Un article de Henry Bonner
Aux États-Unis, les banques font des records de bénéfices sur les remous provoqués par la guerre en Iran, entre les besoins en financement d’entreprises et d’autres types d’activités dans la Bourse.
Quartz explique ainsi :
“5 des plus grandes banques américaines ont délivré, ensemble, des bénéfices trimestriels de 49 milliards de dollars, ce mardi [7 juillet], tirant profit d’une hausse de l’activité de trading, dans le nombre d’introductions en Bourse, et d’une rebond dans l’activité de financements au second trimestre.”
JP Morgan, la plus grande banque d’affaires de Wall Street, génère près de la moitié de la totalité du montant pour le groupe, entre des records dans l’activité de financement, dans les bénéfices sur les opérations des investisseurs, et les gains sur des titres d’entreprises en portefeuille.
La hausse des bénéfices dans les grandes banques fait partie des conséquences de la guerre en Iran. La Bourse américaine atteint tout de même des records, avec l’envolée de la tech, et génère des hausses pour les prêts aux investisseurs, et l’activité de financement des entreprises.
Comme l’explique Matt Levine, un analyste pour Bloomberg : “Les grandes banques gagnent des bénéfices sur les activités des clients dans la Bourse, via 3 types d’approches.”
Il donne le détail des 3 méthodes pour les hausses de bénéfices chez les grandes banques :
1) Les clients des banques veulent faire des opérations dans la Bourse, et les banques offrent des services d’intermédiaire … Ceci est appelé une activité de “faiseur de marché” [market-maker], ou “intermédiation”, et cela génère le plus de bénéfices lors des remous importants dans la Bourse …
2) Les clients des banques veulent faire des emprunts, pour financer des opérations dans la Bourse, et utilisent les titres comme garanties … Cela fonctionne le mieux lors des hausses dans les prix des titres …
3) Les entreprises veulent aussi lever plus de fonds, via des émissions de titres, par exemple dans une cotation en Bourse… Cette activité tend aussi à générer plus de bénéfices lors des hausses de la Bourse, surtout en période de relative tranquillité. En effet, les entreprises cherchent des opportunités pour des émissions de titres, après des périodes de hausses de la valeur des titres, et lorsqu’elles ont le plus de confiance d’avoir une “fenêtre ouverte” sans source de mauvaises surprises.
Les conditions dans la Bourse, et les remous de la guerre en Iran, créent ainsi une manne pour les activités de financement et de services d’intermédiaire pour les investisseurs.
Rachat d’EasyJet : opportunités dans la guerre
Des fonds de private equity tirent aussi profit des incertitudes de la guerre pour la recherche d’opportunités.
Ainsi, les offres de rachat pour la ligne d’aviation EasyJet, entraînent une hausse du titre de près de 100 % depuis mai.
Comme vous pouvez le voir ci-dessous, le cours de l’aviateur baisse au début de l’année, après les craintes sur les effets de la guerre en Iran, sur les marges et les ventes de billets.
Ensuite, la baisse de cours attire l’attention de fonds de private equity, dont les géants Castlelake, un spécialiste de l’aviation, et Apollo, l’un des plus gros gérants de fonds au monde, avec des actifs de près de 1.000 milliards $.
Les gérants d’EasyJet prévoient un accord avec Apollo, en raison du montant de l’offre de rachat, de 5,7 milliards de livres sterling.
De plus, Apollo donne des garanties contre une vente à la découpe.
Le Revenu détaille :
“Apollo s’est également engagé à maintenir la stratégie de développement d’EasyJet, notamment la modernisation de sa flotte, le développement d’EasyJet Holidays et le maintien des accords de licence de marque conclus avec EasyGroup, la société du fondateur Stelios Haji-Ioannou.”
En bref, les fonds de private equity prévoient un rebond des résultats après les perturbations aux déplacements en raison de la guerre en Iran, et une hausse des marges après une baisse des prix de l’énergie.
En effet, comme le montrent les chiffres d’Eurocontrol, ci-dessous, les déplacements en avion grimpent de nouveau en Europe, après un ralentissement au début de la guerre en Iran.
Le tableau de bord montre en effet le nombre de vols et la variation par rapport à 2025. Après une période de repli du trafic entre avril et mai, le nombre de vols grimpent depuis 2 mois, par rapport aux niveaux de 2025.
Les investissements en cours pour l’aéroport de Charles-de-Gaulle montrent, de même, les attentes d’une hausse des volumes de vols.
L’aéroport de Beauvais, à proximité de la capitale, reçoit aussi plus de demandes de créneaux de la part de compagnies, en particulier dans le low-cost.
Les opérateurs de l’aéroport, un consortium de la Caisse de Dépôts, Bouygues Construction, et d’autres entreprises, préparent ainsi des investissements de 180 millions d’euros pour une hausse du trafic.
Apollo, le fonds de private equity, voit ainsi des opportunités dans les lignes d’aviation, après une baisse des cours en Bourse, sur les craintes autour de la guerre en Iran.
Ils visent des gains sur l’essor du nombre de vols en Europe sur les prochaines années, et une amélioration des marges via des efficacités ou des baisses de prix de l’énergie.
Après des baisses de cours, et les craintes sur les effets de la guerre en Iran, les remous dans la Bourse font partie des causes des records de bénéfices pour les grandes banques.
De même, les incertitudes créent des opportunités pour des opérations dans le private equity, dont le rachat d’Easyjet par exemple.
Des entreprises et investisseurs génèrent ainsi des opportunités de bénéfices sur les dégâts de la guerre, et les changements d’humeur en fonction des actualités sur le conflit.
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Actuellement les banques de détail dégraissent à tour de bras …
« “5 des plus grandes banques américaines ont délivré… »
Anglicisisme et non-sens.
En français on ne dit pas « les banques ont délivré des bénéfices », mais « les banques ont généré… » ou tout bêtement « les banques ont fait des bénéfices… »
Je sais, ça casse les couilles, ça passe pour de la muscasodomia, mais si, c’est utile de le rappeler. C’est du parasitage de la langue par des vocables snobs, pour se donner une image d’expertise avec des non-sens qui bousillent et la langue, et la pensée, et la culture qui va avec.
Je serais un peu moins affirmatif, Doc…
Quand tu gères tes affaires au jour le jour en échangeant dans une langue, lorsque tu te mets à en parler dans une autre (fusse-t-elle ta langue maternelle) il t’arrive d’emprunter – involontairement – des expressions que tu emploies tous les jours. Et ça vient naturellement, tu ne t’en rends pas compte à tous les coups.
Un peu d’empathie, stp (oui, moi aussi j’ai suivi les cours 😉 )
Sauf que cet anglicisme est devenu très courant dans les milieux cadres sup’ , to deliver ne veut pas dire « délivrer », mais « livrer », et c’est employé en non-sens total, aussi bien la traduction du terme, que son emploi hors de propos.
C’est de plus un exemple, parmi de nombreux autres, de ce jargon de manager qui se la pète pour faire « américain ». C’est tout simplement grotesque.
* autre erreur : fût-elle ta langue maternelle 😛
Raaah !
Docteur Slump, docteur en quoi au fait ?
Il me semble que vous vous fourvoyez.
À la bourse on emploie le terme livrer (ou publier) quand il s’agit des résultats des entreprises cotées.
Après il ne fait aucun doute que dans sa version english le terme original “delivery’s passé tout debout dans le traducteur pour donner délivrer au lieu de publier.
Le café du matin est mal passé ?
docteur en théologie : « deliver us from evil » !!!
@ Takata 1 août 2026, 11 h 41 min
Le doc a raison, en Français on ne délivre pas des bénéfices, à moins que ceux-ci ne soient retenus prisonniers…
Quand on voit que les pays européens sont dans une mouïse économique sans précédent, à commencer par la France, on comprend mal comment des gens, pourtant bien informés, tablent sur une augmentation du trafic aérien en Europe.
Cette analyse vaut en effet pour des placements court terme, lié aux événements géopolitiques en cours, par pour de l’investissement de long terme.