Principe de peur panique

Ce blog est l’occasion d’étudier, comme l’expose son accroche, la lente décomposition d’un pays qui, pourtant parti d’un certain rayonnement, n’a cessé d’ériger le « mou du genou » en méthode de gouvernance politique, depuis le dernier quart de siècle au moins. Cette semaine marque un point haut dans l’objectif de ramollissement global des décisions d’envergure : non seulement, les décisions prises sont de plus en plus consensuelles, mais on assiste actuellement à une vague de fond de non-décisions.

Les gouvernements successifs nous ont en effet habitués, sur les dernières décennies, à ces décisions brouillonnes et complexes, où, finalement, chacun y trouvait un peu son compte et où, à l’instar d’une Ecole des Fans ridicule utilisée en référence sur toute une nation, tout le monde gagnait youpi youpi avec la note maximale de surcroît youpi youpi.

Evidemment, il y a toujours un grand perdant, mais l’art de la politique, sur ces dernières années, aura non pas été d’éviter qu’il le soit trop, mais surtout de cacher à ce dernier qu’il avait bel et bien été cocufié par le reste des acteurs. N’importe quel conflit social en est la pitoyable illustration ; à chaque grève, à chaque mouvement d’humeur aura correspondu une reculade, suivie ou précédée d’une négociation plus ou moins bidon, visant à entériner un statu-quo devenu, au fil du temps, absolument inoxydable.

Le dernier avatar en date de ce ramollissement institutionnel fut illustré par les extraordinaires pirouettes de danseuse ivre du Chi, au moment du CPE, pirouettes qui lui auront permis de faire de l’équilibrisme juridique entre un décrêt de loi et sa non application officielle, propulsant le chef de l’état d’alors en Grand Chef De La Mousse De N’importe Quoi Du Riendutouisme A Bulle.

Il n’aura pas fallu plus d’une poignée de mois à son poulain, l’effervescent Sarkozy, pour remettre le couvert.

Depuis son élection, utilisant son agitation perpétuelle comme prétexte, excuse, alpha et oméga de sa politique, il nous a rapidement habitué aux paillettes, strass et fanfreluches, évitant avec un soin consommé toute décision un peu couillue. Mieux, il aura, comme son prédécesseur, utilisé tous les engins possibles de rétropédalage politique.

Un coup, il part à l’assaut de la fonction publique pour la réformer, et revient avec « la moitié des départs en retraite non renouvelés », ce qui donne une bonne centaine d’année à la France avant de repasser à un taux de fonctionnaire comparable aux autres pays de l’OCDE.

Un autre coup, il se lance dans la remise à plat de l’Université Française, bateau ivre de l’Education Nationale, pour annuler à peu près tout le fondement de sa réforme dans un même geste ample dans les mois qui suivent, dès la plus petite protestation de crétins à peine pubères entamée.

Et des coups comme ceux-là, on peut en tricoter à loisir sur neuf mois : il n’a fait que ça !

Evidemment, la reculade sera d’autant plus forte que les minovités risibles et groupuscules collectivistes feront entendre leurs vociférations inarticulées et leurs braillements d’orfraies auprès d’une presse décidément toute acquise à leurs causes. Ainsi, il aura suffit d’un cafard cynique et profiteur pour saboter purement et simplement tout débat de fond sur les OGM en France.

Le « combat » de l’anus moustachu, entièrement basé sur le biais ahurissant des tribunaux en sa faveur, se sera en l’occurrence étalé sur de nombreuses années, ou, de destructions – en novlangue, on dit « démontage » – en viol de propriété privé – en novlangue, traduisez par « désobéissance civile » – en passant par des destructions de bien privés – novlangue : « arrachages volontaires » – , notre épithélium poilu aura réussi à démontrer que les militants anti-OGM étaient des jusqu’auboutistes, qu’ils ne renonçaient pas même devant le suicide de leurs victimes, et qu’ils utiliseraient ainsi tous les moyens traditionnels de la propagande, de l’étouffement médiatique et du terrorisme intellectuel pour arriver à leurs fins.

Comme le rapportait mon précédent billet, le roi de la glisse sémantique s’était même payé le luxe de sur-médiatiser son régime d’après-fête pour forcer le chef de l’Etat à interdire les OGM purement et simplement. Et comme de juste, le tout avec un effort minimal, le petit président a cédé. Il n’était pas dur, d’ailleurs, de prévoir qu’il n’en irait pas autrement ; la probabilité que le gnafron militant clabote minablement d’une hypoglycémie auto-infligée était très réduite voire nulle : la paire de couilles d’astreinte du gouvernement est en panne depuis quelques années, et comme il n’y a pas de backup, l’exécutif de ce pays vit avec un placebo sans que, finalement, personne ne s’en rende compte.

Bilan : après une rapide mascarade où une Haute Autorité aura réussi à cafouiller même dans ses doutes suivie d’un court procès en sorcellerie, les OGM sont bannis en Fraônce. Et, dans la foulée, les saccageurs irresponsables (novlangue : « faucheurs volontaires ») ont donc conclu que la voie était grande ouverte pour le moquage de visage en bonne et due forme, avec un raisonnement d’une simplicité enfantine. Après tout, si, maintenant, les OGM sont interdits, les saccages (combats) qui ont été menés précédemment ne sont plus à proprement parler des actes répréhensibles mais des actes de résistance citoyenne (et festive bien sûr), et, dès lors, sont amnistiables. Le pire étant qu’ils n’est pas impossible que ce mollasson paradoxalement surexcité de Sarkozy plie lamentablement devant la proposition ahurissante et … accepte. Bah oui, un sondage favorable, ça peut se jouer à ce genre de piétinement honteux du droit.

Devant cette peur panique du citoyen qui vote, masse informe balayée au gré des humeurs cyclothymiques d’une presse orientée, on peut légitimement se poser la question de savoir dans quelle direction on va exactement. Probablement nulle part, comme sur les 25 dernières années. La rupture, sans doute, se situe dans le bruit et la lumière mis en place pour y aller : depuis l’avènement de Sarkozy, le corbillard France qui zigzaguait discrètement sur un rythme lent a maintenant mis les gyrophares et la sono à fond et accélère sur des rythmes chaloupés d’un gros R’n’B qui tâche aux infra-basses torrides.

D’autre part, une autre question vient à l’esprit : comment seront traités ceux qui opteront pour les mêmes méthodes que le militant alter-terroriste, mais, cette fois-ci, en agissant pour les OGM ? Il n’y a pas à douter une seule seconde : quand bien même leur combat serait nettement plus logique que celui du pollueur médiatique, la justice saura se montrer ferme, et peu importe que les OGM soient plus écologiques que les semences traditionnelles, les coupables paieront !

Encore une fois, la politique française aura illustré de façon éclatante que ce qui prime dans notre vie de tous les jours, c’est l’absolue nécessité d’éviter toute prise de risque, surtout lorsqu’on est élu du peuple. Sarkozy vient à nouveau de nous présenter une application tangible et irréfutable du principe de précaution : surtout, ne froisser personne et ne pas trancher constitue une précaution qu’on doit ériger en principe pour espérer conserver les votes de tous et de chacun.

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