Ceci est un message à caractère informatif

Ca y est ! Dans une poignée de semaines, on va enfin pouvoir choisir, youpi youpi, parmi les 12 zozos, celui qui aura le droit d’être président à la place du président. C’est formidable, la démocratie !

Oui, c’est vraiment formidable : mangez au moins cinq fruits et légumes par jour.

Les institutions de la République sont en marche, les rotatives qui impriment les petits bulletins vont pouvoir s’élancer dans de folles farandoles pour produire les petits carrés de papier déterminant le choix du prochain calife. Les média trépignent dans l’attente du dimanche fatidique où, enfin, nous saurons qui sera au second tour ! Les journalistes bouillonnent, les politiques s’excitent les uns les autres, renchérissant à qui mieux mieux : c’est à qui proposera un débat avant le premier tour, avant le second, avec tous les candidats ou seulement une poignée sélectionnée, etc…

Sur les forums internet, on ferraille pour le candidat X ou Y, on avance ses arguments en montrant que si si, il faut voter Bayrou, ou qu’il faut voter Ségo, ou qu’il faut voter Sarko ! (tiens, au passage, on voit assez peu de discussions enflammée où un chaud partisan de Le Pen débarque et explique qu’il faut miser sur son canasson : y aurait-il le même biais ici que dans les sondages là-bas ?) ; en tout cas, pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière !

Effervescence sur toutes les plateformes, chacun s’emploie donc à deviner dans le marc de café, avec des ossements sacrés ou dans les cours de bourse le prochain président.

Et dans la rue, dans les têtes, on sent aussi cet attachement à cette fébrilité : on a tous en nous quelque chose de rétréci, quelque part, envie de savoir de quoi demain sera fait, et qui sortira vainqueur de la terrible et homérique lutte qui se profile. A la lecture de la presse, quand on écoute attentivement les radios, quand on zappe frénétiquement, à chaque fois semble surnager un sentiment d’impérieuse nécessité dans l’événement qui va se produire : à la façon d’un bon roman de capes et d’épées ou d’un film d’aventures palpitant, on se laisse prendre au jeu des présidentielles, et on évite ainsi de manger trop gras, trop sucré ou trop salé.

Pourtant …

Pourtant, beaucoup – pour ne pas dire presque tous – semblent oublier que le (ou la) président(e) devra disposer d’une majorité à l’Assemblée pour envisager sérieusement d’impulser au pays les changements qu’il(elle) aura planifié dans son programme. Et cette majorité parlementaire ne semble pas acquise.

Pourtant, beaucoup – pour ne pas dire presque tous là encore – semblent ignorer que finalement, tout ceci est une fiction. Adorée pour ce qu’elle a d’épique et de grandiloquente, mais une fiction tout de même.

Car en effet, une fois le candidat choisi, que se passera-t-il effectivement ?

D’une part, on peut noter que, comme tout programme politique, celui du candidat (quel qu’il soit) sera un monceau de promesses creuses qui n’engageaient finalement que ceux qui y ont souscrit par leur vote. Eh oui : même s’il est peu de choses aussi sûres dans la vie courante que la mort pour chacun et les impôts pour tous, la non réalisation des promesses électorales fait cependant partie des choses auxquelles on peut s’attendre sans aucune surprise.

D’autre part, dans le cas spécifique de la France, la marge de manœuvre est étroite comme une ruelle sombre du vieux Paris : la dette est colossale, les déficits chroniques des institutions sont maintenant trop voyants pour être camouflés, la paralysie financière est proche. L’état général du pays est tout de même bien moins bon qu’en 1995, par exemple, date à laquelle le changement de majorité avait permis d’espérer (sans trop y croire) un ferme dépoussiérage des institutions et des sales habitudes des gouvernants précédents. Mais maintenant, en 2007, le krach immobilier guette (s’il n’est pas déjà commencé), la bourse n’est pas folichonne, les difficultés de paiement de l’État se font tous les jours plus nombreuses, le délabrement général des grands piliers de la Rrrépublique ne fait plus guère de doute (enseignement, recherche, pour ne citer que ceux-là). Sans compter que pour votre santé, il faut éviter de grignoter entre les repas.

Mais même sans rentrer dans ces considérations pessimistes, recentrons-nous sur l’individu, celui-là même qui, échevelé, l’oeil exorbité et la bave aux lèvres, s’agite frénétiquement devant son clavier ou son poste de télé en attendant les résultats des élections : en quoi son avenir va-t-il changer une fois que Nicolas, Ségolène ou François sera parvenu à la magistrature suprême ?

En rien. Ou, disons, en pas grand’chose. On pourrait soumettre l’hypothèse que, compte-tenu du positionnement statolâtre de ces fanfarons politocards, l’individu en question s’en retrouve gêné sur quelques points : pertes de libertés, impôts plus lourds, et, fort probablement, une plus grande difficulté à conserver son emploi ou en retrouver un autre. L’énergie est notre avenir, économisons-la !

Mais en pratique, la différence entre les trois personnages est si faible que favoriser l’un ou l’autre par un poste prestigieux ne changera pas la donne. Ségo, Sarko, Bayrou, même combat : les impôts ne diminueront pas, les prix non plus, le chômage non plus, la pauvreté non plus, etc… Pire : l’inertie des institutions et la marge de manœuvre (évoquée plus haut) favoriseront la poursuite des mouvements déjà entamés depuis fort longtemps. Que ce soit l’un ou l’autre des musiciens de l’Orchestre à Vent de la 5ème République à la tête de l’État ne changera fondamentalement rien.

Evidemment, la Dame Aux Caméras, pour compenser cette inertie, propose dès à présent « un état plus efficace », en ajoutant une pustule à la Sécu et une machine à vent dans les banlieues. Le mini-ministre n’est pas en reste avec un Ministère des Notions Floues dont l’utilité sera inversement proportionnelle aux coûts engendrés par sa seule existence. Quant au Magicien des Sondages, il n’est pas en reste non plus question maroquin et il envisage de créer un Grand Ministère Chargé des Questions Sociales, puisqu’apparemment les autres ministères s’occupent de broderie et de macramé.

Quand ce n’est pas une nouvelle commission ou un nouveau ministère, les candidats proposent carrément une Nouvelle Rrrrépublique. A la manière des logiciels dont on rajeunit la façade en ne corrigeant pas les bugs et en ajoutant 1 au numéro de version, la nouvelle république donnera un petit air de neuf à l’Elysée pour pas cher ; et puis, une fois passés en République Fraônçaise 6.0, et moyennant probablement quelques releases-beta, notre sort va s’améliorer, c’est une évidence, tout comme il est une évidence que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

Non, franchement, le changement n’est plus à attendre de ces trois lascars. La présence de Le Pen au second tour (plus que probable, ne nous leurrons pas) devrait permettre tout au plus de donner du piment aux déclarations graisseuses de nos bikers de la routine (born to be moo). En effet, si fumer provoque des maladies graves, on peut aussi constater les choses suivantes :

  • second tour avec Bayrou : il gagne à tous les coups et devient président. N’ayant aucune majorité à l’assemblée, la France s’engluera dans un magma socialo-démocrate impossible à réformer. 5 ans de perdus.
  • second tour Sarkozy / Le Pen : les gôchistes ne pouvant pas réitérer le vote de barrage comme il fut fait jadis en faveur de Chirac, le petit Nicolas décroche la timbale, mais se verra affublé d’un score modeste (55 ou 60%, peut-être) ; camouflet qui promet quelques contorsions dans le pays, sachant qu’ensuite, la majorité parlementaire sera dure à obtenir. L’ochlocratie sera en marche comme jamais, et les confrontations rue / gouvernement promettent au mieux un pays en panne, au pire éparpillé.
  • toute autre configuration : là, c’est du béton armé assuré, la chape de plomb blindée. La France, plongée dans l’attentisme le plus solide et le conservatisme le plus compact, s’arque-boutera dans ses positions ridicules et fermées jusqu’à l’asphyxie totale…

Oui, je sais, dit comme cela, ce n’est pas rose : pendant une canicule, hydratez-vous !

Bien sûr, on pourra m’objecter que cette vision pessimiste teintée d’un cynisme limite méchant est trop cru, trop total pour être exact. On pourra ainsi me dire que « oui bien sûr, la sociale-démocrassie est en marche, mais il y a loin de celle-ci à une dictature omniprésente ». Et pourtant, fumer tue et la présence tous les jours un peu plus forte des décisions de ronds-de-cuir étatiques sans lien avec les élections se fait plus pressente. Bayrou, Ségo, Sarko peuvent bien s’agiter du haut de leur tour élyséenne, il n’en restera pas moins vrai que boire de l’alcool pendant la grossesse nuit à la santé de votre enfant et qu’un nombre (presqu’) incalculable de décrêts ne dépendent au final pas du tout du vote des électeurs et échappent à toute remarque des citoyens.

De fil en aiguille, de projets bancals en révolutions bidons, de maquillages institutionnels en camouflages comptables, la République s’enfonce tous les jours un peu plus dans cette espèce de Maman-Etat possessive, exclusive et toujours à la recherche de l’amour de ses enfants qu’elle étouffe tant qu’elle peut de ses recommandations, interdictions et petites manies, le tout sans strictement le moindre contrôle de la part des politiques qui se battent pour notre petit bulletin.

Pour le moment, on en est encore aux légumes et aux fruits, à rappeler que sans ceinture de sécurité, on nage dans le danger et la délinquance. Mais bientôt, à côté du Fumer Tue, on verra apparaître « La solidarité, c’est l’impôt », pour finir, probablement par « la guerre, c’est la paix », ou « l’ignorance, c’est la force ».

A ce moment, on pourra remplacer chacun de ces message par l’ultime « La liberté, c’est l’esclavage ».

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