Payez, les intermittents ne vous le rendront pas. Au centuple.

L’été approche et avec lui, c’est le retour des barbecues, des longues soirées ensoleillées et les bonnes occasions de profiter de ce temps clément et de ces nombreuses heures lumineuses pour aller goûter à des non-spectacles de plein-air annulés par des groupes d’intermittents improbables venus, comme chaque année ou à peu près, pleurnicher leurs malheurs et la dureté de leur condition.

Et comme à chaque fois où les intermittents se sont mobilisés, des signes avant-coureurs se sont multipliés ces dernières semaines. On se souvient de l’apparition pas assez fugace de nos joyeux drilles au milieu du festival de Cannes qui avaient perturbé les retransmissions de la soirée sur Canal+ et I-Télé, leur permettant ainsi de faire acquérir à leur mouvement une notoriété instantanée, qui, comme la soupe de même calibre, ne nécessite qu’un peu d’eau chaude et quelques petits moulinets de bras pour dégager immédiatement une odeur salée de bouillon bon marché.

Bien évidemment, comme d’habitude, nos intermittents, bien qu’arborant une gueule d’enterrement, n’ont pas le cri sans thème. S’ils viennent ainsi bousculer des festivals, c’est parce que la situation est grave !, qu’il en va de leur avenir !, qu’encore une fois, le patronaââat entend attaquer la Culture et fouler au pied l’Exception Culturelle Fraônçaise, et que ça ne se passera pas comme ça, non, mesdames et messieurs les puissants ! Ils se battront !

roger intermittent prise de vueEt concrètement, ils s’opposent aussi fermement que possible à la convention entre trois syndicats (CFDT, FO, CFTC) et le Medef validée le 22 mars dernier à laquelle ils reprochent de durcir leurs conditions d’indemnisation, avec l’introduction d’un délai avant de palper l’indemnisation, délai qui concernerait désormais 48% d’entre eux (contre 9% auparavant). En outre, ils dénoncent une négociation « déloyale » qui n’a tenu aucun compte des propositions du Comité de suivi, formé de représentants de la profession et de parlementaires. C’t’un scandale. Et il y a urgence, mes petits amis, parce que le 18 juin, le Conseil national de l’emploi examinera cette convention et si rien n’est fait, outre la mort du petit cheval dans des souffrances homériques, le ministère du Travail risque bien de signer tout ce bazar. ArRgh.

Car voyez-vous, les intermittents se battent ici pour conserver leurs zacquis sociaux, ceux qui leur permettent d’être plus égaux que d’autres. Parce que la culture, c’est différent, et même si tout le reste du monde a réussi a trouver un moyen de la monétiser, en France, No pasaran !, ce n’est pas un bien marchand, et donc tout le monde doit payer. Même et surtout les pauvres qui n’en veulent pas et ne bénéficient pas de ce statut.

Moyennant quoi, le mouvement s’intensifie comme en témoigne un article du Monde particulièrement croquignolet qui nous apprend, entre deux gros sanglots à peine réprimés, la longue liste des festivals et autres représentations théâtrales que les uns et les autres vont, la mort dans l’âme, annuler.

Ainsi, on apprend en quelques lignes que Luc Sabot, remonté comme un coucou suisse contre l’infâme convention, ne pourra jouer dans « Marx Matériau », ou que Rodrigo Garcia annule les représentations de « Golgota Picnic ». Rassurez-vous, « Le Capital », mis en scène par Sylvain Creuzevault, reste attendu. Ouf !

Pour information (pas anodine), « Marx Matériau » est une tentative de théâtre à partir des écrits de Karl Marx, « Golgota Picnic » est une pièce présentant un Jésus fou pendant qu’un type joue du Haydn au piano, intégralement nu, et « Le Capital » est une mise en scène des écrits de (devinez …) Karl Marx, bien sûr. Entre Marx et une forme plus ou moins subtile d’antichristianisme, l’annulation de ces spectacles privera donc les spectateurs d’un petit tsunami de propagande communiste. J’imagine déjà la déception qui va secouer les dizaines de milliers de spectateurs potentiels de ces œuvres impérissables. Une cellule de soutien psychologique aurait bien été montée, mais elle était animée par des intermittents qui ont aussi posé un préavis.

Voilà qui est plus que regrettable, c’est borderline lacrymal, mais l’idée générale est qu’il va bien falloir, pour se faire entendre, ne pas effectuer le travail qui a été commandé en faisant grève. Pour rappel, le régime des intermittents est extrêmement généreux pour compenser un nombre par nature peu élevé de jours de travail à l’année, l’activité des spectacles étant difficile, cyclique et très concentrée dans le temps. Cette année, ces quelques jours-là seront vraisemblablement occupés par la grève. Le régime est délicieusement souple.

Ce qu’il y a d’intéressant est ici le miroir grossissant des médias qui attachent logiquement une importance toute particulière à ce régime puisqu’en réalité, ils en bénéficient de façon importante, la télévision et la radio en premier lieu. Mais il ne faut pas perdre de vue que ce régime ne concerne en réalité qu’une frange assez modeste, pour ne pas dire rikiki, de la population.

Ce qui rend les déficits générés par ce régime spécifique d’autant plus insupportables, puisque, comme le montrait un rapport de la Cour des Comptes de 2012, confirmé par un autre en 2013, un tiers du déficit de l’assurance chômage est directement dû à la branche en charge des intermittents du spectacle qui ne représentent qu’un petit 3% de l’ensemble des chômeurs.

À ces déficits déjà joufflus s’ajoute le comportement légal mais clairement abusif des assurés sociaux de ce régime ultra-favorable puisque les Sages de la rue Cambon ont constaté que, je cite :

« les intermittents quittent pour la plupart d’entre eux leur situation de travail quelques jours après avoir effectué le nombre de jours nécessaire pour être titulaires de droits et qu’ils retrouvent souvent une activité au moment où ils ont épuisé leurs droits. »

aurélie filippetti les intermittents ne sont pas des privilégiés

C’est vraiment commode ! Mais en définitive, ce qu’on observe et ce qui est très justement pointé par Eric Verhaeghe, qui a été président de l’APEC entre 2004 et 2009, dans une tribune parue récemment sur le Figaro, c’est qu’avec ce système, les smicards de tous le pays cotisent pour le festival d’Avignon ou les spectacles intermittents de Montpellier.

intermittents du spectacle - un combat populaireMais nous sommes en France et les avantages de ce régime ne seront jamais remis en question, même lorsque des abus scandaleux sont connus de tous, précisément parce que les bénéficiaires de ce régime ont un pouvoir de nuisance élevé et très visible. Et il est d’abord nuisible pour le pouvoir politique en ce qu’il fait facilement la démonstration de sa grogne, qui risquerait, par ricochet, de cristalliser d’autres grognes, sans mal plus légitimes, que, par leur nombre et leur importance, les politiciens ne sauraient traiter par l’habituel cataplasme de promesses débiles et d’argent des autres dépensés généreusement. Moyennant quoi, nourris de cette lâcheté qui les caractérise depuis 40 ans, les politiciens acceptent tout de ces enfants capricieux, et font passer la France d’un régime de subvention de la culture à la culture de la subvention sans jeûne ni régime.

La réalité est que ce régime n’a aucune assise populaire, et n’a aucune raison d’exister. La fameuse (et surtout fumeuse) exception culturelle française ne justifie en rien cette inégalité criante. Dans un pays exsangue où les classes moyennes et basses sont ponctionnées comme jamais, il est plus que temps que certains se rendent enfin compte que l’égalité dont ils se barbouillent les grasses babines, dont ils se gargarisent du matin au soir, cette égalité devrait effectivement être appliquée et placer tout le monde sous le régime général d’indemnisation du chômage.

Si la culture n’est pas une marchandise, messieurs les intermittents, ne la bradez pas minablement pour vos petits acquis, et ayez la noblesse ou la décence minimale d’appliquer enfin l’égalité en droit : supprimez le régime spécial, rejoignez le rang des honnêtes gens et le régime général. Ça va piquer un peu au début, mais au moins, la prochaine fois que vous pleurnicherez, on vous prendra peut-être au sérieux.

J'accepte les BCH !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
BCH : qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6
 

Commentaires449

  1. gameover

    Culture 2.0 :

    EDF verse une subvention a l’association Electra (c’est un musée sur l’électricité)

    L’association embauche pour un spectacle en 2012 la femme du directeur de l’EDF et lui verse 60,000E en liquide semble-t-il.

    En tout la femme du directeur de l’EDF aurait perçu 1,800,000E mais aurait seulement déclaré un salaire de 1,800E. Les maths c’est plus ce que c’était…

    Le premier film de la femme du directeur de l’EDF avait pour titre « Cherche fiancé tous frais payés »… certainement prémonitoire.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/06/09/97002-20140609FILWWW00214-le-pdg-d-edf-dit-avoir-rembourse-60000-euros.php

    Eteignez la lumière.

  2. romaric

    Bon, juste pour préciser…. on peut être artiste et libéral…. Perso, je suis artiste (un peu) et je milite pour le libéralisme le plus « sauvage » possible. Façon anarcap…

    Maintenant, si je dis ça dans mon milieu professionnel… mmmh… cela risque d’être tendu du slip….:D encore que les choses bougent.

    Ce que les artistes ont du mal à comprendre, c’est que si le peuple était plus riche et ben nous aussi on seraient mieux payé. On a trop été habitué à la subvention….
    Je préfère 1000 fois être artiste dans un univers libéral que dans notre belle république démocratique populaire de France.

    J’espère juste que vous ne mettez pas tous les artistes dans le même sac…

    1. gameover

      On ne s’en prend pas aux artistes en général mais à ceux qui nient ou trouvent une justification d’intérêt général aux subventions qu’elles soient directes par l’état ou les collectivités locales ou indirectes comme le déficit chronique de leur régime d’indemnisation (1 Md d’E par an) ou de leur système de retraite (celui de l’opéra de paris est pas mal à ce sujet car ça vient en plus des subventions).

      1. petit-chat

        …Et qui, à ce titre, produisent de la m… qui n’a d’artistique que le prix abusif sous forme d’une subvention (subvention = argent escroqué).

    2. Calvin

      Tout à fait d’accord avec toi !
      Je ne comprends même pas ceux qui se disent artistes et qui veulent être à ce point fonctionnarisés.

      Un artiste est libre ou il n’est pas.

    3. ph11

      Les artistes devraient se rendre compte qu’au lieu d’exiger des sous à l’État qui s’endette, ils feraient bien de les demander directement à ceux qui prêtent cet argent à l’État.
      Je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais il faut se rendre compte que c’est probablement le même argent, juste avec un intermédiaire bureaucratique en moins… Mais là, il faut savoir convaincre par son art et plus faire semblant de faire de l’art et remplir des quotas…

  3. Can-Eye

    En tant que patron de petite entreprise j’ai un salaire intermittent et un régime spécial (0% d’indemnisation).
    Je compatis.

    1. Aristarque

      Déjà que vous êtes un exploiteur du prolétariat! Vous ne voudriez tout de même pas être subventionné et entretenu par vos esclaves (statut habituel du travailleur privé en Grance) pour ce faire? Un peu plus de décence et d’ attitude bisounousesque remplie de vivrensemblisme copieusement étalé! Non mais!.. 😀

  4. Otto West

     » […] bien qu’arborant une gueule d’enterrement, n’ont pas le cri sans thème. »

    Elle est stratosphérique celle-ci ^^

    1. gameover

      Merci BM… pour ce suivi !

      « La stratégie est de se constituer en groupe de pression et d’entamer un rapport de force pour obtenir des avantages au détriment de groupes moins organisés. »

      Et le tweet de Parisot : pathétique.
      Elle doit chercher une place.

  5. lxy

    La question qui se pose c’est quand même : qui peut aller voir ce genre de spectacles grotesques, scatologiques, laids, soviéto-marxiste tels que ceux cités plus haut ???? J’ai trouvé: les spectateurs sont principalement des IS car leur régime spécial leur ménage beaucoup de temps de libre (ils doivent même s’ennuyer à force). Aller voir les spectacles de leur collègues ça fait de l’audience, de la claque, et ça fait marcher l’intermittence. Un scandale en appelant un autre c’est quand même honteux de constater que des municipalités, socialistes notamment, participent à ces abus en finançant sur nos impôts des spectacles sans aucun intérêt réservés à une toute petite minorité de la population.

    1. Calvin

      Et puis les longues soirées à s’expliquer entre potes ce que l’auteur a voulu dépeindre, comment le metteur en scène a réussi à prouver l’ineptie du monde ultra capitaliste qui agresse les philosophes éclairés, seuls capables de voir la beauté de ce genre de spectacle.

  6. figarocifigarola

    Je suis également un artiste libéral qui n’a jamais touche un subside de l’etat et je prône la suppression pure et simple du ministère de la culture.

  7. La Sortie

    J’arrive après la dernière. Je peux tout de même ajouter que je suis intermittent du spectacle, je ne suis pas une artiste, je suis technicien du bas de l’échelle, je suis ouvrière du spectacle : je suis habilleuse et payée au smig. Depuis 2009, restrictions obligent, les théâtres grattent sur tous les postes d’intermittents pour faire des économies. Je travaille donc de moins en moins, en tout cas pas assez pour ouvrir mes droits, je ne touche plus l’assedic depuis 2009. Je ne vis que de mon salaire, il m’arrive de ne travailler que 4h dans un mois et de toucher environs 33 euros pour tout salaire. J’aime mon métier et heureusement que j’ai un conjoint qui gagne sa vie et que nous n’avons pas d’enfants à nourrir.
    Permettez moi de ne pas me reconnaitre dans le portrait de l’intermittent que vous peignez dans votre article. Si j’y reconnais des artistes que j’ai déjà croisés, je ne vois pas la grande majorité des obscurs qui n’ont pas droit à la cour du palais des Papes mais aux salles pourries du festival off et qui survivent tant bien que mal. Et pourtant ces obscurs créent des spectacles avec les moyens du bord et avec passion. ça paye pas la passion. On pourrait même dire que les montants des subventions sont inversement proportionnelles à l’envie de créer.
    Alors oui, il y a beaucoup d’artistes (du théâtre, de la danse, du cirque, des marionnettes, de l’opéra, des musiciens aussi, le spectacle ce n’est pas que le théâtre) dans la rue et aussi beaucoup de techniciens (et ouvriers) du spectacle. Au passage, nous faisons la différence entre les gens du spectacle et ceux du cinéma, le théatre, contrairement à ce que vous pensez, est le parent pauvre, si vous vouliez bien ne pas focaliser sur les têtes d’affiches et allez voir dans la masse des compagnies du bas, celles qui n’ont pas de moyens et à qui les médias ne tendent pas le micro. Allez discuter avec des gens lors d’un festival de théâtre de rue par exemple, vous avez des chances de voir des choses amusantes et de rencontrer des gens simples avec des moyens modestes et qui seront ravis de parler avec vous. C’est la partie immergée de l’iceberg, les 4/5ème dont votre article ne parle pas et qui tente de survivre.

    1. Et donc ? Vous pensez que continuer à subventionner tout ça résout ou aggrave le problème ? C’est ça, le cœur de la question.

  8. La Sortie

    Non ça n’est pas le coeur du problème, les commentaires que j’ai lu n’abordaient que le côté « intermittents, tous des profiteurs, des branleurs payés à rien foutre ». J’ai personnellement eues à faire avec un type de l’assedic il y a une dizaine d’année, c’était en hiver, il faisait un froid de gueux, le type que j’avais en face moi était énorme et tenait à peine dans son siège, il bossait dans un bureau bien chauffée, bien éclairée et il m’a dit qu’à son avis on était des profiteurs du système. Je lui ai répondu que si on était des profiteurs du système, ce serait lui qui serait à ma place.
    En ce qui concerne les subventions, leur utilité, la façon dont elles sont réparties… je vous renvoie à ce lien
    https://www.youtube.com/watch?v=9MCU7ALAq0Q
    ça s’appelle « Inculture », tout est très bien expliqué par Franck Lepage, regardez bien toute les vidéos et vous allez comprendre beaucoup de choses, c’est très bien fait et pas chiant du tout.

    1. « les commentaires que j’ai lu »
      Vous commentez le billet, pas les commentaires. Sinon, vous répondez à ceux-ci directement.

      Pour le reste, en ressortant ce pauvre Lepage poussiéreux, vous montrez que vous tombez consciencieusement dans le panneau propagandiste habituel. Sans intérêt, donc.

  9. La Sortie

    J’ai fait des fautes, j’en suis navrée, je suis fatiguée d’entendre toujours les mêmes conneries depuis 20 ans.
    Mes grands parents faisaient grève en 1936, on les traitait aussi de feignants et de parasites. Mon frère était en grève en 68 et il était aussi un branleur de feignant parasite. Pffff. on finit par avoir le dos en toile cirés.
    Les gens au RSA sont également des parasites feignants qui vivent « grassement » des allocations. Et nous savons vous et moi ce qu’il en est au final.

    1. La culture n’a pas besoin de subvention. Les métiers qui gravitent autour non plus (des douzaines de pays qui n’ont pas ce système en attestent). Et l’ensemble de ce qui existe actuellement en France n’est plus qu’un gros cancer putride, qui a réussi le pari de rendre pauvre des gens qui n’avaient nul besoin de le devenir, d’attirer les pires et les néfastes, dévoyer l’idée même de culture et rater complètement l’objectif (faire rayonner la France, blablabla).

      Le ministère de la culture, le régime des intermittents et les subventions afférentes doivent être supprimés.

      1. Duff

        Sans faire de pub à Denis Payre, dans son intervention de ce matin aux experts de Nicolas Doze sur BFMB, il a rappelé une chose qui m’est chère et qui mériterait un approfondissement intellectuel.

        Durant la IIIème république en france, il n’y avait pas de ministère de la culture, la littérature, la musique, l’opéra, le théâtre rayonnait. Il n’y avait pas de principe de précaution et la France co-inventait avec les USA l’automobile et l’aviation, des trucs insignifiants au XXème siècle.

        Pas grand chose. Il serait temps de s’interroger là dessus. Il y a bien de bouillantissimes économistes du camp du bien qui pensent que le capital au XXième siècle est atrocement inégal et incompatible au vivrensemble égalitariste éco-festivement juste mais il y a 3 siècles de statistiques et de pragmatisme qui leur donnent tort.

        Les faits leur donnent tort : la culture et l’innovation sont par terre aujourd’hui alors que les français sont ni plus cons ni moins motivés que leurs glorieux aînés. basta le discours relativistes et le nivellement par le bas.

  10. La Sortie

    Mais vous y êtes allés dans les autres pays ? Arf. Les rapports des gens avec la culture sont très différents, en Allemagne les gens n’hésitent pas à prendre leur voiture et à faire des bornes pour aller voir un spectacle de danse contemporaine dans un trou perdu, en France même avec des invitations, la même compagnie aurait un mal fou à remplir le tiers de la salle.
    Je pense que si on supprime le ministère de la culture, l’assedic spectacle et les subventions, on devrait bien aussi supprimer le reste.
    J’ai lu un peu en diagonale mais j’ai cru comprendre que vous même étiez au RSA et que ça vous permettait d’écrire vos articles, vous ne pensez pas qu’on pourrait également dire de vous que vous profitez du système vous aussi ? Le RSA c’est également une exception française, non ? La CMU aussi, les congés maternités aussi, les allocations familiales également et j’en passe, si on va par là, la France n’est qu’une grande exception. Peut être que vous avez raison, on devrait s’aligner sur les autres pays après tout ils arrivent à survivre sans avoir tout ce genre d’assistanat. Quoiqu’en ce moment les allemands commencent à parler d’avoir un smig, alors qu’ils avaient la chance d’avoir des boulots à un euro de l’heure, on aurait aussi tendance à déteindre sur les autres pays ?

    1. Je ne sais pas exactement d’où vous tenez vos infos, mais a/ je ne suis pas au RSA, et b/ je suis expat (et j’y suis donc allé dans les autres pays). Bref. Devant ce fail magistral, je vous encourage à lire un peu plus d’articles d’ici, ça va vous irriter mais peut-être comprendrez-vous mieux ma position, et on va briser là. Vie courte, explications longues, tout ça…

    2. Calvin

      Votre premier paragraphe détruit purement et simplement votre vision de la culture subventionnée.
      Oui, la culture française est malade de ses subventions.
      Celles-ci permettent effectivement, à vil prix, d’emmener les foules voir des spectacles dont ils se foutent, ne partageant rien, ni avec leurs proches, ni avec les artistes.
      Celles-ci permettent aussi, à vil prix également, d’amener des gens avides de culture vers des spectacles qu’ils auraient eux-mêmes choisis, dont ils auraient prolongé l’échange, au-delà de la représentation, parce qu’ils auraient des choix à faire.
      J’ai suffisamment d’amis artistes pour savoir que les moments de bonheur les plus forts pour eux (et les plus rares), ce sont des publics réceptifs, et des spectateurs qui viennent discuter avec eux de leur performance, de leur art, de leur pièce, de leur interprétation.
      Tout ça, l’argent gratuit pris dans les poches des travailleurs, pour le distribuer sans discernement à tout type de spectacles où peu de professionnels auront réellement pris des risques, a tué la culture et l’art en France.

      Vous nous montrez d’un côté, des pays où la culture n’étant pas subventionnée et où les gens vont à la rencontre de l’art.
      Et de l’autre, un pays où tout est dû, où il est normal que le système finance l’art, et où les gens viennent parce qu’il est peu cher, et non par désir.
      Choisissez votre camp.

    3. gameover

      Si on a une passion, doit-on en faire un métier alors que ce n’est pas viable économiquement ? Au lieu d’essayer de vivre de sa passion, ne vaut-il pas mieux vivre sa passion sur son temps de loisirs ? Ca permet d’en tirer du plaisir pur sans en avoir les contraintes.

      PS: je fabrique des répliques de monuments avec des allumettes. Là je viens de finir la Statue de la Liberté au 1/10ème, elle fait 4.6m de haut et a nécessité 1,324,892 allumettes et 1,540h de vrai travail et je la vends 270,000E HT. Si vous connaissez quelqu’un d’intéressé…

      1. Calvin

        Moi non.

        Par contre, je t’invite à un repas ce samedi soir !

        Fais-moi passer ton mail par H16.
        Je pense qu’il sera présent. Il ne voudra pas rater ça.

  11. La Sortie

    Toutes mes excuses, j’ai précisé que j’avais lu en diagonale, j’avais donc mal lu.
    Je n’ai pas à choisir de camp, je ne fais pas la guerre.
    De tout temps la culture a été utilisé pour manipuler les peuples, ça n’est pas d’aujourd’hui.
    Tous les artistes et techniciens étrangers qu’on croise nous disent envier fortement notre système qui permet de travailler dans un « certain confort » on pourrait dire, même les canadiens. Les seuls qui ne le dise pas sont les Suisses, mais là c’est nous qui les envions, ils ont des moyens pour bosser et des salaires qu’on aimerait bien avoir aussi.
    A tout hasard, il y a une très bonne étude faites par Anne-Marie Fugier qui s’appelle « Comédienne » où on apprend que déjà au XIXè siècle, on se demandait ce qui pouvait pousser des ouvriers à quitter l’usine pour aller bosser dans les théâtres (à la technique) et crever de faim un jour sur deux.
    J’avais commencé à lire certains articles du blog mais il y a, comment dire, un côté qui me rappelle un peu le bureau alors je vais en rester là.

    1. « Tous les artistes et techniciens étrangers qu’on croise nous disent envier fortement notre système »
      Ah ça, si tout le monde nous l’envie, c’est qu’il doit être bon.
      Je ne crois pas que ce soit la question. C’est plutôt de savoir s’il est juste, et qui paye.

Les commentaires sont fermés.