Un article de Henry Bonner
Selon les résultats de TotalEnergies pour son premier trimestre, la multinationale génère des hausses de production de 2 % via une augmentation du rythme d’extraction.
Des entreprises du pétrole aux États-Unis mettent aussi en marche des puits pour des hausses de production, après l’envolée du baril.
Selon Baker Hughes, le nombre de puits augmente en net de 18, aux États-Unis au mois de mai, pour un total de 425 puits en activité.
Le graphique ci-dessous, du gouvernement américain, montre le nombre de puits de pétrole en opération dans le pays.
Les producteurs mettent en opération des puits après la flambée du baril en mars (source). Le niveau, au global, reste en baisse depuis 10 ans. L’installation de puits requiert du temps, et de l’optimisme sur le prix du baril après la fin de la guerre en Iran.
Dans les exportations de gaz naturel liquide, les volumes grimpent à l’inverse depuis 15 ans, avec l’installation de terminaux de liquéfaction.
Le graphique ci-dessous montre la tendance jusqu’en février dernier, avant la guerre en Iran. Des chiffres des bilans d’entreprises du secteur, pour le premier trimestre, indiquent des hausses de rythme dans les terminaux de liquéfaction en mars.
Prix du baril : pression contre la voiture et l’avion
Les prix à la pompe font pression contre les trajets en voiture.
Selon le gouvernement, la consommation de carburant chute de 30 % sur les 10 premiers jours de mai par rapport à la même période de l’année dernière !
De même, la hausse du coût du kérosène crée des pressions sur les marges dans l’aviation, et des pertes en Bourse pour les compagnies.
Le graphique ci-dessous montre par exemple les cours d’Air France-KLM (rose) et de de Ryanair (bleu). Ils baissent d’environ 20 % depuis le début de l’année.
Comme pour les trajets en voiture, les compagnies trouvent des économies de carburant via une réduction du nombre de vols.
Tourmag l’explique ainsi :
“Selon les dernières données d’Eurocontrol, les programmes de vols actualisés des compagnies aériennes européennes montrent une baisse de 2 % des vols prévus pour mai-juin 2026 par rapport aux programmes d’avril 2026 : les opérateurs se recentrent sur les lignes à plus forte marge.”
Par contre, en raison de la complexité des annulations, et d’autres types de coûts d’opération, les compagnies gardent pour le moment la quasi-totalité des vols pour l’été.
Or, par crainte d’annulations de vols, ou soucis de pouvoir d’achat, les Européens font moins de réservation pour des voyages. Ainsi, la baisse de la demande pour les vols de courte distance entraîne même une chute de prix des billets !
Comme le rapporte Capital :
“[Selon] une comparaison faite sur des billets pour juillet, entre le 9 avril, avant les alertes sur d’éventuelles pénuries de kérosène, et le 6 mai, le constat est sans appel : plus de la moitié des liaisons principales vers la Méditerranée ont vu leur prix chuter. On note une baisse autour de 10% du prix sur Londres-Nice, Manchester-Palma et Londres-Barcelone. Cela monte même jusqu’à 44% pour les trajets entre Milan et Madrid.”
Le site prend aussi note d’une baisse de 64 % des prix de Rome à Lisbonne, ou 71 % pour les vols de Bergame à Madrid !
Ainsi, les hausses de prix de l’énergie font pression sur la consommation, et génèrent plus de production, ou d’exportations via la liquéfaction du gaz.
Demande pour le pétrole et le gaz : hausse malgré les promesses des renouvelables
La demande pour le pétrole et le gaz atteint des sommets d’année en année, malgré des illusions de succès pour le solaire et l’éolien.
Les chiffres montrent la croissance dans le monde, en particulier en Asie, de la consommation d’énergies et de la demande pour le pétrole et le gaz (source).
Les parcs de renouvelables mettent plus de capacités de production sur le réseau. En revanche, la production d’énergies dans la réalité dépend d’aléas de la météo.
En pratique, des pays comme l’Espagne génèrent moins de courant via les renouvelables, après un pic en 2024. La consommation de gaz naturel grimpe en Europe en 2025, en partie avec la consommation de l’Espagne après les coupures de courant.
Avec la hausse des installations de parcs, les renouvelables perdent encore plus de performances dans la réalité, en raison des coupures de production pour la protection du réseau.
Le graphique ci-dessous montre par exemple le facteur de charge, le ratio entre les capacités et la production dans la réalité, pour le solaire en France (source). En somme, le facteur de charge baisse depuis 8 ans, avec l’augmentation des installations.
Selon l’opérateur du réseau, le groupe RTE, la baisse vient des coupures de production des parcs, avec les excès de courant, et les baisses de subventions.
Ils expliquent :
“Le niveau du facteur de charge de la filière solaire atteint en 2025 reste cependant inférieur à sa moyenne décennale (14,4 %), malgré un ensoleillement légèrement excédentaire par rapport à la normale. Cette relative faiblesse s’explique notamment par le fait que les producteurs solaires français ont d’avantage modulé à la baisse leur production sur l’année 2025 – en regard d’incitations économiques lors des épisodes de prix spot négatif ou à la demande de RTE pour garantir l’équilibre du système électrique – qu’ils ne l’avaient fait historiquement (voir la partie « modulation »).”
L’explosion de capacités crée une impression de réussite pour les renouvelables, mais les hausses de demande au fil des années pour le pétrole et le gaz, et la flambée des prix en cours, montrent les échecs des renouvelables dans la pratique.
La croissance de la demande pour les énergies dans le monde, et les inefficacités des renouvelables, annoncent encore encore des bénéfices pour la production et la liquéfaction, même après une baisse des tensions au Moyen-Orient.
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Quelle que soit la propagande des escrolos, la consommation d’or noir n’est pas à la veille de disparaitre. Ne serait ce qu’à cause de la capacité énergétique contenue dans un petit volume…