils n’ont pas trouvé de pétrole, et ont décidé, tant que l’argent coule à flot, que la population pourrait se passer du gaz de schistes, de l’énergie à pas cher et des emplois (le chômage ? Même pas mal). Mais ils ont des idées, à foison, et toutes aussi ridicules les unes que les autres. Par exemple, le syndicalisme en France étant déjà massivement subventionné, le Sénat a décidé de l’aider en lui ajoutant une petite niche fiscale. Trop mignon.

Il y a quelques jours, je notais, assez amer, que le syndicalisme français n’était plus qu’une mafia légale, organisée autour de principes simples de plomberie de base : les entreprises déversent des fonds dans les syndicats par ces gros tuyaux ici, l’Etat aide massivement les syndicats en regardant ailleurs lorsqu’il s’agit de comptabilité et de fiscalité, et les syndicats utilisent les petits tuyaux ici et là pour briser les rotules de ceux qui les empêchent de faire leur petit business.

Simple.

J’exagère ? Allons. C’est du lourd, du solide, du documenté : personne n’a obligé les syndicalistes à porter plainte contre Bricorama (et, selon toute vraisemblance, aboutir à la fermeture de dizaines de magasins en France). Le syndicalisme contre les salariés, c’est ça. Personne n’a obligé les syndicalistes à poursuivre une grève chez Arkema, grève qui aura définitivement liquidé les espoirs des chômeurs locaux de voir se concrétiser les investissements de 70 millions et les emplois à la clef prévus par la société. Le syndicalisme contre l’emploi, c’est ça. Personne n’a jamais poursuivi le Syndicat CGT Du Livre pour ses exactions nombreuses (trafic d’armes, intimidations, chantage, vol, violences en réunion, …) Le syndicalisme de mafia, c’est ça. Et personne n’avait demandé à la CFDT de commettre des clips vidéos vantant la robotisation des salariés et le foutage de gueule financé avec vos sous, et pourtant, le syndicalisme décontracté, c’est ça :

Mais cela va plus loin : le syndicalisme, en France, c’est surtout un magnifique système pour pomper de l’argent des entreprises (et donc, des consommateurs, des salariés et des contribuables) vers cette caste ultra-protégée, tant par la loi que par les politiciens qui y trouvent leur compte. Pour rappel, on avait entraperçu la façon dont les syndicats se financent à la faveur de la parution (aux forceps) du Rapport Perruchot. Sa lecture est édifiante et permet de découvrir que leurs ressources atteignent ainsi 4 milliards d’euros par an, soit 3 à 4 fois les ressources des syndicats anglais ou allemands, qui ont pourtant 5 à 10 fois plus de membres.

Si l’on ajoute les évidentes magouilles, conflits d’intérêts et détournements purs et simples (régulièrement rapportés dans ces colonnes), là encore (j’insiste) le terme de mafieux n’est pas de trop.

Cependant, non content de piocher allègrement dans la poche d’un contribuable qui n’en peut mais, les syndicats s’expriment aussi vigoureusement dans le lobbyisme plus ou moins discret. Dernièrement, dans le cadre du débat sur le projet de loi des finances pour 2013, le Sénat, largement acquis à la cause syndicale surtout depuis qu’il est socialiste, a proposé un véritable Chèque-Syndicat : si, auparavant, la cotisation était déductible des impôts (à hauteur des deux tiers), à présent, les impôts vont carrément faire un petit chèque de remboursement, ce qui permet d’inclure les éventuels salariés non imposables à la bonne soupe.

Rassurez-vous : pour financer cette distribution de pognon supplémentaire, le texte prévoit la création d’une (nouvelle) taxe additionnelle (supplémentaire en plus de surcroît et additionnelle) sur la vente de tabac, pas du tout déjà touchée par une myriade de taxes. Oui, fumeur, tu vas payer pour que les salariés puissent s’affilier à un syndicat qui leur fait les poches et détruit de l’emploi !

cfdt et chérèque avec son chat empaillé

Bien sûr, on m’objectera qu’avant cette loi, les salariés non imposables payaient donc plein-pot leur inscription aux syndicats. J’objecterai qu’il eut été plus simple, et nettement moins coûteux pour tout le monde, d’arrêter tout financement public de ces syndicats, d’une part, et de ne surtout favoriser personne dans le paiement des cotisations. On aurait alors observé la vraie puissance de ces organisations dont le nombre d’adhérent diminue tous les ans (malgré les sommes d’argent public de plus en plus considérables déversées dans leurs caisses, parfois noires). Après tout, si les adhérents payent plein pot, ils sont assez facilement en droit de demander des résultats, et de préférence en rapport avec leur condition salariale (parce que bon, des résultats bénéfiques pour les syndicats eux-mêmes, le salarié s’en fiche). Et dans ces conditions, si les syndicats ne remplissent pas leur feuille de route, les adhérents s’en vont et les syndicats finissent par s’évaporer … ou laisser la place à des syndicats qui, eux, traitent le syndiqué comme un client et une personne auxquels ils doivent des comptes.

Pas comme maintenant, en somme.

En lieu de quoi, la blague syndicale persiste dans ce pays : les salariés, les contribuables, les consommateurs continuent de payer la présence de ces organisations plus que douteuses dont l’impact commence maintenant à se mesurer directement en terme de rigidités, de journées de grèves, de contrats perdus, de fermetures d’entreprises. Et comme manifestement, personne, absolument personne au gouvernement ni ailleurs, ne veut remettre en question ces groupuscules d’intérêts partisans, comme aucun effort ne veut même être esquissés pour remettre l’action syndicale au service du salarié, on peut affirmer sans hésiter que ce pays est foutu.

syndicate = mafia

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Commentaires68

  1. Elphyr

    « Cependant, non comptant de piocher allègrement dans la poche d’un contribuable qui n’en peut mais,… »

    Erreur de typo ou je suis mal réveillé mais ce, »mais » est bizarre ?

    1. Le Diable probablement

      Vous devez être mal réveillé. Car si le « mais » est parfaitement correct, on dit en revanche « non content de ».

      1. Elphyr

        Je crois que c’était voulu. Comptant, piocher, mafia…
        Comme dire « les usagés de la SNCF ».

        Enfin j’me tais, fichtrement, j’y comprends plus rien x)

    2. andré

      pour les petits jeunes qui n’ont pas étudié le latin, « mais » en l’occurrence est homonyme du « mais »= objection, mais vient de « major » comparatif supérieur de « magnus »=grand. Autrement dit major =plus grand , ce qui a abouti à « je n’en peux mais », comprendre je n’en peux plus (grand).

      j’avais un prof de latin qui adorait l’étymologie, c’était un réel plaisir de l’écouter, il m’en est resté quelques restes…

    3. simple citoyen

      C’est vrai qu’avec ce florilège que nous a offert H (je suis encore sous le choc de la video) la bonne expression serait probablement: « qui n’en peut rien , mêêêêhhêêêhhh! »

    4. marcus aelius aurelius

      N’en pouvoir « mais », c’est n’en pouvoir plus. On le retrouve en Espagnol (mas) et à l’identique en portugais (mais)…

  2. Pandora

    Et aujourd’hui, ce sont les élections professionnelles : les salariés sont OBLIGES par la loi d’élire des représentants (dont ils ne veulent pas puisque ces mafieux ne défendent que leurs intérêts propres).

    Mais le financement des syndicats est tellement important qu’il doit ouvrir aussi le droit (pas forcément légal) à une assurance contre tout changement, sous la forme d’une élimination directe et définitive du problème.

    Corr : une personne A LAQUELLE ils doivent des comptes (accord du pronom avec son antécédant)

    1. (non pour « laquelle » : on entend ici « un client et/ou une personne auxquels » puisque toutes les personnes qui font appels au syndicats ne sont pas forcément des clients.)

  3. Josselin

    Si les syndicats sont effectivement des mafias, peut-on penser que les politiques ont simplement peur pour leur intégrité physique s’ils ne vont pas en leur sens ?

    1. Yrreiht

      Quel clip mal foutu, et le coup du chat empaillé en effet ça va très très loin dans le mauvais goût et le foutage de gueule (ils pensaient que ça ne se verrait pas ces tarés?), ne me dites pas qu’il était impossible de trouver un vrai chat à poil long.

      1. Before

        Je pense que c’est fait exprès, c’est une référence, avec la scène d’intro sur le labo secret perché dans les montagnes. Mais justement, au final c’est bizarre, ça rassure pas vraiment; et c’est plutôt menaçant pour les petits patrons de TPE.

  4. deres

    Sarko avait commencé à parler de s’attaquer justement aux corps intermédiaires dans sa campagne. On sait très bien qu’il n’aurait pas tenu toute ses promesses mais quand même … Ce qui est certain c’est que ce genre de discours a beaucoup joué contre lui . Quand on voit que Hollande, au contraire, faisait de mirifiques promesses de se transformer en paillasson vivant pour les syndicats (promesses que toute décision passera par des négociations avec eux), on comprend mieux leur soutien inconditionnel et leur haine farouche de NS. Cette proposition de loi n’est donc qu’une façon de récompenser ses clients une fois de plus. L’éducation national a été servie (plus de profs), les fonctionnaires également (maintien des dépenses étatiques, hausse des HLM leur bénéficiant en partie, non alignement sur le privé, …), il ne restait plus que les syndicats à tendre leur assiette …

    1. eheime

      Pas d’accord. Ca aurait pu lui etre favorable.
      Sarko (que je critique négativement sur beaucoup d’autres points) avait su être ferme sur la greve des profs. Il a tellement été clair dans ses intentions, sans provocations inutiles à ce moment là, que les profs ont laissé tomber et sont revenus au boulot d’eux-mêmes.

      Il avait fait exactement ce qu’il faut pour une fois : pas de provoc, du dialogue si possible, mais une direction claire avec un objectif precis.
      Et du coup c’est passé sans immobiliser le pays pour rien.
      Il avait nettement tranché avec ses lopettes de prédécesseurs (Juppé, de Villepin, ..). A ce moment là, je me disais qu’on tenait enfin le Président prodigue …

      J’aurais voté pour lui s’il avait continué sur sa lancée par petites touches, pour finir avec les « durs », au lieu, par exemple, de rançonner les automobilistes et d’aller claquer des thunes en Lybie. Et la baisse des droits successoraux était un mauvais calcul. Même si dans l’absolu je suis pour, il fallait mettre la priorité sur l’initiative, l’entreprise, les charges salariales, l’investissement. Il a totalement loupé cet aspect des choses.

      Les français attendaient et attendent que ça bouge. Meme maladroitement. Ils voient bien qu’on va dans le mur. Les socialos gagnent par dépis, pas par conviction. Mais il faut une ligne directrice claire, parce que sinon personne n’accepte de faire des efforts isolés et les plus raleurs l’emportent alors.

      1. Pandora

        Pour briser la grève des profs, Sarkosy a simplement fait appliquer la loi : retenue sur salaire.
        C’est effectivement une façon habile de briser les grèves mais on ne peut pas parler d’un grand courage politique, même si ses prédécesseurs ne l’ont pas fait.

        Même avec une ligne directrice claire, aucun politique ne peut avoir l’énergie nécessaire (et le temps, merci Chirac) de déranger autant d’intérêts tel le financement des syndicats, comme dénonce par H16.

  5. Pod

    Le rapport Perruchot était une bombe, la glose socialoïde durablement enkystée l’a transformé en pétard mouillé. En fait tout le monde s’en fout et Chérèque, Le Rest, Mailly and Co le savent bien : ils tapent à fond dans la manne.
    FO pompe plus de 30K/jour chez Bricobrico qui ne respecte pas le jour du Seigneur, astreinte saintement avalisée par les Tribunaux noyautés par les mêmes coquins syndikés… Avez-vous remarqué que tout ce petit monde est bien moins visible à la téloche, mais accélère son action débridée sur le terrain réel, instrumentalise tout ce qui bouge et peut rapporter de la thune ? Ce contre-pouvoir rouge n’a jamais eu autant les coudées franches…on peut présager d’où proviendront les Commissaires du Peuple lorsque la fête à bisou-bisou se terminera…

  6. axel

    Dire qu’ils ont réussi à s’imposer dans les micro entreprises ça fout les jetons. Nb dans l’image est indiqué CFTD c’est normal?

  7. lapin malade

    ce qui est aberrant , c’est l’obligation de passer par eux pour toute négociation (les partenaires sociaux). Quand on pense que dans une PME de moins de 50 salariés , (donc pas de CE)la première mesure à effectuer lors des élections des délégués du personnel est de prévenir par lettre recommandée avec AR les syndicats pour qu’ils disent si ça les intéresse ou pas .

  8. Before

    Au secours ! Quelqu’un peut m’expliquer le sens du clip de la cfdt ?
    Rien compris. C’est du second degré, c’est sûr, mais c’est quoi le slogan « Notre organisation ne recule devant rien pour aider les salariés » ? Une menace ? Les syndicalistes transformés en objets sont des espions ?
    Au moins, ils ont essayé…

    1. yann

      Carrément flippant, le clip.
      Le slogan serait-il une fine allusion à la fameuse citation d’Audiard sur les cons ? Un éclair de lucidité ?
      Je n’ose y croire.

  9. Alexandre Gérard

    Il me semble avoir lu que 49% des Français sont favorables à la fin des subventions publiques aux syndicats. Comme quoi, la moitié d’entre eux subit parfois des éclairs de lucidité. Comme quoi une décision dans ce sens ne serait pas forcément impopulaire. Comme quoi le blocage vient surtout des politiciens inféodés (l’affaire Perruchot en est la meilleure preuve).

    1. JS

      Faut pas croire les Français sont lucides sur ce genre de sujet dans leur majorité. Il n’y a qu’a voir la côte de « popularité » des politiques ou des syndicats lors des sondages..

      Mais on est enlisé dans un système mafieux totalement hors de contrôle qui vie sur la bête (vous et moi) et échappe à tout contrôle des citoyens..

  10. max

    En Allemagne, le système syndical fonctionne plutôt bien et est associé à certaines décisions stratégiques des entreprises. Exemple, là où je suis un accord comprenant 2,5 heures supplémentaires par semaine partiellement payées en échange d’investissements sur le site pour pérenniser les emplois.

    1. Pandora

      L’Allemagne a tourne la page du communisme en 1959, au congres de Bad Gottesberg.

      On attend toujours une telle décision en France ou la moitié des candidats a l’élection présidentielle étaient tendance rouge cramoisi.

      Son importance est révoltante pour un citoyen non militant mais comment faire progresser des idées différentes quand autant d’étatistes tiennent le pouvoir ?

  11. skunker

    Ca me rappel le début du générique d’extrême limite :

    Toujours plus loin, plus fort, plus vite,
    Jusqu’au bout de l’extrême limite !

    héhé, dans nos culs. Bien vu la photo du godefather.

  12. Pascale

    Il y a une vingtaine d’années j’étai gérante d ema boîte et j’avais demandé l’autorisation d’ouvrir le dimanche.
    Visite de l’inspection du Travail dans les locaux, production de lettres des salariés qui avaient choisi ma boîte pour pouvoir y travailler le dimanche, établissement d’un dossier épais comme ça avec une foultitude de papiers à remplir et annonce du passage de mon dossier devant une commission qui déciderait si j’avais l’autorisation de faire travailler des salariés le dimanche.
    Avec l’assurance de la fille de l’Inspection du Travail qui était venue nous visiter que mon dossier ne présentait aucun problème et que j’aurai mon autorisation.
    Eh, bien non, je n’ai pas eu l’autorisation. Tous les membres de la commission étaient d’accord (Préfecture de Paris, Inspection du Travail, Medef), sauf un syndicat de salariés, je ne me souviens plus lequel.
    Pas grave, j’ai continué à ouvrir sans l’autorisation …
    On voit aussi dans cet exemple un des moyens de claquer l’argent du contribuable pour le brimer.

      1. Flo

        Vont finir par se percuter. L’une des deux entités ne s’en rendra même pas compte, quant à l’autre…

    1. Aristarque

      On vit dans un monde Merveilleux !
      Hollande aux entreprises :
      – Désolé, je dois vous piquer un paquet de pognon supplémentaire parce que les fins de mois sont difficiles.
      – Promis-Juré-craché, je vous en rendrai un (petit) bout dans deux ans peut-être, trois ans plus sûrement, jamais selon toute vraisemblance.
      – Dans le cas où par extraordinaire, vous receviez donc ce « cadeau aux patrons » payé avec vos sous, vous devrez impérativement m’en assurer la traçabilité au moyen du formulaire NF-HJ-25-GODMIC-HE- DIAM 58 -ter, sur huit pages et en cinq exemplaire.
      Elles sont pas belles mes mesures de relance de la compétitivité ?

      1. Aloux

        Cette exigence de traçabilité me laisse perplexe, je me demande si ce n’est pas la raison du décalage de la mesure dans le temps (outre le fait qu’ainsi l’Etat obtient les pépettes tout de suite et pourra toujours changer les règles du jeu en cours de route). Je veux dire l’Etat rend une partie de l’argent qu’il a pris aux entreprises, mais du coup c’est SON argent, et il exige un retour sur investissement. C’est pas ce qu’on appelle du communisme ?

        Sinon rien à voir mais ça m’a fait rire : http://fr.news.yahoo.com/m%C3%A9lenchon-verrait-bien-premier-ministre-222600870.html

        Attention Méchancon a eu une révélation, il ne veut plus faire de stalinisme poussiéreux mais de « l’écosocialisme » tout neuf et pimpant. Je doute qu’il réussisse à tromper qui que ce soit.

        1. fab

          Vous rigolez? Il suffit de voir son beau passage a On est pas couché pour voir a quel point les gens boivent ses paroles. J’ai honte. Le meilleur moment sera quand Méluche dira vouloir rendre leurs lettres de noblesses aux valeurs françaises qui sont « l’Égalité et la Fraternité »… Ça n’est pas un oubli anodin, La Liberté n’a aucune place dans son idéal communiste.

    1. zecrocwhite

      Je ne sais pas si c’est le cas pour tout le monde, mais je tombe sur un bandeau de pub de FO quand je vais sur le site.

  13. gem

    Je crois bien que le coup du financement par le tabac c’est juste une astuce purement formelle : pour ne pas baisser les recettes de l’état (!), à chaque fois qu’on présente un amendement qui aurait cet effet on l’équilibre avec une hausse de recette sur le tabac (toujours sur le tabac, c’est la tradition depuis au moins 1958 !)

    1. Pandora

      La taxe sur le tabac a été inventée en 1674 pour renflouer les finances publiques ( déjà!) sous le prétexte de limiter les  » passions » ; on ne parlait pas de drogue a cette époque. L’argument de la santé publique était déjà invoque.

  14. johnny_rotten

     » à présent, les impôts vont carrément faire un petit chèque de remboursement, ce qui permet d’inclure les éventuels salariés non imposables à la bonne soupe.  »

    ça c’est carrément une opération de lobbying des syndicats auprès des sénateurs.En effet, ils ont constaté que les bas salaires (souvent non imposables) ne prenaient pas leur carte syndicale parce qu’ils ne pouvaient pas bénéficier d’une réduction d’impot tandis que s’ils reçoivent un chèque du fisc, cela constituera une « carotte » pour se syndiquer.

    Concernant l’avantage de se syndiquer ou non, dans les années 70 une idée avait tenté d’émerger, puis a été ensuite enterrée.
    Il s’agissait de n’attribuer les augmentations de salaires et autres avantages, obtenus par les syndicats, qu’aux salariés adhérent d’un syndicat signataire de l’accord.
    Les autres devant se débrouiller individuellement pour négocier.
    Que pensez-vous de cette idée ?

  15. Waren

    H16 nous parle de chèques, mais a-t-il fait le bilan des pertes totales qu’ont causé les Bolcheviks de la CGT sur l’économie Française ?

    Je n’ai pas le courage de tout détailler tellement c’est vaste, mais d’après ce que j’ai pu voir, le cout des grèves sur les 10 dernières années est de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards d’Euros !
    Ca vaut ce que ça vaut, mais les très superficielles infos données par Wiki vous donnent déjà une toute petite idée:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve#France_2

  16. Alex6

    Le financement des syndicats, c’est comme la mort et le neant: on y pense de temps en temps mais mieux vaut ne y reflechir de trop parceque ca rend rapidement fou…!
    Quand je payais encore des impots dans ce pays de malades, ca me donnait litteralement envie de sortir dans la rue et d’aller tabasser un syndicaliste SUD ou FO. Ils ont en regle general une put*** de tete de c** en plus.
    Desole pour la grossierete, je n’arrive pas a me tenir quand j’en parle.

    1. Toni

      Très courageux Alex6, je pense comme vous.

      Mais n’allez pas risquer votre vie à cabosser ces gens là; là vous seriez bon pour un lynchage en règle. Des organisations criminelles de ce genre sont connues pour avoir ensanglanté la Colombie dans les années 80 …

      1. Alex6

        Courageux, surement pas!
        Et d’une ca n’etait qu’une envie, et de deux, j’ai prefere me barrer plutot que de continuer a subir cette mentalite.
        Ici, j’ai presque du respect pour les syndicats. Ils font leur boulot, a savoir faire respecter les termes des contrats patrons/employes et soutenir les employes quand il y a des abus par rapport au code du travail local.
        Pas de greves sauvages, pas de sequestration de patron (bonne chance a ceux qui voudraient tenter de faire ca ici, c’est la brigade anti-emeute direct et ils ne sont pas avares en coups de matraques…) et peu d’influence sur les politiques.

    1. Alex6

      A propos de quoi exactement? Je parlais des syndicats en Australie et de la maniere dont ils agissent ici en comparaison avec la France.
      Le syndicat le plus cretin est celui des ferry a Sydney qui a fait quelques actions de blocage il y a quelques annees. Mais globalement quand il y a des vagues de licenciements economiques, les syndicats sont la pour supporter ceux qui sont licencies en s’assurant que l’employeur ne les arnaquent pas sur ce qu’il leurs doit.
      Un exemple de la facon dont ca se passe ici: dans la boite ou je bossais en 2008, un grand groupe mondial fournisseur d’equipements miniers, la direction generale a donne la consigne de renvoyer 10% des effectifs du groupe en Australie soit environ 100 personnes, principalement pour proteger le cashflow de la boite. Il y a eu une annonce du directeur le lundi, comme quoi mardi serait « licenciement day » (c’etait pas dit comme ca mais sur le fond c’etait ca) et que chacun devait rester dans son bureau ou pas loin ce jour la. Le directeur des ressources humaines venait alors a ton bureau avec deux agents de securite, sans warning et tu devais avoir quitte l’entreprise dans les 10 minutes qui suivaient. 10 minutes pendant lequel tu pouvais prendre tes affaires et te faire accompagner a la porte, merci pour tout et a bientot.
      J’etais plutot tranquille a l’epoque mais bon cote ambiance, c’est assez moyen… On plaisantait a la pause dejeuner du genre « tiens, t’es encore la toi? ».
      La methode vaut ce qu’elle vaut, perso je trouve ca plutot dur et psychologiquement difficile a gerer mais il n’y a eu strictement aucune action des syndicats. Imaginons qu’une boite ait tente de faire la meme chose en France…
      Resultat, la boite a maintenu son cahsflow sur 2008-2009 et quand le business a repris en 2010, on a embauche plus de monde que ceux qui avaient ete licencie auparavant, principalement parceque le capital etait disponible pour reinvestir alors qu’il aurait pu etre en partie crame a maintenir les effectifs a ne rien faire (il n’y avait vraiment plus de boulot a ce moment).
      Je ne sais pas si j’ai repondu…

      1. Before

        Je pense que la question était simplement : « Ici, c’est où ? ».

        Mais l’anecdote est intéressante. C’est en effet plutôt dur comme méthode, impossible en France, et je ne pense pas que ce soit souhaitable tel quel.
        En revanche, si le marché de l’emploi est tel qu’on peut retrouver du boulot en quelques semaines, la pilule est moins dure à avaler.

        1. marcus aelius aurelius

          Le système entier est inversé: on trouve de l’emploi en Australie parce que justement les entreprises peuvent licencier au moment où elles en ont besoin. Comme aux USA ou au Canada. Cela parait totalement contre-intuitif en France. En grossissant le trait, cela fonctionne bien pour trois raisons principales:

          -1) pendant que certaines entreprises licencient, d’autres embauchent. Le brassage est constant. Et quand la conjoncture est au beau fixe, il devient difficile pour les entreprise de trouver les employés souhaités. Le marché favorisera alors les chercheurs d’emploi,

          -2) les employés y sont mobiles. Je perds un emploi ici, j’en trouve un à 300km de là. Vendre sa maison n’est pas un drame (droits de mutation nuls ou riquiqui, contrairement à la France où vendre sa maison et en racheter une autre coute un rein – est-ce un hasard si cette taxe qui tue la mobilité n’est pas réformée, d’ailleurs?)

          -3) peu sont ceux qui pleurnichent sur leur propre sort (à l’exception de quelques minorités dont certains ont dit que c’était là l’activité principale) ou font appel à l’état et son cortège de parasites sociaux institutionnalisés pour leur venir en aide.

          Ce dernier point marque aux USA la ligne tectonique entre le socialisme d’Obama et le conservatisme fondé sur la liberté individuelle et la responsabilité personnelle.

          J’y ai visité des usines vides car l’activité était au plus bas et plutot que de déclarer faillite, elles se mettaient en semi hibernation. Lorsque les commandes revenaient, elles réembauchaient leurs employés. Certains ayant trouvé un emploi ailleurs entretemps ne revenaient pas, c’est pour ces entreprises un risque « naturel ».

          Sous cette lumière on mesure peu en France combien coute le fait que l’état et ses janissaires, s’insèrent dans quasiment toutes les facettes de nos vies, combien la situation actuelle n’est que le résultat des toutes ces renonciations auxquelles nous participons chaque jour.

          Mais comme c’est un choix librement (?) consenti dans un système où la quantité fait loi, que dire? On pourrait débattre pour savoir si ceux entrés ou nés en servitude sont libres de ce choix, mais ce serait un autre débat.

      2. skunker

        Oui c’était la question « ici, c’est où ? ». Merci pour l’anecdote, c’est toujours intéressant de savoir comment ça ce passe ailleurs. Ça rend certaines situations d’ici encore plus ubuesque.

        1. Alex6

          Desole, j’avais pas bien compris la question… pour ma defense, il fait 27 degres la nuit ici et 35 la journee donc j’ai le cerveau un peu mou en ce moment…
          Sur le fond de mon anecdote, je precise que ceux qui ont ete vires s’en fichaient completement pour la plupart puisqu’ils allaient toucher un gros cheque et savaient qu’ils pourraient retrouver du boulot facilement. la majorite d’entre eux planifiaient deja leurs vacances aux Fidji, bon c’est aussi un peu la mentalite des gens ici, no worries.
          La raison de fond du mode d’action pour licencier est de proteger le capital technologique et d’eviter que les employes licencies n’essayent de piquer des plans. Il y a beaucoup de contre-facon en Chine et les plans se vendent bien sous le manteau et c’est un gros risque financier pour la boite qui vit sur le cashflow des pieces de rechanges.
          C’est de toutes manieres beaucoup plus sain que les tentatives de blocage des licenciements comme pratiques en France et qui menent tres souvent a la fermeture pure et simple de la boite. Il ne faut pas non plus etre naif, ceux qui ont ete licencies etaient aussi sur une sorte de liste noir, soit parcequ’ils ne bossaient pas, soit parcequ’ils s’etaient mis la direction a dos. C’est aussi un moyen de reconnaitre ceux qui font du bon boulot que de les garder meme quand ca va mal.

  17. Aristarque

    Dans le genre « on aura tout entendu », nous avions ce matin un intervenant dans les Experts sur BFM qui déplorait que sa majesté le Grand Syndicaliste CHEREQUE n’ait même pas profité de son départ en retraite (ouf, c’est mon commentaire) pour balancer leurs quatre vérités aux patrons, dirigeants de syndicats, hommes politiques, etc…, lui qui avait tout compris des scléroses dans le monde du travail en France…
    Bref, il a tout compris mais il n’ose rien dire pour ne pas désespérer Billancourt, si on comprend bien …
    Nos « élites » son épatantes…

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