Ne copiez pas l’Etat. Il n’aime pas du tout la concurrence.

Ce dimanche, plutôt que s’enquiquiner à analyser les pathétiques déclarations de politiciens à bout de souffle, ou revenir en détail sur l’actualité chaude du moment, je vous propose un fait divers récent illustrant parfaitement l’état d’avancement du totalitarisme dans les sociales-démocraties.

Tout commence il y a un peu plus de 10 ans, en 1998, aux Etats-Unis. Bernard von NotHaus décide de lancer un commerce simple : il va produire des pièces dont la valeur intrinsèque est celle du métal précieux dont elles sont composées, et émettre des billets dont la valeur est strictement la contrepartie d’une quantité d’or ou d’argent dans des coffres.

Ébouriffant, non ?

Rapidement, la monnaie ainsi créée gagne en notoriété et en utilisation : plus de 250.000 personnes utilisent pour des transactions commerciales ses pièces d’or et d’argent , les Liberty Dollars. Cependant, deux problèmes voient le jour : le premier est que, parallèlement à l’émission de cette monnaie corrélée à un métal précieux, le dollar américain dégringole. Logiquement, l’or et l’argent commencent à monter, et les Liberty Dollars, en conséquence, voient leur valeur intrinsèque dépasser largement leur valeur faciale (de 1, 5, 10, 20 ou 50 $).

Le second problème est le positionnement ouvertement subversif choisi par Von NotHaus pour vendre ses pièces : il explique clairement, dès le début de l’opération, estimer que la Federal Reserve est inconstitutionnelle et dangereuse, et s’emploie donc à positionner ses pièces puis ses « reçus de contreparties » (billets) comme une alternative solide et crédible au dollar américain traditionnel.

Autant le premier problème est épineux mais pas insoluble, autant le second va déclencher une avalanche d’ennuis de plus en plus importants pour le fondateur : au milieu de l’année 2009, les opérations commerciales sur le Liberty Dollar sont interrompues, et Von NotHaus est arrêté et accusé de crime fédéral.

Lundi dernier, l’état fédéral est passé à l’étape suivante : récupérer, par tous les moyens, l’équivalent — en pièces d’argent — de sept millions de dollar (US) afin d’arrêter une bonne fois pour toute les velléités de l’activiste. Pour cela, les fédéraux n’auront pas hésité à utiliser le qualificatif de « terroriste » pour son commerce : puisque le nom contient « dollar », que les morceaux métalliques ressemblent à des pièces, qu’on y trouve une devise (« Trust in God« ) qui ressemble à celle des dollars américains officiels, on va accuser le bonhomme de contrefaçon monétaire.

Et il est vrai que, lorsqu’on voit les pièces et les billets émis, on ne peut pas douter que plus d’un pourrait se laisser prendre et imaginer qu’il s’agit bel et bien de dollars américains « standard » :

Comme le signalait fort justement Le Dabe, dans Le Cave Se Rebiffe, en 1961, en matière de monnaie, les états ont tous les droits et les particuliers, aucun.

Le ridicule, ici, se dispute au scandale.

On passera sur le fait que des contribuables américains ont donc payé, assez cher, pour que des équipes de fédéraux, de policiers, d’avocats, de juges, s’occupent d’un type qui, essentiellement, vend de l’or et de l’argent. Il est vrai que la traque des vrais criminels, qui tuent, qui violent, qui pillent ou qui rançonnent est un tantinet plus compliquée.

Quant au ridicule, les chefs d’accusation se suffisent à eux-même ; mis à part l’état américain, personne n’avait en effet déposé plainte contre les agissements de Von NotHaus.

En réalité, ce cas est l’illustration parfaite que l’état n’aime absolument pas la concurrence sur les services qu’il prétend offrir mais qu’en réalité il distribue parcimonieusement contre une autre denrée que la monnaie : le pouvoir.

Laisser le Liberty Dollar s’enraciner, c’est risquer d’avoir une population totalement indépendante du dollar américain officiel. Une population indépendante d’une source de pouvoir (celui de battre monnaie en est un très grand) est une population qui ne sera pas manipulable, dont, de surcroît, on aura bien du mal à tirer profit, direct ou indirect.

Cette opération policière est aussi une excellente démonstration que l’inflation qu’on observe sur le dollar officiel est parfaitement assumée, voulue et imposée à tous : les élites savent parfaitement qu’il n’y aura pas de remboursement possible d’une dette colossale autrement qu’en faisant défaut, ou en la diluant dans une inflation galopante.

Or, si une partie suffisante de sa population n’utilise plus le dollar officiel, celui-ci voit sa valeur s’effondrer plus vite que ce que les dirigeants (et de fait, ceux qui en profitent) ne peuvent contrôler : l’inflation, par principe et lorsqu’elle est relativement bornée, est un levier intéressant pour ceux qui sont proches de sa source puisqu’elle leur permet de s’enrichir à bon compte. Les bulles immobilières ou sur les actions en sont les illustrations récentes.

En revanche, lorsque cette inflation galope, plus personne n’y gagne. Et un gain de notoriété dans un dollar assis sur des métaux précieux, c’est l’assurance d’une perte de crédibilité du dollar officiel, avec tout ce qu’on peut imaginer d’enquiquinements colossaux ensuite…

À l’instar des organismes vivants qui, lorsqu’ils sont faibles ou malades, font preuve d’une agressivité renforcée, l’état américain — comme, du reste, la plupart des sociales-démocraties actuellement — a décidé de montrer les crocs très vite pour cette billevesée qui n’aurait sans doute déclenché aucune réaction il y a un siècle.

A l’échelle du monde, on remarque la même chose : au fur et à mesure que les états sociaux, nounous de plus en plus étouffantes, croulant sous des monceaux de dettes, se font plus faibles pour régler leurs problèmes internes, les tensions internationales s’accroissent avec l’apparition de conflits de plus en plus violents.

Gageons que nous verrons d’autres affaires similaires ou l’adjectif « terroriste » sera utilisé de plus en plus légèrement.

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Commentaires79

  1. Galuel

    Ce que je ne comprends toujours pas dans cette affaire c’est pourquoi marquer « $ » ou « € » sur des pièces qui ne représentent in-fine qu’une quantité donnée de métal ?

    Pourquoi ne pas simplement faire des pièces labellisées « liberty gold », « liberty copper », « liberty silver », ou toute autre marque avec marqué dessus « 1 once » ou « 10 g » ???

    Faire commerce du métal n’est pas interdit. Mélanger les genres en l’appelant « $ » est pour le moins curieux.

    Il y a là un biais sur la nature de la mesure qui est notée sur le bien proposé…

    1. Mmh pourquoi pas ? Pourquoi ne pas marquer « DOLAR » ou « TALLER » ou « LOUIS » sur les pièces si on en a envie ?

      1. Galuel

        Pour la même raison qu’il est incorrect de marquer « Adidas » sur des équipements qui n’ont pas été frabriqués par Adidas. Le $ n’est pas une marque libre de droit !

        Que ces pièces marquent « 10 popol » en expliquant qu’un popol signifie 31 g d’or, ou « 10 marcel » en expliquant qu’un marcel signifie 31 g d’argent ne devrait pas poser de problèmes.

        On peut déposer le nom « marcel », et nommer « marcel » des ronds de métaux, tout en indiquant directement sur la pièce elle même qu’un marcel signifie par exemple 10 g d’or.

        Mais on ne viole pas le droit de propriété d’une marque. GNU/Linux ne s’est pas appelé « Windows »…

        1. Galuel

          Le « dollar » est protégé. La contrefaçon du $ est interdite.

          On ne peut pas utiliser le terme « dollar » au sens du nom donné à un moyen d’échange. On peut utiliser le mot « dollar » dans des textes, sur des étiquettes de prix, dans toute sorte de communication, mais pas sur un outil d’échange.

          Il y a un seul outil d’échange qui peut s’appeler $ : la monnaie fédérale des USA, définit par des règles, contrôlé par des processus bien définis (contestables mais définis), et modifiables selon des procesus eux aussi bien définis (processus démocratiques).

          Par contre le mot « gramme » est permis pour être apposé sur tout type de bien, et signifie quelque chose de précis en terme de mesure.

          Il n’y a donc pas de soucis particulier à définir des formes quelconques à partir de métaux, comprenant une marque particulière qu’il convient de protéger, comme une marque ou un label, et qui définit une mesure de masse de telle ou telle quantité.

          Mais vouloir tromper le public, et voler les détenteurs d’un système, en faisant de la contrefaçon est effectivement une activité nuisible.

          Encore une fois GNU/Linux ne s’est pas appelé Windows, n’a pas eu pour intention de changer Windows, s’est développé parallèlement, à partir de préceptes bien définis, qui lui sont propres, et qui n’ont à aucun moment interféré vis à vis de la propriété de Windows.

        2. Flak

          c’est vrai mais ca ne contredit pas le fait avere que les etats detestent la concurrence. Le gars a ete un peu bete sur le coup, il aurait du s’y attendre surtout s’il etait deja libertarien sur les bords.

        3. Galuel

          @Flak « les etats detestent la concurrence »…

          Pas que les états. Microsoft a toujours tout fait pour imposer son OS sur les machines avec des pratiques coercitives.

          On peut multiplier les exemples à l’infini.

          Mais on peut d’autant mieux lutter qu’on est irréprochable sur le respect de l’adversaire. C’est ce qu’a fait GNU/Linux. C’est ce que font aussi les SEL (systèmes d’échanges locaux) qui ne prétendent pas être la monnaie étatique.

          Vendre du métal n’est pas interdit.

          1. « des pratiques coercitives. »
            Non. Encore une fois, tu emploies des mots en détournant les définitions.

            Microsoft a utilisé le lobbying, c’est l’état qui, éventuellement, peut utiliser des manières coercitives et… ne l’a pas fait : n’importe qui peut faire son propre OS. D’ailleurs, Linux et MacOs en sont des exemples vivants.

            Bref, tu racontes encore une fois n’importe quoi.

        4. Théo31

          « Microsoft a toujours tout fait pour imposer son OS sur les machines avec des pratiques coercitives. »

          N’importe quoi !

        5. Théo31

          Quand vous achetez un Mac, vous devez utiliser les logiciels Mac. Bizarrement, personne ne porte plainte contre cet immonde monopole qu’est Apple. C’est dingue non ?

          En revanche, quand vous achetez un PC, vous n’êtes pas obligé d’y installer Windows.

        6. 3he

          Apple vends du matériel et OS lié (et accessoirement, Apple fait *TOUT* pour que son OS soit difficile à faire fonctionner sur des plateformes non Apple.)

          Non, les pratiques commerciales de microsoft n’ont pas toujours été blanc-bleu… Microsoft vends du logiciel et avait conditionné les prix de vente des licences windows aux fabricants, à la vente forcée (donc pas de disponibilité de PC sans os microsoft pour un fabricant, sinon le prix de la licence fesait des saltos, tout comme Intel avait conditionné de belles remises à Dell, en échange de l’absence d’AMD au catalogue du constructeur.)

          Ces procédés entrainent une distortion de la concurrence, et c’est ce point que les tribunaux américains avaient en leur temps jugés illégitimes et sanctionnés.

          NB : je ne parle pas ici de l’intégration d’IE ou de des procès concernant la non inter opérabilité, plus récent. C’est juste une réaction par apport au « N’importe quoi ! » de Théo31 😉

          1. Ce billet *n’est pas* un billet sur M$ vs Apple.

            Et M$ n’a pas le monopole puisque justement, n’importe qui peut mettre n’importe quel OS sur son PC (ou en concevoir un).

        7. 3he

          Théo31 > C’est pas comme si Microsoft avait utilisé des procédés anti-concurrentiels, pratiqué la vente forcée ou des prix dissuasifs en fonction de la réceptivité de ses client à proposer (ou pas) leur matériel sans licence Dos ou Windows… 😉

        8. boudou

          Evidemment, puisque quand on achète un PC, Windows est DEJA installé dessus (ce qui est parfaitement illégal).

          1. Et l’état est derrière vous avec un flingue pour vous interdire de changer d’OS, c’est ça ?

        9. Galuel

          La justice condamne avec raison les contrefaçons de Windows, ou les produits qui s’éditent sous le label de marques, ou l’émission de faux titres de propriétés, de fausses actions etc…

          Le « Liberty DOLLAR » est dans ce cas.

          Le DOLLAR N’EST PAS une quantité de ceci ou cela. Son mode d’émission répond à des règles définies par les USA.

          Le « Marcel Gold » qui est une quantité de 10 g d’or, et le « Marcel d’Argent » qui est une quantité de 10 g d’argent ne sont pas des dollars, et à ce titre ne sont pas des contrefaçons.

        10. julito

          Pas sûr que le nom « Liberty Dollar » soit le centre de l’affaire. L’État Américain et la FED jugent simplement illégal la création d’une monnaie en dehors de leur monopole.Von NotHaus aurait eu exactement les mêmes problèmes si sa monnaie s’était appelée « Marcel Gold ».

          1. Exactement. Et lire les articles en lien permet de comprendre la nature du problème. Le nom, ici, est parfaitement accessoire.

        11. gem

          Le mot « dollar, protégé ? Il y a 10 ou 20 pays dont la monnaie s’appelle « dollar ». Disney utilise des Disney Dollar.
          Quelqu’un a-t-il jamais entendu parler de la moindre protestation ou pression diplomatique des USA (ou pour Disney, des autorités fédérales) pour que ça cesse ?

  2. POE

    Effectivement, l’objection de Galuel me semble reçevable.
    L’usage du terme dollar prête à confusion, il eut été préférable de s’en passer.
    Sinon, je m’interroge sur le mode de rémunération de ce commerce. Si la valeur du billet correspond exactement à celle du métal, il n’y a pas de bénéfice ?

      1. Galuel

        Ce n’est justement pas « chez nous », ni « chez les USA », ce sont des pays souverains.

        Que ceux qui souhaitent vendre et acheter des grammes d’or, marquent précisément de quoi il s’agit = des grammes d’or. Pas l’outil de souveraineté des états.

        1. Tututut.

          Le mot dollar n’est pas déposé, c’est tout. Je peux très bien avoir des dollars canadiens en poche et les dépenser aux USA. Il m’en coûtera un premium, mais c’est comme ça. Je l’ai fait. En vrai. Renseigne-toi.

          Quant à l’outil de souveraineté gnagna, tant qu’on donnera du pouvoir à ces monstres froids, ils le prendront. Et on sait comment ça se finit : toujours mal. Toujours.

      2. Galuel

        Peut-être, je n’ai pas d’avis arrêté sur ce point.

        Mais encore une fois développer GNU/Linux s’est fait sans toucher à la position de Windows, même si la vente liée a aussi été pointée du doigt, c’est bien d’abord et avant tout le développement d’une offre différente, portant un nom différent, et qui n’intérfère pas avec l’offre en place qui est le point permettant l’accès à la pluralité des outils.

        De la même façon le $ est un outil de souveraineté, c’est un fait. L’attaquer de front n’est pas une solution.

        Le WIR Suisse a montré une voie qui a fonctionné. La définition d’une monnaie sur un nom neuf, des principes neufs, et qui existe encore 75 ans après.

        Mieux, la monnaie souveraine, le Franc Suisse, voyant que son fonctionnement était bénéfique le reconnaît comme monnaie complémentaire valable (et échangeable).

        On peut donc aussi reconnaître que la méthode choisie dans ce cas du « Liberty Dollar » n’est pas la meilleure au vu de ce qui a fait le succès de GNU/Linux ou du WIR.

        1. chabenj

          Assez d’accord avec Galuel: si tu veux vendre des chaussures de sport et concurrencer Adidas, soit tu décide de t’appeler Nike, soit tu décides de t’appeler Adadas. C’est pas tout à fait la même démarche. D’ailleurs, le titre du billet est ambigu: Tu y parles de copie et de concurrence. Ce sont deux concepts différents.
          Cela étant dit, il est probable que si les piécettes de Mr Von NotHaus s’étaient appelées juste ‘Liberty’, les autorités américaines n’auraient pas sauté de joie non plus.

        2. julito

          Vraiment pas sûr que le nom « Liberty Dollar » soit le centre de l’affaire. L’État Américain et la FED jugent simplement illégal la création d’une monnaie en dehors de leur monopole.

          Von NotHaus aurait eu exactement les mêmes problèmes si sa monnaie s’était appelée « Marcel Gold ».

          1. Tu es mal renseigné : il y a eu, récemment, une saisie des avoirs de eGold, par exemple.
            En gros, dès que le business commence à fonctionner, le FBI tombe sur les marchants pour la simple et bonne raison qu’ils commencent à faire de l’ombre à la Fed.

        3. Théo31

          Von NotHaus n’a pas 14 000 milliards de dollars de dettes à rembourser. Si l’Etat peut la rembourser avec de la monnaie de singe (planche à billets) et par là spolier les épargnants, il ne va pas se gêner. Un type qui crée une bonne monnaie est forcément une menace.

        4. Galuel

          @h16

          « il y a eu, récemment, une saisie des avoirs de eGold »

          Ca, ça mériterait d’être étudié dans ce cas.

          S’il n’y a pas de raison valable évoquée, comme c’est le cas pour le « liberty dollar » qui utilise le terme « dollar », ça doit être dénoncé.

          Je ne vois aucune raison valable à empêcher le commerce du métal.

          1. Mais même l’utilisation du terme dollar n’est PAS une raison valable. En aucun cas, il ne s’est agit ici de faire passer le Liberty Dollar pour un US dollar ; il faut être d’une mauvaise foi en béton armé précontraint pour oser prétendre que les pièces et billets proposés pouvaient se faire passer, même de loin, pour la monnaie officielle des US.

            Mieux, si tu lisais les articles en lien, tu découvrirais que nulle part dans la constitution et les textes de lois américains n’est mentionné l’interdiction de monnaies concurrentes à celle émise par le Sénat.

        5. Galuel

          Il y a le terme « Liberty dollar » qui peut être dénoncé. Mais pas seulement. Il y a aussi des symboles US sur les pièces et billets.

          Il y a d’autres formes de monnaies complémentaires qui n’ont pas subi ce genre de problèmes.

          Et par ailleurs je ne vois vraiment AUCUNE possibilité non seulement légale mais aussi TECHNIQUE d’empêcher le commerce de métal !

          Comme de plus il existe un droit des marques, qu’on propose un objet quelconque, estampillé, numéroté, et comprenant l’indication de son poids, et il n’y a aucun problème possible.

          Ou alors faut virer les métaux de tous les magasins et toutes les grandes surfaces ?!! Ca n’a pas de sens.

        6. Mr T

          J’ignorais que l’état fédéral avait non seulement le monopole sur le mot « dollar » mais également sur les représentations graphiques de la Statue de la Liberté. C’est… wow.

          La raison pour laquelle le liberty dollar est visé en particulier c’est son succès et précisément le fait qu’il ne s’agit plus d’un commerce de métal mais bien d’une monnaie concurrente posant une menace sérieuse à la devise légale.

          « Et par ailleurs je ne vois vraiment AUCUNE possibilité non seulement légale mais aussi TECHNIQUE d’empêcher le commerce de métal ! »

          Ca ne s’est jamais vu.
          http://en.wikipedia.org/wiki/Executive_Order_6102

        7. Higgins

          D’après JP Chevallier, « La seule erreur qu’il a faite a été d’employer le mot dollar ».
          Pour autant, si comme tu le dis H16 (et je te fais confiance sur ce point), « nulle part dans la constitution et les textes de lois américains n’est mentionné l’interdiction de monnaies concurrentes à celle émise par le Sénat. », va-t-on assister à une belle bataille juridique dans les mois ou années à venir, les américains étant particulièrement sourcilleux dès qu’on évoque les amendements de leur constitution et le respect des libertés fondamentales?

        8. Galuel

          Je n’arrive toujours pas à voir en quoi

          (1) D’après JP Chevallier, « La seule erreur qu’il a faite a été d’employer le mot dollar »

          Est en rapport avec

          (2) Pour autant… « nulle part dans la constitution et les textes de lois américains n’est mentionné l’interdiction de monnaies concurrentes à celle émise par le Sénat. »

          « Créer une monnaie » n’implique en rien de l’appeler du même nom, de faire référence au même nom, ce qui s’apparente à de la contrefaçon.

          En Suisse existe le WIR, en France existent le SOL, l’Abeille, le PIAF…

          Par ailleurs je peux commander un lingot d’argent, un lingot d’or, un lingot de cuivre, acheter des objets faits en différents métaux etc… Mais tout ceci ne s’appelle pas « franc » ni « euro » ! Ca s’appelle Cuivre, Or, Argent… Et les objets fabriqués avec s’appellent autrement.

        9. gem

          Si dollar était protégé, ton objection serait concevable ; mais ce n’est pas le cas. dollar est un quasi-synonyme de monnaie, on parle d’euro-dollar, de pétro-dollar, de dollar canadien et même de disney dollar, rien de tout cela n’a jamais suscité la moindre réaction de l’état US, et si le « liberty dollar » pose un problème ce n’est clairement pas celui-là.

        10. Mr T

          Pour moi c’est clair ça prend juste une dose d’hypocrisie incroyable pour en arriver à ce niveau d’obstination, je ne vois pas l’intérêt de continuer sur la même polémique.

        11. Théo31

          « en France existent le SOL »

          C’est une monnaie festive-citoyenne-éco-compatible crée par les autorités, non par le libre marché, non épargnable, et utilisable uniquement dans les boutiques « économie solidaire » moyennant le paiement de droits pour s’en servir :

          « Pour favoriser les échanges, la validité d’un coupon diminuera de 2% au bout d’un trimestre sans utilisation, et si l’utilisateur veut récupérer des euros il s’acquittera d’une taxe de 5% alimentant un fonds en faveur des projets d’économie solidaire »

          Un utilisateur de cette monnaie sera perdant dès lors qu’il aura adhéré à ce système.

  3. Paulo

    Cette histoire vraie fait penser au petit roman de Charles-Ferdinand RAMUZ intitulé Farinet ou la fausse monnaie (1932)
    où la « fausse » monnaie de Farinet, gagée sur le gisement d’or qu’il a découvert, finit par inspirer plus de confiance au peuple que la « vraie », celle de l’État, qui est pourtant en l’occurrence l’État helvétique ! Le personnage fictif est inspiré par un réel Farinet, mais qui lui était pour le coup un vrai faux-monnayeur… Nous en donnons une citation éclairante sur http://www.paulsoriano.fr/Questions-de-confiance.html. Voir aussi http://www.plaisirdelire.ch/ramuz-charles-ferdinand/c-f-ramuz-farinet-ou-la-fausse-monnaie.

  4. Spurs62

    Je suis assez d’accord avec l’avis de Galuel, le fait d’appeler une monnaie parallèle « dollar » n’est pas une bonne idée car cela touche directement la souveraineté de l’Etat qui est en place et supposé légitime (il y a les élections pour ça).

    @h16, on ne peut pas dire que ta position est ouverte au débat…Le dollar canadien est apparu après le dollar américain et est contrôlé par l’Etat canadien exclusivement.

    Les monnaies complémentaires existent et sont des monnaies à part entière avec une conversion possible dans la monnaie officielle. Ouverture sur les monnaies complémentaires ici: http://monnaie-locale-complementaire.net/2011/02/monnaies-complementaires-quelle-vocation/

    1. Relisez : on me dit « le mot dollar est déposé », je dis non. Et je le prouve.
      Le reste, c’est de la fanfreluche basée sur un principe de souveraineté qu’on ne voit définit nulle part.

    2. Mr T

      Les monnaies complémentaires resteront des colifichets tant que les devises nationales auront cours légal.

      Pour le coup du dollar je suis d’accord avec h16. D’ailleurs bien avant que les fédéraux prétendent que la « marque » dollar leur appartient il s’agissait d’une simple unité de mesure. Tiens pourquoi ne pas attaquer les numismates et autres vendeurs d’anciennes pièces / billets de collection qui portent l’appelation « dollar » et n’ont plus cours légal sur les mêmes chefs d’accusation pendant qu’on y est ?

  5. Stéphane

    “Attempts to undermine the legitimate currency of this country are simply a unique form of domestic terrorism,” U.S. Attorney Tompkins said in announcing the verdict.

    « Les tentatives de miner la monnaie légitime de ce pays sont simplement une forme unique de terrorisme domestique »

    Intéressant.

    Quand le dollar s’effondrera, j’espère bien qu’on réutilisera cette formule, sans en changer une virgule, à l’encontre des politiciens qui ont laissé se creuser des déficits délirants.

  6. gnarf

    Oui c’est ca le probleme…faire le commerce de metal, de papiers representant du metal a mon avis ca passerait sans probleme.

    Declarer que par ce commerce on veut mettre a terre la monnaie officielle, denoncer cette monnaie comme inconstitutionnelle… c’est tout a fait autre-chose. En France on dirait trouble a l’ordre public.

  7. gnarf

    Sur wikipedia ils citent les articles de loi auxquels il contrevient. Celui-ci est tres clair… interdiction de frapper une monnaie quelle qu’elle soit, meme sur un design original:

    http://www.law.cornell.edu/uscode/18/486.html

    Whoever, except as authorized by law, makes or utters or passes, or attempts to utter or pass, any coins of gold or silver or other metal, or alloys of metals, intended for use as current money, whether in the resemblance of coins of the United States or of foreign countries, or of original design, shall be fined under this title [1] or imprisoned not more than five years, or both.

    1. Stéphane

      A part que ladite loi est dans le chapitre sur la contrefaçon et la falsification. Mais j’avoue que la notion de « design original » est innovante: je suppose que le citoyen lambda est donc poursuivable d’office pour la production de n’importe quel objet utilisable comme monnaie…

  8. gem

    Disney ne semble pas avoir de problème, pourtant…

    http://en.wikipedia.org/wiki/Disney_dollar

    http://disneydollars.net/

    Alors que pour le coup on est bien dans une imitation du dollar :
    http://www.google.fr/#hl=fr&source=hp&biw=1280&bih=779&q=disney+dollar&aq=1&aqi=g6&aql=&oq=disney+doll&pbx=1&fp=1650885b28abf917

    Ça va être rigolo quand les avocats de l’accusé vont faire citer la Disney corp. et demander au jury si c’est une organisation terroriste, elle aussi …

  9. stilicon

    Il y a apparemment ici encore beaucoup de naïfs qui pensent que le problème réside seulement dans l’utilisation d’un nom ou une « marque » jamais déposée. C’est l’arbre qui cache la forêt. Le problème est bien que le droit de frapper monnaie est très juteux et que les voyous des gangs étatiques ne supporteraient jamais d’abandonner ce monopole. Sans lui, ils feraient faillite en moins d’un an probablement.
    Mais soyons optimistes, les voyous perdront très prochainement cette guerre comme bien d’autres. Le développement des monnaies alternatives et privées est déjà en marche, et son succès à long terme est inéluctable.

  10. Alex6

    De toutes manieres c’est une idee stupide, peu importe si l’ideal sous-jacent est valable moralement, il y avait toutes les chances que ca se finisse mal.
    Les etats ont le monopole de la monnaie, point. Ca n’est pas un gars dans son coin qui va changer ca, aussi intelligent et bourre de bonnes intentions qu’il soit.
    Quand l’etalon-or a ete abandonne, ce fut un acte non-reversible, sauf de maniere forcee si un jour le pays fait defaut (et encore)

    1. gem

      l’idée stupide c’est de croire que les états ont le monopole de la monnaie. C’est simplement faux, ici et maintenant comme ça l’a été historiquement partout et tout le temps. + de 90 % voir 95 % de la monnaie est de la monnaie fiduciaire, émise par les banques (en fait : par les emprunteurs, c’est à dire les entreprises et les particuliers débiteurs, mais vu que les banques ont endossé cette monnaie ça ne fait guère de différence), et tu peux le voir toi même tous les jours : il suffit de comparer combien tu gagnes et dépenses sous formes de carte bleu, chèques et virement, Vs pièces et billets.

      Chassez l’étalon par la porte, il revient par la fenêtre : nous sommes de facto dans un régime d’étalon-pétrole (ce qui n’a rien de stupide, au contraire c’est plus cohérent avec l’économie que l’étalon-or)

      1. gnarf

        Bon on a un systeme avec de la monnaie fiduciaire, mais il faut toujours une reserve fractionnaire de fonds sonnants et trebuchants. La quantite totale de monnaie fiduciaire est liee a la quantite de monnaie emise par les etats.
        Pas d’augmentation du volume de monnaie fiduciaire sans emission prealable de monnaie par l’etat.

        Parce que franchement, si les banques avaient reellement le pouvoir de creer de la monnaie en veux tu en voila, tout serait par terre en 6 mois.

        L’emission de monnaie est bien un monopole etatique protege par la loi.

        1. gem

          Ca c’est la théorie officielle, mais les faits la contredisent, et les banques centrales l’ont parfaitement compris puisque leurs pratiques ne sont pas en accord avec cette théorie à laquelle elles font semblant d’adhérer quand même.

          L’émission de monnaie n’a rien d’un monopole, les états n’ont aucun moyen d’empêcher quiconque d’émettre de la monnaie et ils ne le font pas ; au contraire même, ils endossent la monnaie bancaire (par la garantie des dépôts), ce qui est une façon de feindre d’organiser un phénomène qui les entraine malgré eux. Giscard, étatiste mais pas crétin, avait parfaitement compris tout ça et avait donc renoncer à l’émission de monnaie puisqu’il savait n’en avoir pas besoin.

          Le monopole étatique, car il y en a bien un, ce n’est pas celui de l’émission de monnaie. C’est, bien plus rigolo pratique et efficace, le pouvoir de forcer les gens à accepter la monnaie d’état. Ce qui est bien suffisant pour un état : que les gens émettent et utilisent entre eux toutes les monnaies qu’ils veulent, l’état s’en fout, pourvu que les gens prennent quand même le papier d’état, c’est à dire fournissent des biens réels en échange de torche-cul…

          1. « C’est, bien plus rigolo pratique et efficace, le pouvoir de forcer les gens à accepter la monnaie d’état. »
            C’est un peu plus que ça. On est forcé de l’accepter, et on est forcé de l’accepter à la valeur que l’état décide.

        2. gem

          oui bien sur, ça fait partie de la bonne blague : à quoi ça servirait donc de forcer les gens si on leur offrait du solide qu’ils prendraient bien volontiers tous seuls ?

  11. Jacques

    Ne pourrait-on pas mettre en place un système qui accorde une valeur aux choses de manière certes arbitraire, mais proche de ce que le libre échange donne ? Par exemple, on pourrait décider qu’une heure de travail non qualifié, cela représente 1 kg de cuivre, ou un boisseau de blé, ou 5 grammes d’argent, 100 grammes de ce métal valant lui 5 g d’or ( c’est juste par exemple ).

    En liant ensemble quelques dizaines de produits avec une parité fixe, on pourrait ainsi avoir une base de référence pour une évaluation assez objective de la valeur des choses, sans référence à aucun des symboles étatiques, monnaie ou autre, et tout en mettant les états au pied du mur, l’état ne pouvant pas supprimer un tel concept par décret, ni interdire l’échange privé.
    Cela aurait aussi la vertu, à mon sens, de priver de toute base une bonne part de la spéculation financière, qui se fait en réalité sur juste des symboles, pour ne pas dire du vent…

    1. Ou alors, on laisse faire le marché complètement. Et là, miracle, tout le monde est content.

      1. Jacques

        Oui, bien sûr, H16, il suffit que vous décrétiez le libre marché pour que celui-ci survienne, miraculeusement.

        Ce que je propose, c’est d’inventer des outils pour résister, rien d’autre. Et pour éventuellement instaurer un libre marché, un jour.
        L’heure est à la défense de la liberté, à mon sens, autant prendre, voire créer les bonnes armes , les bons outils, pour cela.

        1. gem

          Le marché ne se décrète pas, il existe spontanément dès que deux personnes se rencontre. Un marché n’est rien d’autre qu’un lieu où on sait qu’on va rencontrer des gens qui auront des choses à vendre et des manques à combler. Contrairement à ce que les étatistes veulent faire croire, il n’y a pas besoin d’une organisation spécifique pour faire fonctionner un marché ; il faut juste un système légal ordinaire capable de faire respecter la propriété et le respect des engagements pris, ce qui n’a rien à voir avec le marché puisqu’on en a besoin de toute façon.

          L’inconvénient de l’économie de marché, ce qui fait qu’elle défrise tant de gens, c’est qu’elle prend acte du fait que la valeur des choses est relative et variable, et donc qu’on ne peut réaliser ton projet de fixation d’une parité fixe entre les choses. L’économie oscille en permanence : si l’or vaut beaucoup de cuivre, les mineurs et les récupérateurs vont chercher de l’or et pas du cuivre, la quantité d’or va remonter, l’or vaudra moins de cuivre et les mineurs se remettront à chercher/recycler plus de cuivre et moins l’or, et ainsi de suite. La parité fixe est une chimère dangereuse, qui verse une rente et décourage ce genre de mécanisme d’équilibrage.

    2. Olivier

      C’est perdre ce qui fait l’intérêt essentiel du prix : l’information. Le fait qu’un prix monte ou baisse est une information qui incite à adapter la production et en conséquence à augmenter le bien-être.
      Toute construction artificielle qui établit une échelle de valeur n’est pas un vrai « prix », faute d’incorporer cette information.
      Cordialement,

      1. Jacques

        Ce que je propose, c’est d’ajouter une information, justement, celle d’une valeur non manipulable par les états, élargir la référence « étalon_or » à une quantité de biens plus facilement échangeables, et qui donnerait à chacun l’information d’une valeur intrinsèque des choses, déconnecté de toute manipulation possible. Ce que valait une heure du même travail chez les romains d’il y a 2000 ans, ça devrait valoir environ une heure de travail de maintenant, non ? Et non pas, avec l’inflation, une fraction de seconde… Pas question d’instaurer un contrôle des prix, non, juste fixer une juste valeur à quelques biens de base.

        Très cordialement !

        1. Ce que valait une heure du même travail chez les romains d’il y a 2000 ans, ça devrait valoir environ une heure de travail de maintenant, non ?

          Bah non. Le travail humain s’est considérablement renchérit puisqu’une énorme quantité de ce travail peut être fait par les machines.

        2. Jacques

          H16, il n’est pas interdit de comparer ce qui est comparable, mécanisation ou pas, me semble t’il. Même en réduisant l’échelle de temps, nous faut-il plus d’efforts pour obtenir telle ou telle chose (une maison, par exemple) qu’il en fallait voici 30 ans ?
          ( Et ne me dites pas que les machines ont révolutionné le concept de maison depuis trente ans.)
          Est-ce anti-libéral de vouloir donner aux choses une valeur intrinsèque et compréhensible au plus grand nombre ?

          1. En fait, on va se retrouver avec un problème : la maison d’il y a trente ans ne devait pas répondre à toutes les normes qu’on la force à suivre actuellement. Ce sera donc difficilement comparable. Et si on faisait une maison d’il y a 30 ans maintenant, elle ne coûterait pas du tout le même prix.

            Je le répète : le travail humain s’est renchérit, les matières premières ont, très globalement, baissé de prix, et la mécanisation s’est encore accrue. 1h de travail il y a 30 ans n’achetait pas la même chose qu’une heure de travail maintenant. Et heureusement.

            Est-ce anti-libéral de vouloir donner aux choses une valeur intrinsèque et compréhensible au plus grand nombre ?

            Deux cas : vous voulez le faire pour vous même, c’est votre choix. Si vous trouvez qq’un pour partager votre échelle de valeur, tant mieux, sinon, tant pis. Si, en revanche et deuxième cas, c’est pour en faire un mètre-étalon, alors non, ce n’est pas libéral.

  12. Ieremenko

    Hmpf si vous avez eu le malheur d’avoir acheté des actions eurotunnel, vendez les au plus vite l’UE va les faire saisir pour contrefaçon d’euros !

  13. Ferrante

    A vrai dire, le monopole de l’Etat sur la monnaie n’a pas été gagné en faisant les yeux doux. Si, il y a deux siècles, un grand seigneur s’était avisé de créer une monnaie en concurrence du roi, il se serai retrouvé promptement embastillé (et ses ancêtres, jusqu’au XVème siècle, ont payé au prix fort ce genre de tentatives).

    Après la Révolution, ce problème s’est estompé, puisque plus personne n’avait les moyens de frapper une véritable monnaie.
    Mais c’est un pouvoir régalien de l’Etat, et je suis à peu près certain qu’en France, il serai parfaitement constitutionnel (la question ne s’est jamais posée à ma connaissance).

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