Une actualité qui se passe de commentaires

L’actualité est parfois amusante. Enfin, amusante, plus exactement, disons qu’on préférera en rire plutôt qu’en pleurer même si ce dernier comportement serait plus en ligne avec ce qui nous attend. Et l’avantage de l’actualité amusante sur un blog rigolo de clown libéral, c’est qu’elle se suffit à elle-même et que le commentaire humoristique devient inutile.

En effet, comme prévu, on apprend que — ouch — le financement des collectivités locales commence sérieusement à poser des problèmes, eh oui : comme Dexia s’est un peu fait choper la main dans le sac, que l’Etat n’a plus un rond et que les banques commerciales, même les moins lucides, ont compris que la fête du slip tournait vinaigre, les sources de financement se tarissent.

L’article est éclairant puisqu’il annonce par exemple que, « selon des sources bancaires, le département de Seine-Maritime n’aurait sécurisé que 10% de ses besoins de financements ». Heureusement, nous sommes en Novembre et il n’y a plus longtemps à tenir avant la fin d’année comptable…

Oh. Wait.

Mais bon. Je vous rassure : le fait que la France ait perdu son triple-A n’a évidemment aucun rapport.Le fait que les dettes de l’Etat continuent de se creuser importe peu. Le fait qu’aucun des candidats ne semble vouloir faire des efforts vraiment significatif (mais vraiment vraiment) en matière de réduction des dépenses publiques, par exemple, n’inquiète pas du tout les prêteurs qui n’ont pas du tout peur d’une faillite d’Etat dont on sait tous qu’elle n’arrivera jamais comme pas en Grèce ou pas au Portugal.

Et le fait que les riches se bousculent pour revenir sur le territoire français indique lui aussi que tout ceci sera promptement résolu et que l’avenir va s’éclaircissant.

Relax les enfants. Tout va bien.

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires41

      1. eheime

        Oui, c’est aussi mon sentiment. Et je crois que plus on va aller vers les difficultés, plus cette pensée va se radicaliser.

        En Russie il a fallu purger tous les riches pour comprendre que partager les richesses accumulées est éphémère et que la richesse d’un pays provient de sa creation, c’est à dire en fait de son organisation, de son économie. Je crois que ce sera pareil en France.

        Je dis pas qu’on va couper la tête des riches, mais la ruine ou la fuite les fera disparaitre. Ce n’est qu’alors que la réalité obligera alors les mentalités à s’adapter et à évoluer.

        D’ici là la France va décliner.

        1. Maleypart

          Ne sous-estimez pas l’aveuglement auquel on assiste parfois dans ce pays:

          – la faute aux très riches
          – la faute aux banquiers
          – la faute à l’Allemagne
          – la faute à l’euro
          – la faute à la Chine
          – la faute aux étrangers

          Des coupables, il y en aura toujours…

        2. deres

          La technique de base de la politique, c’est « diviser pour mieux régner ». On achète le soutien d’une partie de la population en en dépouillant une autre. En démocratie, on a intérêt à s’appuyer sur les plus nombreux, c’est à dire les plus pauvre. En plus, cela libère plein d’argent gratuit. Et comme l’inventivité dans la dépense est sans limite …

          Plutôt que d’avoir des idées, il est tellement plus simple d’avoir des ennemies consensuels …

  1. Lib

    Oui c’est inquiétant. Quand je discute avec des professionnels de la gestion privée, ils me disent que les gens commencent à s’interroger sur leur exil à partir de niveaux de patrimoine de plus en plus bas. Et cette tendance date de plusieurs années, largement avant l’hypothèse Flamby.

    Lire aussi cet article d’Atlantico http://www.atlantico.fr/decryptage/polemiques-immigration-francais-fuient-hexagone-gaspard-koenig-282663.html

    Au-delà de l’aspect fiscal, il y a l’ambiance, l’atmosphère, l’état d’esprit, les opportunités… ce sentiment d’être englué…

    1. eheime

      « Au-delà de l’aspect fiscal, il y a l’ambiance, l’atmosphère, l’état d’esprit, les opportunités… ce sentiment d’être englué… »

      > C’est tout à fait vrai. Mais le plus « drôle » , c’est que c’est dans tous les camps, aussi bien « aisés » que « populaires ».

      Mais c’est en fait assez logique : quand une société est désorganisée, c’est tout le monde qui en souffre.

      35 ans de socialisme, ça laisse des traces, forcément.

      1. Pascale

        Il y a aussi ce sentiment de ne plus être libre, de ne plus pouvoir s’exprimer librement, d’être surveillé par les paranos politiquement corrects qui voient des pédonazis partout, cette haine du riche et de celui qui réussit, etc .

        1. Maruška

          Je suis entièrement d’accord avec vous Pascale.
          J’ai mis récemment sur mon Facebook la vidéo (que perso je trouve poilante) de Hollande en 1989 postée dans un commentaire sur ce blog il n’y a pas longtemps.
          La réaction ne s’est pas faite attendre: un de mes contacts (français au chômage dans un logement social avec l’argent gratuit des autres, normal puisque  »j’y ai droit ») me prend maintenant pour une facho.
          Evidemment, Hollande est absolument parfait, et si on ne l’aime pas, on est facho. Logique imparable.
          CPEF

  2. Poney

    C’est génial, ça explique pourquoi je n’ai pas reçu ma bourse et la réponse de la région « nos comptes sont bloqués jusqu’a nouvel ordre ». Plus d’argent, et c’est la merde quand tu comptes dessus pour en vivre.

  3. infraniouzes

    Vous aurez remarqué que dans l’article sur Dexxia, on met sans arrêt en avant les problèmes des hôpitaux (?) comme si les folies immobilières ou autres de nos barons de province comptaient pour du beurre dans leur déconfiture financière. Bientôt on va faire défiler les malades dans des fauteuils roulants poussées par des infirmières en grève mais réquisitionnées tandis que dans les palais princiers de nos édiles de province règne une chaleur tropicale et qu’on fait la queue à la machine à café. « Tiens…, on serait pas revenu en été mon cher vice-président ? Mais si monsieur le président… Et où partez-vous en vacances cette année ? Je ne sais pas encore. J’attends un appel de l’Élysée, on pourrait avoir besoin de moi…. »

    1. Maleypart

      Quand on parle de diminuer la masse salariale du secteur public, on a le droit au même topo: on nous montrera le policier, le prof, l’infirmière, le juge, et on nous accusera la larme à l’oeil d’être un salaud ultra-libéral à vouloir supprimer des postes si importants…

      On ne nous parlera jamais par contre de l’informatisation sans suppression d’effectifs devenus inutiles (et donc sans gain de productivité au final), des doublons dus au millefeuille décisionnelle qu’est devenue la France…

      1. deres

        Tout à fait.

        Cependant les 35 heures ont aussi gravement nuit à la productivité des fonctionnaires plus régaliens … En premier lieu, pour donner l’exemple, l’Etat a été particulièrement généreux avec les fonctionnaires souvent avec 35 heures plus congés de compensation. De plus, depuis les 35 heures, la plupart des fonctionnaires comptabilisent sauvagement toute heure supplémentaire, de nuit, … Trois gardes de 12 heures par semaine, ce n’est pas idéal à cause de horaires, mais cela dégage du temps libre. Les reportages que j’ai vu sur la police montre aussi que tout est compensé (nuit, dimanche, astreinte, permanence, cyclique, …). Les profs, Je n’en parle même pas : ils ont presque autant d’heure pour corriger les copies et préparer leurs cours que d’heure de présence. C’est bien la peine d’avoir des livres, des programmes et d’avoir inventer les QCM …

        Mais le gros du problème, c’est bien l’inflation de gratte-papiers absolument débordés par des activités indispensables à tous les niveaux de l’administrations. C’est pour cela que chaque fois c’est une catastrophe quand une activité non régalienne est récupérée dans le domaine public. On sait très bien que même à budget constant, un pourcentage de plus en plus important sera progressivement détourné vers des coûts de structure et d’organisation. Effectivement, l’informatisation des administrations a créé des emplois au lieu d’en détruire comme dans le privé, et donc la productivité a même diminué …

  4. eheime

    L’article du Monde est assez parlant.
    Le phénomène n’est pas nouveau.
    Et le Melanchon qui demande aux riches de partir … alors que c’est déjà fait.
    Il n’a pas 100% tort : le problème, ce n’est pas tant les riches en eux-mêmes, mais les créateurs de richesses. Malheureusement, les créateurs de richesses sont souvent … des riches (pas toujours mais souvent).
    Il faut bien quelques moyens pour pouvoir se lancer.

    1. bruno

      Oui enfin en général je dirais plutôt que c’est parce qu’ils créent de la richesse qu’ils deviennent riches, et non l’inverse…

      C’est bien ça qui échappe totalement à nos politiciens soviétisants… Normal, chez eux on devient riche par magouilles et démagogisme électoral, ils n’imaginent pas qu’on puisse s’enrichir autrement qu’en faisant les poches des autres.

    2. deres

      Je crois que c’est un peu plus compliqué que cela. Quand on a une aisance financière, on a de l’argent à investir. Quand on en a pas, on ne fait que dépenser pour vivre, principalement dans des dépenses courantes ou indispensables. Or c’est l’investissement qui entraîne les gains de productivité et l’innovation.

      Un système de redistribution massif comme le notre détourne les flux d’argent des investissement productifs vers la consommation courante. Schématiquement, au lieu de se payer une usine fabriquant des écrans de TV, on achète des TV. C’est notable quand on compare les masses monétaires entre les USA et l’Europe. En Europe, l’argent liquide et les comptes courants forment l’essentiel de la monnaie. Aux USA, ce sont les investissement non liquides. Cette différence fondamentale vient essentiellement de la redistribution vesr les ménages au lieu des entreprises qui en ont besoin …

    1. Oui oui, c’est dû à un pb d’informatique et rien d’autre. On m’a déjà fait le coup :)
      Avant une faillite, c’est toujours un pb d’informatique.

      1. Before

        Moi, c’était chez un éditeur de logiciel. L’informatique, c’était nous, alors cette excuse ça ne passait pas..
        On a eu des doutes (:D) quand le patron nous a proposé de nous faxer les chèques pour prouver qu’on avait été payé !!!!
        On peut peut-être proposer des photocopies à nos militaires ?

  5. Higgins

    Pour bien connaître le pb de la solde des militaires, je crois qu’il est essentiellement du à l’informatique (http://lemamouth.blogspot.com/2011/12/louvois-lemat-affirme-avoir-reduit-le.html). Pour les pb budgétaires, il suffit de s’en tenir aux annonces officielles alors que les 2/3 des matériels sont à changer (http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/Defense-335-millions-de-credits-vont-etre-annules_a515.html).
    Pour visualiser au quotidien la paupérisation croissante de l’état français, il suffit d’emprunter les grandes autoroutes urbaines parisiennes (style A86). Les portions non-éclairées y sont de plus en plus nombreuses quoique la Communication le fasse passer pour une lutte contre la pollution lumineuse.

    1. Maleypart

      Mais c’est vraiment de la lutte contre la pollution lumineuse: vous pensez vraiment que l’Etat, qui s’autorise la vie à crédit depuis 35 ans, en est à faire des économies de bouts de chandelle?

      Pour l’instant, l’Etat continue de vivre comme un pacha… pour l’instant.

  6. Pascale

    J’avais lu sur un forum il y a peu d temps, 2 ou 3 mois maxi, que « tant mieux que les riches quittent la France, car ce sont des parasites ». Affligeant le niveau de réflexion de certains.

    Tous nos problèmes viennent de cet état d’esprit de gens jaloux et envieux qui disent haïr les riches mais qui secrètement, sans oser l’avouer (ce serait trop mal-pensant) aimeraient bien être comme eux, les riches.

  7. BA

    Mardi 7 février 2012 :

    Grèce : taux des obligations à 1 an : 528,384 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 185,458 %.
    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 52,876 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 34,442 %.

    Grèce : report à mercredi de la réunion des dirigeants politiques.

    La réunion des dirigeants politiques grecs prévue ce mardi pour valider les réformes exigées par les bailleurs de fonds d’Athènes en échange d’un deuxième plan d’aide a été repoussée à mercredi, a déclaré un responsable gouvernemental grec.

    Un responsable de parti qui n’a pas souhaité être identifié a indiqué que ce report était lié au fait que les dirigeants des formations politiques n’avaient pas encore reçu le texte du projet d’accord sur ce plan de renflouement de 130 milliards d’euros.

  8. Calvin

    Il y a effectivement les deux :
    – les nantis depuis longue date qui sont à l’origine des grandes sources de richesses, notamment industrielles,
    – les nouveaux riches qui eux ont bâtis leur fortune souvent à partir de rien, et créateurs de richesses par ailleurs.

    Ta remarque sur le « chez eux on devient riche par magouilles et démagogisme électoral, ils n’imaginent pas qu’on puisse s’enrichir autrement qu’en faisant les poches des autres » est criant de vérité…
    On accuse souvent les autres des crimes que l’on commet soi-même… Parce que c’est le seul référentiel que l’on a.

  9. JFDuroudier

    On finira par dire ce que les soviétique disaient
    « l’état fait semblant de nous payer et nous faisons semblant de travailler »
    CQFD !

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