Kiwis
Divers
Kiwis
Libéralisme
- Aurel
- Axel Korbel
- Baroque et fatigué
- Contrepoints
- Copeau
- Criticus
- Dadid Descôteaux
- Guy Sorman
- H16 sur LePost.fr
- Harald
- La catallaxine
- Le libéralisme pour les nuls
- Le pélicastre jouisseur
- Libéraux.org
- Liberté Chérie
- Liberty Finder
- Loïc Abadie
- Ne Cede Malis
- Philippulus
- Porte Entrouverte
- Psychotherapeute
- Quitter la Sécu
- Servitude
- Silence, les Agneaux…
- SOS Education
Politiques
Ce matin, il pleuvait. Et j’ai commis l’énorme erreur de prendre le bus. D’une part, il était -évidemment- plein. D’autre part, il est arrivé en retard, a pris un trajet farfelu totalement improvisé et foireux pour éviter une circulation rendue dantesque par … la présence d’autres bus coincés, et enfin, il a pris beaucoup plus de temps à faire le trajet que moi, à pied (logique, vu le gloubiboulga général).
Ce constat semble résulter d’un malheureux concours de circonstances… Il n’en est rien.
J’ai en effet la chance douteuse de pas mal voyager, et de « profiter » de nombreux transports en commun de types divers. Et force est de constater que l’Etat s’occupe bien mal de ces activités. D’ailleurs, elles sont d’autant plus pourries qu’il a son nez et ses doigts dedans.
Les observations, en effet, sont les suivantes.
D’un côté, les gouvernements mettent régulièrement en œuvre des lois et des règlements favorisant les transports en commun, au prétexte qu’ils sont plus écologiques, désenclavent certaines régions, ou encore, représentent un intérêt national lorsque les entreprises sont des monopoles publics ou dont l’Etat est actionnaire important.
De l’autre, l’Etat, parfait Janus de Prisunic, fait progressivement tout pour rendre chaque voyage en commun plus pénible, plus coûteux, plus long et plus incertain.
Plus coûteux, c’est évident lorsqu’on voit ce que finalement nous coûte des entreprises comme la RATP ou la SNCF ; le prix du billet, jadis abordable, grimpe un peu plus tous les jours, et le différentiel au coût réel s’accroît avec les charges d’exploitations courantes et à venir ; je pense ici aux retraites et aux soultes qui voyagent, elles, pas en commun, entre les différents organismes de l’Etat en permettant à tout un monde de petits fonctionnaires tatillons de se sucrer au passage.
Dans les villes qui n’ont pas la chance discutable de se voir gangrénées desservies par la RATP, les mairies rivalisent d’inventivité pour déplacer de grosses sommes de la poche des contribuables vers des entreprises semi-publiques de BTP et de transport dans lesquelles le tonton ou le frangin du maire aura des parts. On peut étudier chaque type de transport et vérifier qu’à la base, il y a le désir toujours assouvi d’un élu de laisser une trace durable dans le paysage de sa ville. Après, en fonction de son égo, on récolte soit quelques lignes de bus, des lignes de tram pour les caractères plus envahissants, et des lignes de métro pour les plus imbus de leurs personnes.
(Au passage, on se demande vraiment où niche l’intérêt du tram : il subit souvent les aléas de la circulation tout en étant plus cher que le bus… Magie du rail, sans doute.)
La construction de ces lignes nécessite d’importants budgets ; outre les matériels roulants, le placement des arrêts, le creusement des lignes, que ce soit pour les rails du tram ou pour les souterrains du métro, coûtent fort cher et nécessitent des millions ou des milliards d’euros. Les pertes subies par les commerces alentours sont généralement sous-estimées et, de toute façon, coûtent aux contribuables par indemnisation, et aux riverains par pertes diverses de chiffre d’affaires.
Une fois les lignes déployées (et pas encore amorties), les trajets sont cependant plus pénibles et plus longs : en effet, les aménagements proposés imposent de nouveaux tracés routiers qui perturbent la circulation ; comme le nouveau système se doit d’être un succès, la mairie va s’efforcer d’enquiquiner au maximum l’automobiliste, vilain individualiste pollueur et égoïste, pour lui faire prendre la ligne de métro, le bus ou le tram qui va bien. Mais las …
Quand les lignes ne desservent pas du tout les centres d’intérêts de l’automobiliste, le service rendu pour lui est nul. Quand le temps du nouveau trajet proposé est trois fois supérieur, le service rendu est négatif. Quand le trajet est beaucoup plus compliqué (correspondances, horaires), le service rendu est là encore difficilement positif.
Evidemment, certains veinards y trouvent leur compte : l’arrêt est en bas de chez eux et les amènent directement au pied de leur travail. Mais, statistiquement, c’est rare. Ainsi, sur Paris dont on vente souvent le maillage, un déplacement intra-muros est relativement aisé. Mais ces déplacements concentrés dans un petit cercle urbain ne concernent qu’un nombre minoritaire de Parisiens ; la plupart traversent en effet la ville de part en part, et souvent d’une banlieue à une autre, les obligeant à changer une ou deux fois soit de mode, soit de ligne de transport. Ceci allonge les temps de trajet, la fatigue, le coût général.
C’est d’ailleurs tellement vrai qu’en général, les lignes sont, au mieux, bondées à beaucoup plus de 100% pendant les heures de pointes (ah, le bonheur indépassable d’observer de très très près les bactéries jouer entre elles sur les vitres du bus ou du métro) , et à nettement moins que 50% en dehors de ces pointes. Ainsi, en pleine journée, les bus tournent à vide ou presque. Les métros ne manquent pas de place assises.
Je n’ai pas évoqué l’avion, mais il n’y a pas besoin de réfléchir trop longtemps pour se rendre compte qu’un trajet aérien, de nos jours, correspond bien à ce descriptif : dès lors que le trajet effectif prend moins de deux heures, le passager va passer plus de temps à gérer les vexations administratives et sécuritaires paranoïdes qu’à réellement cramer du kérosène pour arriver à destination, le tout pour un prix ahurissant et des prestations minables, en s’obligeant de surcroît (sur les trajets impliquant la France) à subventionner les lubies chiraquiennes, s’il ne termine pas à la douane, sous les yeux narquois de policiers goguenards lui demandant de se déshabiller.
Et le pompon, c’est ce merveilleux parfum d’aventure qu’on renifle à chaque fois qu’on doit utiliser une des bétaillères collectivistes (sur bitume, sur rail ou dans les airs), cette forte dose d’incertain que le transport en commun permet à tout mortel de goûter.
L’avion est là encore très sujet aux aléas. Si la météo s’y met, vous voilà dérouté dans une ville de province qu’aucun attrait touristique improbable ne semblait cependant vous décider à visiter. Vos bagages se baladeront à Hong-Kong quand vous êtes à San Francisco. Parfois, votre valise arrive en trois bouts séparés, un bagagiste ayant passé ses nerfs dessus (quand il ne se sera pas servi au passage dans votre trousse de toilette). Mal bien français (mais pas que), les grèves et petites sautes d’humeurs revendicatives imposent souvent des horaires alternatifs, des routes innovantes et des gymnastiques de correspondance auprès desquelles les médaillés olympiques de GRS font figure de trisomiques maladroits en mal d’abducteurs froissés.
Le train n’échappe pas à la règle. Là encore, les correspondances doivent être larges et extrêmement souples. Les horaires sont donnés à titre pudiquement indicatif, tant les aléas sont nombreux: des feuilles et de la pluie ? Ca glisse. De la neige ? Ca glisse aussi. La pluie peut affaisser les ballasts. Le vent peut déstabiliser les voitures ou faire casser les câbles électriques. Les motrices peuvent, en forte chaleur, s’arrêter – schlonk – comme ça, en rase campagne : un TGV à 25 km/h en pointe, eh oui, c’est bleussipo. On ne compte plus, en France, les trajets Brest-Paris ou autres de plus de 10h en TGV. La SNCF a su rendre au mot Province toute sa saveur d’éloignement et de dépaysement étranger.
Mais le grand gagnant, c’est le bus. Les horaires ne correspondent à rien de réel et sont la risée de toute personne un minimum sensée. Les temps de trajets sont toujours différents et il n’y a pas de temps de trajet moyen significatif ; chaque trajet devient une loterie où le passager est toujours perdant : ils peuvent se voir modifiés – ainsi que les arrêts – irrégulièrement en fonction des recherches pétrolières en cours (eh oui : regardez toutes les villes grandes ou moyennes : les forages et autres gros trous dans la chaussée, sans doute pour trouver du pétrole depuis qu’on a plus d’idées, se multiplient sans cesse). Les tarifs sont tout simplement absurdes.
Pas de doute : je hais le bus.
Et non, je ne proposerai aucune espèce de réflexion ou de conclusion alternative. J’emmerde le bus. Je conchie le train. Je pète dans la direction générale de l’avion.
C’était mon râlement du jour.
Calendrier
Commentaires
- DoM P dans Quand des policiers cannibales mangent tout cru des gentils sans-papiers
- NeBu dans Quand des policiers cannibales mangent tout cru des gentils sans-papiers
- h16 dans Quand des policiers cannibales mangent tout cru des gentils sans-papiers
- corto74 dans Quand des policiers cannibales mangent tout cru des gentils sans-papiers
- bruno dans Quand des policiers cannibales mangent tout cru des gentils sans-papiers
- h16 dans Éolien : les petits moulins à pomper des sous
- François Carré dans Éolien : les petits moulins à pomper des sous
- Alecton dans SNCF : dépôts de plaintes et gestion exemplaire
Récemment…
- Quand des policiers cannibales mangent tout cru des gentils sans-papiers
- SNCF : dépôts de plaintes et gestion exemplaire
- Wikileaks d’Afghanistan : le débat qui n’aura pas lieu
- La peur panique de Beauvau
- Dégradation de la note française par la Chine : quelques éléments de réflexion
- L’Incroyable Conspiration
- Le cadre se rebiffe
- Ces députés qui n’aiment pas qu’on leur demande des comptes
- France.fr, un site web à l’image du pays
- On a frôlé l’action concrète
Populaires
Catégories
- Des policiers cannibales mangent tout crus des gentils sans-papiers. L'horreur. http://wp.me/pEiuL-YZ 2 hours ago
- Tiens, des dépôts de plainte pour la SNCF... http://wp.me/pEiuL-YP 1 day ago
- Ce que Wikileaks révèle de la presse française : http://wp.me/pEiuL-YD 2 days ago
- Des bandes juvéniles au crime organisé : http://tinyurl.com/jeunesdecus 3 days ago
- La BAC s'évapore. Beauvau tremble. http://wp.me/pEiuL-Yo 3 days ago
Archives
- juillet 2010
- juin 2010
- mai 2010
- avril 2010
- mars 2010
- février 2010
- janvier 2010
- décembre 2009
- novembre 2009
- octobre 2009
- septembre 2009
- août 2009
- juillet 2009
- juin 2009
- mai 2009
- avril 2009
- mars 2009
- février 2009
- janvier 2009
- décembre 2008
- novembre 2008
- octobre 2008
- septembre 2008
- août 2008
- juillet 2008
- juin 2008
- mai 2008
- avril 2008
- mars 2008
- février 2008
- janvier 2008
- décembre 2007
- novembre 2007
- octobre 2007
- septembre 2007
- août 2007
- juillet 2007
- juin 2007
- mai 2007
- avril 2007
- mars 2007
- février 2007
- janvier 2007
- décembre 2006
- novembre 2006
- octobre 2006
- septembre 2006
- août 2006
- juillet 2006
- juin 2006
- mai 2006
- avril 2006
- mars 2006
- février 2006
- janvier 2006
- décembre 2005
- novembre 2005
- octobre 2005
- septembre 2005
Themes
recent entries
- Quand des policiers cannibales mangent tout cru des gentils sans-papiers
- SNCF : dépôts de plaintes et gestion exemplaire
- Wikileaks d’Afghanistan : le débat qui n’aura pas lieu
- La peur panique de Beauvau
- Dégradation de la note française par la Chine : quelques éléments de réflexion
- L’Incroyable Conspiration
- Le cadre se rebiffe
- Ces députés qui n’aiment pas qu’on leur demande des comptes
- France.fr, un site web à l’image du pays
- On a frôlé l’action concrète
Wordpress theme from a base found at Wordpress Themes
(c) h16

Commentaires
juin 12 2008
salut,
je te rejoins, et ce qui me choque personnellement, c’est que si quelqu’un veut s’installer et proposer un moyen alternatif de transport, il n’en a tout simplement pas le droit : monopole d’Etat, ou monopole protégé par l’Etat (taxi)….
GRRRRRRRR
juin 12 2008
Salut, et chouette article, tu oublies juste d’évoquer ce qui cumule les inconvénients du bus et du train: le train de banlieue
(et Stéphane du Meilleur des Mondes avait écrit il y a longtemps un bon article à ce sujet).
En revanche, pour l’avion, je ne te suis pas complètement. Le principal problème vient des procédures de sécurité proprement hallucinantes et ridicules. Sorti de ça, ça marche quand même pas mal du tout. OK, les horaires, mais le marché des aéroports (qui permettrait de résoudre le problème en les décongestionnant) est loin d’être libre…
Lomig: si, il y a un moyen de transport alternatif qui règle ces problèmes quand rien n’est fait pour l’entraver… la voiture
juin 12 2008
Alors, là, H16, je dis "respect" !
On se marre, heureusement. Nous reste plus que ça.
Continuez ! (le combat).
Une critique quand même : la voiture aussi c’est "relou" (enfin "bleussipo chiant").
Un prochain billet, peut-être ?
juin 12 2008
les froncais aiment le train.
Le rail, son cote monodirectionnel, ca leur parle.
juin 12 2008
Pour ma part, j’adore le bus. Je parle de celui que je prends chaque jour, vide de tout autre passager, bien sûr.
Carte Navigo (obligatoire depuis que les tickets carton ont été bannis): 5 euros
Carte Orange deux zones (alors que je ne voyage que dans une seule): 48 euros
Aller au bureau dans une limousine subventionnée de 23 tonnes avec chauffeur consommant 25 litres aux 100: ça n’a pas de prix !
juin 13 2008
Tu ne serais pas originaire de Grenoble par hasard?
Une chose que tu as oublié de rappeller: les élus détestent la voiture car elle est l’extension de la propriété privée, insupportable expression de l’individualité. Les gens qui détestent la voiture sont donc des collectivistes qui s’ignorent (ou pas). CQFD
juin 13 2008
H16,
La cohorte de légalistes qui ont oublié Montesquieu: "Une chose n’est pas juste parce qu’elle est la loi, mais au contraire elle doit être la loi parce qu’elle est juste", sont absents aujourd’hui ?
Tu sais ceux qui sont issu de la caste des PID (Privilégiés Institutionnels Diplômés), plus généralement appélés les "sachant" institutionnels.
Tu sais, ces censeurs et inquisiteurs qui ont passé ces 27 dernier siècles à brîmer tout les plus grands savants et penseurs ! Pierre Desproges : "La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute"
blog-ccc.typepad.fr/blog_…
Hé bien, ils ne semblent guère s’interesser aux moyens de transports !
juin 14 2008
ce texte m’a rappele quand j’etais petit, que j’habitais a 15 mn du lycee en voiture, et que le bus mettait mini 50 mn pour faire ce trajet en desservant toute la cote, avec un trajet qui change toutes les 2 semaines
ahhhh
juin 19 2008
Le billet dont parle Ylyad se trouve ici. Il a effectivement marqué certains esprits…
http://www.stephane.info/show.ph...