Et quand l’Allemagne sortira de l’Euro…

Aujourd’hui mardi, le président Sarkozy va recevoir la chancelière Merkel, pour rassurer les marchés et améliorer la gouvernance de l’euro. La réunion n’a pas encore eu lieu, mais mon petit doigt me dit que cette réunion ne va mener à rien de bon : les événements récents montrent qu’on ne peut plus rien attendre d’Angela.

J’en vois certains bondir et d’autres se chagriner : quoi ! L’Allemagne ne serait plus la nation de rigoriste monétaires ? Angela ne serait plus l’incarnation vivante de la bonne gestion, des budgets équilibrés et, pour tout dire, la seule planche de salut de l’Euro ?

Eh bien non.

Cela fait en réalité un moment que ce statut a été perdu et la confirmation remonte même précisément au 9 mai 2009, date à laquelle les états membres de la zone euro et la BCE ont signé un pacte avec le diable Epson Stylus Color+ mode express.

Certes, je comprends la surprise de beaucoup de lecteurs et d’habitués : « Pourtant, on nous a déjà vendu mille fois les vertus allemandes ! Ce peuple a déjà subi les affres de l’hyperinflation et n’accepteront pas de perdre une nouvelle fois la face avec une monnaie ne valant plus rien ! »

En fait, oui et non.

Si l’on parle du peuple, il semble clair qu’effectivement, le souvenir cuisant de la République de Weimar et la spirale d’impression catastrophique de monnaie soit encore vivace dans son esprit. L’abandon du Deutsche Mark pour l’Euro fut une décision politique délicate et les réticences furent nombreuses. On ne dut l’acquiescement des Allemands qu’à l’imposition de règles alors drastiques sur la banque centrale (indépendance, contraintes fortes sur l’inflation, interdictions de monétiser des dettes d’états membres, entre autres).

Mais la crise aura clairement déplacé les curseurs et petit à petit se lève le voile sur la nature réelle de Merkel.

Greece, starring Olivia Newton-Merkel and John Sarkolta

Si, d’un côté, on entendait et on entend toujours que les Allemands n’accepteront jamais ceci ou cela vis-à-vis de l’Euro, dans les faits, … l’Allemagne a plié. À chaque fois.

En théorie, l’Allemagne n’aurait jamais utilisé l’argent du contribuable pour sauver une banque en faillite. L’une des premières qui tomba, en Europe, fut HypoBank. Et Merkel la sauva.

En théorie, l’Allemagne aurait du s’opposer fermement et obstinément à chaque plan de sauvetage grec qui aura, de facto, permis aux banques françaises et allemandes de refiler leurs actifs toxiques à la BCE, érodant massivement la stabilité de la monnaie européenne. Merkel, là aussi, fit semblant de s’opposer et de ronchonner, … mais Merkel plia.

En théorie, l’Allemagne aurait du hurler à l’idée que la BCE puisse racheter les Bons du Trésor des pays en difficulté. Les membres exécutifs de la Bundesbank furent outrés d’une telle solution. Weber était blême lorsqu’il fallut leur annoncer. Mais malgré tout, Merkel signa.

En théorie, lorsqu’il s’agit de trouver un successeur à Jean-Claude Printmore Trichet, le (bon) Français, Weber, l’ex-gouverneur de la banque centrale allemande, aurait dû être nommé. Et compte-tenu de ses positions, il aurait été nettement moins coulant : l’orthodoxie allemande, lui, il connaît. Mais voilà. Super Mario Draghi, lui, était plus sympathique, moins raide, plus … italien. Latin, quoi. La monnaie, ça va, ça vient et quand ça vient, ça va. Ce fut donc Draghi et non Weber. Merkel — après les atermoiements traditionnels de quelques semaines — céda.

Pour rappel, Draghi est un ancien de Goldman Sachs, et l’inflation, les dévaluations, les magouilles et la tuyauterie financière, ça le connaît. Eh bien Angela, malgré ce CV impressionnant, a fini par dire oui.

La conclusion est absolument sans appel : Merkel est une imposture. De l’orthodoxie allemande, elle ne connaît rien ou ne veut rien en entendre. Elle connaît la puissance de son pays et peut dès lors jouer à minauder et faire monter un peu les enchères lorsqu’un « oui » de sa part est attendu.

Mais finalement, elle suit toujours les pire keynésiens.

Beaucoup (moi y compris) ont trop longtemps oublié un fait essentiel : Merkel a brillamment manœuvré pour arriver à la place de chancelière, et n’a jamais été à cours de trahison, d’arrangements politiques plus ou moins hypocrites, de manipulations et tromperies. Parfaitement intégrée du temps de l’Allemagne de l’Est dans les rouages socialistes totalitaires et centralisés, elle a gardé, en réalité, tous les comportements d’une apparatchik.

Du reste, au fur et à mesure que les bases mêmes de l’Euro s’effritent, le peuple allemand se réveille. Les échecs électoraux de plus en plus nombreux et marqués de la chancelière illustrent fort bien la grogne qui monte et la scission entre d’un côté les citoyens qui ne veulent pas payer pour tout le monde, et ne veulent pas de l’Euro à n’importe quel prix, et de l’autre, la chancelière dont la seule excuse sera qu’elle ne voulait pas rendre l’Allemagne responsable de l’explosion de la monnaie unique.

En réalité, cette explosion est maintenant inéluctable et elle interviendra soit par les urnes, soit par le marché.

Par le marché, avec des stress-tests en grandeur réelle alors que les états continuent d’emprunter, leur CDS augmentant et les écarts entre les pays de la zone euro se faisant de plus en plus importants…

Par les urnes parce qu’en 2013, tout indique que Merkel ne sera pas réélue, que le peuple allemand choisira l’orthodoxie et le retour à des bases saines. Et qu’à ce moment, très probablement, l’Allemagne jettera l’éponge.

Que ce soit l’une ou l’autre solution, cette monnaie semble foutue.

J'accepte les BCH !

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Commentaires62

  1. kelevra

    La croissance allemande a ralenti brutalement au 2e trimestre

    Le produit intérieur brut allemand (PIB) n’a augmenté que de 0,1% au deuxième trimestre par rapport au premier, selon une statistique parue mardi, soit un coup de frein plus brutal que prévu.

    1. Jesrad

      N’oubliez pas de retrancher l’inflation à la croissance du PIB: en réalité cela fait des années que la plupart des pays européens sont en décroissance.

      1. valuebreak

        pardon,

        je crois bien que les chiffres du PIB sont toujours déflatés. bon, on est d’accord que l’inflation est systématiquement sous évaluée, et le PIB surestimé, cf les révisions systématiques des trimestres précédents …
        par contre, ils ne tiennent pas compte des mouvements de population …

      2. Laurent C

        Jesrad, vous semblez ignorer que les publications de croissance du PIB sont toujours « ajustées de l’inflation ».

        On pourra débattre à l’envie du fait qu’il existe un différentiel entre inflation officielle et inflation « réelle », (supérieure), il n’empêche que ce n’est pas ce que vous dites…

  2. Li Po

    je constate que la proposition phare du programme du Vénérable professeur Kuing Yamang pour 2012 prend tout son sens . Quand on aura remplacé ce sale fric pourri par des bisous tout cela n’arrivera plus !

  3. BA

    Si un Etat européen lançait un emprunt à 10 ans aujourd’hui, en août 2011, quel taux d’intérêt devrait-il payer ?

    Allemagne : taux des obligations à 10 ans : environ 2,2 %.

    Finlande : taux des obligations à 10 ans : environ 2,6 %.

    Pays-Bas : taux des obligations à 10 ans : environ 2,6 %.

    France : taux des obligations à 10 ans : environ 2,9 %.

    Espagne : taux des obligations à 10 ans : environ 4,9 %.

    Italie : taux des obligations à 10 ans : environ 5,1 %.

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : environ 9,8 %.

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : environ 10,3 %.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : environ 15,5 %.

    – Les cinq Etats européens en faillite demandent la création d’euro-obligations : ils veulent que les 17 Etats membres de la zone euro empruntent tous à un taux d’intérêt unique. Avec des euro-obligations, tous les 17 Etats devraient payer le même taux d’intérêt. Pour les cinq Etats européens en faillite, ce serait une bouffée d’oxygène : ils pourraient emprunter à un taux d’intérêt bien inférieur à ce qu’ils paient aujourd’hui.

    – Mais les Etats européens riches, eux, ne veulent pas de ces euro-obligations. Si les euro-obligations étaient créées, l’Allemagne serait obligée de payer un taux d’intérêt bien supérieur à 2,2 %, la Finlande serait obligée de payer un taux d’intérêt bien supérieur à 2,6 %, les Pays-Bas seraient obligés de payer un taux d’intérêt bien supérieur à 2,6 %, etc, etc.

    – Conclusion : les euro-obligations seraient une bouffée d’oxygène pour les Etats européens pauvres, mais elles seraient une catastrophe pour les Etats européens riches.

    – Mon pronostic : il n’y aura jamais de mutualisation des dettes européennes, il n’y aura jamais la création des euro-obligations, car les Etats européens riches ne les accepteront jamais.

    1. Stéphane

      Plutôt que d’Etats européens « pauvres » et d’Etats européens « riches », il faudrait mieux dire « Etats mal gérés » et « Etats bien gérés ». Rien sur le papier ne destine la modeste Autriche à être financièrement plus forte que l’Espagne.

      1. Coma81

        Faux,

        Plutôt que d' »Etats mal gérés » et « Etats bien gérés », il faut dire : Etats en krak démographique avec politiques malthusiennes et Etats en bonne tenue démographique avec nécessité de politique de croissance…

        L’allemagne a eu un taux de croissance deux fois inférieur à celui de la france depuis la création de l’euro, ce qu’elle a pu se permettre car son problème n’était pas la création d’emploi, vu que sa population active chutait !!!!

        1. estelle92

          Tout à fait exact (en tendance, je n’ai plus les chiffres en tête).
          C’est un pays qui se suicide démographiquement depuis longtemps et qui a fait illusion en 2010 et début 2011 (après la catastrophe économique de 2009, une des pires de la zone euro).
          Si l’austérité casse définitivement le peu de croissance européenne qui subsiste encore (et c’est bien parti pour…), l’Allemagne aura un réveil douloureux malgré son utilisation du potentiel industriel de l’Est de l’Europe, et malgré la paupérisation accélérée de toute une part de ses salariés (et je ne parle même pas des « jobs » à 1€…

      1. Le Gnome

        Oui, tout à fait. La cour considère que le traité doit comporter des engagements fixes, et non vagues et qu’ils ne peuvent pas être revus à la hausse. Cela empièterait gravement sur les prérogatives du législateur allemand. Donc, un nouveau traité devrait être négocié et surtout voté, ce qui est loin d’être évident.

  4. simple citoyen

    Merci pour ce billet plein de bon sens, mais voila déjà longtemps que je pense que l’Allemagne va sortir de la zone Euro.
    De surcroît elle peut le faire tout en conservant sa place au sein de l’Union et en continuant à dicter sa loi; la diplomatie du DM en sera d’autant plus efficace.
    Il n’est pas difficile de comprendre la logique qui sous-tend ce choix, mais pour moi le déclic fut l’abandon de la candidature d’Axel Weber à la BCE.
    Que signifiait-elle?
    A mon avis, il s’agissait pour le pouvoir allemand de se dissocier de futures décisions de la BCE après le début de monétisation de la dette des états européens. Pente de plus forte déclivité, préférée de nos politiques clientélistes et collectivistes (des Jourdains de du socialisme en quelque sorte).
    L’intérêt de l’Allemagne n’est plus aujourd’hui le glacis européen. Elle y a obtenu ce qu’elle voulait, en partie seulement, ce qui l’a amené à rechercher d’autres perspectives, et pour le reste elle ne peut plus compenser ses gains de productivité sans payer le prix de la solidarité Européenne, ce dont elle cherche à se défaire opportunément.
    Quel meilleur moyen que de pousser, par mille maladresses feintes (mais la naïveté coupable de nos commentateurs est sans fin) à une situation intenable, où son choix cornélien sera pour les dirigeant allemands de sauver leur pays, leurs banques et leurs postes.
    Gageons qu’à l’annonce de ce retrait, l’Allemagne obtiendra mille témoignages de sollicitude forcée qui seront autant d’occasion pour elle de renégocier les rapports de force qui la gênent au sein de l’Union.
    On reparlera plus ouvertement du grand projet d’alliance transatlantique (qui a été remis au goût du jour en grande pompe, il y a quelques mois à peine, entre Allemagne et USA, mais nos journalistes étaient occupés), on resserrera les liens amicaux et ancestraux avec les anglais.
    Il se trouvera même certains commentateurs avertis pour mettre tout ça sur le dos d’une Angela Merkel étonnante (ah… ces femmes), prête à tout pour sauver son poste (ah… ces politiques) et la déliquescence du modèle démocratiques (ah… ce populo).
    Bref, on s’apercevra une fois de plus de l’incurie de nos élites qui au mieux s’en foutent (plein les poches et après moi le déluge) incapables de négocier au nom et pour le peuple qui les paie, si ce n’est leurs propres sinécures.

    1. Stéphane

      Aucun politicien actuel n’a les cojones de sortir de l’Euro. C’est tout bonnement impensable. Et plus encore pour les Allemands qui ne peuvent, ne veulent, ne sauraient passer encore une fois pour les méchants de l’histoire.

      1. simple citoyen

        Pas tout à fait.
        La majorité des allemands a tourné la page de la responsabilité collective. C’est une sauce bien commode que nos zinformés nous diluent encore, mais ce n’est plus qu’un vague brouet.
        Quant au courage, il est très encadré en Allemagne contrairement à chez nous. Pour preuve, alors que tous les pretextes sont permis pour abandonner un peu plus de souveraineté, les allemands ont clairement pris parti pour l’inverse, au nom de la constitution, dont les sages gardiens sont renforcés dans ses prérogatives. Tout l’inverse du système d’auto-compromission à la française qui règne au Conseil Constitutionnel.

    2. Le Gnome

      Je ne crois pas à une sortie proche de l’Allemagne de l’euro,ce serait immédiatement une réévalution conséquente de leur nouvelle monnaie, ce qui anéantirait de facto tous les efforts de compétitivité que les habitants de ce pays ont consenti depuis dix ans. Et comme la majorité de leurs exportations se fait en zone UE, ce serait se rirer une balle dans le pied.

      En fait, l’Allemagne cherche la quadrature du cercle, comment ne pas trop financer les pays du club Med pour ne pas que la zone explose, et comment ne pas attraper la chtouille du déficit par ces même pays.

      Si elle sort, elle ne sortira pas seule, les Pays-Bas, l’Autriche, la Finlande suivront, pays de la zone Mark avant l’euro, suivi peut être par la Slovénie et la Slovaquie.

  5. Stéphane

    Personnellement, je pense que h16 fait preuve d’un peu trop d’optimisme lorsqu’il écrit:

    « Par les urnes parce qu’en 2013, tout indique que Merkel ne sera pas réélue, que le peuple allemand choisira l’orthodoxie et le retour à des bases saines. Et qu’à ce moment, très probablement, l’Allemagne jettera l’éponge. »

    (oui, je sais, c’est rare. 😉 )

    Angela Merkel pas réélue, je veux bien. Mais ce sera en faveur de la gauche, la même gauche allemande qui clame aujourd’hui que monétiser la dette allemande ça les rendrait plus compétitif au niveau des exportations…

    Orthodoxie et le retour à des bases saines? Ha! 😀

    Les libéraux allemands authentiques ont été éreintés par la coalition avec la « social-démocrate réticente » Merkel. Comme quoi certaines compromissions sont électoralement fatales. Ne reste que la gauche.

    Donc, planche à billets à pleins tubes, inflation, Eurobonds, on aura la totale.

    La crise reviendra dans trois à cinq ans, en encore plus fort, et avec une inflation à deux chiffres en prime.

  6. valuebreak

    cherchez pas trop loin les raisons du laissez faire allemand … leurs banques sont farcies de dettes européennes … beaucoup trop à perdre pour être courageux et les mettre en faillite immédiatement.. donc laisser faire en attendant « LA REPRISE » … et garder un oeil sur la porte du fond, marquée « sauve qui peut » …

    1. Flo

      Tout ça fait un peu penser au « Paix impossible, guerre impensable » de la guerre froide non?
      Tiens mais au fait, ne sont-ce pas deux lecteurs attentifs de ce bon Frédéric Bastiat (à défaut d’être libéraux) qui nous en ont fait sortir (un ex acteur d’Hollywood et une certaine dame de fer)?

    2. waynes

      c’est exactement ce que je pense.dans tous les pays occidentaux TOUS les partis politiques feront tout et n’importe quoi pour sauver leurs banques pour une simple raison:ils n’ont pas d’autre idée pour sortir du ponzi de tricherie et de corruption de la finance.ils essayent donc de gagner du temps parce qu’ils savent qu’on est allés trop loin et que le systeme actuel n’est pas reparable.les banques finiront par etre nationalisées,elles ne valent rien et elles sont irrécupérables

  7. citoyen lambda

    C’est marrant, mais il y a en France un parti qui prévoyait déjà les sorties et/ou la faillite de l’Euro depuis 10 ans … Il y a pas si longtemps, on lui riait au nez …

  8. daredevil2007

    Une fois de plus, excellent analyse, Hash, de la situation! Il est clair que les allemands sont de plus en plus nombreux à rejeter l’évolution actuelle de l’euro et cela va se traduire à coup sûr par des changements politiques – peut-être la fin de l’alliance actuellement au pouvoir?
    Quoi qu’il en soit, nous allons en prendre plein notre petit gilet 😉

    Petite correction :  » Beaucoup (moi y compris) ont… »

  9. Franck Boizard

    Vous êtes trop optimiste, h.

    Vous semblez oublier que la démocratie est ce régime où les démocrates décident qui a le droit de voter et qui a le droit de se présenter aux élections. Et les démocrates ont décrété que sortir de l’Euro était «populiste», l’insulte suprême à leurs yeux.

    Ce n’est donc pas demain la veille qu’un parti ayant pour programme la sortie de l’Euro arrivera au pouvoir dans un pays européen, et en Allemagne moins qu’ailleurs.

    Nous sommes pris au piège, par les couilles, l’ami.

  10. BA

    L’Eurosystème est une institution européenne, qui regroupe la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales (BCN) des États membres de l’Union européenne ayant adopté l’euro.

    Au vendredi 12 août 2011, le capital et les réserves sont de 81,481 miliards d’euros.

    Les « actifs » de l’Eurosystème sont de 2073,026 milliards d’euros.

    En clair : le capital et les réserves de l’Eurosystème constituent seulement 3,93 % des « actifs » de l’Eurosystème.

    Sur ces soi-disant 2073 milliards d’euros d’ « actifs », combien de dizaines de miliards sont en réalité des actifs pourris ?

    http://www.ecb.int/press/pr/wfs/2011/html/fs110816.fr.html

    Aujourd’hui, l’Eurosystème est devenu une gigantesque fosse à merde.

    Déjà, le jeudi 16 décembre 2010, les dirigeants de l’Eurosystème avaient demandé aux chefs d’Etat de le recapitaliser : les contribuables européens avaient dû payer 5 milliards d’euros pour recapitaliser l’Eurosystème.

    Contribuables, préparez-vous à payer de nouveau.

    Contribuables, préparez-vous à payer pour recapitaliser l’Eurosystème.

  11. Franck Boizard

    Le Figaro de ce soir titre «Sarkozy et Merkel veulent un gouvernement pour l’Europe».

    More of the same. On s’enfonce dans les conneries. L’Euroland ne fonctionne pas ? Très bien, la solution c’est encore plus d’Euroland. C’est de la démence.

  12. argone

    L’Allemagne ne sortira de l’euro. le retour au vieux DM serait immédiatement super inflationniste. Et comme l’Allemagne est aujourd’hui excédentaire (d’ailleurs grâce aux pays européens, France en tête), elle ne peut pas se permettre une sortie de l’euro.
    L’Allemagne aura donc intérêt à donc plus d’intérêt à payer que se retirer.

    Vous verrez que Merkel finira par adopter les euros bonds. Après tout elle a déjà bien accepté de mettre dans le panier 160 milliards d’euros.

    1. Evidemment qu’elle va plier. C’est exactement ce que je dis dans l’article : elle a toujours plié. Elle pliera donc.
      Ce qui hâtera sa chute.
      Et celle de l’euro.

      1. argone

        Elle va plier parce qu’elle n’aura pas le choix. Un retour au Deutsch Mark serait catastrophique parcequ’il serait réevalué de +30% par rapport à l’euro et leurs exportations s’effondreront.

      2. Franck Boizard

        Avertissement préliminaire : les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir . (Pierre Dac)

        Jean-François Revel disait que les causes du chômage en France étaient si évidentes qu’il fallait être très intelligent pour ne pas les voir. On pourrait dire la même chose de l’Euro : il faut être très intelligent (c’est-à-dire énarque ou technocrate bruxellois) pour ne pas comprendre que le problème de la zone Euro, c’est l’Euro lui-même, cette idée folle de donner la même monnaie à l’Allemagne et à la Grèce, aux Pays-Bas et au Portugal.

        Mais comme l’Allemagne est gouvernée par des gens très intelligents, nul doute que pas un ne remettra en cause l’Euro, d’autant plus que les énarques (encore eux, cette engeance de malheur) sauront bien culpabiliser les Germains.

        Je peux me tromper, mais je pense que l’agonie de l’Euro durera très longtemps (une décennie ?), dans d’atroces souffrances.

        1. argone

          Vous pointez en réalité le vrai problème : les dirigeants européens ! Pas l’euro. L’euro n’est qu’un moyen. Grâce à l’euro les taux d’intérêt furent alignés sur le Bund et certains pays qui empruntaient avant l’euro à des taux élevés (Italie, Grèce…), ont pu grâce à l’euro emprunter à des taux bas.

          Tout le monde a profité des taux bas, en Europe et aux US. Tout le monde s’est donc endetté et on le paie aujourd’hui alors que des mesures auraient pu être prises pour éviter cette bulle de l’endettement : relèvement des taux par les banques centrales.

          Aujourd’hui nos chers dirigeants vont installer des plans d’austérité qui, en l’absence de croissance durable, finiront par rincer et achever les « européens d’en bas », et plonger tout le monde dans une stagflaton voire récession durable.

        2. eheime

          « cette idée folle de donner la même monnaie à l’Allemagne et à la Grèce, aux Pays-Bas et au Portugal »

          > curieuse idée préconçue.
          L’Ile de France et l’Ubéron partage une meme monnaie et ceci depuis des siècles et ça fonctionne malgré les differences de niveau de vie, alors pourquoi pas le Portugal et la France ?
          De même l’Or est une monnaie à tous les pays du monde. Et comme la triche n’est pas possible elle marche d’autant mieux, malgré une évidente absence de souplesse.
          Alors pourquoi ne pourrait t’on pas faire de l’Euro une monnaie stable comme l’Or mais un peu plus souple (permettant d’éviter une déflation en cas d’augmentation de la population par exemple, ou le contraire) ?

          La mauvaise gestion des Etats et leur propension à dépenser ce qu’ils n’ont pas n’a rien a voir avec la monnaie mais à voir avec la politique

  13. Marcel-Gérard Pignon-Abitbol

    Vous êtes vraiement tous de très mauvaises langues, nous sommes sauvés, voici la dernière dépèche de BFM Business :

    Alors que la zone euro est attaquée, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se rencontraient vendredi après-midi à l’Elysée. S’en suivait une conférence de presse au cours de laquelle les chefs d’Etat ont fait quelques propositions. Mais pas de création d’eurobonds en vue.

    Pas question de mettre en place des euro-obligations. Pour Angela Merkel, ce n’est pas la bonne solution. Nicolas Sarkozy a également rejeté la possibilité pour l’Union européenne d’émettre directement des emprunts. L’augmentation des capacités du FESF n’est pas non plus à l’ordre du jour. « Fixer un nouveau plafond alimenterait la spéculation » estime le président de la République.

    Paris et Berlin sont toutefois d’accord pour améliorer la gouvernance économique. Ils proposent d’instaurer dans la zone euro un véritable gouvernement économique constitué du Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement. Il se réunira « deux fois par an, et plus si nécessaire, et il élira un président stable pour deux ans et demie » a précisé Nicolas Sarkozy. La France et l’Allemagne propose que ce président soit Herman Van Rompuy.

    Paris et Berlin prône également une règle d’or sur les déficits budgétaires pour toute la zone euro. Ils vont également travailler à un impôt commun sur les sociétés et projettent de taxer les transactions financières. Une proposition concrète sur ce thème sera délivrée en septembre.

    En plus Zorro est arrivé, en la personne de ….

    tatatam ….

    Herman Van Rompuy

    Bon d’accord, on attend la fin des vacances, mais c’est quand même une vache de décision !

    1. eheime

      Moi j’ai toute confiance en leur capacité de parvenir à travaille rà un impot commun. La gouvernance economique je demande à voir et ça sent la grosse usine à gaz … alors que le probleme en cause est uniquement le respect des budgets. Et la « règle d’or » , plutot que de la constitutionnaliser pourquoi ne pas l’appliquer là maintenant tout de suite ?

  14. vincent

    Il sera intéressant de lire la presse allemande à la rentrée. Les allemands vont bien finir par rentrer de vacances et s’apercevoir de la sodomie dont ils sont victimes.

    Et donc les pressions pour un retour au DM, et une censure de l’EFSF par la cour de Karlsruhe, vont se faire plus fortes.

  15. silent bob

    Tiens ils en profitent pour faire plaisir aux alters (et à eux aussi hein)! Une petite taxe sur les transactions financières histoire de calmer les marchés et les spékulateurs (bande de salauds). Un impôt sur les sociétés commun, ça sent le sapin. Rien ne va, taxons! Merveilleux n’est-ce pas?

    Et puis rien que le faite de dire que ce sera l’employé de banque belge qui présidera le « gouvernement économique » fait déjà rire quand à son implication dans la gérance de l’euro… Bref une réunion pour deux taxes et de la poudre aux yeux!

    ça sent le sapin!

  16. alex6

    Articles et commentaires pleins de bon sens; il n’y a pas d’issue que celle d’une faillite generale de l’europe, Allemagne comprise.
    Sortir de l’euro est impossible, principalement du fait des liens entre les banques qui verraient immediatement de fortes reductions de capital via l’annulation d’une part importante de leurs lignes de credit.
    Ne pas oublier qu’une chute des banques, c’est l’explosion garantie des bulles immobilieres et le retour de baton d’une telle explosion, personne n’en veut.
    La meilleure solution est deja toute trouvee: laisser la situation se degrader jusqu’a ce que l’on puisse rendre responsable les speculateurs de la faillite generalisee, un peu comme en Grece.

    1. Franck Boizard

      Je pense que vous faites erreur : la cessation de paiement des Etats et la faillite des banques seraient certes une rude épreuve mais l’exemple islandais prouve que ce remède de cheval serait meilleur qu’une maladie de langueur qui s’étire, s’étire, s’étire, ….

    2. eheime

      Ce qu’il faut c’est s’attaquer au probleme : arreter de dépenser plus que ce que l’on gagne.
      Tout le reste c’est du blabla et des modalités.
      Il y a plusieurs de portes de sorties : la défaillance ou le paiement en monnaie de singe. Personnellement je crois plutot en la seconde solution car le mal est déjà fait. Mais peu importe enfin de compte. L’important est de mettre fin à la gabgie. Rembourser en monnaie de singe si c’est pour se désendetter, après une bonne cucure d’amaigrissement des dépenses, oui. Si c’est pour continuer à rajouter de la dette, non. Quant à la faillite, pourquoi pas, mais si derriere on se remet à emprunter, ça ne présente aucun interet. Le probleme c’est le budget de l’Etat. Le monnaie, la faillite, l’impot, un moyen mais en aucun cas une solution en elle meme.

  17. OuiMaisOui

    À vous tous en général, à vous, cher h16, en particulier.

    Vous avez aimé le virtuel ?

    Vous allez adorer le SupraVirtuel…

    Point d’appui : http://www.zerohedge.com/contributed/socgen-ceo-dismisses-rumors-says-france-not-us-hes-right-its-worse-and-bank-likely-progr

    C’était la semaine dernière. Aujourd’hui nous sommes dans un trou noir.

    Ayez confiance, c’est normal, après le dépassement des bornes de la limite c’est du vaporeux.

    À ce prix, je rachète la planète Terre pour 1€ symbolique vous est votre inconscience incluse… Avant qu’il ne soit trop tard!

    De toute façon, vous n’avez aucune objection… Et si vous montez les enchères, soyez solvables…

    OuiMaisOui.

      1. OuiMaisOui

        « Nihil nove sub sole »

        Pas si sûr, h16. Admire les conséquences :

        Minimum trois Banques française rayées de la carte.

        BCE en manque de liquide.

        Intérêts suisses négatifs.

        Blocage interbancaire.

        Pour la suite, c’est en cours…

        MaisOuiMaisOui

        1. maisouimaisoui

          Suite de la petite Histoire parallèle.

          http://www.zerohedge.com/contributed/after-accurately-predicting-french-bank-run-i-now-predict-us-bank-contagion

          Zero Hedge est un bon site. Le tout est de comprendre ce qui s’y dit.

          Et pour le point :

          L’Europe et son Neuro sera Allemande, ou ne sera pas.

          Vu le petit grain en cours, dans ce conteste mondiale

          omfg

          avec déplacement des curseurs Valeurs, les choix pour les Français sera Extrêmement Douloureux (et c’est peu dire).

          h16, nous devons comprendre que l’épargne des Français vient d’être engloutis. Alors Gloup ou pas Gloup… Y-a-pu SICAV, Assurance Vie et compagnie… L’écureuil s’est fait piquer les noisettes.

          C’est vachement bien d’avoir AAA, sans les Banques…

          MaisOuiMaisOui.

          Encore un commentaire dont on peine à voir le fond.

        2. maisouimaisoui

          « Encore un commentaire dont on peine à voir le fond.”

          C’est très simple: nous assistons actuellement à la reprise du compteur 2007-2008.

          Les Allemands ont une expérience dans la chute des murs…: ils investissent dans les fondations.

          Les français, eux, ne savent que colmater les fissures, et encore…

          Les Banques ont un problème, la France nationalise, l’Allemagne diversifie ses partenaires (Suisses- Chine…)

          Les Allemands négocient avec de vrais syndicats, la France achète les syndicats.

          Les Allemands se donnent la main, les Français se coupent les pieds.

          Les Allemands ont une industrie forte qui exportes, les Français des services faibles qui importent.

          Les Allemands ont des prix immobiliers raisonnables, les français se saignent pour une bulle.

          Les Allemands sont minimum bilingues, les Français sont franconphones.

          Les Allemands détaxent les initiatives, les Français taxent l’innovation.

          Les Allemands diversifient les énergies, les Français garde son nucléaire adoré.

          Cette liste n’est pas exhaustive, hélas.

          Le problème n’est pas la crise en soi, mais les moyens mis en œuvre pour y faire face afin de rebondir au plus vite, et de garder la cohésion face à un choc frontal.

          Soit la France accepte les règles allemandes,(hic) soit elle subit et la fin de l’Euro, et la perte d’un allié précieux (double hic).

          Différence de cultures, de mentalité, de courages, de persévérances, d’ambitions, d’esprits d’équipe : Si au moins nous savions vendre nos idées, nous aurions le monde à nos pieds…

          J’espère que c’est plus clair…

          MaisOuiMaisOui.

        3. maisouimaisoui

          Pourquoi ?

          Car la situation actuelle est pleine de rebondissements et d’imprévus, non pas par sa complexité, mais par l’étendue et les ramifications du problème Dette (qui repose sur un mot:Fraude).

          Le mur Europe montre de sérieuses faiblesses à tous les niveaux.

          La réaction allemande, ne pouvant pas envoyer un bulldozer pour faire le ménage, sous peine d’être désignée responsable de l’hégémonie Européen est de se replier depuis deux ans, se repositionnant a des distances respectables des risques d’ éboulements, chutes d’objets divers et autres dangers imprévisibles de ce chantier.

          Ton analyse, bien que pertinente ne prends pas en compte le système du parlement Allemand. De plus, Merkel n’est qu’une porte-parole d’une coalition, sorte de cohabitation.

          Les décisions de ce Week-end et de la semaine prochaine seront déterminantes pour la suite des événements.

          Avec bien évidemment les Banques et les Assurances franco-belges à la merci de la planche à billet Amerloque.

          Il n’y a pas de fumée sans feu:

          http://www.zerohedge.com/contributed/eu-banks-solvency-or-liquidity-or-both

          Rassurez-vous l’incendie est sous contrôle électoral.

          MaisOuiMaisOui.

  18. OuiMaisOui

    Et ton point est ?

    Les banques centrales Mondiales sont actuellement à la manœuvre.

    Compensation, destruction et reset de Valeurs.

    Pour une nouvelle monnaie ? Pour une redistribution des cartes ?

    Ben, non, …

    Pour recommencer pareil ? enfin presque.

    Bienvenue dans la politique du SupraVirtuel. Tu votes pour une serpillière humide et je serais toujours l’élu. Pas beau la Vie ?

    T’es pas d’accord ? c’est le même prix. 1€ symbolique , en or ou en platine, à la virgule flottante…

    La politique n’a jamais eu de prix, non ? Et comme la puissance nucléaire ne sert plus à rien…dans ce monde radioactif!

    MaisOuiMaisOui.

      1. poum

        Et le trottoir? tu as pense aux cookies? demain tu voteras pour Casimir, mais ce sera Hippolyte qui appuiera sur le bouton du distributeur de teriyaki.
        c’est pourtant clair!

         »
        Pour une nouvelle monnaie ? Pour une redistribution des cartes ? »

        mais qu’est-ce que tu racontes? comprends tu au moins de quoi tu parles? ou fais tu comme la plupart du pequin francais, a philosopher dans le vide sur le vilain systeme monetaire-qu’il-est-pas-beau-ouin-ouin-mon-corps-n’est-pas-une-marchandise?

        1. poum

          « La politique n’a jamais eu de prix, non ? Et comme la puissance nucléaire ne sert plus à rien…dans ce monde radioactif! »

          fume un autre joint Bob!

  19. pp

    h16, je ne sais pas si tu es au courant mais une plainte a été déposée auprès de la cour constitutionnelle allemande sur l’illégalité des plans de renflouement de la grèce, de l’irlande … etc. Et effectivement ces renflouements sont totalement illégaux au regard du traité de Lisbone. Le verdict est attendu pour l’automne. Ca promet. Si la cour se prononce favorablement par rapport à la plainte, l’euro explose.

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