[Redite] L’Etat croque-mort et sa sordide paperasse

Article initialement paru le 03.08.2012

En 2012, je constatais, amer, que la législation et la paperasserie entourant l’inhumation des défunts étaient particulièrement gratinés. En 5 ans, que de chemin parcouru en terme de simplification administrative ! Plus un papier à remplir, tout est électronique et les horaires des administrations sont maintenant si souples et si bien étudiés qu’un guichet administratif clos n’est plus un vrai obstacle à la vie citoyenne en France !

Et puis je me suis réveillé.

Il y a deux choses certaines, dit-on : les impôts et la mort. Ce que beaucoup ignorent, c’est qu’au-delà des impôts et par delà la mort, la paperasserie que la bureaucratie étatique impose à tous, morts y compris, est devenue en France une incroyable machine à broyer minutieusement les familles.

On se souvient, il y a quelques années déjà, que les sénateurs avaient décidé que la crémation devait être fermement régulée, parce que, comprenez-vous, si on laisse les familles s’occuper de leurs morts, on aboutira forcément à des gens qui font n’importe quoi avec les cendres (les sniffer, les répandre partout dans leur jardin, les jeter en pleine mer sans autorisation de polluer les poissons et tout ça). Bref : devant l’abominable vide juridique qui laissait ainsi les gens libres de faire ce qu’ils pensaient le mieux pour leurs défunts (quelle horreur !), les sénateurs, n’écoutant que leur courage et leur besoin compulsif de fourrer leurs doigts boudinés dans les affaires des autres, avaient pondu une magnifique loi tatillonne qui avaient rapidement mis de l’ordre dans tout ce bazar libre et auto-organisé.

Crémation : toujours faire appel à un professionnelGrâce à leur rapide intervention, il ne fut bientôt plus possible en France d’organiser ses funérailles et sa crémation comme on l’entendait. Ouf ! Il était temps ! Un peu plus, et des milliers de familles se seraient empressées d’aller répandre les cendres de leurs chers disparus depuis des ponts surplombant des autoroutes, provoquant des accidents graves. Sans même compter les petits comiques qui n’auraient rien trouvé de mieux à faire qu’à distribuer les restes de leurs défunts dans des préparations culinaires amusantes, et autres inventions géniales pour se débarrasser d’encombrants souvenirs avec des méthodes que la loi et la morale réprouvent.

On pourrait croire que les pénibleries bureaucratiques ne concernent que les originaux qui choisissent – bêtement – le mode de la crémation pour des raisons forcément troubles (comme, par exemple, s’éviter des frais de mise en bière, d’enterrement, et de concession) et qu’après tout, puisque ces familles font ce choix pour s’éviter des impôts et des taxes – quels rapiats, quand on y pense – au moins, par contraste, on n’enquiquinerait pas trop les familles qui ont, elles, choisi de procéder de la manière normale (à savoir, du bon enterrement stato-compatible et bien reconnu en République du Bisou Égalitaire).

Le récent témoignage d’une de mes lectrices m’a permis d’ajouter quelques intéressantes informations sur le douloureux chapitre de la Gestion Etatique de la Mort. Force est de constater que ce sujet, très très mal couvert par les médias, pour lequel il n’existe qu’assez peu d’information, a été largement laissé au bon vouloir du législateur qui s’en est donné à cœur joie, probablement parce que n’ayant senti aucun frein de la part des médias. Eh oui : en république laïque, les morts n’intéressent pas, on peut donc leur faire subir tous les derniers outrages légaux, ça ne provoquera aucun tollé d’aucun journaliste pas du tout conscientisé.

Si, on le sait, les ennuis commencent en réalité dès la naissance, pour le cas qui nous occupe, c’est au moment où la personne rend son dernier soupir que le niagara d’emmerdements paperassier débute. Et si jamais le défunt a eu la très mauvaise idée de claboter loin de son lieu normal de résidence, alors là, vous décrochez la timbale.

En effet, dans ce cas, vous avez 48 heures (et pas une de plus) pour rapatrier le corps (d’où qu’il vienne). Sinon, quoi que le défunt ait décidé pour ses funérailles, il sera mis en bière. On imagine que le rapatriement depuis certains pays dans ce genre de délais doit donner un délicieux parfum d’aventure dont la famille doit apprécier toute la valeur à ce moment là.

Mais même sans parler de cas pénibles où le défunt n’est pas dans son pays d’origine, lorsqu’il s’agit simplement d’une mort hors de sa commune, ce délai de 48 heures est rapidement passé. En effet, peu importe son choix, il devra être inhumé dans sa commune d’habitation. Ce qui veut dire qu’il faut donc contacter les pompes funèbres du lieu d’habitation afin de faire rapatrier le corps et obtenir les papiers et autorisations nécessaires, autorisations que l’on obtient auprès de la mairie où la personne est décédée. Ici, on comprend qu’on va devoir faire travailler de concert deux administrations complètement étrangères, puisque de deux communes différentes. Le langage administratif étant ce qu’il est, la famille servira d’interprète entre les deux entités.

Eh oui : c’est bien à la famille de faire les petits papiers nécessaires au rapatriement du défunt ; les pompes funèbres ne s’en occupent pas (elles sont, pour rappel, dans la commune de destination). Évidemment, on s’en doute, ces petits papiers sont à la fois simple et peu nombreux : l’original de l’acte de décès, dont on devra aussi fournir une photocopie, l’autorisation écrite de tous les parents directs du défunt pour le rapatriement, avec la photocopie de leur carte d’identité, bien sûr. Et on y ajoutera la photocopie du livret de famille, parce que oui, on a tous, toujours, sur soi, son livret de famille prêt à servir, avec une ou deux photocopie récente pour la joindre à toutes les demandes judicieuse d’une administration pour laquelle la mort n’est, rappelons-le, qu’une petite étape rapide, et une série de cases à cocher dans une douzaine de cerfa. Pas plus.

distributeur de tickets d'attenteMuni de ces papiers indispensables (sans lesquels il va de soi que les familles détourneraient le cadavre pour le manger en petits morceaux goûtus, marinés dans une sauce maison, ou en barbecue, entre voisins), on peut aller à la mairie y faire les actes de décès pour les registres civils. Si tout se passe bien (mairie ouverte, horaires idoines, personnel compréhensif, démarches simples, papiers tous corrects), la mairie donne l’autorisation pour le transport du corps. On imagine assez bien que dans une petite commune, on doit faire face aux horaires judicieusement ciselés pour éviter toute praticité. Et dans une grande commune, on peut y ajouter l’inévitable distributeur de tickets, la queue interminable et la probabilité non nulle d’arriver devant le guichet pour entendre « Ah désolé revenez plus tard là c’est fermé ». Parce que, rappelez-vous bien que personne ne meurt un samedi soir d’août à 500 km de son lieu d’habitation. Personne. On est en France, merde. Les gens, bien élevés, meurent chez eux le mardi, entre 10h et midi !

Vous ne le savez sans doute pas, mais il y a un acte de décès civil, qui vous sera remis, après quelques péripéties bureaucratiques, par la municipalité où aura eu lieu le décès. Enfin, si elle est ouverte. Et il y a aussi un acte de décès médical, qui vous sera remis, après quelques autres péripéties bureaucratiques sans rapport avec les précédentes, par l’hôpital ou la clinique qui aura constaté le décès. L’original de cet autre acte vous sera indispensable pour que le croque-mort puisse trimbaler le défunt. Et comme personne (ni à la mairie, ni à l’hôpital) ne vous remettra le précieux certificat si vous ne le demandez pas (ce qui suppose de savoir qu’il existe et qu’il vous est indispensable, hein, bien sûr), vous serez bon, à un moment ou un autre, pour trotter dans l’établissement médical pour le réclamer.

Heureusement, là encore, ce sera facile puisque les services administratifs de ces endroits sont ouverts de façon extensive, que leur personnel y sera, comme d’habitude, charmant, compréhensif et prêt à se mettre en quatre pour atténuer la douleur de la perte d’un proche. Mais faut pas pousser. Ce sera le mercredi, entre 14:00 et 15:30, et encore, si Simone n’a pas pris ses congés d’août. Sachons vivremourir. 35h et tout ça. Non mais.

Tout ceci, évidemment, est un parcours possible. On imagine sans mal qu’il peut y avoir quelques embûches supplémentaires qui ajouteront au côté épique. Tout le monde ne meurt pas forcément dans sa commune de résidence ou dans la commune avoisinante. Tout le monde n’a pas forcément une famille nombreuse et débrouillarde, dont chaque membre, fonctionnaire ou assimilé, peut prendre plusieurs jours de congé au débotté. Tout le monde n’a pas forcément des membres de sa famille libres de leurs mouvements, motorisés ou disposant d’un salaire souple et large (ou, à défaut, d’un banquier compréhensif ou d’une assurance en béton armé) permettant d’organiser tous les déplacements.

Pour les naïfs qui s’imagineraient encore que la mort est, finalement, une délivrance, ne rêvez pas : dans la patrie des Droits de l’Homme, les droits sont millimétrés, et lorsqu’on vient de mourir, on n’est plus un Homme et on n’a donc plus que le droit de subir la paperasserie étatique, en long, en large, en travers. On ne fait pas ce qu’on veut avec le corps d’un défunt. Même pas lui rendre hommage sans le cerfa 27B-7 tamponné ici et là.

Funérailles agitées

Et non, vous n’aurez pas le droit de vous faire enterrer là où vous voulez (chez vous par exemple), sauf dans des conditions très particulières, encadrées par une palanquée d’articles législatifs taillés au cordeau pour, en définitive, rigoureusement écarter la plèbe de ce genre de facilités (on pourra se rappeler du cas de Jean Gabin, dont la famille avait du subir un parcours administratif « rigolo » pour que les cendres de l’acteur soient bien répandues en mer selon sa volonté). Quant à la dispersion, justement, elle doit faire l’objet d’une autorisation explicite de la mairie de la commune où la cérémonie aura lieu, sans doute pour éviter le cas où cela se fait de façon amusante, sur des pare-brises de voitures, au milieu d’un match de foot avec l’urne, ou je ne sais quoi d’autre. Il est indispensable, là encore, que l’Etat y mette son nez. Il en va de la vie mort de ses administrés, quoi !

Bref.

Si l’on ajoute les lois sur la crémation à ces parcours administratifs innovants et jouissifs lorsqu’un décès survient, si l’on n’oublie pas que viennent ensuite tous les organismes d’état à commencer par le fisc pour grignoter un peu le corps froid, on comprend que la mort n’est, depuis bien longtemps, plus une affaire intime, la cérémonie n’est plus ce dernier moment privilégié de salutation, d’adieu à un être cher, c’est, avant tout, une simple étape de plus que nous fait subir le plus froid des monstres froids, avec une bonne quantité d’avanies et de vexations pour bien nous faire comprendre qu’il nous possède, de la naissance à la mort, et au-delà.

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Commentaires50

  1. Le Gnôme

    A vous dégoûter de mourir, sans compter certains maires rigolos qui ont pondu des arrêtés municipaux interdisant de mourir dans leur commune parce qu’ils n’ont plus de places dans le cimetière, plus de toubibs pour constater le décès ou autre joyeuseté du même style.

    J’attends d’ailleurs une taxe carabinée sur les crémations qui utilisent des énergies non renouvelables. Nous en reviendrons alors à la bonne vieille méthode romaine, au bois. Mais quid des particules fines.

    1. Black Mamba Warrior

      À vous dégoûter de mourir… Non… les emmerdes, c’est pour ceux qui restent… les vivants. Le défunt ne fera que contempler le spectacle et en rire ou pleurer selon le lien qu’il avait de son vivant avec la famille, enfin pour celui qui avait une famille.

  2. Bonsaï

    Toujours le mot pour nous faire sourire, cher H16 !
    Ces journées de canicule nous inspirent en effet quelques fortes pensées philosophiques, de même que le vent tempétueux qui s’arrête ponctuellement tous les soirs vers 20 heures.
    On est bien en droit de se demander finalement quel est le véritable nom de ce drôle de jeu…

  3. Black Mamba Warrior

    Petite anecdote de bureaucratie.
    Pour avoir un vaccin pour l’hépatite B, il faut passer par le médecin pour obtenir une ordonnance.
    Tu vas ensuite à la pharmacie et là, on t’annonce qu’il y une pénurie de vaccin. Le seul moyen de t’emprocurer, il faut se déplacer à la pharmacie d’un hôpital « important ».
    Tu y vas donc, tu fournis ton ordonnance et la carte vitale. Damned ! le lecteur de carte ne fonctionne pas. La carte serait muette. Bon prince, on décide de régler en totalité la facture. Ben, non! T’as pas le droit, la pharmacie n’accepte aucune forme de paiement. On te propose de mettre à jours la carte dans l’une des bornes de l’hôpital qui se trouve dans les bureaux des admissions.
    Parcourt de combattant, tu te trouves devant des bureaux fermés aux heures des dites heures d’ouverture. Mince… Tu retournes à la pharmacie qui a gardé entre temps ta précieuse ordonnance en otage. Tu expliques que les bureaux sont fermés. Autre solution possible, il faut présenter le justificatif de ayant droit à la sécu. Ce précieux se trouve à la maison qui est à une heure en voiture sans compter l’allez-retour. Heureusement qu’il existe les smartphones, un SMS envoyé et voila la photo du précieux. Et dernier détail, malgré la possibilité d’agrandissement, il faut encore appeler l’expéditeur de la photo car apparement ce n’était pas lisible juste au niveau de la pliure du document.
    Pays complètement singlé, noyé par l’administration.

    1. theo31

      Un parent proche soigné pour un cancer en phase terminale cet été : pas de médocs et de séances de kiné pour cause que les ordonnances n’ont pas été communiquées à l’établissement. Les médecins sont en vacances.

      Idem pour les soins : deux aides soignantes pour plus de 20 patients tous plus ou moins grabataires. Faut pas tomber malade au mois d’août.

      Ce pays est une honte.

        1. Lark on the Wing

          En contre-exemple : mon père, 94 ans, cancer généralisé mais très lent dans sa progression… hospitalisé régulièrement, chimios peu espacées…
          Il vient d’être à nouveau hospitalisé pour une bronchite avec 40° de fièvre : service impeccable à tous niveaux… évidemment, c’est une clinique et pas un hôpital…

    2. Lark on the Wing

      Est-ce que tu as lu « Messieurs les Ronds-de-Cuir » de Courteline ? je te promets quelques moments de rire (jaune)…et encore, pauvre défunt Georges n’avait pas connu notre France actuelle, sous-gouvernée et sur-administrée…

      Pourtant, son Conomètre pourrait rendre quelques signalés services au sein de notre personnel médiatico-politico-administratif…

      wikipedia.org/wiki/Georges_Courteline

      PS : « personnel médiatico-politico-administratif »… hein ?… l’hybridation est flagrante, quand on voit, comme actuellement, des politiqueurs devenir journalistes, des fonctionnaires passer politiqueurs, des journaleux faire de la politique, et tous de sucer les généreuses mamelles étatiques, soit en revenant dans leur administration d’origine, soit en palpant leurs confortables indemnités parlementaires, soit encore en étant subventionnés au titre de la Presse mainstream…
      Le vrai « complot » est là, dans ce mélange éhonté des genres… et entendre le Nazerolle brûler ce qu’il a adoré, il y a seulement 4 mois… c’est amusant… « Lécher, lâcher, lyncher »… je ne sais plus qui a frappé cette formule, mais elle est admirable : tout est dit « in a nutshell »….

      static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2016/04/24/macronrats.jpg?width=4669&height=4751&width_format=pixel&height_format=pixel

  4. UnLorrain

    Le croque-mort mord le gros orteil du défunt et ainsi décréte que la personne est effectivement morte,ne réagissant pas a la douloureuse morsure. C’était au temps des choses simples cette manière.
    Flaubert souhaite ce genre de funérailles pour lui-même,son corps posé sur un lit de feuilles sèche dans un bois,les oiseaux viendront picorer ce qui sera comestible.

  5. Dr Slump

    Ah, les pompes funèbres… l’état entoure cette activité de tellement de prévenances, d’égards, et de réglementations discrètes, qu’on en vient à se demander s’il n’y aurait pas anguille sous roche… oh, je n’imagine pas un seul instant qu’il y ait quelques intérêts bien compris entre un état fort libéral, et un commerce respectable, humaniste, oeuvrant avec retenue et parcimonie pour fournir des services funèbres qui rendent la mort si noble et solennelle dans ce glorieux pays des droits de l’homme.

    Les pompes funèbres font oeuvre de service public, ils servent le bien de la société, apprend-on à la lecture d’un prospectus mis à disposition dans le magasin de trucs en marbre moches et chers, entre 2 larmiches, pendant qu’on négocie le prix du cercueil, du transport, de la tombe, combien vous dites? 10.000 euros??? Vous êtes notaire ou quoi??

    1. Calvin

      Pour l’instant, dans le monde capitaliste, on meurt seul.
      C’est au Venezuela que le mourirensemble fait partie ou plutôt devient le vivrensemble.

    2. Dr Slump

      Ce qu’il y a de plus choquant je trouve, c’est que l’on soit contraint par la loi de recourir aux services de pompes funèbres pour enterrer ses morts. Et donc de passer à la caisse aux prix et aux conditions décidées par ceux-là. L’état protège une corporation de croque-morts. Jusqu’au tombeau, l’état te tient, et au-delà!

      1. Calvin

        En dramatisant et scénarisant la mort, l’Etat s’assure que les contribuables de la famille du défunt participent à l’effort de gabegie et règlent les frais de succession sans révolte.

  6. SOS Sentiers battus.

    « Plus l’inondation se répand, plus trouble et plus superficielle en devient son eau ; la révolution s’évapore, seule reste alors la vase d’une nouvelle bureaucratie, les chaînes de l’Humanité torturée sont en papiers de ministère »
    (Kafka à propos de 1917 mais toujours d’actualité)

  7. Mildred

    Vous avez tort d’ironiser sur les restes des défunts utilisés dans des préparations culinaires amusantes ou non !
    Je me souviens de ces deux sœurs qui vivaient en zone occupée pendant la dernière guerre, et qui recevaient de temps à autre un colis alimentaire d’une tante restée en zone libre.
    Et voilà qu’un jour elles reçoivent un paquet contenant une poudre grise qu’elles prennent pour un condiment ou un complément alimentaire. Quoiqu’il en soit, elles en saupoudrent régulièrement leur cuisine tant et si bien qu’il n’en reste bientôt plus miette. Tant mieux, se disent-elles, parce que ce n’était pas bien fameux !
    Ce n’est qu’après la guerre qu’elles ont reçu cette lettre du maire de la commune où vivait leur tante, s’informant de savoir si elles avaient bien reçu les cendres de leur parente défunte, qu’il leur avait fait parvenir !

    1. Lark on the Wing

      Légende urbaine… comme celle de Keith Richards, avec les cendres paternelles…

      Notez que les règlements touchant les obsèques ont été édictés sous le régime de Vichy (dont on tend à minorer l’œuvre administrative, comme ce 1% patronal, par exemple, qui fait en ce moment le bonheur et l’avenir du brave Benoit Disparu).

      Pour rester dans ce même registre, je viens de lire « La Mort Apparente et les Inhumations Prématurées » de Gustave Le Bon… bien plaisant, allez… m’a confirmé dans mon intention de crémation… seul point ennuyeux : trouver le Drakkar… pas facile, hein ?… :)))

      1. Pheldge

        Keith Richards, avec les cendres paternelles, c’est pas une légende, j’ai vu une interview dans laquelle il confirmait l’avoir fait , tant « par réflexe » que par curiosité quand quelques unes se sont échappées de l’urne …

        1. Mildred

          Mais ce que je raconte n’est pas une légende non plus ! De ces deux sœurs qui à l’époque étaient très jeunes, une riait beaucoup en racontant que la famille avait mangé la tante, tandis que l’autre était absolument furieuse à cette idée..

  8. Jérôme

    Pompes funèbres, business assez particulier avec comme idée principale que les morts sont des produits qu’il faut gérer et un humour et une mentalité assez glauque pour ceux qui ne bossent pas dedans et qui peuvent être amené à les côtoyer.
    Se féliciter des bons chiffres lors des canicules ou des épidémies de grippe, sans aucune compassion ou humanité, pas facile à supporter.
    Et les prix sont élevés parce qu’ils profitent de la peine des gens et que la réglementation oblige à passer par eux.

    1. BDC

      J’avais un collègue qui avait fait plusieurs métiers, dont croque-mort avant. Effectivement il m’a raconté leur humour particulier, mais le métier est très particulier aussi. Il a arrêté quand il a dû s’occuper d’un enfant, là c’était trop dur.

  9. jsp

    Colum McCann, dans Treize façons de voir (il s’agit de la fin d’après-midi d’un juge): Lui, reprenait du poil de la bête avec l’assurance d’échapper à l’incessant défilé des chargeurs, barillets, crans d’arrêt, matraques. Toute cette misère. C’était comme si, soudain, des cloches d’église tintaient vers seize heures trente dans la chambre ou dans un bureau, tandis qu’il épluchait dossiers et dépositions, rédigeait un arrêt, signait cette interminable paperasse. Elle aussi une forme de violence gratuite.

  10. albundy17

    L’histoire des 48 heures est vraiment débile, j’avais un ami qui a eu un accident de plongée dans les eaux de Malte, donc autopsie, donc 48 heures dépassées.

    De plus, une fois le corps rapatrié dans un cerceuil scellé, effectivement pas de crémation malgrè ses volontées à ce sujet et les emmerdement administratif supplémentaire n’ont pas permis à son épouse de voir sa dépouille, trop compliqué d’enlever les scellés

  11. MichelC

    Et le petit sous la jupe de sa maman veut plus d’Europe… Pour cela, il préfère taxader les polaks.

    Tout comme pour les salaires, il rêve peut-être que les 27 pays s’alignent sur le monceau de Cerfa Grançais ❓

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