Pétrole, détroits et dollars : l’Amérique gagne la partie ?

C’est pourtant simple et les médias de grand chemin l’ont bien compris : le monde thermo-industriel est fini, les pénuries et les souffrances arrivent. Et surtout, ne tenez pas compte de ce qui se passe en coulisses, vous risqueriez de découvrir un grand chambardement énergétique.

Contrairement aux jérémiades de experts de plateaux, ce n’est ni la fin du pétrole, ni la victoire éclatante du camp du Bien éco-responsable, au contraire.

Ainsi, pour prendre l’épineux cas du détroit d’Ormuz, si l’on en croit la presse mainstream, ce goulot d’étranglement par lequel transite une part colossale de l’or noir mondial serait prétendument bloqué pour l’éternité, ou quasiment. Le pétrole à 200$ le baril ? C’est chose faite ou presque.

Cependant, tout indique que ce détroit ne pourra pas rester fermé beaucoup plus longtemps. En réalité, les Américains ont toutes les cartes en main et le temps joue indéniablement pour eux : une fermeture prolongée de ce détroit par l’Iran relève du suicide économique pur et simple.

En effet, le blocus naval coûte à Téhéran la bagatelle de 435 millions de dollars par jour de dommages économiques (soit environ 13 milliards par mois). Sachant que les hydrocarbures représentent 80 % des revenus d’exportation du gouvernement iranien, l’étranglement actuel est prohibitif pour l’Iran.

Ce n’est pas tout : ne pouvant exporter, l’Iran stocke et n’a qu’une paire de semaines d’espace libre. Or, fermer un puits n’est pas sans problèmes : quand on arrête brutalement la production, la pression chute et l’eau de fond de réservoir remonte, piégeant irréversiblement des gouttelettes d’huile dans les pores de la roche (phénomène de « capillary trapping »). Une partie de la ressource devient alors définitivement irrécupérable.

Les Iraniens et les Américains le savent, et ce ne sont pas les Américains qui sont gênés.

Du reste, si le monde devait subir une pénurie durable de pétrole, la Bourse serait la première à l’envisager. Apparemment, ceux qui engagent leurs propres deniers semblent sereins, et présentent actuellement une dynamique diamétralement opposée à une panique. Ainsi, les contrats à terme (les « futures ») pointent vers une baisse, et le marché anticipe de plus en plus la fin des répercussions du conflit sur l’approvisionnement, avec un cours du pétrole qui s’apprête à retrouver son étiage normal.

La pénurie tant espérée par les adorateurs compulsifs de la décroissance n’aura donc pas lieu cette fois-ci.

En réalité, ce qui se passe du côté d’Ormuz n’est qu’un élément dans une toile d’ensemble qui se découvre chaque jour, à chaque nouveau signal discret, peu rapporté par une presse décidément pleine d’experts improvisés.

Dans ces signaux discrets, on pourra rappeler le récent mémorandum émanant de Moscou (et très opportunément destiné à la nouvelle administration Trump) qui esquisse un retour discret au système de règlements en dollars pour les immenses transactions énergétiques, qu’il s’agisse de pétrole, de gaz naturel ou de GNL en provenance de la Russie. Cette nouvelle « entente cordiale » porterait principalement sur une coopération renforcée concernant les combustibles fossiles, au détriment très clair des énergies vertes et autres moulins à vent, relégués au rang de coûteuses distractions pour pays occidentaux en voie de paupérisation rapide.

Des investissements conjoints massifs se profilent déjà dans l’exploitation du gaz naturel, du pétrole offshore et des minerais stratégiques essentiels comme le lithium, le cuivre, le nickel, le platine ou le palladium. Dédollarisation et BRICS semblent gentiment relégués au second plan.

Ce recentrage pragmatique s’accompagne d’un spectaculaire basculement géographique.

La production de brut se réoriente ainsi rapidement vers l’Amérique latine. Le Venezuela, jadis paria, se retrouve très opportunément lié aux intérêts commerciaux des États-Unis, rappelant notamment aux Européens que la morale internationale est parfaitement soluble dans le pétrole lourd.

Attiré par de juteuses perspectives économiques, le reste du continent latino-américain va bien sûr emboîter le pas. Les analyses spécialisées ne s’y trompent pas en signalant que c’est bien là, dans « l’hémisphère ouest », que l’on va trouver demain la moitié de la production mondiale d’hydrocarbures, une manne sous le contrôle direct ou indirect mais toujours ferme de Washington.

Washington qui a fort bien compris l’importance stratégique des principaux goulets d’étranglements maritimes.

Ainsi, en l’espace de quelques mois, le Panama a été contraint de rompre ses liens avec l’influence chinoise pour un retour rapide au bercail américain.

Ormuz, comme expliqué plus haut et ici, ne pourra plus servir de levier ni aux Iraniens, ni à Londres.

Pour le détroit de Malacca, de récents développements illustrent une reprise en main qui ne doit absolument rien au hasard.

Quant à Gibraltar, la façon singulièrement désinvolte dont le gouvernement espagnol a récemment traité les États-Unis se traduit de façon quasi immédiate sur le plan géopolitique avec la récente signature d’une feuille de route renforçant le partenariat des Américains avec le Maroc.

En somme, alors que l’Union européenne s’obstine à se scier les jambes au nom d’une chimérique transition écologique qui la ruine avec constance, le reste de la planète continue de trotter et se partage le monde réel, celui des barils, des minerais et des routes maritimes sécurisées. L’énergie, abondante et bon marché de préférence, restera le nerf absolu de l’économie pour les décennies à venir, et dans ce nouveau paradigme, l’Union européenne et ses membres font les clowns.

Non, le monde ne marche pas à grandes enjambées vers une pénurie verte et vertueuse, mais bien vers une redéfinition assumée de la puissance pétrolière et gazière américaine. Cette réaffirmation géopolitique américaine s’opère sous nos yeux et malgré les explications aussi farfelues qu’embrouillées d’une presse de grand chemin qui préfère s’obséder sur la température de l’eau en plein mois d’août.

Malgré tout, le réel a cet avantage sur les récits qu’il finit toujours par s’imposer. Pour ceux qui se seront entêtés à le nier, le réveil promet d’être sévère et la facture salée. L’Europe restera-t-elle spectatrice de ce grand partage, confondant vertu et impuissance, ou saura-t-elle se réveiller à temps ?

J'accepte les BTC, ETH et BCH !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires626

  1. CPB33

    H16 sur Dreuz (1 seul commentaire pour l’instant !)
    dreuz.com/2026/04/petrole-detroits-et-dollars-lamerique-gagne-la-partie-327442.html

  2. CPB33

    Grosminet ! avoue que tu as été sur ce site !
    policeetrealites.com/2026/04/23/%f0%9f%87%ba%f0%9f%87%b8-cnn-devoile-une-academie-mondiale-du-viol-des-milliers-dhommes-sechangeaient-des-conseils-pour-droguer-et-violer-leur-femme/

  3. Pheldge

    HS : alors qu’il y a des centaines d’OQTF non exécutés, un marocain illégal est expulsé, son seul tort ? il travaille chez la veuve de JMLP l’occasion était trop belle pour certains fonctionnaires de faire du zèle
    lefigaro.fr/faits-divers/en-situation-irreguliere-le-jardinier-de-jany-le-pen-expulse-vers-le-maroc-sur-decision-du-prefet-des-hauts-de-seine-20260423
    c’eût été le jardinier d’un pipole de gauche, il eût été régularisé.

    1. Higgins

      L’administration aime bien s’attaquer à ce genre de cas. C’est facile. Il y a deux ans, un boulanger qui avait un bon apprenti hélas en situation irrégulière pour lui, a du faire une grève de la faim pour que son poulain ne soit pas expulsé. Il est vrai que ce dernier était bosseur, ne se droguait pas et n’était pas délinquant…

      1. Pheldge

        ce genre d’affaire, pour un préfet, c’est un sacré booster de carrière … pareil pour un magistrat qui se faire un politique.

      2. MarieA

        “Hélas en situation irrégulière pour lui”
        Lui : l’apprenti ou le boulanger?
        Parce que pour le boulanger, ne t’inquiète pas pour lui, avec tout l’argent des cotisations sociales qu’il n’a pas payées, il a de quoi se remplumer.

  4. Pheldge

    les socialistes – M. Belkacem en tête – ont de brillantes idées comme toujours :
    lepoint.fr/debats/demarchandisation-les-socialistes-rattrapes-par-le-syndrome-de-letat-providence-GVJB3IARJ5F3NMR4BIFMUST3GM/

    1. bob razovski

      Qu’ils le fassent, qu’on se marre.
      Parce que la seule chose qui sauve l’état de la noyade est le recours quasi permanent aux dsp et aux ppp pour fonctionner.
      Ce que préconise cette bande de branquignoles n’est qu’une énorme nationalisation.
      Tous les employés du privé seront requalifiés fonx et y’en a pléthore qui n’attendent que ça pour ne plus rien foutre.
      Demain, tous fonctionnaires.

      1. Pheldge

        s’ils le font, on ne va pas se marrer du tout, ça coûtera un pognon de dingues, pour un résultat médiocre, comme à chaque fois … et l’addition sera pour nous, et cette perspective ne me réjouit pas du tout.

    2. Léo C

      Ah, oui, brillante:

      bvoltaire.fr/a-la-recherche-du-mysterieux-concours-prepare-par-najat-vallaud-belkacem/comment-page-5/#comment-824745

      Commenté.

      1. Pheldge

        le problème est que sur ce sujet, tous les partis qui ont été au pouvoir ont des casseroles au cul, alors on détourne pudiquement le regard, et quand un journaleux ose poser une question, on fait mine de s’offusquer, mais pas trop, parce que de toutes façons, entre le recrutement de personnalités par nomination par le PM ou le PR, et le « tour extérieur » mis en place sous Mitterrand pour récompenser ses fidèles – Beregovoy en premier -, les options légales ne manquent pas !

  5. simine

    Le secrétaire du Trésor Usa Scott Bessent avait affirmé, en parlant désormais de « Economic Fury » que la plus grosse erreur que les gardiens de la révolution ( IRGC) aient faite, est d’avoir taper Dubai et le Qatar. En guise de représailles, ces derniers ont ouvert les portefeuilles bancaires des gardiens aux ricains qui allaient se faire une joie de dézinguer leur empire cryptomonétaire (en Grande Bretagne).
    Source :

    https://www.youtube.com/live/ElW2NfbInjc?is=dQTPNxmErQcagkVc

  6. ohmdeboi

    Bravo l’Europe climatocatastrophiste et carbonophobe qui prend tout le monde pour des cons et veut donner des leçons à la Terre entière.

            1. Aristarkke

              Que je sache, à chaque utilisation t’evitant de « bénéficier » du sevice public de la Rentre Avec Tes Pieds, tu en es sorti vivant et intact, juste un peu plus vieux qu’en y montant. Non ?

  7. CPB33

    une analyse qui rejoint celle du boss
    « « Le détroit d’Ormuz n’est pas seulement un point chaud sur le globe… »
    Dans le vacarme des commentateurs et des experts militaires de plateau télé, qui semblent vivre en permanence dans une réalité n’existant que dans leur tête, des ventriloques de l’OTAN ou des mollahs – si nombreux dans la sphère française dite de « réinformation » –, la voix de Susan Kokinda tranche.
    Sa pensée coupe dans le vif afin que la vérité soit exposée à la vue de tous.
    Susan Kokinda, c’est un peu l’alliance shakespearienne du glaive et de la rose : on fait saigner, mais pour l’élégance, la vérité et la beauté.
    « Une mécanique de prédation installée depuis plus d’un siècle… »
    Au sujet de la guerre en Iran, Susan Kokinda formule avec justesse ce que presque personne ne semble voir en France : le détroit d’Ormuz n’est pas seulement un point chaud sur le globe, il est le rouage central d’un vieux système impérial britannique fondé sur le chantage, la prédation et la peur, et dont l’une des méthodes les plus fécondes consiste à saboter sans relâche toute possibilité de paix entre Israël, les pays arabes et l’Iran.
    Comme si la paix dans la région devait précipiter la ruine de la City de Londres, principale plaque tournante financière des forces obscures de la monarchie britannique et des mondialistes.
    Trump n’aurait pas seulement défié militairement les mollahs iraniens ou réajusté un rapport de forces régional.
    Selon Kokinda, le président Trump aurait porté le fer contre une mécanique de prédation installée depuis plus d’un siècle, en s’attaquant au pouvoir de nuisance de Lloyd’s of London, en reprenant la question de l’assurance maritime, en verrouillant les ventes pétrolières iraniennes, et en exposant certaines tuyauteries financières jusque-là couvertes par le brouillard bancaire international – brouillard entretenu par les politiciens occidentaux corrompus.
    « Chaque litre de pétrole payé aux mollahs iraniens générait du profit pour la City de Londres. »
    Kokinda va plus loin. Elle comprend que le refus de Starmer de s’associer, comme le voulait Trump, à un blocus et à des mesures financières visant les avoirs des mollahs et de leurs familles, révèle un basculement : l’empire britannique clandestin ne tiendrait plus son détroit, son récit, ses hommes de paille ni les milliards que cela lui rapportait…
    Car, entre autres, à travers le jeu des primes d’assurance pharaoniques dont les compagnies de supertankers devaient s’acquitter pour faire transiter le pétrole iranien par le détroit d’Ormuz, il y aurait une alliance économique implicite – pour le moins – entre le régime des mollahs et Londres : chaque litre de pétrole payé aux mollahs iraniens générait du profit pour la City de Londres.
    Augmenter ces profits était d’ailleurs assez simple : il suffisait aux services secrets britanniques de créer des conflits et des tensions dans la région, pour que la Lloyd’s of London augmente le montant des primes d’assurance du précieux pétrole.
    Sa conclusion est d’une lucidité rare – et c’est précisément pour cela qu’elle dérange : Trump aurait forcé le système impérial britannique clandestin à quitter l’obscurité pour s’exposer à la lumière crue des faits.
    Faits qui dévoileraient l’implication directe des dirigeants britanniques dans le financement des mollahs et dans le sabotage continuel de toute tentative de mettre fin à ce régime sanguinaire qui massacre sa jeunesse dès qu’elle ose se divertir ou aspirer à la liberté – depuis 47 ans.
    Mollahs iraniens et City de Londres : des revenus communs
    Son émission du 13 avril 2026, intitulée « Le Brief du lundi – RÉVÉLATION : Trump nomme la guerre cachée – la Grande-Bretagne n’a plus aucune carte en main » (« The Monday Brief – EXPOSED: Trump Names the Hidden War – Britain Has No Cards Left »), s’inscrit exactement dans cette ligne : elle y soutient que Trump aurait attaqué non seulement les mollahs iraniens, mais surtout le système de contrôle financier et politique britannique.
    Ce système s’appuierait principalement sur les conflits du Moyen-Orient – que les dirigeants britanniques de tous bords n’hésiteraient pas à provoquer depuis plus d’un siècle pour enrichir la City – et sur le transit du pétrole via le détroit d’Ormuz, pour organiser une forme de dépendance énergétique mondiale : autrement dit, un racket sur tout ce qui transite par ce détroit.
    Le cœur de sa démonstration tient en trois points :
    Premièrement, le contrôle d’Ormuz ne serait pas seulement militaire, mais d’abord financier, avec pour principal instrument le marché d’assurance Lloyd’s of London (il s’agit en toute rigueur d’un marché d’assurance (« the Lloyd’s market / Lloyd’s of London »), et non d’une compagnie d’assurance au sens strict).
    Deuxièmement, Trump aurait cherché à casser cette architecture en contestant l’emprise de la Lloyd’s et en imposant une ligne de rupture sur le pétrole iranien.
    Troisièmement, les actions financières récentes contre certains circuits de mollahs iraniens montreraient que l’affrontement se joue autant dans les banques, les changes et les cryptomonnaies que sur mer.
    Kokinda ne décrit pas une crise ponctuelle
    Elle décrit un dévoilement. Et c’est ce qui donne à sa dernière vidéo la tonalité de la vérité : Trump, en s’attaquant au régime des mollahs – qui est à classer parmi les pires qui soient avec le nazisme, le communisme made in URSS ou encore le maoïsme et le « polpotisme » – s’attaque à l’emprise britannique sur le pétrole et les finances du Moyen-Orient, et donc en partie sur celles du reste du monde.
    Si l’on comprend les analyses de Kokinda, on découvre l’une des faces encore cachées de l’État profond mondial : celle de la City de Londres.
    Pour regarder l’émission du 13 avril 2026 de Susan Kokinda, cliquez sur : « The Monday Brief – EXPOSED: Trump Names the Hidden War – Britain Has No Cards Left »

    1. Pierre 82

      Quand le Patron en a parlé, c’était pour moi une découverte.
      J’ignore quelle est la véritable part réelle de responsabilité qu’a la City sur le maintien à tout prix du régime des mollahs, mais le raisonnement est tout à fait bon, qu’on le veuille ou non, la City en profitait largement.

      Rappelons qu’en grec ancien, « dévoilement » se dit « ἀποκάλυψις »

    2. P&C

      Mouais.
      Sans preuves, ça a autant de vraisemblance que les podcasts de cossette trudel, où Trump bombarde en Iran des sites de Obama avec l’accord des mollahs.

Laisser une réponse

(obligatoire)
(facultatif)