Sans l’État, c’est le chaos et l’anomie ; sans lui, point de salut, tout le monde le sait. L’antienne est connue, récitée dès l’école primaire et répétée à chaque journal de 20 heures : livré à lui-même, le marché est forcément une jungle où chacun tire dans son coin, incapable de s’accorder sur quoi que ce soit, et il faut absolument l’intervention ferme (mais bienveillante !) de la puissance publique pour mettre de l’ordre dans ce foutoir.
Pourtant, la réalité contredit assez frontalement cette antienne, et elle la contredit avec une constance qui finit par devenir embarrassante pour ses récitants.
Et il n’y a pas besoin de regarder plus loin qu’autour de vous pour voir des douzaines d’illustration de cette contradiction : la vis qui tient votre étagère, le container qui a transporté votre téléphone depuis Shenzhen, la palette sur laquelle vos yaourts sont arrivés à l’hypermarché, le code-barres que la caissière scanne en soupirant, le Bluetooth qui relie vos écouteurs à votre poche sont autant de standards universels, adoptés par la planète entière, sans lesquels l’économie moderne s’effondrerait en une semaine.
Et pas un seul de ces exemples n’est sorti d’un ministère, d’une assemblée ou d’un décret. Tous sont nés d’industriels, d’ingénieurs, d’entrepreneurs et d’associations privées qui avaient un problème concret à résoudre et un intérêt direct à le résoudre vite et bien.
L’État, dans cette histoire, joue invariablement le même rôle : d’une cavalerie arrivée après la bataille, constate que la bataille est déjà gagnée et, dans le meilleur des cas, s’en attribue ensuite la paternité ou, dans le pire, fait son possible pour ruiner la victoire obtenue.
C’est ce petit tour de passe-passe que cet article Substack se propose de démonter, exemples historiques à l’appui. Accrochez-vous à vos boulons : ils sont standardisés depuis 1864, et ce n’est pas grâce à un fonctionnaire.
La suite se trouve ici, dans un onctueux billet de 2700 mots et d’illustrations parlantes, pour les petits et les grands abonnés, en attendant mon retour de vacances. Bonne lecture.


A Bordeaux, en période de canicule, certains appartements ne peuvent pas se protéger, en raison de normes architecturales imposées par les fonctionnaires des bâtiments de frôôôônce.
https://www.lefigaro.fr/bordeaux/canicule-prives-de-volets-par-les-batiments-de-france-les-habitants-du-coeur-historique-de-bordeaux-souffrent-20260622
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