Il faut rompre avec les philosophies zombies

Si Todd n’existait pas, on pourrait s’en passer avec bonheur. Malgré ça, des « journalistes » en mal de philosophie prédigérée et d’économie pour les nuls ne peuvent s’empêcher de venir lui demander son avis. Il est vrai que le sociologue / politologue / démographe / historien, plus ou moins adhérent du parti communiste dans sa jeunesse, a certainement des choses à raconter sur l’économie qu’il ne connaît pas, ce qui lui permet d’ajouter de nouvelles cordes à son arc déjà douteusement chargé.

Todd, c’est un bon client du blog.

Socialiste keynésiano-marxiste mal assumé se cachant derrière ses multiples casquettes pour faire passer ses messages boiteux en loucedé, il est de tous les commentaires, de toutes les fines analyses dès qu’il s’agit d’actualité.

Et le dimanche, c’est finalement reposant d’aller voir un bon client. Quand Todd écrit, on entend, dans le fond, le bruit du percolateur à café, des pièces de monnaie qui tombent sur le zinc, des dominos qui claquent sur les petites tables marbrées auxquelles jouent un triplet de seniors chenus, celui de la craie de la Georgette sur l’ardoise qui indique le menu du midi… On sent presque l’odeur caractéristique des bistrots en fin de matinée.

Todd, toujours le mot pour rire

Ce dimanche, Todd nous fait de la réflexion de comptoir.

Mais elle décoiffe ! Marianne, le journal qui combat le mal par le mal, la pensée unique par la pensée foutraque, a envoyé ses habituels gratte-papier coller un gros micro mou sous le nez du sociologue tiret politologue tiret démographe tiret historien tiret pilier de bar, et, comme de juste en pareil cas, cela a immédiatement déclenché, de façon pavlovienne, un torrent d’analyses sur les cantonales et la montée du Front National.

D’après les journalistes, la grille de lecture que Manu nous propose nous serait donc inédite. Comme on va le voir, elle n’est inédite que pour ceux qui ont cette douce tendresse pour Todd de le considérer comme un phare de la pensée française moderne.

Dès la deuxième question (la première aura consisté à remarquer que le Front National monte presque plus vite que l’abstention, ce qui est bouleversant, mais n’y revenons pas), Todd nous assène ainsi sa première découverte, issue de sa grille de lecture si inédite :

la classe dirigeante [des Français] était incompétente. Ou totalement indifférente à leur sort.

La puissance de la déflagration à la lecture d’une telle affirmation est immense : plusieurs paragraphes-carrés de réflexions intense sur la démocratie, l’état qui pourtant devrait nous vouloir du bien, ou le présupposé d’intelligence pour nos dirigeants, volent en petits morceaux. Tout le monde, en effet, était persuadé jusqu’alors que nos élites tenaient le haut du pavé. N’est-ce pas ? Non ? Ah.

Bref.

Après cette révélation, Todd enchaîne enfin sur le coeur de son argumentation : pour lui, les socialistes officiels du Parti Officiellement Socialiste et les ultra-néo-turbo-libéraux (socialistes) de l’UMP se sont accroché à deux options dont tout le monde sait aujourd’hui qu’elles sont obsolètes : le libre-échange et l’euro. Oui. Tout le monde le sait. C’est comme ça.

Partant de cette affirmation clamée haut et fort parce que c’est comme ça, Todd poursuit ensuite sur ses habituels mantras : l’euro doit être démantelé, le libre-échange, c’est caca, et il faut du protectionnisme parce que c’est bon, mangez-en.

Sauf que ces mantras ne sont pas placés dans la bouche de Todd, mais – et là, effectivement, c’est ébouriffant – sont replacés dans le programme du Front National et les babillages médiatiques de Marine Le Pen. Le jeu consiste, dans la suite de l’interview, à déterminer ce qui est la ligne officielle du Front National et ce qui forme le gros des propositions de Todd :

– le Front national peut aussi se déployer sur les thèmes économiques et sociaux en prônant la sortie de l’euro
-les responsables des grands médias doivent être capables de penser en terme de protectionnisme économique, européen si possible.
-s’il y a un problème d’identité nationale pour la France, il réside dans sa relation à l’Allemagne et non dans ses rapports avec les Arabes.

Pour lui, les propositions économiques du Front National sont … courageuses, et le protectionnisme et la dévaluation ramènent à la notion de solidarité nationale. Manu et Marine devraient faire des dîners-débats ensemble, ce serait croustillant.

Todd montre ainsi ce que tout ceux qui avaient réfléchi deux minutes savaient déjà : les socialistes et autres altercomprenants économiques se retrouvent très à l’aise avec les fariboles du Front National.

Il n’est d’ailleurs pas étonnant de retrouver exactement les mêmes propositions de dévaluation joyeuse, de perpétuation d’une dette rigolote, de protectionnisme frais et pimpant chez les souverainistes, gaullistes et autres villepinistes, tout ce ramassis d’étatistes, passionnés d’interventionnisme, de constructivisme et de socialisme en camouflage républicain imbibé d’une Graâââândeur de la Fraônce qui forme tout le spectre politique et qui est, pour le coup, le vrai zombi de la politique franchouillarde.

Je tiens cependant à préciser qu’il est évident que notre homme-orchestre de la pensée socialoïde ne peut pas être assimilé aux frontistes ; il s’empresse d’ailleurs, dans son interview, de bien faire comprendre que sa proximité avec le Front n’est qu’économique et de circonstance, et que le reste, c’est du nauséabond, de l’ignoble, du cra-cra qui tache.

Cette interview est en fait très utile : elle permet de confirmer l’ancrage interventionniste et étatiste du Front National, la proximité idéologique du souverainisme avec le socialisme le plus standard. Mieux : l’adoubement de leurs fadaises ridicules par Todd permet de confirmer l’indigence des raisonnements économiques du parti socialiste d’extrême-droite.

En somme, le cachet « E. Todd » sur la partie économique du Front permet de le jeter immédiatement dans la même poubelle collectiviste pour ceux qui avaient encore des doutes. Ceux-là sont, ne nous leurrons pas, de moins en moins nombreux : chacun a bien compris qu’en France, pour exister politiquement, sociologiquement, économiquement, il fallait produire du socialisme, vendre du socialisme, penser socialiste et vivre socialiste. Après, on peut choisir la variante nationaliste (comme Marine) ou l’une des autres variantes plus ou moins colorée.

Quel que soit le choix final, en tout cas, le résultat reste le même : plus de socialisme.

Ce pays est donc foutu.

J'accepte les Bitcoins !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires67

  1. Higgins

    Les partis politiques « modernes », le qualificatif contemporain serait plus juste, font juste, et très mal, du marketing. Il est vrai que dans un pays qui a failli passer à côté de la révolution internet, ce n’est pas surprenant. Le peuple veut du socialisme, on va lui en fournir. Et c’est à celui qui surenchérira sur les propositions de l’autre. La fuite en avant actuelle n’a pas d’autres raisons. Mais attention, le peuple n’aime pas être trompé et quand il se réveille et qu’il se rend compte qu’on s’est foutu de sa gueule, il sait se venger. Les marketeurs politiques feraient bien d’y réfléchir à deux fois avant de brosser la bête dans le sens du poil, le réveil risque d’être brutal.

    1. Nicolas

       » Mais attention, le peuple n’aime pas être trompé et quand il se réveille et qu’il se rend compte qu’on s’est foutu de sa gueule, il sait se venger. »

      Le Peuple à voté pour 80% de guignol ayant le bac, des classes de 22 élève, 2 millions d’étudiants, le RMI, 20% de HLM partout, Paris Plage, la fête de la musique, 15 millions d’immigrés, 7 millions de fonctionnaires, et quelques autres dépenses dont les longues listes seraient fastidieuse.

      Bein maintenant, le peuple va payer ses petites dépenses, comme un grand : je ne vois pas où est le problème.

      Z’avez tout de même pas cru que d’autre allaient payer pour vous ?
      Tu votes, tu payes : c’est CA la démocratie.

      1. Pat352

        C’est parce qu’en France vous ne votez que sur des rêves. Quand on vote pour payer la facture, le beurre, les épinards le résultat est exactement à l’opposé. Cf: la démocratie semi direct suisse. Un des pays les plus libéral d’Europe qui a supprimé le statut des fonctionnaires en 2001 et ce porte merveilleusement bien avec 3.5% de chômage et 4.1% chez les jeunes. (9% et 25%)

  2. Kinjin

    Ça fait plaisir de lire des analyses de bistro libéral madeliniste le dimanche.

    Ah, toi aussi, tu lis Marianne. Faut pas, tu sais. Ça n’amène que de l’urticaire.

    On demandera donc au puissant penseur qui a torché ce baratin comment il voit la politique agricole commune, défendue bec et ongle par la droite depuis 1995 ?

    La droite socialiste fait des trucs et des machins idiot, comme la gauche. Et après ?

    « oui, c’est un système socialiste avec prix garantis, interventionnisme centralisé, d’accord, mais c’est pas pareil, c’est pour défendre nos paysans, nos terroirs, notre indépendance alimentaire » .

    Ben si

    Ah mais moi, la PAC, je suis parfaitement contre. Tu as bien démoli l’homme de paille. Bravo. Tu es un troll stupide, mais au moins, tu as montré qu’en t’agitant, tu pouvais casser des arguments qui ne sont pas présentés. Joli.

    1. Théo31

      « oui, c’est un système socialiste avec prix garantis »

      C’est pour cela que les paysans se sont mis à produire trop pour s’assurer ces fameux revenus garantis, provoquant une crise, une baisse des prix et la mise en jachère de terres. Evidemment, le jeu de l’offre et de la demande dans la formation des prix, les socialistes ne connaissent pas. On peut pas leur en vouloir : ils n’ont rien appris à l’école socialiste.

  3. Baobab

    Eh! Il est aussi essayiste, ne le réduisez pas à sa seule polydimension sociopolitodémohistorienne. Sans oublier qu’il est avant tout citoyen (et festif).

    1. Flak

      la confusion est totale.
      J’ai lu le livre de Todd sur les USA, c’est tout melange dedans.Mon passage prefere c’est quand il dit ‘bon la, les peuples se revoltent et il se passe des trucs, mais je sais pas pourquoi.’

        1. Stéphane

          – Qu’est-ce qu’on fait avec les billes?
          – Les billes c’est mal. Y’a les parents riches qui en achètent plein à leurs gamins.
          – On peut les avaler.
          – Les tireurs agiles arrivent à en gagner d’autres, c’est de la discrimination.
          – Oui, c’est dégueulasse vis-à-vis de ceux qui sont maladroits.
          – Ou pauvres.
          – Ou qui n’aiment pas les billes.
          – Ou qui aimeraient les avaler mais ne peuvent pas… Enfin, j’me comprends.
          – En plus j’ai entendu dire, mais gardez votre calme, c’est une rumeur non confirmée, que certains pourraient faire du profit en échangeant une bille de valeur contre d’autres billes de moindre valeur, selon le mécanisme honni de l’Offre et la Demande!!

          (« Ooooooh! » fait la foule)

          – Calmez-vous, les enfants. le Grand Kapital n’entrera pas dans notre belle école républicaine, laïque et indivisible.
          – Vous avez raison. Interdisons les billes.
          – Et le profit.
          – Et le troc.
          – Et la propriété privée des élèves.
          – Et la distinction entre riches et pauvres. C’est un Temple de la Connaissance ici, pas un supermarché.

          (applaudissements du public)

          – Pardon: Temple de la Connaissance et du Vivrensemble.

        2. Nicolas

          Effectivement, quand j’étais jeune, les enseignants étaient scandalisés que nous jouions aux billes et que certains en perdent !

          Surtout ne pas bouger, ne rien faire, pas d’initiative, aucune VIE : c’est dangereux ; fonctionnaire un jour, fonctionnaire toujours.

        3. Nicolas

          « excusez moi mais l’Offre Et La Demande n’est pas un mecanisme, c’est un culte, que dis-je, une secte. »

          Ah ? Vous n’achetez donc jamais rien ?

  4. juni palacio

    Excellent billet d’abord parce qu’il illustre bien la tendance poujadiste 2.0 de ce blog. Les Français ont souvent du mal à adapter les idées anglo-saxonnes. On en la preuve avec la version frenchie du libéralisme. Pour être sympa , on dira qu’elle est marrante mais n’a pas plus de rapport avec l’original que le coca-cola avec le cola de chez leclerc.
    Autre point, méconnaître à ce point l’histoire de France qui s’est construite autour de l’Etat..

    1. Flak

      ‘autre point’
      pourquoi autre? il n’y a pas de point avant et ca n’en est pas un.
      tu fais exactement comme l’autre qui accuse h16 de madelonisme, tu confusionnes, tu franchouilles et puis au final tu fais du Todd.

      1. Flak

        « méconnaître à ce point l’histoire de France qui s’est construite autour de l’Etat »

        c’est exactement aussi drole que penser que H16 defend la PAC.

        1. Et pour le fond, exactement, tu en es où ? Parce que bon, si tu ne nous en trouves pas un rapidement, moi, je vais conclure au troll bête.

      2. Johan

        Moi j’ai toujours eu dans la tête qu’on était LE PEUPLE qui avait décapité un roi parce qu’ il avait trop de pouvoir… Une erreur d’enseignement probablement…

        1. adnstep

          Oui. Tu n’as rien décapité. La convention a voté sa mort à une courte majorité (361 voix sur 721). L’argument qui a emporté la décision fut la découverte, dans une armoire de documents compromettants, dans lesquels Louis XVI demandait de l’aide aux puissances étrangères.

          Bref, une histoire à la Renault.

    2. L’Histoire de France construite autour de l’Etat, c’est effectivement du plus haut comique. Je crois que pas un historien sérieux ne défendrait une pareille thèse. Au fait, vous parlez de quelle France ? Celle des Rois, qui a évolué dans sa population, ses frontières, son fonctionnement, ou celle des douzaines de régimes différents qui se sont succédés ?

      Troll ridicule.

      1. juni palacio

        Réponse consternante. L’histoire de France vue comme un mille-feuilles, simple empilement de rois et de régimes .
        Oui, l’Etat centralisateur comme moyen d’action privilégié de la monarchie comme nulle part ailleurs en Europe. Tocqueville avait aussi souligné la continuité administrative entre l’ancien régime et la révolution.
        Je perds mon temps. Trop nuls !

        1. Nord

          Envisager un état dans un monde féodal, bravo! avant le XVè siècle, fallait oser! Ce n’est pas parce que Louis XIV a dit: « l’Etat, c’est moi » qu’il existait un état en tant qu’institution … Envisager que la France institutionnelle de Louis XVI est comparable avec celle de, disons, François 1er est tout bonnement hilarant. Et que dire de l’état moderne, peu ou prou né avec la Révolution de 1789?

          Tocqueville! Ah, bien pratique celui-là qui a effectivement indiqué cette continuité administrative. Pour votre gouverne: il parlait des fonctions axiomatiques, pas de toutes les structures administratives, qui de toutes manières ne participent que très marginalement à la définition d’un Etat.

          Enfin bref …

          1. C’est un troll à pseudo multiples, que je soupçonne d’être vaguement gaulliste ou équivalent. Le billet étrillant ces derniers, pas étonnant qu’il rapplique.

        2. juni palacio

          Parano ?
          Moi, gaulliste , c’est plutôt drôle..Les querelles de chapelle de la Droite française ne m’intéressent pas.
          Je me revendique de la mouvance libérale – Pas en France – Les gens ne savent pas ou plus ce que cela signifie, vous non plus d’ailleurs apparemment . Cela ne m’empêche pas de reconnaître la place essentielle de l’Etat dans la construction de l' »identité française ». J’étais plutôt content de trouver un lieu d’échanges autour de l’idée libérale. Je vais probablement rester sur ma faim.

      2. Flak

        mh vu comment tu t’introduis ca ne devrait pas t’etonner que personne ne veuille ‘echanger’, tu dis que tu etais content mais ca n’y ressemble pas.

        « Je me revendique de la mouvance libérale  »
        on s’en fout; tu as traumatise tout le monde avec tes prouts juste en arrivant, tes specificites n’interessent plus personne.

        « Pas en France –  »
        tes prouts t’ont trahi: on a tous senti la presence d’au moins 10 kg de franchouille non-digeree dans ton intestin qui se sent fort dans ton attitude…

    3. Nicolas

      « Autre point, méconnaître à ce point l’histoire de France qui s’est construite autour de l’Etat.. »

      Ouais, et celui de RFA autour des douches..

    4. Nicolas

      Bof, de toute façon la France s’est surtout construite autour de l’ethnie française.
      Si l’on part dans l’Etat, l’Etat Anglais était bien plus centralisé et unifié que l’Etat français, puisque, comme on sait, il avait déjà la commun law (l’égalité, avec laquelle la gauche nous gonfle tant.. faut dire qu’elle n’y comprend rien, la pauvre..) sous William le conquérant, en 1066, et que pour nous, il a fallut attendre 1804 !

  5. Nicolas B.

    Les socialistes n’aiment pas qu’on leur rappelle que dans Nazis il y avait National et Socialisme! De toutes les manières, on cherche à détruire les possédants et les riches dans le cas de la gauche et à détruire les étrangers et/ou un groupe bouc-émissaire… Seule solution, le libéralisme. Et ce n’est pas poujadiste de dire ça!

    1. juni palacio

      Non, Le libéralisme n’est pas poujadiste. L’anti-étatisme primaire, oui. Le libéralisme s’il lutte contre les excès de l’Etat, le considère comme nécessaire à l’organisation sociale.

    2. Nicolas

      Lire à ce sujet « Comment Hitler à acheté les Allemand », Gôtz Ally, Champs.

      Si Hitler n’était pas socialiste, alors c’était quoi les USA ou la GB par rapport à lui ???

  6. Théo31

    « s’il y a un problème d’identité nationale pour la France, il réside dans sa relation à l’Allemagne et non dans ses rapports avec les Arabes. »

    Mékilékon ce Todd. 70 ans sans faire la guerre à ces sales cons de Boches, ça commence à manquer. En plus, ils ne veulent pas payer pour les conneries des PIGS, c’en est vraiment trp. La Merkel vaut bien une bonne guerre.

  7. Chris

    Lu sur le fil AFP:

    « Pour lutter contre l’abstention, François Hollande, président PS du conseil général de Corrèze, propose de « regrouper le même jour tous les scrutins : municipal, départemental et régional ». Il l’appellerait « la grande journée des territoires ».

    « La grande journée des territoires » hahaha !!!!

    1. Deres

      Je propose d’y ajouter les députés et les sénateurs. Comme cela on se rendra compte que ce sont les mêmes gugusses à tous les niveaux du mille-feuille. Bien évidemment, l’idée de supprimer une partie des niveaux inutiles afin de faire des économies a disparu définitivement du radar …

      1. Franck Boizard

        Louis XIV n’a jamais dit : «L’Etat, c’est moi», il a écrit une phrase qui dit tout le contraire : «Je m’en vais mais l’Etat demeurera toujours».

        L’Etat républicain, avec lequel on nous casse les couilles à longueur de medias, est plus absolu qu’aucun Etat monarchique. Par exemple, il ne serait jamais venu à l’idée de Louis XIV, puisque nous parlons de lui, de traverser une procession religieuse avec un cortège de motards sirènes hurlantes ou de déroger à une coutume régionale.

        C’est vrai, pourtant, l’absolutisme étatique est une particularité française. Elle trouve son origine dans le remède qui a été choisi pour mettre fin aux guerres de religion. A ce moment-là, la France existait depuis environ huit siècles, donc, c’est imparable, la France a de tout temps été étatiste, n’est-ce pas ?

        De plus, l’étatisme français est resté très modéré en comparaison des niveaux actuels jusqu’aux années 30 et a connu sa véritable accélération après-guerre. La religion de l’Etat, l’Etat solution exclusive de tous les problèmes, est une fadaise qui n’a pas soixante ans. Alors, le genre «la France, c’est la Marseillaise plus la Sécu», je me l’administre en suppositoires.

        Mais, de toute façon, ces histoires d’étatisme sont aujourd’hui le paravent de l’escroquerie : même si j’étais le plus furieux des étatistes, je n’approuverais pas l’Etat obèse, spoliateur et inefficace. Tel qu’il est employé de nos jours, l’argument de l’étatisme historique de la France est le justificatif de la prédation de la caste pléthorique des fonctionnaires sur le reste de la société.

        On nous présente toujours De Gaulle comme le parangon de l’étatisme, mais on oublie systématiquement, comme c’est dommage, le plan Pinay-Rueff, qui a consisté à remettre les finances en ordre en serrant la vis de l’Etat.

        L’étatisme est né des circonstances, il disparaîtra avec les circonstances. Je peux même vous dire lesquelles : l’Etat doit trouver des créanciers qui lui prêtent 400 M€ par jour. Un matin, comme avec tout emprunteur surendetté, les prêteurs potentiels se réveilleront et rechigneront à prêter davantage. C’est arrivé à l’Argentine, à la Grèce, au Portugal, ça arrivera à la France. Et la fête sera finie pour les sangsues de l’Etat, ça sera l’heure de payer l’addition et de régler les comptes, dans tous les sens du terme.

        Et ce pays aura une chance de renaître. Je ne sais pas s’il la saisira.

        1. Nicolas

          Et surtout n’hésitons pas à révéler la triste réalité : la redistribution, ca va des couillons d’ouvriers du privés vers les cadre (enseignants, quoi) du public !

          Moi, je m’en fous, je suis pas ouvrier, mais je comprend qu’ils finissent par voter FN. Surtout quand un de ces connards de la classe dominante le volant purement et simplement lui explique en plus que, lui, « il est pour l’Egalité »..

        2. Tremendo

          Très intéressant. De toute manière la France ne déroge pas à l’évolution de tous les pays européens, progressivement le pouvoir s’est concentré dans la capitale et progressivement le pouvoir central a maté les seigneurs locaux.
          En France au moyen-âge le roi était moins puissant que les comtes et ducs, à partir de Saint-Louis et Philippe Le Bel il y a eu une reconquête qui a abouti avec Louis XIV, mais même cela, de Louis XIV à Louis XVI quand le roi allait en Province ne faisait pas le fier, les libertés locales étaient restées sacrées, les parlements locaux conservaient pas mal de prérogatives mais sous la supervision et le bon vouloir du roi. Alors certe les libertés civiles étaient moindre qu’aujourd’hui mais le pouvoir était bien moins absolu tel qu’on aime bien se le représenter. Louis XVI á été défiguré par la propagande républicaine, pourtant il a ouvert le pays qui était en ruine, il a libéralisé le commerce, notamment le commerce dans les colonies, certaines sont devenues prospères à cette époque comme l’Isle de France (Maurice).. ce qui a débouché sur la révolution, les gens épris de cette nouvelle richesse relative ont voulu plus de libertés et se sont révoltés.

          La vraie centralisation du pouvoir et l’hyperactivité de l’Etat ne datent pas de Colbert et compagnie, mais bien de la 3ème république. La France de la première moitié du 19ème siècle était libérale (sauf la parenthèse révolutionnaire et napoléonnien évidemment).
          Même si la France était déjà un pays plus centralisé que les autres, il l’est devenu encore davantage (fin des libertés locales, interdiction des langues régionales, constitution des premiers monopoles). La 4ème et la 5ème ont achevé la France et l’ont relayé définitivement à une puissance de second rang.

        3. Tremendo

          Les moments où la France était la plus reconnue mondialement coïncidèrent avec les époques où l’Etat était relativement le moins interventionniste.

        4. Nicolas

          L’organisation actuelle de la France date en fait de Vichy (imitation du grand Reich….).

          C’est une des raisons du reste de la prépondérance de la gauche dans la collaboration, outre l’antisémitisme viscéral des socialistes (cf Marx, Wagner, Hitler etc…).

          Bon livre la dessus : « Marx, l’argent et les Juifs », ou a peu prés, par un prof de philo, ancien prof de philo Marxiste repenti.

          Il y a expose crûment les axiomes de base de la pensée de Marx.
          Je dois dire que, si je le savais malfaisant, malhonnête et fourbe, je ne savais pas qu’il était complètement cinglé…

          Utile aussi, car ce spécialiste de Marx ancien croyant et prosélyte en éducation national remet les pendules à l’heure sur la question du socialisme et des droit de l’homme : ils sont contre, purement et simplement (pas de « droits formels » contre des « droits réels », qui ne sont que de la mythologie pour présenter Marx aux couillons. (Je me suis fais avoir aussi..)

          De fait, leur conversion récente, fin années 70, est des plus louche…

          La grande question : comment une doctrine aussi stupide, inepte et repoussante moralement a-t-elle pu autant prospérer en France au point de devenir quasi religion d’Etat depuis 45 ??

  8. Flaggenheimer

    Assimiler les idées de Todd à un bavardage façon café du commerce ne prouve qu’une chose : vous n’avez pas lu ses livres. Sa thèse sur la façon dont la structure familiale et les modes de transmission du patrimoine ont influencé la nature des révolutions ou sur la construction de la cohésion sociale américaine, en ce qui me concerne, je ne les ai jamais entendu dans les troquets. Et ce n’est pas faute de les fréquenter. Vous auriez également pu trouver dans ces livres la raison de son opposition à l’euro : le rythme du développement économique des pays de l’eurozone étant différent leurs politique budgétaire doit également l’être.
    Ensuite vous lui reprochez d’enfoncer des portes ouvertes en dénonçant l’incompétence et l’égoïsme de nos hommes politiques. Mais n’est-ce pas ce que vous faites, pour notre plus grand bonheur, à longueur de billets (certes avec plus de style et d’humour)?

    1. Je n’ai pas dit que tout ce qu’il raconte (notamment lorsqu’il reste dans son domaine, la sociologie, en gros) est un bavardage de café du commerce. Je dis que ce qu’il raconte dans cet interview de Marianne, en revanche, en est.

    2. Nicolas

      Moi j’ai lu sont livre sur les USA.

      C’est une théorie très fine, très nouvelle, très astucieuse : le nombre de négro va augmenter par rapport aux blancs, les négros sont des cons, donc les USA sont finis.

      Je dois dire que depuis, je me pose de sérieuse question sur les phantasmes raciaux de la gauche. Finalement, ils ne seraient pas encore un peu Nazi ?

      « le rythme du développement économique des pays de l’eurozone étant différent leurs politique budgétaire doit également l’être. »

      C’est aussi intelligent que de dire que, le nombre de mort étant différent en France et au Mali, bein faut pas vacciner les Maliens…

        1. Flak

          @Theo: je ne connaissais pas Todd, c’etait un kdo, alors j’ai lu guilleret jusqu’a ce que ca commence a delirer et puis apres je me suis fatigue

      1. Nicolas

        « Nicolas : Vous êtes sérieux? »

        Hélas, oui.

        Cela dit, ca pourrait aussi se défendre d’un point de vu français : hausse du nombre d’immigrés, mort massive de la génération 68 et baby boom = déclin économique.

        MAIS, la mentalité US N’EST PAS la mentalité socialo-marxiste des français, et ca, ca change TOUT. C’est la mon principal reproche. D’autant que, si le nombre de noir augmente, celui des asiatique aussi, et inutile de dire qu’il monopolise déjà jusqu’à 50% des places de certaines des meilleur université. Bref, les blancs je ne sais pas, mais les USA oui : ils ont encore « du jus », beaucoup « de jus » !

      1. Nicolas

        « Tiens, des économistes françaises ont trouvé une nouvelle recette pour redonner à la France sa splendeur passée »

        Rha je suis décu : je pensais voir un groupe de Gourou sauteur de la Secte du Grand élan Cosmique vers l’Universalité de Shiva…

Laisser un commentaire