Espagne : les méchants spéculateurs, les vilaines agences, et paf la note

Ce qui devait arriver arriva.

L’Espagne vient d’être dégradé par Fich et passe à présent de AAA à AA+. Un cran, ce n’est pas grave, pourrait-on croire. Cependant, ce petit changement de note se traduira mathématiquement par un renchérissement de la dette espagnole.

Manifestement, les récents micro-efforts du gouvernement Zapatero pour essayer de faire croire qu’il installait la rigueur n’ont pas suffit. Rappelons que si l’on veut vraiment sortir les pays les moins bien lotis de la zone euro des abysses de dettes dans lesquels ils sont tombés, réduire le salaire des ministres et des fonctionnaires de quelques pourcent en rognant sur les dépenses d’apparat ne suffit pas.

Avec le méga-bailout de 750 milliards d’euro du 9 mai dernier, l’Europe voulait troquer des fonds pour de la stabilité. Nos dirigeants n’auront acheté que quelques heures de bonheur boursiers, quelques jours de stabilité et trois semaines de ratings correct. Et en fait de fonds et de stabilité, à présent, nous n’aurons ni les uns, ni l’autre.

À 750.000.000.000 €, ça fait cher la bavure keynésienne.

(Notons qu’on peut déjà écrire la suite : il va y avoir des parties de plaisir en bourse, à nouveau, les gouvernants vont s’affoler, à nouveau, ils vont dénoncer les agences de notation, à nouveau, peut-être interdire les naked short sellings, à nouveau, et fustiger le marché, les spéculateurs. Peut-être vont-ils taper dans le bas de laine du 9 mai. Et dans trois semaines, devant l’absence totale d’autre réaction sensée, les mêmes cause produisant les mêmes effets, on ne sera pas plus avancé.)

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Commentaires12

  1. Mr T

    Au moment où ils downgraderont la France tout sera foutu et patatra le château de cartes. Non pas que j’aie encore quelque doute à ce sujet, j’essaye encore inconsciemment de me convaincre que c’est pas pour tout de suite.

  2. Oppossum

    La note de la France ne sera pas rétrogradée.
    Probablement de peu, mais parce que ça n’aurait pas de sens non plus. On a quelques fondamentaux, il me semble, non négatifs (Endettement privé, pays plutôt propriétaire de lui-même, démographie).
    A la limite on peut même imaginer que par contraste,ces maigres avantages soient survalorisé, à court/moyens termes par les « marchés ».

    Bien sûr, ces cartes à jouer sont purement nationales
    Et puis , il va se passer quelque chose avant (Mais quoi ?), dont nos maigres avantages pourraient profiter, si on reste habiles , relativement unis et si on accepte de tempérer l’inévitable injustice par une solidarité pragmatique et pédagogique. Ca ne sera pas glorieux ni très universel, mais à un moment donné, les stratégies deviennent personnelles en s’appuyant sur les rapports de force des situations nationales.

    Mais enfin, on risque de souffrir pas mal même si un peu moins que les autres. On va croiser égoïstement les doigts.

    1. daredevil2009

      Euh? J’aimerais connaître vos sources… je pense que vous rêvez complètement – peut-être êtes-vous dans le déni comme tant d’autres? Ou alors, vous disposez d’info de première importance que personne d’autres parmi tous ceux que j’ai lus ou lis n’a ?!
      Dernière hypothèse : vous avez abusé de quelque substance euphorisante…

      1. Hko

        Pronostiquer de la sorte ne sert à rien. A moins de toucher la psychologie de ceux qui évaluent financièrement, personnellement je travaille dans une agence de notation extra-financière (ça se trouve, les méthodes divergent, les enjeux n’étant pas les mêmes). Et force est de constater que les décisions de notation ne sont pas basées sur des indices macroéconomiques censés faire autorité, mais bel et bien sur l’actualité. Et, n’étant pas dupes, les soit disant  » plans de rigueur » envisagés par les états européens, ne sont que de la poudre aux yeux pour rassurer le contribuable moyen. Car force est de constater, que rien ne va changer ou presque. D’autant plus que ça sera un argument pour les politiques afin de dénoncer les attitudes injustes des évaluateurs. Quoi qu’il en soit, ils sont aussi cupides que les financiers, donc entre loups assoiffés d’argent, on se comprend.
        Et c’est vrai qu’il est clair et net que le méga plan de soutien à la dette est une aberration, qui essaye de reporter le problème vers le moyen terme. C’est sans compter les intérêts géopolitiques dissimulés derrière cette décadence européenne. Et puis au vu de la politique européenne, on peut bien se dire « chai pour leur gueule ». Mais bon c’est nous qui payerons les pots cassés dus à un système démocratique basé sur la propagande et le semblant de perception de la réalité économique. Quand on voit que des collectivités territoriales ont contracté des crédits pourris à taux variable, on peut se demander quelle est l’efficience du système démocratique tel qu’il fonctionne actuellement.

    2. Mr T

      Mouarf les fameuses cartes à jouer c’est bien peu en comparaison du drame des retraites ou de la dette publique. Un haut niveau d’épargne qui va nous servir à quoi d’ailleurs, à nourrir le démon inflation ? A éponger les imbécilités de l’état ? Génial, j’adore faire des économies quand d’autres en prennent bien soin !

  3. Hoho

    Dans le numéro de The Economist publié aujourd’hui, il y a une belle page de pub du gouvernement espagnol, qui invite à acheter de la dette publique « AAA ». Leur slogan : « Isn’t investing all about thinking ahead? »

    Si ça c’est pas de l’ironie…

  4. darius

    Les agences sont en retard d’une guerre sur les marchés, donc il faut que les porteurs d’oblig prennent peur, specialement les doux reveurs qui croient mettre leurs sous a l’abri en assurance vie(les pauvres s’i ils savaient).
    Quand les taux atteindront 5% sur le long terme on degradera la note francaise.
    Vu que tout les pays d’europe reduisent notablement les dépenses de l’état sauf la france(les ministres refusent qu’on baissent leurs salaires); il y aura un moment ou les marches prendront conscience du caractere superficiel de la solididite des finances francaise et là, crac.
    J’ai lu je ne sais où que il parraitrait que la bonne tenu du marché oblig francais n’est pas naturel mais qu’il y a eu des instructions pour soutenir le tout.
    Vu que les besoins de l’etat sont superieurs aux capacités de financement des valets de l’etat on sait que ca ne va pas tenir lontemps.

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