Dimanche prochain, entre 2 et 3 milliards d’individus regarderont 22 joueurs se disputer un ballon au MetLife Stadium, dans le New Jersey, dans ce qui sera la conclusion du plus gros tournoi de football jamais organisé : 48 équipes, 104 matchs, 3 pays hôtes, et probablement l’une des plus grandes audiences télévisuelles de l’histoire de l’espèce.
Mais au milieu de ce déluge planétaire de sport et de festivités, une question ne sera posée par personne, ni dans les tribunes, ni sur les plateaux, ni dans les milliards de salons : qui a décidé qu’une touche se joue à deux mains, ballon derrière la tête ? Qui a fixé le penalty à onze mètres plutôt qu’à dix ou douze ? Qui a inventé le hors-jeu, cette règle que votre belle-famille redécouvre à chaque Mondial ?
Si vous posez la question autour de vous, on vous répondra « la FIFA », évidemment. Bien sûr, le football mondial est gouverné par la FIFA, machine bureaucratique tentaculaire, notoirement corrompue, siégeant à Zurich et pesant des milliards, et forcément, les règles du jeu émanent de cette pyramide, comme toute norme émane (chacun le sait !) d’une autorité centrale qui la conçoit, la vote et l’impose !
Eh bien non, pas du tout.
Oui, oui, la FIFA organise les compétitions, encaisse les recettes et distribue les cartons d’invitation, mais non, non, elle ne possède pas les règles.
Les Lois du Jeu (leur nom officiel) appartiennent à une entité dont l’immense majorité des spectateurs de dimanche n’a jamais entendu parler : l’International Football Association Board, ou IFAB, un club privé de 8 voix, réuni 2 fois par an, que personne n’a jamais élu, et dont 4 voix appartiennent de droit, depuis 1886, aux 4 fédérations britanniques.
Autrement dit, le sport le plus universel de la planète est régi, pour l’essentiel et depuis 140 ans, par les Anglais, les Écossais, les Gallois et les Nord-Irlandais réunis autour d’une table. Et cette bizarrerie institutionnelle raconte quelque chose de précieux sur la façon dont naissent, vivent et survivent les bonnes normes.
Et comme d’autres avant lui, cet article du Jeudi est donc ouvert à mes abonnés et lisible sur Substack ici, et il n’y a pas besoin d’être un fan de foot pour apprécier l’histoire et la leçon qu’on peut en tirer.



Pour les abonnés uniquement : le foot a donc été fondé par des franc-macs !!!
Terrifiant, ils sont partout
le foot dirigé par des anglois à l’origine et donc par des bronzés maintenant…
Parfaite illustration de ce qu’écrivait déjà Montesquieu in tempore non suspecto :
« Il est parfois nécessaire de changer certaines lois mais le cas est rare, et lorsqu’il arrive, il ne faut y toucher que d’une main tremblante »
Rien à foutre du foot !