Rapport Jospin : ce qu’il révèle de nos élus

Décidément, en Hollandie, les rapports passent très vite à la trappe. On se souvient que le rapport Gallois fut enterré sans fleurs ni couronnes, tant il heurtait les convictions d’un gouvernement englué dans une idéologie aussi utile qu’un couteau dans un duel aux revolvers. Cette fois-ci, c’est le rapport Jospin qui déclenche des fermetures de sphincters particulièrement violentes, notamment du côté du Sénat.

Et lorsqu’on voit pourquoi les élus sont vent debout, on retrouve leurs vieilles habitudes visant à défendre leur petit pré carré. On se souvient que les députés avaient tout fait pour que la fiscalisation de leurs indemnités n’aie pas lieu. On se souvient que les mêmes élus avaient bataillé pour conserver l’opacité maximale sur leurs frais, en opposition avec les plus évidents principes démocratiques d’égalité de traitement face à l’impôt. On se souvient que la chambre basse avait fait complètement obstruction au rapport Perruchot sur le financement des syndicats. Bref : les députés et les sénateurs, en refusant ainsi catégoriquement d’entendre parler d’un non-cumul strict des mandats montrent encore une fois à quel point la soupe est bonne.

Pourtant, ce rapport, tout comme le petit opuscule relié de Gallois, n’a pas de quoi fouetter un chat dans la République Irréprochable de Hollandie (et hat tip Ayrault, Désir, et tant d’autres repris de justice). D’ailleurs, avant de nous pencher sur les réactions assez symptomatiques des élus républicains, parcourons rapidement les propositions en question qui, rappelez-vous, ont pour but de « moraliser la vie politique française », montrant d’ailleurs en creux que, pour en arriver à devoir pondre un rapport et des propositions, cette vie politique doit être particulièrement corrodée, de l’aveu même des intéressés (qui ont pourtant un sens moral particulièrement souple, c’est dire).

La bonne jospinade du rapport anti-cumul

Dans la liste disponible un peu partout, je passerai sur les mesures de pure cosmétique ou d’intendance, comme le déplacement de l’élection présidentielle au début d’année qui n’ont pas, à proprement parler, d’effet pratique sur l’échéance électorale en elle-même, et peuvent effectivement améliorer le calendrier citoyen en évitant la situation un peu ridicule de faire commencer un quinquennat juste avant de bonnes vacances (dont, du reste, François Hollande a eu énormément de mal à s’extraire). De la même façon, je ne m’étendrai pas sur les niaiseries bisou-compatibles visant la parité stricte et définitive dans la vie politique ; on sait que les socialistes aiment le formol d’une régulation totale, n’y revenons pas.

Amusantes aussi, les propositions à partir de la vingtième : les sujets croustillants épuisés, Jospin fait ici du remplissage, un peu de broderie plus ou moins fine dans une flopitude de propositions pour « contrôler » que les élus, une fois en place, n’ont aucun conflit d’intérêt. On peut doucement pouffer tant ceci est de la blague dès le départ quand on sait que le député pas trop hypocrite rentre en politique pour, justement, baigner dans le conflit d’intérêt, se prélasser langoureusement dans les rouages du pouvoir ; et à quoi sert le pouvoir si on ne peut rien faire, si d’enquiquinantes commissions viennent mettre leur grain de sel moraliste pour vérifier qu’on n’abuse pas en douce ? D’ailleurs, à propos d’entités de contrôle, la panoplie de propositions d’apparat est assortie de la création d’une bonne petite Autorité qui permettra de caser Pierre, Paul et par exemple Lionel qui trouverait fort seyant d’avoir un petit pied-à-terre parisien.

Jusque là, c’est très banal. Ce qui fait bruire les journaux, bien sûr, ce sont les quelques propositions les plus osées.

Et dans un monde où le consensus démocratique ne tient que parce que personne, pour le moment, n’a osé dire que le Roi est nu, la moindre proposition qui dévie d’un millimètre de la tradition et de l’esprit de corps des politiciens est immédiatement vue comme une attaque en règle contre l’ordre (si fragile) établi à la force du poignet (ou de la baïonnette) pour faire tenir l’édifice républicain.

Rendez-vous compte !

Introduire une part de proportionnelle dans l’élection des députés (proposition 7) ou même des sénateurs (proposition 11) ! Argh ! Horreur ! Rappelez-vous que cette proposition avait propulsé le Front National à l’Assemblée, malheureux ! Et là, la coterie des élus comprend que, à nombre de sièges constants, cela veut mécaniquement dire que certains perdront leur place pour un élu FN, et seront donc marqués à tout jamais du sceau de l’infamie. Et tant à droite qu’à gauche, chacun a déjà une idée assez précise des sièges qui changeront de propriétaire. Dans ces situations, le clivage droite/gauche disparaît.

Et on constate d’ailleurs la même cristallisation des passions républicaines dès qu’on parle du cumul des mandats. Alors qu’on pourrait imaginer qu’un mandat de sénateur ou de député soit particulièrement prenant, au vu des larges émoluments qui lui sont accordés, le mandat ne semble pas suffisant cependant pour occuper complètement nos élus qui peuvent s’embarrasser d’une charge locale supplémentaire ; et d’ailleurs, la commission Jospin ne s’y est pas trompée puisqu’elle ne propose qu’une limitation de pure forme (aux seuls mandats locaux), dans une timidité commode qui sied parfaitement à la conservation des bons principes du « Je tape dans la caisse locale ET je tape dans la caisse nationale » sans laquelle aucun des députés ou des sénateurs ne peut espérer un jour devenir millionnaire.

On admirera aussi la proposition 12 qui envisage sans rire d’abaisser l’éligibilité sénatoriale à 18 ans. L’idée est toujours la même : plus on distribue tôt la carte de citoyenneté, plus il est facile de faire gober aux jeunes têtes malléables les idées qu’on veut ; d’ailleurs, l’apparition pas du tout fortuite de « syndicats lycéens » (rien qu’écrire cela fait pouffer) ne doit rien au hasard, ni le fait que, régulièrement, on voit apparaître des propositions pour que le vote soit possible dès 16 ans (comme en Argentine récemment). Il faut s’y résoudre : si le démago a toujours besoin de chair à canon plus fraîche et plus jeune, c’est parce que c’est une excellente façon d’augmenter sa part de marché. Les gens mûrs sont moins intéressants, car moins passionnels et par voie de conséquence plus difficiles à mobiliser pour des causes bidons.

On pourrait terminer par les timides propositions 17 et 18 visant à retirer une partie de l’impunité présidentielle. C’est gentillet, surtout si l’on considère que le pouvoir du chef de l’Etat ne réside pas seulement dans sa fonction mais dans tout le réseau qu’il lui aura fallu tisser pour parvenir à sa place et conserver le poste : autrement dit, même si le Président était présenté dans la loi comme un justiciable banal, dans les faits, il ne le sera jamais.

Comme l’ont noté plusieurs articles, cette commission accouche d’une souris malingre et est donc comme à peu près toutes les autres, incapable de faire ronfler autre chose que son titre. Elle aura cependant eu plusieurs effets intéressants pour le pouvoir en place : enterrer définitivement le rapport Gallois sous les cris des sénateurs et députés menacés par une baisse de leur rente républicaine, et rappeler au peuple qu’il paye pour ces gros poussahs suffisants alors que l’austérité le touche de plein fouet.

Il n’est qu’à lister les réactions ulcérées des uns et des autres pour sentir monter l’énervement légitime de celui qui paye pour les bedaines et privilèges de ces caciques :

  • Jean-Claude Gaudin évoque « une méfiance dogmatique à l’égard des élus » et « une vision punitive de l’engagement politique » ; si j’étais à la tête du lupanar ridicule qu’est devenu l’État français, t’inquiète pas, mon cher Jean-Claude, que tu verrais ce qu’est réellement une punition.
  • Longuet qualifie la proposition d’« erreur totale » car le parlementaire aurait besoin d’« un ancrage sur le terrain », faute de quoi il deviendrait « en quelque sorte employé d’un parti politique », chose qu’il ne serait pas déjà actuellement selon le brave cumulard dont les indemnités dépassent allègrement 7 fois le SMIC pour faire le beau au profit de l’UMP.
  • Côté PS, Rebsamen, Collomb et Ries, tous joyeux cumulards, souhaitent cauteleusement une exception pour les sénateurs (dont ils font partie) pour … exactement les mêmes raisons d’ancrage bidon.

Bref : quand on sait que moins d’un quart des élus concernés n’est pas cumulard, on comprend que cette histoire de non-cumul est déjà terminée. La commission ne fait simplement que proposer, ne sera suivie d’aucun effet, et le rapport ira rejoindre les autres dans la longue liste des livres blancs, rapports, synthèses, propositions et autres que le pouvoir commande pour occuper la presse.

Si le cumul des mandats n’était pas doublé d’un cumul des indemnités, si les emplois du temps et les charges correspondantes pouvaient raisonnablement s’additionner, le cumul ne poserait pas de problèmes. Mais en l’état actuel, il n’est qu’une excuse supplémentaire pour accroître les revenus et privilèges d’une caste qui a bien compris comment sucer l’argent là où il se trouve. Pire, avec cette méthode, il permet l’encroûtement de ces individus et un renouvellement bien trop lent de la vie politique française, en transformant une charge publique au départ bénévole en véritable carrière grassement rémunérée.

Vu la façon dont les caciques s’accrochent, on comprend qu’il ne pourra y avoir de changement autre que brutal. Et, dans tous les cas, ce pays est foutu.
—-
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Commentaires51

  1. Aristarque

    « Et là, la coterie des élus comprend que, à nombre de sièges constants, cela veut mécaniquement dire que certains perdront leur place pour un élu FN, et seront donc marqués à tout jamais du sceau de l’infamie. »

    Logiquement, c’est ce qui devrait arriver, bien évidemment.
    Mais il y a la parade consistant à augmenter suffisamment le nombre de sièges possibles pour que rien ne change en réalité pour leszheureuzélus…

    Ayant déjà nettement plus de parlementaires que par exemple les USA qui n’ont pourtant pas l’air de plus mal s’en porter, quelques dizaines de plus ne pourraient nuire, sauf aux portefeuilles de ceux qui paient les additions…
    Mais puisqu’on nous dit que c’est pour le bien de la Démocratie….

  2. Aristarque

    « Il n’est qu’à lister les réactions ulcérées des uns et des autres pour sentir monter l’énervement légitime de celui qui paye pour les bedaines et privilèges de ces caciques »

    Alors là, H16, tu fais rien que d’être de la plus abominable mauvaise foi républicaine et anti-bisou-compatible !

    N’avons nous pas eu, de la part de nos maîtres les Gouvernants et, ceci sur tous les tons allant de la réprobation outrée aux soupirs désabusés devant l’inculture manifeste du Peuple, que tout ce petit monde de commissaires bosserait gratis !

    Bon, bien sûr, il y a les frais en locaux, voiturages, petits fours, agapes, secrétaires et autres matériels peut-être un peu réduits toutefois en l’absence de DSK.

    Sait-on jamais…

  3. prunelle

    bonjour à tous, je suis tombée sur la fin d’un reportage télé qui révélait que les fonctionnaires européens étaient à 90% en grève. Interview d’un syndicaliste , le genre habituel que l’on voit à la SNCF ou à EDF et dans toute la fonction publique : bien nourri, débraillé, cheveux gris sale et à 50 ans qui pense déjà à la canne à pêche. Le journaliste lui fait remarquer que les Grecs et les européens en général sombrent dans la précarité et « qu’elle est pas un peu indécente cette grève? quand on sait qu’une vulgaire secrétaire au parlement européen débute à 3800 euros nets par mois pour culminer à 8000 euros nets par mois en fin de carrière, hein, hum?) Le mec, droit dans ses bottes, dit que la grève est normale et que tout le monde ne pourrait pas faire ce travail, cela justifie la bonne grosse soupe avec des vrais morceaux de privilèges dedans, tu parles Charles. Je ne sais pas si je vais aller bosser demain…

    1. harrisburg

      « Il ne reste que 4 jours pour joindre un bulletin bande d’enculés au paiement des impôts locaux. Ne vous privez surtout pas ! »

      Ce n’est pas la bonne destination. Les foncionnaires des impots ne font que collecter des impots locaux qui sont décidés par les élus.
      En plus, ça peut attirer des ennuis à celui qui ferait ça.

      1. Bon, le mieux est de leur envoyer anonymement, par pli discret séparé. Evidemment, je n’encourage pas cette démarche honteuse parfaitement salutaire et logique au vu de l’état général du foutage de gueule dans ce pays…

  4. Alexandre Gérard

    « Si le cumul des mandats n’était pas doublé d’un cumul des indemnités, si les emplois du temps et les charges correspondantes pouvaient raisonnablement s’additionner, le cumul ne poserait pas de problèmes. Mais en l’état actuel, il n’est qu’une excuse supplémentaire pour accroître les revenus et privilèges d’une caste »

    Exactement !
    S’il avait un un chouilla de courage, Jospin aurait pu dire « Ok, on fait un deal. Vous voulez un ancrage local ? Ça marche. Cumulez les fonctions, mais pas les indemnités. Et sur votre efficacité dans chaque fonction, les électeurs jugeront. Toujours intéressés par votre ancrage local ? ». Il aurait coupé l’herbe sous le pied de ceux qui vont dégainer cet argument à tout bout de champ.

      1. HR

        A ce propos, il est dommage que vous ayez manqué l’occasion de remarquer que le cumul des mandats est un des héritages les plus voyants de l’Ancien Régime, où, comme on sait, il s’agissait d’accumuler titres, apanages, prébendes, fiefs, etc, comme signe de puissance et de pouvoir.

        Le fait que cette République des hauts fonctionnaires énarques pour les fonctionnaires confie à un haut fonctionnaire énarque un rapport sur les privilèges de la Noblesse d’Etat ne manque en tous les cas pas de sel si on pense à tout ce que ce système coûte en gabelle.

        Attendons maintenant le rapport de la haut fonctionnaire du Corps des Mines Anne Lauvergeon(1) sur la politique énergétique, tenue étroitement sous contrôle par la caste des hauts fonctionnaires du Corps des Mines…

        (1) « Collaboratrice de François Mitterrand… Sans être énarque ni socialiste… » s’offusque l’auteur de l’article de Wikipedia sur Anne Lauvergeon…

    1. René de Sévérac

      Ne dites pas que Jospin manque de courage :
      Interrogé vendredi soir au Grand journal de Canal+, à propos du « mariage pour tous » il a déclaré :
      « C’est la position de mon parti, et donc je la respecte (…) Ce n’était pas la mienne au départ ».
      Pour Lionel, « l’humanité est structurée entre hommes et femmes », et « pas en fonction des préférences sexuelles ». Dire « respecter » les position de son parti tout en disant qu’elles sont complètement con, c’est pas du courage ?

      1. C’est surtout la preuve qu’il ne risque rien et n’est plus dans le circuit. C’est un peu comme les petits éclairs de lucidité de Rocard sur le Gaz de Schiste, en gros…

    2. Joe

      Ce qui est scandaleux, c’est qu’ils l’ont déjà dans leur fonction de député leur ancrage local. On leur verse des indemnités de représentation local pour financer leur permanence dans leur circonscription. Indemnité qu’ils empochent l’air de rien lorsqu’ils sont également maire et qu’ils font ça dans des locaux prétés par la mairie…

  5. Pere Collateur

    J’ai jeté un oeil bovin et distrait aux propositions de ce rapport.

    Il y a en une qui est très peu relayée, mais que j’ai trouvé un peu détonante:
    Celle qui voudrait changer le principe des parrainages pour les candidats aux présidentielles. On passerait de 500 signatures de maires sans anonymat, à 150 000 signature de citoyens inscrits sur les listes électorales avec, anonymat de ces signatures cette fois.

    Alors pourquoi je trouve cette proposition étonnante?
    Parce qu’elle est bonne et s’inspire de la vrai démocratie, un peu comme la Suisse la pratique. Ça pourrait presque s’apparenter à ce que des libéraux proposeraient.

    Vous imaginez bien que venant d’un socialiste français, cela est suffisamment étrange pour avoir allumé chez moi tous les voyants « attention arnaque cachée ».
    Ayant retourné le problème dans tous les sens, je ne vois pas ou est le loup.
    150 000 signatures c’est assez pour dissuader les candidats folkloriques, et trop peu pour barrer la route à des petits partis mais tout de même représentatifs (écolos, extrêmes droite et gauche, gaullistes, anti-europe, etc…).

    L’anonymat devrait nous éviter les pleureuses de l’extrême droite qui à chaque élection font semblant de courir après les votes des maires.

    Bref, si il y a une feinte de corps et d’esprit là dedans, c’est bien caché.

    J’en déduis donc que l’ami Jospin a du avoir un moment d’égarement. Comme Chirac en son temps, qui pendant un moment de brève lucidité avait déclaré que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent…

    Bon au final, ça n’a que peu d’importance, puisque ce rapport ira probablement soutenir un pied d’armoire dans un bureau poussiéreux.

    1. Cultilandes

      Comment, dans les autres pays, fait on pour contrôler l’authenticité de centaines de milliers de signatures?
      Du boulot pour le Conseil constitutionnel!

      1. Pere Collateur

        Tiens, je n’ai pas lu ça.

        Avez vous une source?

        Parce que si c’est bien ça, alors il n’y aura pas d’anonymat et donc, j’aurais enfin trouvé le loup que cherchais…

        1. Pere Collateur

          Bon je me répond à moi même avec un extrait du rapport sur le sujet de l’annoymat des parrainages citoyens:

          « La Commission se prononce par ailleurs pour une absence de publicité du nom des
          citoyens parrainant un candidat. En effet, la question de la transparence du dispositif
          de parrainage ne se pose pas dans les mêmes termes que dans le cas d’un parrainage
          par les élus. Dans la configuration actuelle, le parrainage d’un candidat à l’élection
          présidentielle constitue un acte de responsabilité politique qui doit, à ce titre, pouvoir
          être connu des électeurs. Dans l’hypothèse d’un dispositif de qualification préalable
          par les citoyens, l’acte de parrainer se rapprocherait davantage de l’expression d’un
          suffrage et devrait par conséquent revêtir le caractère secret du vote. »

          Donc parrainages totalement anonymes.

      2. Stéphane

        « Parrainage anonyme », il faut être Français pour croire à un truc pareil. 😀

        Peut-être que le quidam moyen n’aura pas accès à ces signatures, mais d’autres les auront – des fonctionnaires – ne serait-ce qu’à des fins de vérification et vous pouvez être sûr que, du contrôleur fiscal en passant par la presse, tous les noms intéressants sauront être exploités.

        Parrainage anonyme. MDR.

        1. Pere Collateur

          Disons que comme ils semblent considérer les parrainages comme un vote, dans ce cas, briser le secret du vote ca n’est pas annodin et peut conduire son auteur en taule…

        2. Stéphane

          Bien entendu, c’est pour ça que des journaux comme le Canard Enchaîné n’ont jamais d’info exclusive, que les journalistes n’ont pas de source, et que les contrôles fiscaux contre les ennemis du régime sont pure invention.

          Avec l’Etat un secret est un secret et ils sont bien gardés, hahaha!

          Vraiment, Père Collateur, votre enthousiasme (un soupçon crédule) fait plaisir à voir. 😉

        3. gem

          C’est possible, il suffit de l’organiser comme le premier tour d’une élection à 3 tours, sans campagne officielle et à inscription libre.
          Le plus drôle c’est que ceux qui auront le plus de voix avec ce système seront probablement « pourri », « enculé », et « blanc » etc.

          Il y avait infiniment plus simple et de bon gout : rendre éligible à la présidentielle seulement un député par la voie directe (pas la part « à la proportionnelle »).

  6. Pascale

    Une des propositions phare de Mollande c’etait mettre fin au cumul des mandats. Quand j’ai vu de quoi avait accouché cette énième commission Theodule concernant ce sujet , j’ai été confortée dans mon opinion sur la classe politique : de cumul de mandats il n’en est point question, et tout continuera comme avant. Vogue la galère.

  7. Ernesto

    Jospin préconise aussi de rapprocher l’élection présidentielle des législatives et c’est assez con. Un des principaux contre-pouvoirs de la Ve République (joyeusement dégommé à coup de référendum pourrave par Chirac) était justement le décalage entre ces deux élections, cela évite simplement de donner « les pleins pouvoirs » à un seul parti comme c’est le cas actuellement.

    Il aurait été nettement plus intéressant de mettre les élections législatives à mi-mandat… sauf qu’il ne risque pas de proposer un truc pareil.

    1. Oui. Ce qui rend la corruption plus coûteuse du point de vue du corrupteur.
      Dans un second temps, diviser le nombre d’élus par deux n’est pas invraisemblablement compliqué non plus.

      1. JS

        Je n’avais pas pensé à mettre le couple corrupteur/corrompu dans la balance…évidement pas évident de faire ce genre de calcul lorsqu’on est simple citoyen !

        Il faut se mettre à la place des « élus » pour celà..

  8. Cultilandes

    L’argument de l’indépendance par rapport aux partis pour défendre à la fois le cumul des mandats (ancrage local) et le système de scrutin uninominal par rapport à la proportionnelle est assez recevable… dans le contexte actuel du financement public et massif des partis politiques. Supprimez ce financement, vous verrez que les élus pourrons retrouver un peu d’indépendance et d’ancrage public, local ou non.

    D’autre part, quelle peut être l’importance d’un parlementaire lambda s’il n’est qu’un parmi une multitude de collègues! Diminution du nombre de parlementaires.

    1. Higgins

      Pourquoi ne pas envisager au niveau national un système inspiré de celui en vigueur aux USA (au niveau de la chambre des représentants et du Sénat) du style: deux députés et deux sénateurs par département sans cumul possible avec un maximum de deux mandats consécutifs ou non et interdiction de changer de crèmerie une fois un choix fait: soit élu local puis sénateur, soit député. Ca nous ferait une chambre avec seulement un peu plus de 200 peintres – y compris les élus des français de l’étranger – et un sénat équivalent. Il y aurait beaucoup moins d’absentéisme et le travail parlementaire pourrait être un peu plus sérieux qu’actuellement (on peut rêver). La République ferait des économies et ne s’en porterait pas plus mal. Au niveau local, les conseils généraux fusionneraient avec les conseils régionaux (pas de doublon) et les conseillers seraient pris dans les conseils municipaux avec un principe identique: pas de cumul possible, pas plus de deux mandats consécutifs ou non. On peut espérer qu’alors la politique cesserait d’être la sinécure confortable qu’elle est actuellement.

  9. Martin-Lothar

    « Sénateur à 18 ans »… Cumuler l’acné et les hémorroïdes n’est pas vraiment un bon départ dans la vie.
    Quant au cumul des mandats, nous ne sommes pas sortis de l’auberge rouge, dans la mesure où il ne s’agit plus en France — et depuis longtemps — de mandats (un contrat quoi), mais de postes (de privilèges, comme vous l’écrivîtes) que se disputeront toujours nos clownesques et mafieuses « élites » (je ne sais pourquoi ce mot me fait gerber — un problème de trop-plein sans doute ?)

  10. labolisbiotifool

    Aux vicieux qui critiquent l’ ouverture d’ hache XVI le Dimanche : il a dans sa cave sa femme et ses six gosses qui pédalent sur un vieux vélo-dynamo pour alimenter son ordi !
    Donc il ne doit rien à personne, et surtout pas à la CGT :
    c’ est purement privé 🙂
    Mais c ‘ est vrai que c ‘ est quand même un salaud esclavagiste 🙂 et libertarien bouhhhh !

  11. Breizh06

    La #35 me plaît bien: création d’un wikileaks français. Mais quand on sait ce qui est arrivé aux « wikileaks 13 & wikileaks 83″ j’y crois pas trop 🙁

    Proposition n°35. Mettre en place un dispositif ouvert d' »alerte éthique ».

  12. peste et corriza

    Il faut savoir que nos cumulards forment le gros bataillon des 1% les plus riches dans ce pays…

    Une petite mise au point s’impose néanmoins: Gallois est une truffe, rien de plus. Rappelons que c’était ce gus qui était responsable du réseau RER parisien, puis PDG de la SNCF. A-t-il été amélioré ? non bien au contraire !

  13. Emma

    Ne plus pouvoir cumuler les mandats et les limiter dans le temps (pas plus de deux consécutifs ou non) serait une très bonne chose en évitant l’écueil du clientélisme, en permettant le renouvellement de la classe politique car fabriquer la loi n’est pas la même chose que gérer une commune ou un conseil régional.

    Donc cela ne se fera certainement pas.

  14. Deres

    Hollande est seulement un bon élève sans aucune imagination. Il ne fait que ressortir les trucs et ficelles de son idole Mitterrand. La proportionnel est une astuce que ce dernier a déjà utilisé. Elle a 2 avantages majeurs et décisifs.

    C’est un susucre attirant pour tous les petits partis de gauche pour se rallier au PS car leurs leaders sont hypnotisés par tous les jolis sièges en cuir qui les attendent …

    C’est également un piège pour la droite car cela va nécessairement mettre presque une dizaine de députés FN au parlement. Cela pousse alors la droite dans une sur-enchère médiatique avec le FN. C’est du pain béni pour la gauche qui peut dénoncer comme habituellement la droitisation et les spectre des heures les plus sombres. Cela ne lui coûte rien et ne lui apporte que des bénéfices.

    Et au final, le plus amusant, c’est que l’on peut abroger la mesure après, ce qui fait que l’on récupère la mesure pour plus tard. Si ce n’est pas de la sclérose cela. La même mesure est capable de revenir en boucle tous les 20 ans. C’est magique !

  15. hanoho

    Les changements entrevus sur l’immunité du président sont intéressants et mettent le doigt dans l’engrenage. A l’heure où c’est Bruxelles qui va dicter sa loi dans une impunité absolue (lorsque le Mécanisme Européen de Stabilité sera définitivement sur les rails) les présidents des régions européennes, (anciennement États souverains) pions à la solde du système supra-national et derniers représentants du reliquat démocratique, devront pouvoir sauter s’ils ne montraient pas assez d’enthousiasme à courber l’échine.

    Un peu comme dans les parties fines oligarchiques où les nouveaux membres sont filmés durant leurs ébats pour que les hôtes conservent quelques moyens de pression afin de s’assurer la loyauté des premiers… se préserver un moyen de mettre à genoux toute personne indésirable, est un des mécanismes les plus utilisés par les mouvements sectaires…

  16. daredevil2007

    Comme vous le dites, Hash, la soupe est trop bonne! Voilà donc pourquoi rien ne sera entrepris pour changer ce système corrompu… et aujourd’hui, je suis de plus en plus persuadé que le changement ne se fera pas en douceur, malheureusement!

    Petite correction : « pour que la fiscalisation de leurs indemnités n’aie pas lieu.= pour que la fiscalisation de leurs indemnités n’ait pas lieu. »

  17. Jeanpierre

    Question : pourquoi dire que le rapport Gallois est enterré alors que des mesures de ce rapport vont justement être appliquées, que Mélenchon s’étrangle sur son blog (antithèse de ce blog question pensée, avec l’humour en moins) sur les 30 milliards de soulagement en credit d’impot. Pourquoi dire que le rapport est enterré?

    1. Parce que c’est vrai : il y a un écart entre ce qu’il préconise vraiment (le choc, pardon, le petit coup de compétitivité) et ce qui sera fait. En réalité, les 30 milliards truc machin ne sont pas des baisses de charges (Gallois) mais des crédits-d’impôts, ce qui veut dire que l’État touche les impôts pour les rembourser ensuite aux valeureuses entreprises qui n’ont pas carafé l’année d’après (je simplifie à peine). Cela veut aussi dire que ce chiffre de 30 milliards, étalé sur plusieurs années, est totalement dépendant dans la pratique des souplesses de l’administration fiscale vis-à-vis des entreprises. Autrement dit, on remplace une diminution immédiate et calculable des charges qui pèsent sur le travail dans les entreprises par des retours de cash hypothétiques et soumises à tout l’aléa législatif et fiscal possible.

      Non seulement, le rapport est enterré, mais ce fut si discret que personne n’a prévenu la famille.

      (et Méluche se serait aussi étranglé si on avait réduit les cotisations, ou baissé la fiscalité du capital, ou diminué les impôts : il aurait éructé de toutes façons. Tant que la France n’est pas un énorme kolkhoze joyeux, avec lui à sa tête, bien sûr, il éructera.)

      1. Jeanpierre

        Donc, il ont gardé la lettre du rapport en le vidant de sa substance. Vu comme ça, il est effectivement enterré mais seulement officieusement, ce qui désamorce des réactions éventuelles déclenchée par le bruit du papier qui se déchire avant d’être mis au feu. Malin! Merci pour la réponse.

      2. Pandora

        Et certaines mesures préconisées comme l’exploration des possibilités concernant le gaz de schiste ou la réduction du nombre d’étages administratifs ont été simplement mises de côté dès le départ.

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