Ce que nous apprend la chute de l’Australie

Dans un précédent billet, j’évoquais le glissement de certains pays vers de dangereux marécages dictatoriaux. Or, pour mesurer la vitesse de délitement, rien de tel que deux instantanés à quelques jours de distance.

Avant tout, oublions pudiquement la France dont les instances en sont maintenant au même point qu’Israel à envisager fort sérieusement d’annuler la validité du pass pour ceux qui refuseraient la troisième petite dose. D’une part, il serait malvenu de rappeler que les vilains complotistes évoquaient exactement cette possibilité dès l’introduction de l’idée même du pass. D’autre part, peut-on vraiment appeler dérive ce qui est la suite logique, naturelle et inévitable d’un système dont tout indique qu’il est là pour durer, à commencer par le système d’amendes prohibitives en cas de fraude qui est en cours de mise en place ?

Ce petit point d’étape locale évoqué, s’impose maintenant à nous le tableau d’ensemble.

Stupeur : si mondialement, c’est contrasté (certains États choisissant un vrai retour à la normale comme les pays d’Europe du Nord, les pays du tiers monde n’ayant même pas choisi d’entrer dans le délire sanitaire), on observe en revanche une tendance assez glaçante à l’accélération forcenée vers une dictature pure et dure de certains pays qui ont clairement perdu absolument tout repère avec les valeurs fondamentales de démocratie et de liberté notamment.

J’évoquais bien sûr le Canada qui a choisi l’un de ces éléments caractéristiques des dictatures à savoir la fermeture des frontières, ici aux personnes de moindre extraction (comprenez « non porteur du passeport vaccinal officiel »). On pouffera en pensant aux gogos qui rappellent bruyamment que ces frontières ne sont pas fermées pour ceux qui ont les bons ausweis : un état qui vous accorde tout selon ses propres critères peut tout vous interdire, du jour au lendemain, selon de nouveaux critères. Il ne faudra que quelques semaines de plus pour que les gogos se retrouvent floués et rient jaune.

Socialisme

Mais, de loin, la dérive est encore plus grave et plus forte en Australie.

On savait que les différents États de cette fédération continentale se lançaient dans une sorte de course poursuite à celui qui serait le plus strict et le plus dur en matière de confinements et de règles sanitaires plus ou moins débiles (plutôt plus que moins, d’ailleurs).

Il n’était donc pas surprenant que ce soit dans ce pays qu’on mette en place des camps de confinement dont l’utilité laisse perplexe sur le long terme : si la stratégie Zéro Covid, parfaitement idiote car absolument impossible à tenir plus de quelques semaines et surtout lorsqu’il s’agit de commercer avec le reste du monde, a finalement été abandonnée par la Nouvelle Zélande et, du reste, partout ailleurs, l’Australie semble vouloir y tenir sans l’officialiser.

Peut-être la mentalité insulaire explique-t-elle cette lubie qu’on pourrait vaguement comprendre pour une épidémie atroce avec une létalité très élevée, mais plus du tout au vu des chiffres actuels. Il n’en reste pas moins que les étapes suivantes font maintenant froid dans le dos, à commencer par l’obligation vaccinale pure et simple, pour toute la population. Pour un vaccin qui est toujours officiellement en phase d’essais thérapeutique – et dont l’efficacité et l’inocuité restent toujours largement à débattre, pour le dire aimablement – ceci revient à briser beaucoup des règles fondamentales édictées depuis… Nuremberg.

Tout se passe comme si les autorités australiennes avaient mesuré les réactions des populations concernées pour aller toujours plus loin dans la mise en coupe réglée de leur société : moins les populations réagissent, plus elles se laissent faire voire approuvent niaisement ce qui se passe, plus les politiciens et les administrations derrière eux, toujours avides de pouvoir, se servent copieusement et réduisent les libertés des citoyens qui les ont pourtant placés là.

En pratique, l’Australie n’a maintenant plus grand chose à envier à la Chine. Et s’il y a une différence entre la surveillance permanente et totale exercée par Pékin sur le citoyen chinois et cette même surveillance mise en place à la suite de cette crise sanitaire en Australie, elle n’est que de degré et pas de nature.

Ceux qui croient encore que ces mesures sont aussi exceptionnelles et temporaires que ciblées se trompent lourdement : on se souvient des restrictions sur Facebook qui tombèrent en début d’année et qui permettent à la politicaillerie locale d’imposer ses propres agendas et ses propres nouvelles sur le réseau social transformé en relais officiel des opinions politiques correctement sanctionnées.

Depuis, lorsque par malheur, des utilisateurs commencent à déraper, dans les commentaires, ou dans leurs publications, en faisant preuve d’idées alternatives et en utilisant – horreur – leur liberté d’expression pour formuler des critiques et des objections aux dérives constatées, eh bien… on envoie le côté business d’un canon pour calmer les ardeurs des impétrants :

Notez-le : la liberté d’expression en temps d’hystérie sanitaire n’est pas nécessaire, puisqu’on vous le dit !

D’ailleurs, comme faire ce que vous voulez de votre parole n’est plus autorisé et que faire ce que vous voulez de votre corps est évidemment soumis à régulations strictes, il est logique et inévitable qu’on en vienne à accumuler les barrières… contre le porno sur internet, depuis la mise en place de techniques de vérification obligatoire de l’âge d’accès sur certaines plateformes, jusqu’à un nouveau passeport, pas sanitaire mais numérique celui-ci, avec un succès qu’on imagine déjà solide.

On pourrait ici multiplier les exemples d’abus manifestes, répétés et profonds aux droits fondamentaux qui forment normalement les piliers des démocraties modernes, mais en réalité ce ne sera qu’un constat d’échec cuisant pour celles-ci et la démonstration, plus troublante, que plus elles se gargarisent de liberté et de grands principes, plus vite elles sombrent dans la dictature la plus détestable.

Plus les nations sont confites de politiquement correct, d’un encadrement important de la parole publique par la pression sociale, plus vite ces nations semblent se jeter dans les bras d’une dictature bien-pensante de plus en plus musclée et féroce.

Plus la crise sanitaire se mue en crise des libertés plus il apparaît clair que ces parangons ostentatoires de démocratie, de liberté et de tout le tralala habituel étaient mûrs pour mettre en esclavage leur propre population, avec l’assentiment d’une forte partie de celle-ci.

Une explication à la rapidité de cette chute vient peut-être de la confiance de la population envers ces États qui, jusqu’à présent, avaient su se montrer sinon modestes au moins limités dans leurs exactions. D’un seul coup, cette confiance accordée par les citoyens à leur État sur des gages finalement simples à fournir (peu d’interventionnisme dans les entreprises, un marché relativement libre, des normes peu abondantes ou raisonnablement casse-couilles) a été utilisée pour faire main basse sur tout ce qui pouvait, soudainement, représenter une menace pour l’État. Et ce sont, sans surprise, les citoyens auxquels on a religieusement appris, pendant des générations, à faire confiance à leur administration et qui lui ont, finalement, tout accordé « en toute confiance » qui se retrouvent maintenant totalement à sa merci, de la pire des façons.

Difficile aussi de ne pas noter que ces pays ont soigneusement désarmés leurs citoyens avant de les mettre en cage. Il n’y a pas de hasard.

Quant à l’étape suivante, elle est évidente et déjà en route.

Une fois l’hystérie sanitaire apaisée, l’hystérie climatique pourra reprendre, à un niveau jamais égalé. Google y travaille déjà, les médias aussi : la petite musique du « pass environnemental » se met doucement en place.

Réjouissez-vous : la prochaine dictature, en plus d’être sanitaire, sera résolument verte, et vous l’aurez votée.

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Commentaires487

    1. Ce n’est pas sa tribune, il pointe sur une tribune du Monde. Je pense qu’il doit y avoir un écart entre ce que Consigny pense et cette tribune.

      1. durru

        Pour l’avoir brièvement entendu « débattre » avec le Z sur les GG, j’ai bien peur que, si écart il y a, il n’est pas dans le sens qu’on pourrait attendre…

        1. Spirou

          Consigny est un petit blanc fragile que l’affrontement physique terrorise et au vu du personnage on le comprend. Il vendra père et mère pour s’acheter encore un ou deux ans de répit

      2. heli0gabale

        Je sais que ce n’est pas la sienne mais j’ai bien l’impression au contraire qu’il adhère à 100%.

        (ou alors j’ai mal compris ses intentions)

    2. durru

      « Vous êtes sensé être intelligent et pourtant vous ne comprenez rien. »
      Une réponse à son tt. J’aurais pas dit mieux (enfin, on parle pas orthographe)

  1. heli0gabale

    Le QR code dans la province canadienne de l’Alberta prévoit déjà 8 doses :

    https:/ /twitter.com/wabbitwarrior/status/1448780145339293697?t=G_RoJv32BuPmrWObrmJMCA&s=19

    Hommage à Huskarl qui avait révélé le code source.

  2. heli0gabale

    Quelqu’un avait publié cette petite digne de Mozinor ?

    https:/ /twitter.com/SK_avocat/status/1449024398179110945?t=SoK97XERisR0SbO7stJY8Q&s=19

  3. Yanka

    V.A. : « Jeudi 14 octobre, Emmanuel Macron a participé à un match de football au profit de l’opération Pièces jaunes, avec le Variétés club de France à Poissy (Yvelines). Après cet événement pour la bonne cause, le chef de l’Etat a convié les participants à l’Elysée. Le lendemain, BFMTV a rendu publique une vidéo où Emmanuel Macron est aperçu à cette soirée parmi ses convives. Il est possible de le voir en train de danser sur le morceau « I Will Survive », bien connu dans le monde footballistique. »

    Sauf que « I Will Survive », chanson de Gloria Gaynor, est depuis longtemps un hymne gay. Tapez « I will survive hymne gay » sur Gougueule, ou « I will survive gay anthem », et vous verrez.

    Avec Macron, quoi qu’on dise ou fasse, on l’a toujours dans l’fion.

    1. durru

      À propos de ça, ils se sont pas gênés dans les MSM de remarquer que le Z et Ménard n’étaient pas masqués à Béziers, mais ils ont été bien plus discrets au sujet de la fête à M.Conar.

  4. Miniac

    Giorgio Agamben (philosophe italien), discours sur le passeport covid devant la commission des affaires constitutionnelles du Sénat italien, 7 octobre 2021.
    Je voudrais m’arrêter sur deux points seulement à porter à l’attention des parlementaires qui auront à se prononcer sur la transformation en loi du décret-loi sur le passeport covid.

    1. La première est la contradiction évidente du décret en question. Vous savez que, grâce à un décret, le gouvernement est exempté de toute responsabilité pour les dommages causés par le vaccin. Et la gravité de ce préjudice est démontrée par le fait que l’article 3 du même décret mentionne explicitement les articles 589 et 590 du code pénal, qui font référence à l’homicide involontaire et aux blessures par négligence.

    Comme l’ont noté des juristes faisant autorité, cela signifie que l’État ne se sent pas capable d’assumer la responsabilité d’un vaccin qui n’a pas terminé sa phase de test. Et pourtant, dans le même temps, elle tente d’obliger les gens à se faire vacciner par tous les moyens, sinon en les excluant de la vie sociale et maintenant, avec le décret que vous êtes en train de voter, en les privant même de la possibilité de travailler.

    Est-il possible d’imaginer une situation plus anormale sur le plan juridique et moral ? Comment l’État peut-il accuser d’irresponsabilité ceux qui décident de ne pas se faire vacciner, alors que c’est ce même État qui, le premier, décline formellement toute responsabilité quant aux éventuelles conséquences graves du vaccin ?

    J’aimerais que les parlementaires réagissent à cette contradiction, qui est à mon avis une monstruosité juridique.

    2. Le deuxième point sur lequel je voudrais attirer votre attention n’est pas la question médicale du vaccin, mais la question politique du passeport covid. Des scientifiques et des médecins ont déclaré que le laissez-passer covid n’avait aucune signification médicale en soi, mais servait à forcer les gens à se faire vacciner. Cependant, je pense qu’il faut dire le contraire : que le vaccin est un moyen d’obliger les gens à avoir un laissez-passer covid, c’est-à-dire un dispositif de contrôle et de suivi des individus, ce qui est sans précédent.

    Les politologues savent depuis un certain temps que nos sociétés sont passées du modèle de la « discipline » à celui des sociétés de « contrôle », fondées sur un contrôle numérique quasi illimité des comportements individuels. Ils sont maintenant devenus quantifiables. Nous nous habituons à ces dispositifs de contrôle. Mais, je vous le demande, jusqu’où sommes-nous prêts à accepter ce contrôle ?

    Est-il possible que les citoyens d’une société qui se dit démocratique soient plus mal lotis que les citoyens de l’Union soviétique sous Staline ? Vous savez que les citoyens soviétiques étaient obligés de montrer un laissez-passer chaque fois qu’ils se déplaçaient d’un pays à l’autre. Mais nous devons montrer un laissez-passer pour aller au restaurant, au musée, au cinéma et maintenant pour aller au travail.

    Comment est-il possible d’accepter que, pour la première fois dans l’histoire de l’Italie, après les lois fascistes de 1938 sur les non-aryens, on crée des citoyens de seconde zone soumis à des restrictions qui — sur un plan strictement juridique — sont identiques à celles subies par les non-aryens ?

    Tout porte à croire que les décrets-lois qui se succèdent doivent être considérés comme faisant partie d’un processus de transformation des institutions et des paradigmes du gouvernement. Une transformation d’autant plus insidieuse que, comme pour le fascisme, elle se fait sans changer le texte de la Constitution, mais subrepticement. Le modèle qui est ainsi érodé et effacé est celui des démocraties parlementaires avec leurs droits et garanties constitutionnels. À leur place se trouve un paradigme de gouvernement dans lequel, au nom de la biosécurité et du contrôle, les libertés individuelles sont destinées à subir des limitations croissantes.

    La focalisation exclusive sur les contagions et la santé me semble nous empêcher de percevoir la signification de cette grande transformation de la sphère politique et nous empêche également de réaliser que la sécurité et l’urgence ne sont pas des phénomènes transitoires, mais constituent la nouvelle forme de gouvernabilité. Je crois que, dans cette perspective, il est plus urgent que jamais que les parlementaires se penchent sur la transformation politique en cours, qui, à terme, est destinée à vider le Parlement de ses pouvoirs, le réduisant à approuver simplement — au nom de la biosécurité — des décrets qui émanent d’organisations et de personnes qui n’ont pas grand-chose à voir avec le Parlement.

    1. Higgins

      « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice. »

      Montesquieu

  5. Leprince

    Le plus cocasse, si j’ose dire car la situation est navrante, c’est que l’épidémie est en passe de disparaître : médecin dans le Sud de la France, pourtant zone rouge, il n’y a plus de malade, de cas positif depuis près d’un mois, ce qui ne s’est pas vu depuis l’accalmie entre mai et mi-août 2020, avec une importante ré-infestation de pathologies virales communes, non vues depuis deux ans, ce qui tend à dire que le virus, ayant tellement muté, n’est plus actif contre l’homme; c’est d’ailleurs une réalité que les grandes épidémies ne durent que 18 mois-2 ans, il suffit de lire l’Histoire. L’épidémie de grippe A/H1N1 de 1918-1919, qui a tué 50 millions d’individus, s’est éteinte d’elle-même sans vaccins ni camps de grippés, ni geste barrière à part le port de masque dans certaines villes (cf un reportage à San Francisco). Le Covid a tué à peine 5 millions d’individus en 2 ans, surtout dans l’occident qui a prôné les vaccins et l’isolement fatal à la place des traitements. Mais les politiques n’ont que des œillères….

    1. Oui, il est en effet probable que l’épidémie s’étend. Il reste toujours possible qu’une épidémie de grippe traditionnelle (ou autre chose) se développe, mais ce serait dans quelques semaines et n’aurait en tout cas pas grand-chose à voir avec l’hystérie actuelle. On verra.

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