Trois petits cochons, devenus moins petits, tentent de se séparer de leur maman sur le plan fiscal : elle leur souhaite à chacun un travail tranquille, dans une administration territoriale pas trop loin de chez elle, ou, à la limite, dans une grande entreprise où l’État est un gros actionnaire, comme Thales, EDF ou Airbus, et les met en garde contre, d’une part, le grand méchant loup qui rôde et croque parfois les petits cochons imprudents, et le fisc, pas super tendre non plus.
Chacun allant son chemin s’installe dans sa petite vie de célibataire.
Le premier petit cochon, franchement pas travailleur, opte pour des études en Histoire de Lard. La filière est ultra bouchée, mais elle dispose de deux atouts non négligeables : les bancs de l’amphi sont plein de petite truies bien cochonnes, les profs sont super sympas, super compréhensifs, et, surtout, notre petit cochon connaît un pote à la Direction Départementale des Musées qui, en suivant cette filière, a trouvé un job de planqué, pleins d’avantages, sans trop se fouler.
Comme son ami est déjà dans la place, il ne devra pas avoir de mal à décrocher un poste, d’autant qu’il sait qu’il fera partie du jury pour le concours d’admission.
Le second petit cochon est un peu plus travailleur, et il a choisi le droit. Au bout de six années (dont une de redoublement) à trimer dans des amphis surchargés sur des codes de procédures dont le volume a doublé entre son arrivé en fac et sa sortie, il a un mal de chien à trouver un stage dans un cabinet. Au cours de celui-ci, il est promu Project Office Manager, ce qui revient essentiellement à être cantonné à faire des photocopies et du café pour préparer les réunions des associés. À la fin du stage, comme aucun job ne se profile à l’horizon, il se retrouve guichetier pardon conseiller clientèle dans une grande banque.
Le troisième petit cochon, lui, en veut vraiment : pendant ses études d’ingénieur en informatique, il a découvert un nouveau moyen de faire tourner des modèles d’intelligence artificielle avec beaucoup moins de matériel coûteux. Il développe un solide algorithme et une application de démonstration, et passe un an à établir un dossier pour BPIfrance, afin d’obtenir des subventions. BPIfrance lui demande, pour accepter son dossier, de candidater à un concours organisé par une institution étatique prestigieuse, mais le dossier se perd à la Chambre de Commerce et d’Industrie. Comme notre prévoyant petit cochon en avait fait une copie, il peut l’envoyer quand même dans les temps.
Six mois plus tard, il n’est malheureusement pas sélectionné : à la place, c’est un chercheur de l’Institut National de l’Informatique Pour L’Intelligence Artificielle À Coûts Modérés qui, bizarrement, dispose du même algorithme que lui, à deux trois petits détails près.
Comme notre petit cochon pense qu’il y a eu une fuite (oh !), il attaque la nouvelle start-up de ce brillant chercheur d’ailleurs épaulé par Thales R&D, EDF R&D et Airbus R&D. Évidemment, il perd au procès et doit payer une très lourde amende pour procédure injustifiée.
Quasiment sur la paille, il se retrouve au RMI pendant deux ans. Il va finalement voir son premier frère, qui, lui, a fini par obtenir son poste à la Direction Départementale des Musées. Il l’héberge pendant un mois, puis lui file quelques ronds et l’expédie chez son autre frère, le guichetier. Ce dernier lui propose l’immigration au Canada. Notre troisième petit cochon, au bout du rouleau, accepte et embarque pour Toronto. Il y montera finalement sa société de Data Storage spécial à base d’IA qui deviendra cinq ans après un leader du marché nord-Américain pendant que la startup du brillant chercheur épaulé par Thales R&D, EDF R&D et Airbus R&D a rapidement brûlé tout son cash sans rien donner ensuite.
Pendant ce temps, le Grand Méchant Loup, lui, a autre chose à faire que s’occuper de petits cochons ; le trafic de drogue marche d’autant mieux que cela lui permet d’arroser tout le gratin politique parisien. Et comme il connaît les bonnes personnes, la justice est étonnamment souple avec lui et ses « commerciaux ». Malheureusement, à la suite à l’overdose d’un député qui venait s’approvisionner chez lui, l’opposition politique en profite pour faire un scandale d’État. Ses « amis » bien placés le lâchent et le voilà condamné à 20 ans de taule pour usage, trafic de drogue et crimes en bande organisée. Relâché au bout de 6 mois avant son procès en appel suite à un vice de procédure, on retrouvera deux jours après dans un squat sordide son corps criblé de deux balles dans le dos, permettant de conclure commodément à un règlement de compte.
À ce moment, le fisc redresse très violemment le deuxième petit cochon, le guichetier, qui, pour arrondir ses fins de mois, faisait un peu (trop) de brocante sur eBay.
Ruiné, il se suicide.



Y aurait il de perfides allusions à un polytocard en mal de représentation ?
« des études en Histoire de Lard. »
Comme la dinde passionnée par la fête de Thanksgiving ?
La morale de cette histoire est ?
Oui on a un peu l’impression qu’il manque la fin de l’histoire.
Barre toi de fRance !
P&C, toujours à fond. Sur l’embrayage.
😀
@ Pierre 82 4 septembre 2026 at 9 h 44 min
La satisfaction du pédagogue quand il constate que la leçon a été assimilée 😉
Ca doit pas devenir une habitude non plus.
Je tiens beaucoup à la loi de Poe, je trouve qu’avec des gens qu’on connait, ça permet parfois de faire le tri…
y’a pas que lui vot’ Grandeur, déjà, le temps de s’habituer à ce nouveau style, la parabole, comme dernièrement avec les courses de chevaux, et puis à peine qu’on rentre dans l’histoire que hop, fini, pas une piste, pas un indice, rien … Alors, on relit, en se disant qu’on a peut-être loupé un truc, et puis, non ! évidemment à part P&C et moi, tout le monde a compris le sens du billet.
Je sais que ce que j’en dis n’a jamais eu beaucoup de valeur ici, au moins je saurais que je suis du niveau de P&C, ça me rassure. 😉
Que le trafic de came a de l’avenir, contrairement au reste.
@ P&C 4 septembre 2026 at 9 h 09 min
« La morale de cette histoire est ? »
Pour une fois, y’a pas de conclusion, faut la fabriquer soi-même. Je propose un original CCSF.
« R&D a rapidement brûlé tout son cash sans rien donner ensuite. »
Combien de Tesla model S achetées par ce biais pour assurer le standing des bureaux installés à moins de 200m de l’Arc de Triomphe ?
Histoire vécue en Grancistan, nullement tirée de l’imagination fertile complotiste…
C’est marrant j’ai aussi entendu des histoires de CCI et autres tribunaux de commerce, rapport aux informations qu’on y glane fort avantageusement. Mais rien d’illégal rassurez-vous.
A siéger bénévolement on y apprend des trucs.
La ferme des animaux, version H16!
Et oui, dans ce qui fut un beau pays, la vie y est devenue impossible pour qui n’a pas le syndrome du fonctionnaire, c’est à dire vivre au crochet des autres.
Comme « les autres » se réduit peu à peu et n’est pas compensé par ces « chances pour…. » (air connu), il va arriver un moment où l’argent des autres pays (emprunt) va venir à manquer, et là…..
patatras!
Meuh non, le système est voué à durer éternellement. Ils n’ont qu’à augmenter drastiquement les impôts, passer à la monnaie électronique, engager des agents pour contrôler et traquer toute forme de fraude fiscale en durcissant considérablement les peines encourues pour les fraudeurs.
Pour les pires fraudeurs, ils n’auront qu’à les considérer comme traitres à la patrie, et les établir la peine de mort en comparution immédiate.
On peut encore sauver la république, ce n’est qu’une question de volonté.
??? Billet pas terminé… où que c’est qu’elle est la suite ?
Dans un livre 😉
T’as qu’à payer, prolo…
Plus sérieusement, il me semble qu’elle est arrivée à son terme, cette histoire, non ?
Les deux socialos finissent mal, et le cochon libéral devient riche.
Su te faut-il de plus ?
Vous vouliez dire, les deux travailleurs?
Le soscialo, lui, est peinard.
@ Pierre 82 4 septembre 2026 at 10 h 01 min
« Que te faut-il de plus ? »
La fin de l’histoire… regarde bien, le billet est très court, moi j’dis qu’on se fait arnaquer sur ce coup là.
Correction!
« deux balles dans le dos, permettant de conclure commodément à un !suicide!. »
Du Grimm dans le texte!
Et oui, le système D s’installe en france comme dans tout pays du tiers-monde ou en déclin. Ce n’est plus qu’une parodie de course à l’excellence et de méritocratie.
Pendant que Fitch se ramollit en maintenant la note du pays, les entreprises coulent de plus en plus nombreuses:
allianz-trade.fr/actualites/defaillances-entreprises-france-t2-2026.html
business-times.fr/actualites/defaillances-entreprises-2026-france/
Okaïdi, IKKS et les chaussures Minelli sont clairement menacés ou déjà enterrés.
» Criblé de deux balles dans le dos … » , c’est vraiment un tout petit crible ( un crible passionnel ? ) , et , plus vraisemblablement un suicide !
C’est un conte très noir . Le premier a des relations , le second semble en manquer et un diplôme peut quand même mener à une meilleure position . Le troisième est talentueux et travailleur , il n’a pas de mérite : c’est tout bêtement un don . Dans ces conditions , moi aussi je serais riche ( bon , a-t-il trouvé l’amour ? )
Le plus important dans ce conte, c’est le Grand Méchant Loup qui, avec les zillions gagnés grâce aux tonnes de poude vendues dans ce pays de dingues, peut arroser toute la caste et se la mettre dans la poche, dans un prmeier temps pour mieux faire florir son business, et dans un deuxième pour remplacer ladite caste, au motif qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même.
« les bancs de l’amphi sont plein de petite truies bien cochonnes »
Faut aimer le look zadiste pas épilée aux cheveux bleus ou roses.
Le RMI ? Qu’est ce ?
Pour les antiquités/boomers qui sévissent ici, je pense que cela a du sens, ils pourraient même retrouver le texte original qui avait été publié ici 🙂 . A moins qu’Al Zheimer les ait déjà attaqué.
Faudrait que je consulte pour voir si Aloys Alzheimer n’a pas commencé à m’attaquer, car je n’avais même pas noté.
Tout comme parfois, je dis Tchécoslovaquie, Yougaslavie, URSS ou même Birmanie, ce qui fait marrer mes enfants.
Ceci dit, pour Aloys, faudrait quand même vérifier : j’ai vraiment un problème parfois pour retrouver les noms des gens…
Et comment s’appelle ton cousin allemand ?