La Grèce et sa petite odeur de brûlé

La crise aura mis plusieurs années à s’installer et à pénétrer les cœurs et les habitudes, mais c’est bon : à présent, les pièces d’artillerie se mettent en place, les généraux comptent leurs troupes et révisent leurs stratégies. La bataille sera âpre et sans merci. Et alors que, en France comme ailleurs, on devrait tout faire pour apaiser les dissensions, les politiciens au contraire, en bons roublards avant tout intéressés par leurs petites affaires, attisent les soucis et jettent de l’huile sur le feu par gros bidons non consignés.

Bien sûr, dans les médias, on avance avec la plus grande précaution sur le terrain glissant de l’anathème. Mais même avec ces pas de loup, l’ambiance générale ne fait aucun doute : le torchon brûle franchement entre les peuples et l’attitude des politiciens ne fait rien pour adoucir le constat.

En fait, pour eux, c’est même du pain béni ! Les tribuns ne se révèlent jamais aussi bons que lorsque les tensions croissent et la situation s’aggrave. Après tout, la politique est la méthode la plus efficace pour dépouiller les individus de leur parcelle de pouvoir afin de toutes les concentrer dans les mains d’un leader, au prétexte que c’est le seul capable d’apporter la paix et la sécurité. On comprend alors qu’une situation quasi-insurrectionnelle profite directement à ceux des plus roublards qui sont prêts à attiser les rancœurs.

Évidemment, avec la situation grecque, c’est plus qu’un chemin possible pour tous ces démagogues avides de pouvoir : c’est une véritable autoroute balisée par la peur de lendemains qui ne chantent absolument pas. Les coupables sont largement connus.

Certes, on tourne autour du pot avec des circonlocutions plus ou moins transparentes et on évitera les mots « apatrides » et « cosmopolites », trop teintés. Mais comme jadis, les méchants banquiers sont de la partie. Et si ces derniers sont coupables, c’est avant tout parce qu’ils ont honteusement profité de la mondialisation, elle même turbo-libérale.

On pourra lire les fines analyses économiques de Mamie Joly, qui a tout compris à la situation et n’hésite donc pas à désigner les coupables : ici, c’est donc l’ultralibéralisme du FMI, une institution d’état, payée par des états, remplie de fonctionnaires étatiques internationaux, qui distribue de l’argent des contribuables dans un interventionnisme massif dans l’économie d’un pays. Effectivement, on peut parler de turbo-libéralisme au bulldozer.

Et comme jadis, la « solution » de court terme consiste bien évidemment à faire appel à la Démocratie, celle du peuple qui ne ment jamais, à sabrer la dette sans attendre, et, bien sûr et avant tout, à encourager de la bonne grosse révolte populaire, avec distribution de claques.

Mais en attendant, il va falloir subir les méchants turbo-libéraux qui imposent tous les jours des solutions iniques au Peuple Grec qui souffre.

On nous avait pourtant conté, il n’y a pas si longtemps, que l’Euro, C’est La Paix.

L'Euro c'est la paix

Pourtant, à voir les vieilles querelles qui ressortent entre certains pays partageant tous les deux la même monnaie, on pourrait en douter. À la barre de ce nouveau mouvement visant à rappeler lourdement les réparations de guerre que l’Allemagne devrait à la Grèce, on ne sera pas étonné de trouver un Daniel Cohn-Bendit particulièrement en forme. Daniel, comme Eva, comme Marine, comme tant d’autres finalement, ont tous pris le parti de remuer le couteau dans la plaie grecque.

Pourtant, cette plaie, tout le monde l’a voulue.

Les politiciens, bien sûr, qui ont absolument tout fait pour accroître l’emprise des institutions européenne sur la vie des citoyens, quitte à faire revoter un peuple récalcitrant.

Les Grecs, bien sûr, qui ont absolument tout fait pour intégrer la zone Euro : c’était pour eux l’assurance de pouvoir continuer à emprunter et continuer à s’endetter, de plus en plus, en bénéficiant de taux plancher assurés par une Allemagne généreuse.

Les peuples de tous les pays, qui ont tranquillement voté, régulièrement, pour toutes ces sociales-démocraties massivement basées sur la dette et la collectivisation des systèmes de santé et de retraite.

Et les voilà tous, coincés entre le marteau et l’enclume, à tempêter sur l’âpreté de la vie qui refuse de se plier à leurs contingences. Le marteau, c’est l’absolue panique qui s’empare de tout le monde lorsqu’on évoque une sortie de la Grèce de l’Euro et/ou de l’Europe, et l’enclume, le principe de réalité, le mur compact de ce qu’on ne peut pas éviter indéfiniment.

En fait, la faillite de l’État Grec, c’est l’illustration parfaite de la faillite de la pensée dominante en Europe.

C’est la faillite du keynésianisme qui honnit l’épargne, qui adule l’inflation, qui aime la bonne bidouille monétaire, qui trépigne de joie lorsque les politiciens interviennent dans l’économie, et qui s’accommode si mal des budgets en excédent. Ce keynésianisme, aucun des pays dans la tourmente, France comprise, n’y a échappé, et aucun ne s’est gêné pour accumuler les déficits et les dérives budgétaires.

C’est la faillite du socialisme qui prétend répartir les richesses lorsqu’il se contente de les piller, qui n’a comme solution que la taxe, l’impôt, l’accise, la ponction, le prélèvement, l’amende ou la redevance. Ce socialisme là, déguisé de tous les noms, de toutes les colorations chamarrées d’un spectre politique complètement artificiel, les peuples européens, dont la France, en ont largement goûté avec le bonheur qu’on devine.

C’est la faillite de son corollaire, le capitalisme de connivence, des amis des puissants, de leurs financiers, de leurs avocats fiscalistes et la faillite de ceux qui, par facilité, par cupidité et court-termisme ont poussé à la roue du socialisme pour leur intérêt personnel bien compris. Cette faillite là prendra encore du temps, mais ils n’y couperont pas.

C’est la faillite complète du Tout État, dans lequel la Grèce s’est vautrée avec délice et dans lequel la France a fait plus que prendre un bon bain prolongé et dont elle refuse obstinément de sortir, alors que l’eau s’est retirée et qu’on découvre que les baigneurs sont à poil.

C’est la faillite flamboyante et explosive de la solidarité, qui, pendant tout ce siècle, se sera fait fort d’écrabouiller la charité, de la reléguer dans une arrière boutique sombre, pour lui substituer un produit packagé par les gens de l’État, chimiquement pur de toute influence religieuse, humaniste ou intellectuelle.

Tout comme la faillite de l’URSS et la chute du rideau de fer avait plongé les dinosaures du communisme dans la plus grande stupeur, au point de les jeter vers un écologisme totalitaire, la faillite de la Grèce, puis de l’Euro, puis de l’Europe plonge dans la même hébétude tous ces parasites, de Mélenchon à Le Pen en passant par Sarkozy, Bayrou et Hollande.

Mais comme on peut déjà le constater, les politiciens ne lâcheront pas l’affaire si facilement et si tenir quelques mois, quelques années de plus peut se faire, quitte à ce que ce soit sur le dos de tout un peuple et au prix de quelques mensonges supplémentaires, ils n’hésitent pas : bien qu’on ait injecté des centaines de milliards d’euros dans une économie en dépression et ce, en pure perte, ils continuent à prétendre qu’il faut sauver le pays. La méthode n’a absolument pas marché, mais puisqu’il faut tenir jusqu’au prochaines élections, on en remet une couche !

Il n’y a plus maintenant aucun doute : La Grèce quittera l’Euro, et peut-être l’Europe. Ses problèmes ne seront pas résolus pour autant et elle devra, pour s’en sortir, commencer par remettre à plat l’intégralité de son système social, en finir une fois pour toute avec ses lunes collectivistes.

Mais même si ce moment sera très dur, la sortie, au bout du tunnel, existe. Après tout, les pays de l’Europe de l’Est, après la chute du Mur, ont prouvé qu’on peut sortir du socialisme et se relever.

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Commentaires72

  1. Emma

    Merci h16 pour cette belle analyse. En effet, la Grèce aujourd’hui montre les ravages de décennies de socialisme sur un peuple anesthésié par la vie à crédit. Mais ce qui se prépare là-bas ce n’est pas une piqûre d’ultra-réalité que ce peuple serait capable de s’infliger c’est encore plus de socialisme : en cas d’élections c’est l’ultra-gauche qui arrive au pouvoir.

    Je trouve votre conclusion bien optimiste. N’est pas russe qui veut.

    1. Emmanuel M

      Votre article est vraiment excellent.

      Et il démontre bien le racisme latent de nos européistes bien-pensants. Ils considèrent que le FMI c’est bon pour les colorés, les civilisations supérieures ayant droit à des renflouements supérieurs.

  2. Panda Bourré

    Il y a une différence majeure ente les pays de l’ex-Bloc de l’Est et ceux actuellement concernés par la chute de la social-démocratie : ils étaient parfaitement conscients que le socialisme était la cause de leurs malheurs, alors que nos populations sont intimement persuadées que c’est l’absence cruelle de socialisme dans ce monde si dur qui les conduit à la ruine. La situation est donc idéale pour que les marxistes arrivent à tirer les marrons du feu, ce qui bien sûr n’arrangera vraiment pas les choses.
    Cette Europe est foutue.

    1. breizh06

      Catherine Durandin était l’invitée des « Matins de France Culture », podcastable, du 8 février, au sujet des comparaisons des situations économiques roumaines et grecques. Ecoutez, c’est énorme, a partir 16’30 » :

       » En Roumanie il n’y a pas d’ultra-gauche car tout discours de « Justice Sociale » serait considéré comme un réminiscence du communisme. Hors, les crimes du communisme …(coupure de l’animateur social) .. il y a une suspicion: une pensée de gauche est une dérive vers le régime de Causcescu, et cela ne peut être pris en compte par qui que ce soit.  »

      Les anciens pays communistes nous libéreront de nos carcans.

      1. Talleyrand

        « Les anciens pays communistes nous libéreront de nos carcans »
        Pas sûr, le communisme est l’organisation tribale de l’humanité, c’est à dire dès l’origine et les fameuses « forces de progrès » ne sont que des forces rétrogrades. Le communisme a été réactivé par Platon quand l’humanité s’est ancrée dans la production et le commerce, assurée par les esclaves à l’époque, toujours mal vus par les hommes dits libres qui n’avaient pour occupation que la politique ou la guerre. Sparte pousse le concept jusqu’à l’absurde. L’humanité a et aura beaucoup de mal à se défaire de ses tyrannies criminelles, présentées comme force de progrès.

    2. eheime

      @ Panda

      Vous mettez le doigt sur le point central du probleme : les gens n’ont pas conscience que la Grèce, ou la France avec ses 57% d’économie administrée, ce sont déjà des Répuplique Populaires Socialistes.
      Le sentiment général serait meme de dire que nous sommes dans une société ultra-libérale.

      C’est ce que H16 s’époumone à expliquer, billets après billets, avec justesse.
      C’est pour cela, je pense, qu’il préconise un vote Officiellement Socialiste plutôt que « de droite ».

      Votre remarque est fondée : avec cette pensée générale et un soupson de bêtise bien dosée permettant oublier le passé, on peut très bien retenter l’expérience communiste. L’humanité met beaucoup, beaucoup de temps à tirer les leçons.

      1. eheime

        @ Breiz
        Les Roumains, n’ont jamais vraiment été communistes.
        On leur a imposé ce régime. Les Russes veillaient au grain.
        Ils ont donc été vacciné d’une maladie qu’ils n’ont jamais contracté.
        La Grèce, la France, c’est plus profond.

      2. gnarf

        L’autre fois je discutais avec des touristes Francais qui avaient la quarantaine…des artistes.
        Je leur parle du rideau de fer, l’URSS…visages interrogatifs…connaissaient pas. Je leur dis qu’ici c’est plus liberal qu’en France…visages horrifies « houla, et ben dis donc…la France c’est deja ultra-liberal alors ici ca doit etre terrible ».

        Purs produits du systeme. Des pigeons prets a tendre le croupion a n’importe quelle politique de gauche.

  3. Sanksion

    Les pays de l’Europe de l’Est ont quitté une union soviétique de plannificateurs centraux pour une union européenne de plannificateurs centraux.

    Si les révolutions communistes et l’URSS ont bel et bien été financé grâce aux citoyens US par le biais du cartel international de banque ; on peut écrire une autre version de l’Histoire. Une version où le mur n’est tombé que pour consolider la plannification centrale internationale, de l’UE aux USA, à la Russie. Ormis cette dernière qui semble s’en être tirée, les autres pays, n’ont jamais vaincu le socialisme, le monde libre n’a jamais gagné contre le communisme. Bien au contraire. Il a perdu.

    Au milieu de la guerre des devises, une course vers le niveau 0 de la valeur de la monnaie; le prochain mouvement sera la guerre commerciale. Il y a trop de dettes dans ce monde, pas assez de croissance, alors on va en piquer aux voisins. Vu que les gains temporaires de la dévaluation sont vites perdus, on va mettre en place des tarifs douaniers, des restrictions commerciales (Acta, embargo, etc..) Et quand le volume de biens qui traversent les frontières diminue brusquement (BDI anyone ?), comme dirait Bastiat ou n’importe quel historien, des soldats ne vont pas tarder à les traverser.

    Heureusement, tous les outils sont là pour lancer la machine. Les Etats contrôlent les médias, désormais peuvent censurer internet, et en plus ils ont les laboratoires d’ingénieries sociales, enfin les écoles. Tout y est les enfants.

    Et comme dans les anciennes guerres, ne comptez pas sur les responsables et politiques, et banquiers centraux pour se prendre des balles. Elles sont réservées aux péons.

    1. eheime

      @sanksion

      Vous caricaturez les pays de l’Est qui pour certains se sont montrés assez prudents et critiques avec l’Europe. Il ne faut pas oublier qu’ils ont un pouvoir politique faible vis à vis de l’Europe à laquelle ils ont adhéré pour être bien certains de couper les ponts avec la Russie qui les a fait souffrir durement. L’Ukraine n’a pas eu cette chance et subit toujours la Russie. Plutot que de nous méler de conflits armés qui nous dépassent ailleurs, on avait peut être un rôle à jouer ici, au moins diplomatiquement.

      Mais on ne peut pas dire qu’ils soient complétement inféodés à l’Europe. Qui s’est opposé au plans Grecs ? Qui a acheté des avions américains ? Qui se rebiffe à signer les traités les yeux fermés ?

      C’est une force de l’Europe qu’il faut conserver : trop de passés différents pour avoir une pensée unique.

  4. Calvin

    Très bon article, mais avec un gros « Mais » !!

    Tu avais fait un article sur l’évolution du taux de crédit de l’état Grec d’avant l’Euro jusqu’à nos jours.
    Il aurait été bon de le remettre en lien (c’est pour moi un must) : http://h16free.com/2011/12/05/11537-la-parenthese-malheureuse-de-la-zone-euro

    La réalité était celle-ci : les grecs ont retrouvé le niveau de ses taux d’emprunt d’avant l’euro, celui de pays à risque.
    Ce qui prouvait une chose : en bénéficiant de taux avantageux (ceux de la zone euro), donc pas chers du tout, les grecs ont continué à fausser le jeu, à dépenser, à s’endetter.

    Il y a quelque chose de certain : si la Grèce ou la France pouvait emprunter à taux 0% (même -1% !!), ces deux pays continueraient de creuser leur déficit…

  5. infraniouzes

    Moi je veux bien qu’on aide la Grèce (en souvenir d’Alexandre, de Platon, de Périclès et autre Xénophon…) mais j’exige qu’on nous dise – au centime d’euro – où va l’argent qu’on fourgue aux Hellènes.

    PS. Il semble me souvenir qu’on n’a pas mis de « S » à euro sur les billets pour plaire aux Grecs car cela faisait moche dans leur langue. Maintenant qu’ils vont se tirer comme des voleurs, on a l’air malin avec nos billets en euros sans « S ».

    1. Calvin

      Bah, si ça te plaît, on vire les Grecs, on rajoute le ‘S’ final, et comme on ne peut plus parler d’Union européenne, on vire aussi le « U ».
      Comme ça, ça nous fait des billets de 10 EROS, 20 EROS, etc…

    2. eheime

      @infraniouzes

      Même position que vous.
      Mais ce dont ils ont besoin, c’est de se réorganiser (politiquement, économiquement).
      Je ne suis pas sûr qu’on y puisse grand chose, à part leur donner un peu de temps.

    3. Nicolas

      « Moi je veux bien qu’on aide la Grèce  »

      Ca tombe bien : tu leur a déjà donné environ deux mois de ton salaire -enfin, à crédit, évidement : la facture tombera plus tard..

      « Il semble me souvenir qu’on n’a pas mis de « S » à euro sur les billets pour plaire aux Grecs car cela faisait moche dans leur langue.  »

      Ouais, EURO, ca sonne comme « Pisse » en grec..

  6. gnarf

    110+109+237=456 milliards de prets et annulation de dette a la Grece depuis 2010. Alors que la dette de la Grece fin 2011 etait de 350 milliards d’euros.

    Et ca ne va pas mieux, au contraire…sauf pour Bruxelles qui trouve que c’est une victoire. Sont completement barres les mecs.

  7. Tofinou

    Ne sommes nous pas en train de nous tromper de grille de lecture pour analyse la crise en cours ? Je m’explique :
    A lire différents blogs sur Internet nous pouvons être amenés à croire que la crise est selon : L’agonie du Capitalisme, la faillite de l’état, la conséquence du Socialisme ou pour d’autre du libéralisme.. je dois probablement en oublier.
    Apparement il n’y a pas de consensus sur le diagnostic de la situation.. Donc n’imaginons pas trouver de solution.
    J’en vois pourtant un qui se dégage : Quelque soit le système politique ou le modèle économique, leur faillite n’est dûe qu’aux intérêts personnels. En exemple : le communisme génère de l’oisiveté, le néo-libéralisme quant à lui célèbre l’accumulation rapide des gains même au dépents des autres.
    Au delà des critiques toutes faites des systèmes ne devrions pas réfléchir au modèle de société que nous souhaitons (Sans destination, rien de sert de conduire)
    ? Par exemple une société où nous progressons ensemble sans que les individus cependant spoliés ou assistés ? J’ai pourtant l’impressions que nous allons dans la direction opposée.

    1. « le néo-libéralisme quant à lui célèbre l’accumulation rapide des gains même au dépents des autres. »

      Non. Partant, l’analyse n’est pas bonne. Et nous allons effectivement dans la direction opposée à une société où les gens ne se font pas spolier et/ou assister, précisément parce qu’on fait tout pour empêcher les gens de commercer entre eux.

    2. Calvin

      Bof…
      « Sans destination, rien de sert de conduire » : avec une destination unique, imposée par certains, et sur une voie unique, cela ne sert à rien non plus.
      Laissons à chacun le choix de leur vie, de leur destination, de la vitesse, des étapes, etc…
      Le libre-choix plutôt que que le sens unique.

      1. Tofinou

        J’ai du mal m’exprimer, mon propos n’a pas été compris. Je ne me lance pas dans la critique d’un système ou d’un autre. Je dis juste que malheureusement, toute organisation de la société se soldera inévitablement par un échec à causes de la nature humaine qui en poussera quelques un à vouloir détourner le système à leur profit. Je veux bien croire par exemple que le High Frequency Trading ou que les Paradis Fiscaux sont utilisés dans le seul but de contourner des états gloutons mais par contre je persiste à croire que même dans un état miraculeusement efficace et cantonné à ses fonctions régaliennes certains inventerons encore des astuces pour maximiser leur profits et malheureusement aux dépents des autres.
        Ensuite, le fait de laisser à chacun son libre arbitre et sa liberté d’entreprendre, j’en suis évidemment convaincu.

  8. Heimdal

    Dans l’interview d’Efa Choly dans Libé, on lit ceci:

    « Quand un pays fait défaut, il lui est difficile d’emprunter de nouveau. Cela le condamne à des taux d’intérêt faramineux, à des budgets en équilibre. »

    Et oui, c’est un horrible châtiment, mais on peut être condamné à des budgets en équilibre…

  9. valuebreak

    bjr.

    il ne serait pas mauvais de remplacer « les grecs » par « les détenteurs d’obligations grecques » quand on parle de renflouement, d’aide ou d’assistance. Certes, via les banques grecques et les fonds de pension grecs, une floppée de ces détenteurs d’oblig grecques sont grecs eux mêmes … Mais les 4,5 % de rendement de l’assurance vie de tonton Robert et mamie Jeannette doivent une fière chandelle à la cavalerie actuelle ..

    1. C’est exact. Mais il ne faut pas oublier que les Grecs (le peuple, les autres) ont aussi participé à l’état des choses actuelles : ce n’est pas eux qui ont refusé l’argent gratuit en se disant que si tout cela était trop beau pour être vrai, c’était peut-être parce que c’était faux…

      1. Sanksion

        Oui, mais désormais, les Grecs n’ont plus leur mot à dire. Ils sont dirigés par la Troika. Qui ne cesse d’allouer encore plus de dettes au bilan de la Grèce … pour les sauver d’un problème de dette…

        1. Sanksion

          Puis pour les jeunes grecs, de mon âge, nous sommes nés dans cette debotcracie ; beaucoup d’entre nous sont mêmes des victimes de propagande, il n’y a pas d’autres mots. On ne nous as jamais demandé notre avis….
          C’est comme reprocher à un mec né en URSS dans les années 60 de ne pas avoir refusé la soupe collectiviste…. Comme s’il y pouvait quelque chose…

          1. Il y a tout de même eu quelques votes, ces 40 dernières années. Et quelques manifs dans les rues. Tout ça, ça ne compte pas pour rien.

            En URSS, c’était marche ou crève (via le goulag). En Grèce, en Europe, ça a été une soumission librement, très librement consentie.

      2. Sanksion

        En URSS, c’était moins vicelard. Personne ne doutait que les élections étaient truquées. Aujourd’hui; les gens y croient…
        Toi même tu sais qu’on vote A ou B. A ou B sont financés par C.
        Il n’y a pas de vote.

        Deuxièmement, il y a une manipulation des gens, on leur dit : vote socialisme, c’est le partage juste des richesses.

        Et en fait, le socialisme, c’est la consolidation et le contrôle des richesses par quelques milliardaires. C’est pour ça que tous les Rockefellers, les Buffet, les Fords, etc.. ont tous toujours été pour le socialisme, pour plus de taxes ; alors qu’ils n’en paient même pas un Grand par an.

        On est dans une illusion de démocratie, de libre vote. Illusion. Je maintiens.

        1. Nicolas

          « En URSS, c’était moins vicelard. Personne ne doutait que les élections étaient truquées. Aujourd’hui; les gens y croient…
          Toi même tu sais qu’on vote A ou B. A ou B sont financés par C.
          Il n’y a pas de vote. »

          ?? Les élections ne sont pas truqués en France (sauf au PSF).

          Quand au financement, croire qu’un ministre va aller fouiller dans la liste des dons pour savoir si machin a donné 100 euros au parti avant de faire une Loi, c’est la grosse rigolade..

  10. Nicolas B.

    Voyons, vous n’écoutez pas les radios fRançaises : il n’y a pas d’état en Grèce : personne pour percevoir les impôts, pas de cadastres… C’est l’ultra-néo-giga libéralisme à son paroxysme!

    1. breizh06

      Ce qui me rend optimiste (mais pas pour l’Etat) c’est d’observer plus de comportements altruistes, de débrouilles, d’entraide aux malades, trocs, black, …
      C’est juste une impression difficile à mesurer.

        1. Maleypart

          Oui, tant qu’ils ne se rendront pas compte que l’Etat s’occupe de nos vies de manière de plus en plus importante.

          J’attends d’ailleurs avec impatience les discours fustigeant l’utra-libéralisme en France quand l’Etat accaparera 70/80% de la richesse nationale :)

  11. Pascale

    Pour tous les anti libéraux, journalistes, altermondialistes et autres socialistes, il ne s’agit pas de la faillite de l’étatisme mais de la faillite du capitalisme qui trouverait enfin ses limites. Il faut dire que le bourrage de crâne pour penser dans ce sens est au maximum.

    1. Maleypart

      Et ce qui est magique, c’est que plus ce modèle basé sur la dette et la collectivisation/régulation de nos vies est prégnant, plus le consensus général s’accorde à fustiger ces salauds de libéraux qui nous gouvernent…

      1. Nicolas

        Faudrait qu’ils remettent en cause leur connerie : pas facile.

        On préféré donc accuser des ennemis lointain ou imaginaire, comme le capitalisme, les nazi, Louis XVI, la finance ou les croisés..

    1. T’es une comique de première, Bécassine. Tu veux parler de ces endroits magnifiques où l’État inexistant se traduit par des despotes autoproclamés et autocratiques, ou encore ceux où l’État inexistant se traduit par une milice qui fait régner la terreur ? Ah, je vois, tu veux aussi parler de ces endroits où l’État inexistant est omniprésent et corrompu et ralenti le développement économique et humain du pays !

      Gros bouffon.

    2. Maleypart

      Relire la différence entre « libéralisme » et « anarchisme » vous ferait du bien.
      Et l' »Etat » en Afrique existe bel et bien, mais :

      – les droits de l’Homme (dont les droits de propriété) sont bafoués tous les jours.
      – on a une parodie de Justice.
      – l’Etat est souvent un Etat-vampire complétement corrompu, mais puissant puisque disposant d’une force de frappe légale (armée).
      – les « citoyens » ne sont rien ou peu de choses face à lui.

      1. Bécassine

        Pour synthétisé il faut donc un Etat fort pour la propriété et pour la justice.
        Un Etat qui est faible en force de l’ordre et des citoyens au dessus de l’Etat.
        Je problème est, je crains une incompatibilité avec ce que vous venez de dire.

        1. gnarf

          Regardez cette video a partir de 16:20
          http://video.google.com/videoplay?docid=8425143655285661794

          Revel vous explique que les liberaux veulent plus d’Etat, pas moins…plus d’Etat la ou il doit y en avoir, et moins ailleurs.
          Et on voit bien que Ardisson et Beigbeder croient comme vous que liberalisme=etat faible. Ba non…le liberalisme requiert un Etat fort dans tous les domaines ou l’Etat fait mieux que la libre concurrence….et il y en a.

  12. BA

    Mardi 21 février 2012 :

    Après 110 milliards d’euros d’aide en mai 2010, voici donc le deuxième plan d’aide à la Grèce : 230 milliards d’euros.

    Dans le détail : 117 milliards d’aide directe des Etats (via le FESF, qui va donc devoir lever cette somme sur les marchés…), 13 milliards d’aide du FMI (à confirmer), 100 milliards d’abandon de créance de la part des banques, des assurances et des fonds d’investissement. Soit 230 milliards au total, auxquels on pourrait rajouter 12 milliards d’intérêts que la BCE abandonne.

    Le montant des deux plans s’élève donc à 340 milliards d’euros, sans que la Grèce ne voit le bout du tunnel, au contraire. La volonté des dirigeants européens est toujours de maintenir la Grèce dans la zone euro, ce qui est absurde tant chacun comprend que cela n’est pas viable économiquement.

    On note cependant que ces 130 milliards d’aide seront déposés sur un compte dédié, c’est-à-dire dont l’activation ne pourra pas se faire sans l’accord de l’Europe. Ceci peut préluder à une prochaine sortie de la Grèce de la zone euro : un compte alimenté par le FESF garantit la dette émise en euro, ce qui permettrait de sortir le pays sans effet de contagion… Ce sera sans doute le troisième plan.

    Philippe Herlin, chercheur en Finance, chargé de cours (Décisions financières, GFN 140) au Conservatoire National des Arts et Métiers.

    http://ladettedelafrance.blogspot.com/2012/02/230-milliards-pour-gagner-du-temps.html

  13. Tremendo

    Les grecs sont dans cette situation parce que les politiciens ont été éminemment irresponsables.
    Ce n’est pas une raison pour accepter que la troïka avec les coups de bambou de l’Allemagne impose des choses qui vont à l’encontre de la souveraineté d’un pays, tout ça pour éviter que fassent faillite des banques qui ont elles aussi été irresponsables en prêtant l’argent des épargnants aux grecs . Et cette troïka ne demande en plus qu’à reprêter de l’argent qui nous appartient. Laissons la Grèce quitter l’euro et se démerder avec ses dettes.

    1. DoM P

      Oui, bon, d’un autre côté, personne n’oblige les grecs à accepter l’argent qu’on leur propose. Il y a d’autres solutions, mais ils n’en veulent pas. Déni de réalité le plus total.
      Mais les faits sont têtus, comme dit l’autre…

      1. Deres

        La situation actuelle leur permet de se mettre dans la position du martyr qui se soumet à une autorité inique. Si un politicien grec décide de son propre chef de sortir de l’Euro, il devra assumer tout seul l’ensemble des conséquences. Ils attendent donc qu’on les forcent à sortir afin de continuer à être « responsable mais pas coupable ». L’horreur sociale actuelle vient aussi du fait de la lenteur grec à réagir depuis 2008. Ils ont laisser la situation se dégrader encore plus pendant 4 ans. Toutes les mesures de rigueur prise l’ont été récemment, et le sont uniquement le couteau de l’UE sous la gorge.

        1. Nicolas

          « La situation actuelle leur permet de se mettre dans la position du martyr qui se soumet à une autorité inique.  »

          En empochant le fric, au passage -et retardant à mort les réformes.

          Parait que les Allemands en ont leur claque des grec et vont les foutre dehors..

          Je vois d’ici la tête des gauchistes de tout poils ! On va bien rigoler !

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