Besson, Internet se passe très bien de vous !

A pignouf, pignouf et demi, dit-on. Mais dès qu’Éric Besson tente d’appréhender l’orditernet, on dépasse très largement l’augmentation de 50%, et on fricote allègrement avec les puissances de 10. Son dernier discours, portant en gros sur la neutralité d’internet, éclate ainsi tous les jalons de bêtise posés avec pourtant beaucoup d’aplomb par toute la série de branquignolles colorés qui passèrent avant lui…

Pas de doute : quand Éric lâche la purée, il en met partout, bien au-delà de sa cravate comme un De Villepin en pleine crise de surmoi.

Soyons bien clair : il est absolument certain que notre brave ministre, chargé de ce qui reste de l’industrie, du démantèlement de l’énergie et de l’économie de l’interweb et du miniternet, n’est pas directement auteur de l’affligeant discours qu’il a lu devant des parlementaires. Tout comme il est certain qu’il n’a même pas balbutié devant la somme de consternantes âneries qu’il proférait avec emphase.

Il est en effet plus que probable qu’un scribouillard de son cabinet s’est empressé de lui pondre cette enfilade de phrases construites avec un pipotron survitaminé, et qu’il a ensuite fait totalement confiance à la bande de losers et de noobs affligeants dont il s’est entouré en croyant avoir affaire à des cadors d’internet.

Si l’on factorise le fait qu’il est ici en service commandé et qu’on lui a clairement imposé une régulation complète et profonde d’internet comme feuille de route, on pourra comprendre une partie du résultat obtenu.

Mais tout de même.

Il apparaît évident qu’il a fallu pour arriver à ce résultat plusieurs cerveaux fortement imbibés d’énarquie, de régulationnite, de politique politicienne et d’une opacité aux nouvelles technologies digne d’une paire de lunettes de soudeur.

On découvre ainsi que le trafic internet et mobile augmente dans des proportions si importantes que, pour le ministre, le risque de saturation existe. Notons que, dans le même temps, le reste de la planète vit plutôt détendue du mobile, sur ce coup. Éric aurait-il peur d’engorger les réseaux avec ses communications et de ne plus pouvoir faire de sexting avec sa trophy wife jeune épouse ?

C’est surtout que, je cite, « Sur les réseaux mobiles en particulier, la pression est très forte avec une croissance annuelle du volume de données échangées de 250%. » et en conséquence de quoi, admirez le beau non-sequitur qui froisse un peu la mâchoire tant il est gros à avaler, « Face à ce risque de saturation, se pose la question de la régulation du trafic. »

Je résume : il y a de plus en plus de trafic, *donc* il faut le réguler. La logique est implacable. Elle est d’ailleurs poursuivi avec des camions, des ambulances et des voitures de tourisme. Si si :

Les associations représentant les camionneurs, c’est-à-dire ceux qui occupent une place dominante et sans cesse croissante des autoroutes, prônent une neutralité totale vis-à-vis du trafic. Mais en cas de saturation, ce seront l’ensemble des utilisateurs qui ne pourront plus avancer, y compris les particuliers utilisant leurs voitures, y compris les ambulances nécessitant un trafic accéléré.

Et voilà notre ami des tuyaux filant une métaphore routière pour tenter d’installer des radars un peu partout, tout en présentant les nombreux avantages du port de la ceinture de chasteté sécurité, et en vendant en même temps des jantes alliage et des becquets avant, arrière et latéraux (le progrès n’attend pas).

Éric Besson

Dans un charabia qui montre clairement qu’il ne comprend pas un traître mot de ce que peut être la neutralité, et dans l’ignorance manifeste (ou volontaire) de ce qui se passe ailleurs en matière de très haut débit (FFTH notamment), il nous propose donc quelques principes qu’on ne peut qu’approuver (libertés fondamentales d’expression, libre choix de son opérateur internet) avec d’autres qui visent clairement à réguler tout ce bazar de communications libres et non faussées entre citoyens qui rend beaucoup de mains gouvernementales moites.

Il est à ce propos particulièrement éclairant de constater que beaucoup de politiciens en charge de ces questions numériques veulent absolument légiférer, alors que, dans le même temps, des citoyens ont montré par l’exemple la puissance d’internet et la difficulté des gouvernants à le réguler.

Plus d’une trace a été laissée dans plus d’un slip gouvernemental au fur et à mesure que des révolutions se sont développées, au rythme électronique des twitts, SMS et messages Facebook. Parions qu’Éric, comme les autres, n’y a pas été insensible, et tenter discrètement de protéger sa couenne est un réflexe normal pour ce genre d’animaux.

Bref : rien que de l’habituel ici dans le packaging standard d’idées nauséabondes au milieu d’un rappel lacrymogène aux principes fondateurs de la République, avec de la liberté d’expression inaltérable et inaliénable dedans et des trémolos dans la voix à l’évocation d’un avenir qu’on devine forcément radieux.

Ce qui est absolument incroyable, c’est ce besoin compulsif de vouloir à tout prix réguler internet alors que tout montre que les agitations pénibles et ostentatoires, mais franchement ridicules et délétères, de nos hommes politiques dans le domaine sont parfaitement inutiles.

Ainsi, pipeauter qu’il a saisi le Conseil d’état au sujet des licences d’attribution de la téléphonie mobile, sous prétexte d’une forte demande, est du plus haut comique alors que le nombre et le prix de ces licences sont exclusivement et arbitrairement fixés par l’état, qui organise ainsi une pénurie totalement artificielle pour le plus grand bien … de ses propres finances, et sur le dos des consommateurs.

De même, nous évoquer les méchants filtres qu’un Google ou un Facebook imposeraient au net pour nous vendre de la bonne régulation est d’une hypocrisie sans limite : dans le monde, les organismes qui filtrent le plus internet ne sont pas, loin s’en faut, ces deux entreprises commerciales, mais bel et bien les états avec, à leur tête, les mêmes petits soldats à la trempe moralinée comme notre Éric.

Les sociétés commerciales, du reste, n’ont pas d’intérêt à faire du filtrage : leur crédibilité est en jeux. Et là encore, seule la concurrence entre les différentes sociétés permet d’assurer, justement, cette neutralité que l’État sera infoutu d’obtenir.

Enfin, les espèces de bricolages taxatoires qu’on devine sur la fin du discours (avec les lippes déjà luisantes d’une bave concupiscente à l’idée de croquer dans la partie charnue du bénéfice de Google, par exemple) sont justifiés par une espèce de socialisme numérique de pacotille : « rindez-vous compte, m’ame Michu, certaines entreprises ont un tel succès qu’ils engrangent des bénéfices, mais hors de France, les saloupiauds ! »

Force est de constater, mon brave Éric, qu’Internet s’est très bien développé sans vous et votre lamentable clique de prédécesseurs techniquement pouilleux.

Force est de constater que tous les défis passés et présents d’Internet, depuis son explosion en débit, en volume, en nombre d’abonnés, et maintenant, en nombre de régimes dictatoriaux mis à bas, tous ces défis furent relevés sans l’intervention pusillanime et déplacée des parasites de la communication et de l’information que sont les politiques.

Force est de constater que les entreprises qui font concrètement le réseau, celles qui trimbalent les données, connectent les abonnés, créent du contenu, relient les hommes entre eux, toutes se passent très bien de vous et font même des bénéfices qu’on pourrait qualifier de plantureux.

Ah oui : et ça vous enquiquine prodigieusement.

Vous ne pouvez pas les taxer ! Vous ne pouvez pas franchement leur tordre le bras dans le dos pour qu’elles fassent ce que vous voulez ! Zut et zut.

Effectivement, cette situation dérange plus d’un socialiste (qu’il fut de droite ou de gauche).

Eh bien souffrez, mon brave eunuque de l’internet, que des millions, des milliards mêmes, d’humains soient parfaitement heureux comme ça. Et arrêtez de fourrer votre nez et vos lois dans cet outil.

Il pourrait fort bien se retourner contre vous. Il sait faire.

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Commentaires39

  1. Higgins

    Aymeric Pontier ( http://aymericpontier.blogspot.com/2011/02/la-mafia-de-la-culture-tourne-en-rond.html D’ailleurs le billet parle également de régulation) a trouvé une superbe formule pour décrire la politique économique de ce pays depuis au moins trente ans:

    « Taxation, Régulation, Subvention: Le trio perdant des secteurs déclinants, qui tient lieu d’unique politique économique appliquée en France. »

    Nous en voyons dans ton exemple une superbe démonstration. Comme l’a très bien pressenti Bastiat, tout y passera:

    « L’État aussi est soumis à la loi malthusienne. Il tend à dépasser le niveau de ses moyens d’existence, il grossit en proportion de ces moyens, et ce qui le fait exister, c’est la substance des peuples. Malheur donc aux peuples qui ne savent pas limiter la sphère d’action de l’État. Liberté, activité privée, richesse, bien-être, indépendance, dignité, tout y passera. »

    Avec de tels ministres, pas de doute, ce pays est foutu.

    1. Aymeric Pontier

      Salut Higgins,

      H16 a tellement de succès, qu’il suffit d’un petit lien dans les commentaires pour faire sourire mes statistiques. Je suis affreusement jaloux, mais chut c’est un secret. 🙂

    2. Mateo

      Je pense que la formule, bien que sous une forme différente, soit à mettre au crédit de Reagan: « Government’s view of the economy could be summed up in a few short phrases: If it moves, tax it. If it keeps moving, regulate it. And if it stops moving, subsidize it. »

  2. jp jambes

    C’est pour le moins un billet qui a de l’énergie. j’ai adoré le lire. Sur le fond, peut être qu’ici ou là quelques nuances auraient pu être apportées mais qu’importe. ce n’est pas, on le sent bien, un texte en nuances. je suis fan

    1. Epicier vénéneux

      Ca marche aussi avec « réchauffement climatique » et « ultralibéralisme », c’est fou.

  3. Kassad

    « Mais en cas de saturation, ce seront l’ensemble des utilisateurs qui ne pourront plus avancer, y compris les particuliers utilisant leurs voitures, y compris les ambulances nécessitant un trafic accéléré. »

    Que c’est joliment dit … ou comment niquer le concept même de neutralité (car tout le monde bloqué c’est bien neutre justement) pour des raisons hygiéniques. Le mot censure est censuré du vocabulaire politique mais pas du tout de sa pensée. Dans son speech il définit lui même ce qu’il entend par neutralité en 7 points : enfonçages de portes ouvertes et novlangue s’y mêlent harmonieusment. J’adore notamment le « La prise en compte de l’ensemble de ce qui constitue Internet ».

    Ensemble on peut y arriver ouais…

  4. Flak

    ils s’en battent les couilles de reguler, tout ce qui les interesse c’est de taxer, mettre la papatte dans le bon gros pot de miel.

  5. Aurélien

    Demain sort un sondage indiquant que 68% des français seraient « trop dégoûtés » de subir du lag sur twitter.
    La régulation s’impose, le gouvernement agit, la France, hier au bord du goufre, va enfin de l’avant!

    1. flak

      tartage, avec le r en plus tu nous parles du tartre.

      Un bon entarteur doit de se faire peter la gueule apres son exaction, c’est la regle.
      Dans le pays horriblement fasciste ou je vis (pas ce paradis des libertes qu’est la fRonce), un entartage c’est ‘assaut’.
      tu vas en prison et tu as un casier, sans mentionner le tasage.

  6. Serge Cheminade

    Avec les acteurs d’Internet cela pourrait bouger. Je viens de recevoir un message d’OVH, je te transfère.

    Pour moi cela « tombe bien » je viens de mettre en ligne Quelle est la nature de la révolution tunisienne?
    http://www.orvinfait.fr/quelle_est_la_nature_de_la_revolution_tunisienne.html
    Les tunisiens en ouvrant les yeux des français pourraient provoquer des changements très importants en France. Contrairement à ce qu’affirment des responsables politiques, le système social Tunisien qui est tombé ressemblait beaucoup à celui en vigueur en France. C’est pour cela qu’il était jugé très stable.

    1. Serge Cheminade

      Les risques sont en effet grands. Il ne faut pas oublier que les revendications des magistrats sont légitimes et qu’ils sont majoritairement à gauche et les risques ne sont pas que là.

      Donc il faut communiquer. Dans mon texte je présente à la fois la nécessité de faire bouger le système et ceux qui veulent récupérer la révolution tunisienne pour pousser vers une révolution collectiviste en France.

      Il faut aussi éviter que le mouvement démarre maintenant car nos idées sont trop peu connues.

      1. Higgins

        Je connais trop bien ce milieu pour vous laisser dire que les magistrats sont plutôt de gauche. Si le SM revendique hautement cet ancrage (et encore, adhérer au SM ne signifie pas pour autant qu’on soit de gauche. J’ai un exemple concret dans mon entourage), l’USM est tout sauf un dangereux repaire d’extrémiste. S’il fallait le classer sur l’échelle politique, il serait de centre droit. Aux élections professionnelles (qui ont lieu pour les élections au CSM), l’USM rassemble environ 60% des suffrages contre 30% au SM. Les 10% qui restent sont partagés entre des petits syndicats comme FO Magistrat.
        De plus, les syndicats de magistrats sont très loin des syndicats traditionnels français. Leurs démarches sont nettement moins catégorielles (les traitements sont corrects sans plus pour des semaines de travail qui dépassent de très loin les 35 heures réglementaires) et leur principal rôle se situe bien plus au plan de la philosophie politique. On a évidemment le droit de ne pas être d’accord avec ce constat mais c’est la réalité.

        Je crois que, en tant qu’habitués de ce blog, nous sommes tous farouchement attachés à la notion de « Liberté ». L’extraordinaire performance réalisée ce jour par notre prince (sa capacité à fédérer des individus autour d’un projet est proprement stupéfiante) ne doit pas faire oublier que derrière ce profond malaise, c’est cette notion qui est en danger dans ce pays (voir http://www.huyette.net/article-le-pouvoir-les-juges-et-la-democratie-66694893.html ).

        1. Joe

          Sur le « scandale Quick », on est complètement dans la théorie du complot parfaitement farfelue. L’estimation de la valeur d’une entreprise ne correspond pas à son chiffre d’affaires (pour vous en convaincre, comparer la valeur d’une entreprise A qui vend pour 1M€ avec un résultat d’exploitation de -100k€ et une entreprise B qui vend pour 1M€ pour un résultat d’exploitation de +200k€, vous conviendrez que l’entreprise A ne vaut pas 1M€ tandis que l’entreprise B peut valoir quelquechose).
          Pour évaluer une entreprise, plusieurs méthodes existent. Il est primordial de comprendre la distinction entre valeur d’entreprise (ce que vaut l’entreprise indépendamment de son financement) et valeur des titres (le prix à payer pour en acheter les actions et leur propriété).
          La différence entre les deux valeurs est la dette financière nette (dettes financières moins cash et équivalents). Pour évaluer une société, vous évaluez dans un premier temps sa valeur d’entreprise à laquelle vous ôter la dette nette pour avoir une valeur des titres.
          Une manière rapide d’évaluer une VE est de faire un multiple de l’EBITDA (ou excédent brut d’exploitation) en fonction de multiples observés sur des sociétés comparables. Dans le cas d’un LBO sur une société comme Quick, ce mutliple est de l’ordre de 10x, pour tenir compte de la sortie de cote et du potentiel de croissance.
          Il faut ensuite bien comprendre que la CDC n’a pas payé de sa poche 754M€ mais plutot 300M€, dont une partie en obligation (c’est le principe même du LBO), le reste étant financer par endettement (effet de levier). Ainsi, pour 300M€ investi, la CDC fera une belle culbute lors de la revente (entre x2 et x3), tout bonnement parce que les équipes de gestion de la CDC sont intéressées aux plus-values (carried interest http://en.wikipedia.org/wiki/Carried_interest )

          Quant à vos interrogations sur les chiffres de Quick (CA et autres), sachez que Quick comprend des franchisés et qu’il y a un donc un CA y compris franchisés et un CA « en propre » d’où de fortes variations suivant les chiffres que vous prenez.

      2. Higgins

        Bonjour,

        Je viens de jeter un coup d’œil sur votre lien. Je n’ai pas d’avis en particulier si ce n’est que, en refusant à l’institution judiciaire les moyens financiers, humains et matériels, qu’une démocratie qui se veut moderne est en droit d’exiger, les pouvoirs politiques manifestent pour le moins une certaine réticence à voir ce type d’affaire élucidé et les éventuels coupables punis. Demander aux juges du pôle financier, ils vous expliqueront mieux que moi.

        1. Je ne suis qu’en partie d’accord. Certes, la France accuse un clair manque de moyens au regard de ce qu’elle dépense pour la Justice, par rapport, par exemple, à ce qui est engouffré tous les ans dans les cacas thermomoulés camouflés sous l’appellation tartuffe d’art contemporain au budget du ministère de la Culture.

          Mais il faut aussi constater que l’institution judiciaire souffre d’une désorganisation chronique et d’un corporatisme puissant, bien trop sclérosant pour permettre une réforme en profondeur. Tout le monde est mécontent de la situation, mais personne ne veut, concrètement, y remédier et chacun y va de sa propre proposition bien évidemment contradictoire avec les 800 autres propositions des 700 autres collègues.

          On est ici dans exactement le même problème que pour l’EdNat ou de la Santé : toute volonté de réforme, même avec les meilleures intentions, se heurte de plein fouet avec l’immobilisme en béton armé de la profession.

        2. Higgins

          H16,

          Je le répète, je suis très bien placé pour observer l’institution judiciaire.
          Pour les problèmes rencontrés par les magistrats du pôle financier, je renvoie à cet article paru sur Rue 89: http://www.rue89.com/2008/02/17/crise-au-pole-financier-la-justice-des-puissants-et-celle-des-miserables . Je précise que Rue 89 n’est pas ma tasse de thé mais le problème est plutôt bien présenté.

          En ce qui concerne la résistance au changement, elle est réelle et n’est en rien propre à cette organisation.

          Ceci dit, la matière juridique ne se manipule pas aussi facilement que la réorganisation d’un site de production. La culture juridique est fortement ancré dans l’Histoire et il parait hasardeux de prétendre faire table rase du passé en la matière. Les personnels de justice ne sont pas pour autant opposé au changement mais ils réclament un minimum de cohérence en la matière. Décrétez ab abrupto d’une nouvelle organisation de la gestion des dossiers de tutelle, je prends un exemple récent, sans se préoccuper des moyens associés ne peut aboutir qu’à un échec ( http://www.huyette.net/article-le-manque-de-moyens-de-la-justice-suite-la-protection-des-majeurs-66736530.html ).

          A qui la faute? Pourtant, cet acte est important pour les familles et les personnes concernées. A raison d’une demi-heure par dossier, cela fait quand même la bagatelle de 23 heures de travail quotidien par jour ouvré et magistrat temps plein! Pendant ce temps, le reste s’accumule et tout est urgent.

          Enfin le corporatisme! Ah le beau mot! Il résume à lui seul tous les maux. Loin de moi d’en nier la réalité mais ce dernier s’applique peu ou prou à toutes les catégories socio-professionnelles. Lorsqu’on est attaqué abusivement dans l’essence même de son activité, la défense est naturelle. Je peux affirmer qu’il y a très peu d’avantages à exercer une profession de justice. Les manifestations d’hier étaient tout sauf catégorielles. Aucune banderole, à ma connaissance, ne portait sur les rémunérations. Même la grève n’en était pas une puisque, hormis le renvoi des affaires non-urgentes, le travail a été fait normalement, en particulier à éponger les stocks existants.

          On peut critiquer le folklore militaire, sa musique, ses traditions désuètes et prêter à ses agents une grande étroitesse d’esprit. Il est nettement plus délicat d’en critiquer les troupes quand on les envoie au combat sans armes. Hier, c’était toute l’armée qui manifestait, état-major compris.

          En tant que libéral convaincu, je crois à l’intelligence et de l’homme et à son humanité. Je pense également qu’un pouvoir judiciaire fort est le garant du respect des règles de vie de la société, sinon, comment lutter contre la spoliation (en sens ou Bastiat l’emploie) et les dérives qu’elle entraîne (notre pouvoir politique s’embarrasse de moins en moins de précautions. Jean Gabin, dans ton dernier post, résume parfaitement cette situation). Comme partout, la confiance n’exclue pas le contrôle et je ne connais aucun personnel de justice qui récuse ce contrôle. Mais ce dernier sera inopérant s’il est basé sur les états d’âme de la société sinon c’est la porte ouverte à la tyrannie. Je te sais trop subtil pour que cet aspect ne t’échappe.

          Un dernier mot, sur l’histoire du monde judiciaire, j’ai découvert ce site très intéressant: http://www.criminocorpus.cnrs.fr/ . Je recommande en particulier cet article: L’Anjou, la République et ses juges : l’épuration du corps judiciaire, entre réaction de légitime défense et instrument de consolidation du régime (1883) ( http://criminocorpus.revues.org/328 ). Comme quoi, notre triste sire avait des ancêtres.

          1. Mais tout ce que vous dites, bien qu’intéressant, ne change rien à ma constatation initiale : la France souffre mortellement de ce mal simple qu’est, justement, la résistance au changement, et vous le démontrez très bien en expliquant en long et en large pourquoi la justice serait si différente du reste qu’elle ne peut pas se réformer si simplement etc… Mais c’est exactement ce que disent les autres institutions. Et c’est exactement ce qu’elles ont dit, dans les autres pays, lorsqu’il a fallu modifier ou remettre à plat. Et malgré tout, on y est parvenu.

            A chaque fois, on me sort du « oui mais c’est un cas particulier chez nous, parce que tu vois, patati, patata ».
            Eh bien non. Je vous assure que les cas exceptionnels sont à tel point la norme qu’ils forment en réalité la règle. Et que de toute façon, les réformes viendront. Après, elles seront voulues, ou subies.

        3. Higgins

          Je n’ai pas d’exemple en tête d’organisation qui aspire au changement. Pour que ce dernier réussisse, il faut au minimum qu’il présente quelques avantages par rapport à la situation présente. Aucune des lois imposées à l’appareil judiciaire au gré des circonstances ne contribuent à améliorer une situation déjà tendue. Le gouvernement aurait bien plus intérêt à parler le langage de la vérité plutôt que de continuer à mentir comme il le fait. Au moins, les chose seraient claires. C’est comme l’implantation de 1000 nouveaux radars automatiques en France, je doute fort qu’ils soient installés pour faire baisser le nombre de mort sur les routes.
          Si on reprend l’exemple de la réforme de la carte judiciaire, la grande majorité de son personnel souhaitait une réforme, consciente des imperfections de l’ancienne et de la nécessité de l’adapter aux évolutions de notre société. On devrait offrir à nos gouvernants « le changement pour les nuls » parce que partir dans un projet aussi ambitieux avec un tel capital de sympathie et terminer ainsi, il faut le faire.
          Après, tu as entièrement raison, la contrainte économique va imposer à ce pays des réformes douloureuses à la hauteur des mensonges institutionnels qui tiennent lieu de vade mecum. Mais que nos nuls arrêtent de mentir.

  7. adnstep

    Les anciens du Minitel traînent toujours dans les ministères. Ils sévissaient déjà fin des années 70.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Minitel

    « On nous dit que le monde entier nous envie le Minitel. Je ne sais pas s’il nous l’envie, messieurs, mais je peux en tout cas vous dire une chose avec certitude, c’est qu’il ne nous l’achète pas » Bruno Lussato, professeur au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), 1988.

    Et surtout ça, qui date de 1997, et qui fait mal rétrospectivement : http://www.lepoint.fr/archives/article.php/85231

    La fRance a le regard tourné vers le futur.

  8. Nord

    Mais le Minitel était très utile … en France. C’est comme le be-bop, souvenir! Pas mal, contraignant, mais mas mal … en France. Là je pointe du doigt (oui je sais, faut pas, mais bon …) une tare très hexagonale: promouvoir une technologie qui n’est pas ouverte sur le reste du monde, ou alors en espérant que le monde s’en entiche, tombe en pâmoison … c’est comme le Rafale: pas mal technologiquement, mais fermé. Que les élites énarquiennes (rien que le mot m’amuse!) se réveillent 20 ans après le reste du monde, bon bah ce n’est qu’une demi-surprise hein!

  9. InOut

    Besson? Comment il s’est fait neutralisé profond!

    Sa seule chance c’est DSK en 2012! Quand la Royal aura compris, elle fera dans le vert. Et à L’Aubrix de l’or, les zéléphants ça se trompe dans le vent.

    Bleu, Blanc, Rouge verdâtre, bien Mélanchon sa donne du marron, surtout in the baba, cool!

    La Marine lâchera les zanars, quand le Starko coulera l’UMPS, dès le début de la tempête. Il préférera rester au port, se croyant plus qu’à l’Aubri, ce qui lui sera fatal.

    Ne chercher pas le centre, y a plus de courant.

    Ceci n’est qu’une pure fiction, toute ressemblance avec la réalité ne serait que fortuite…

    Merci d’avoir bien compris ce petit interlude, car, parlez neutralité des réseaux avec les politiques, c’est comme parler chinois avec l’accent belge, une fois… pas deux, à un sourd muet malentendant qui répond par des gestes dignes d’un karatéka ceinture noire…

    Bref, dit le pépin, il n’y a toujours pas le feu au lac.

    Un minitel 0.2 ne suffisant plus, inventons le Mainframe 2.0, pour voir si un retour dans le passé nous permettra de mieux contrôler le futur.

    Il est vrai que la France est leader dans la marche à reculons, son rayonnement est digne d’une lampe-torche sans pile.

    En espérant que cela vous fasse sourire à défaut d’en pleurer.

    PS: h16, ton clavier est de plus en plus affûté, et sur nos écrans c’est une vraie tuerie de la mort.

    1. Flak

      il s’est fait neutralisER ERRR ERRR INFINI-FUCKING-TIF

      c’est incroyable ca y a plus un francais capable de conjuguer un participe, meme sur liborg c’est la fete du slip BORDEL MAIS VOUS COMPRENEZ CE QUE VOUS ECRIVEZ ?

      1. Flak

        « Ne chercher pas le centre »

        il faut dire « TOI PAS CHERCHER CENTRE »
        si t’en as rien a foutre des terminaisons de tes verbs a la riger onsanfou on peu ekrir fonetik me ekrir en pti sinj sai enkor pelu riggolaud

        bordel de couille.

        1. InOut

          Merci flak pour ta francophobie.

          1)Je m’a fait pris.

          2)ne pas prendre le centre.

          Sinon, même pas grave, ton circonflexe n’imprime plus ? Il fait la tefe ?

          Ou t’es encor en azerty et clavier Anglo-saxon…

          Bordel à queue, bordel de merde ! Les couilles, elles sont dans le potage… donc très molles.

          Au plaisir.

  10. JG2433

    « digne d’une paire de lunettes de soudeur. »

    Ce qui m’amène à rajouter, à l’expression que vous employez, le qualificatif 🙁 )
    … IDÉOLOGIQUE.
    D’un modèle similaire à celles, de triste mémoire, portées par Yves Montant dans le film « L’aveu » – qui, pour moi, et pour le dire en passant, illustrent de façon saisissante une bien sinistre époque. 🙁

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