Fraudes, conspirations et tribunal populaire des médias

Très peu évoqué dans la presse américaine (et encore moins dans la presse francophone), un documentaire sorti le 20 mai dernier s’essaye à démontrer l’existence d’une fraude massive lors des élections américaines de 2020 qui ont vu Joe Biden l’emporter sur Donald Trump et accéder ainsi à la Maison-Blanche.

Ce documentaire, baptisé « 2000 Mules » et réalisé par Dinesh D’Souza affirme que des individus alignés sur les Démocrates, ou « mules », ont été payés par des organisations non gouvernementales pour collecter et déposer illégalement des bulletins de vote dans des urnes électorales de dépôt en Arizona, en Géorgie, au Michigan, en Pennsylvanie et au Wisconsin pendant l’Élection présidentielle de 2020.

L’affirmation que des fraudes puissent exister n’est pas, en elle-même, extraordinaire. En revanche, celle qui consiste à dire que cette fraude aurait été massive et organisée à cette échelle nécessite des preuves solides. Pour tenter de l’apporter, le documentaire (qu’on pourra à l’occasion regarder ici ou en français) se base sur les données collectées par True The Vote, une association citoyenne, non partisane et financée par dons.

Cette association enquête régulièrement sur la probité des votes d’élections depuis plusieurs années et elle a montré que la fraude électorale est en réalité assez régulière et, du reste, organisée par les deux côtés du spectre politique américain (Démocrates comme Républicains), comme en atteste d’ailleurs le cas récent de l’élection de Mark Harris, candidat républicain en Caroline du Nord en 2018 qui a vu son élection annulée pour fraude.

Pour étayer ces affirmations de fraudes massives organisées pour la présidentielle 2020, l’association a acheté des données mobiles anonymisées (données de géolocalisation émises par les téléphones portables) du premier octobre 2020 jusqu’après les élections de novembre de la même année (et même jusqu’en janvier 2021 pour certains États américains). Ces données ont permis de filtrer les individus (ou plus exactement leur téléphone portable, disons) qui se sont retrouvés à proximité directe d’une urne électorale de dépôt (« ballot box ») et ce, plus de 10 fois de suite, en éliminant les personnes qui passaient déjà par ces urnes avant et après les élections ce qui permet de ne prendre en compte que les comportements liés à l’opération électorale, et pas les déplacements réguliers à proximité. En outre, les enquêteurs se sont concentrés sur les individus qui, en plus de ces critères, se sont rendus d’une urne à une autre, plus de dix fois de suite, pendant toute cette période (et plus du tout après cette période).

Dans ce contexte, difficile de ne pas trouver un comportement étrange à celui qui se déplace dans cinq ou six comtés différents et visite dix ou douze urnes électorales… en plein milieu de la même nuit.

Ce sont donc sur ces derniers cas que le documentaire est bâti et aboutit à la conclusion que le nombre de votes ainsi collectés, frauduleux, seraient suffisants à modifier le résultat de l’élection.

Sans surprise, à sa sortie, une partie de la presse (Reuters, Associated Press, Washington Post, New York Times pour ne citer que les plus prompts) s’est jetée dans la tâche de démonter les allégations et d’enfiler des arguments afin de montrer à quel point tout ceci ne tenait pas debout, tant il est maintenant connu, établi et certain que les élections en question furent « les plus sûres » de l’Histoire américaine.

Essentiellement, leurs arguments tiennent en quelques mots.

D’une part, il n’est pas illégal de voter pour un tiers (un membre de la famille) en utilisant des urnes de dépôt. Cet argument ne tient pas du tout compte des sélections opérées qui éliminent les dépôts occasionnels réalisés par des membres de famille ou ceux des professionnels de maison de retraite.

D’autre part et quel que soit l’État, il est toujours illégal de se faire payer pour déposer des bulletins dans une urne. Le documentaire précise que des paiements ont été enregistrés pour les individus qui ont effectué les dépôts, ce qui ajoute à l’aspect pour le moins curieux (et probablement illégal) des opérations observées.

Enfin, l’argument principal est que la géolocalisation via les téléphones portables ne dispose pas d’une précision suffisante pour déterminer s’il s’agit bien d’un dépôt de vote ou de n’importe quoi d’autre à proximité. Cependant, le documentaire précise assez bien que les données de géolocalisation des visites ont été recoupées avec les données vidéos des caméras de surveillance qui sont placées (et sont obligatoires) autour de ces urnes électorales, ce qui permet d’éliminer beaucoup de doutes.

En outre, Uber, Amazon, Google, et tant d’autres applications utilisent quotidiennement cette géolocalisation avec une précision de l’ordre du mètre… Et cela marche suffisamment bien. Si l’on doit admettre un taux d’erreur non nul, on ne peut pas non plus éliminer l’intégralité des données, surtout couplées aux vidéos et aux conditions de filtrage précédemment évoquées. Du reste et si l’on s’en tient aux arguments des fact-checkers, ces données ne seraient pas assez précises pour traquer une fraude électorale, mais suffisante pour traquer les activistes aux abords des cliniques d’avortement, l’immigration clandestine,… ou n’importe quoi d’autre comme l’expliquait en détail le New-York Times en 2019.

Apparemment, à croire ces fact-checkers, la technologie a fait un bond en arrière un an après, en 2020, et juste pendant la période électorale. Ce n’est pas de chance.

Malgré tout et comme d’habitude dans ce genre de cas où des éléments viennent remettre en question une thèse défendue par les autorités, la presse fait assaut d’inventivité pour éviter de faire son travail avec neutralité.

Soyons clairs : ce qui est décrit dans le documentaire est peut-être vrai ou peut-être faux et comme à chaque fois, la prudence est de toute façon de mise. Néanmoins, il apparaît que les affirmations faites sont potentiellement lourdes de conséquences, et si de tels soupçons sont levés, si des éléments de preuves existent, alors c’est bien à la Justice de faire son travail. Travail qui semble considérablement moins facile lorsque la presse utilise en parallèle le tribunal populaire de l’opinion publique afin d’empêcher toute remise en question des résultats obtenus : quel juge, quel procureur se lancera dans une enquête si, comme la presse l’a systématiquement fait jusqu’à présent, le simple fait d’ouvrir une enquête est l’occasion pour les médias d’utiliser de l’anathème « conspirationniste » ?

Il est d’ailleurs difficile de ne pas faire un parallèle dans ces efforts médiatiques de classifier systématiquement toute question au sujet des élections comme complotiste avec les efforts précédemment déployés pour montrer que le coronavirus ne pouvait provenir du laboratoire P4 de Wuhan, ou que le vaccin permettait d’endiguer efficacement les contaminations. Les mêmes mécanismes de la presse sont à l’œuvre, la même absence de scrupules, de neutralité et d’excuses pour chacun de ces sujets.

De surcroît, aucun des fact-checkers qui se veulent sérieux ne peut se permettre d’attaquer directement les données que True The Vote a utilisées et dont le documentaire fait son sujet : elles ne sont pas publiques. Or, l’association a clairement précisé qu’elle rendrait l’intégralité de ces données disponibles dans les semaines qui viennent (courant Juillet apparemment). Alors seulement, il sera temps d’analyser et de vérifier les affirmations faites. Affirmer, actuellement, que le documentaire ne tient pas ou que True The Vote n’a aucune preuve est pour le moment prématuré.

En tout état de cause, il n’appartient pas (et ne devrait jamais appartenir) à la presse le rôle de juger de ce qui est un sujet valable ou non, de ce qui est conspirationniste ou pas.

Le sujet de la fraude électorale n’est pas issu du questionnement d’une bande d’imbéciles et de citoyens idiots mais bien une question légitime à laquelle il doit être répondu de la façon la plus transparente possible, précisément par définition même de la démocratie qui réclame, pour fonctionner, un processus électoral sain, auditable et transparent. Ce n’est pas ce qu’ont fait les médias jusqu’à présent : leur titraille et le contenu de leurs articles ne laissent aucun doute à ce sujet, à moins de faire preuve d’une mauvaise foi maintenant grotesque.

Depuis plusieurs années, la presse s’est arrogé le droit de former des jurys populaires et de dicter sa version du droit (qui est coupable ou non, qui est conspirationniste ou non, quel sujet doit être porté aux yeux de tous ou non). Ce comportement explique sans doute pourquoi son audience et sa crédibilité ne cessent de diminuer et pourquoi, au fur et à mesure qu’elle affirme au lieu d’informer, les individus tendent à prendre son contre-pied ; pour le cas du documentaire en question, un récent sondage indique par exemple que ceux qui le voient sortent renforcés de leur conviction qu’une fraude massive a eu lieu…

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Commentaires252

  1. Aristarkke

    Puisque Fleet Street nous a affirmé qu’il n’y avait pas eu de fraudes, il n’y en a pas eu.
    Complotistes sont ceux qui doutent!

        1. Pheldge

          il me semble aussi, mais bon, je ne suis qu’un modeste sauvage -doux cependant- des mers du Sud, soit, peu de choses, comparé à l’Ancêtre pluriséculaire.. 😉

        1. Othello

          Le participe passé des verbes employés de manière impersonnelle comme le verbe avoir dans ‘il y a eu’ est invariable, cf https:/ /dictionnaire.orthodidacte.com/article/orthographe-il-y-a-eu

          1. Aristarkke

            Vous avez raison et je me suis mortifié moi-même de n’avoir pas pris le temps de tourner sept fois mes doigts sur le clavier pour mieux réfléchir au détail qui m’a chiffonné.
            Désolé pour ce tourment injuste à tous infligé ! 😥
            [avec une phrase tournée un peu différemment, j’aurais eu le choix d’accorder ou non. Mais tournée différemment]

            1. Yanka

              C’est bien plus simple : vous n’accordez pas avec « en ». En = de cela.

              Des ennuis, Dieu sait si nous EN avons eu !
              Les prunes que tu as achetées sont délicieuses, ma chérie : j’EN ai mangé la moitié déjà.

              Donc, pas besoin de vous casser la nénette à chercher l’auxiliaire, son chien ou ses antécédents, pour voir s’il est défavorablement connu ou non des services grammaticaux.

        2. claribelle

          Dans ce cas précis, le cod placé avant le verbe n’est pas « fraudes » mais « en » qui est neutre (donc assimilé masculin/singulier). Donc, des fraudes, il n’y en a pas eu.
          On pourrait dire « des fraudes, il les a vues » mais on dira « des fraudes, il en a vu ».

          1. Mitch

            J’aurai aussi écris: ‘il n’y en a pas eu’, mais juste au feeling et incapable de justifier le pourquoi du comment. Je n’ai jamais rien compris à ces règles de Français (et très honnêtement je ne m’y suis jamais véritablement intéressé – ce sont de véritables repoussoirs en fait)

            1. Chris

              Moi aussi j’écris au feeling, ou à l’esthétique si on veut.
              Il n’y en a pas eues, c’est moche.
              Et pour la même raison, je n’aurais pas écrit écris.

              1. Mitch

                D’un point de vu esthétique j’admets que ‘écris’ et ‘écrit’ me paraissent pas mal tous les deux 🙂 (les puristes vont me prendre par les pieds 🙂 ).

                ‘eues’, c’est vraiment très moche 🙂

                    1. Aristarkke

                      De syntaxe, plutôt que d’orthographe…
                      La fôte !
                      JDCJDR…
                      Laure a été bien choyée…

  2. Aristarkke

    Ce n’est pas ce qu’onT fait les médias jusqu’à présent
    Patron. Quérez d’urgence Mélusine pour éliminer pareille faute et en corps gras, SVP!

    1. Aristarkke

      Pendant que Mélusine y sera :
      une partie de la presse (Reuters, …) s’est jetéE dans la tâche de démonter les(…)
      leur titraille et le contenu de leurs articles ne laisseNT aucun doute
      questionnement d’une bande d’imbécileS et de citoyens

    1. MCA

      Je me demandais si tu allais y venir enfin…. 😉

      Dis moi, tu ne te sens pas trop seul sur ta planète orthographe ?

      Dis toi bien une chose, les d’jeuns’ ne savent même pas de quoi tu parles..

      1. Sumon CT

        « D’autre part et quelque soit l’État, il est toujours illégal de se faire payer pour déposer des bulletins dans une urnes. » On peut rajouter « quel que soit » et dans une « urne »

      2. Un___meusien

        Moi qui ai besoin régulièrement d’être corriger ( orthographe grammaire syntaxe participe,tout quoi ) j’apprécie le style professoral de Ari,en plus il le fait toujours courtoisement.

        1. MCA

          Qui plus est, il dispense sa science gratuitement, ce qui n’est pas à négliger par ces temps d’inflation galopante.

          Cela dit, nous avons affaire à un puriste, que dis-je? un Mozart de l’orthographe et du beau parler; à une autre époque à n’en point douter, sa présence au salon de Madame de Sévigné aurait fait florès..

          Je me plais à l’imaginer en costume d’époque le petit doigt en l’air à déguster son thé en bonne compagnie. 😆

          Aucun superlatif n’est à sa hauteur, contrairement à un certain hamaco-îlien dont je tairai le nom par pure charité chrétienne… 😉

          1. BXL

            C’est vrai, vous êtes le bon sens fait MCA. Ari est un « collaborateur » du blog plein de valeur. J’ignore en revanche s’il apprécierait outre mesure le salon de Mme de Sévigné. Savoureux sans doute, mais peut-être un peu coincé, n’est t-il pas ?

              1. BXL

                Savoureux et coincé sont à lier au salon de Madame, sûrement pas à Ari!!! Seigneur, que c’est touchy, le français…

                1. MCA

                  Ari coincé ?….

                  Il n’en a pas l’air… 😆

                  https:/ /www.atelier-mascarade.com/veste-marquis-homme,fichew10011.html

                  1. Aristarkke

                    Pas en noir, cependant. Bleu nuit, grenat ou bleu outremer bien plutôt, seyent mieux avec ma barbe marmoréenne…

  3. Gerldam

    Pourquoi le principal intéressé, Donald Trump (ou plutôt ses équipes) n’a-t-il pas lui-même tenté d’établir la tricherie – si tricherie il y a -, d’autant qu’il a crié très fort que le vote avait été truqué par les démocrates?

  4. Manzoni

    Peut-être parlera t’on un jour des 96% réalisés par E. Macron dans certains bureaux de vote des français de l’étranger ? Ah non, suis-je bête, nous, on est déjà passé à autre chose.

    1. Dr Slump

      Voilà. Quand on se rend compte que la fraude électorale est courante aux USA, et a été très probablement massive aux dernières élections, on en vient mécaniquement à douter de la probité de nos propres élections.
      Comme pour les vaccins, avant et après la gestion de l’épidémie de covid.

    2. Grosminet

      De la fraude électorale ? En France, le phare du monde qui a inventé la démocratie pour la diffuser gracieusement au reste du monde arriéré ? Allons, soyons sérieux…

    3. Aristarkke

      Une photo courant hier chez TW montrait la pile de bulletins disponibles dans un bureau de vote. Seul le candidat LREM en bénéficiait. Étonnant. Peut-être un Fake. Si je remets la main dessus, je repercuterais.

    4. laurent a LA

      Figurez vous que j’y etais justement. A Los Angeles. Toute la journee comme assesseur Reconquete le premier coup puis juste volontaire au second. J »etais la au depouillement aussi. Aussi douloureux que cela puisse etre pour moi de l’avouer, je dois confirmer que Macron a fait des scores de roi. J’ai bien regarde et je n’ai rien vu qui puisse indiquer une fraude. A moins d’avoir des bulletins qui designent Toto quand on les mets dans l’enveloppe et Macron quad on les sorts (*), Macron a gagne fair and square a LA.

      (*) Par pure paranoia j’ai fait le test avec des bulletins et enveloppes subtilises. Eh ben ca marche pas. Les noms sur les bulletins etaient les memes avant et apres l’enveloppe.

        1. laurent a LA

          Be non elles sont transparentes. En plus le nombre de votant est scrupleusement suivi et compare au nombre de signatures sur le registre. Et le registre etait aussi vierge de signatures le matin.
          Moi qui voyait Zemmour caracoler jusqu’a la victoire, cette histoire m’a mis une bonne giffle.

      1. Jacques B.

        C’est ce que dit Pierre82 a un endroit : les Français de l’étranger qui votent, ce sont des bobos de compétition. Les autres, ceux qui ont vraiment fait leur deuil de ce pays, ne votent pas/plus. (à LA, en plus… siège de la boboïtude mondiale)

      2. Aristarkke

        Flop Joene a tellement bien géré le Covid que sa réputation a franchi l’Atlantique et les États Unis. Je ne vois que cela ! 😥

  5. דוב קרבי dov kravi

    Ce système donne aux fraudeurs les opportunités suivantes :
    * Faire voter sur place une autre personne que l’électeur enregistré. Dans le but de permettre cette manœuvre, plusieurs Etats Démocrates interdisent d’exiger des électeurs qui se déplacent une preuve d’identité ;
    * Gonfler la liste des électeurs, en ne la purgeant pas des morts ou des personnes qui ont déménagé ou en ne vérifiant pas si les inscrits sont vraiment citoyens. Des opérateurs politiques peuvent ensuite récupérer les bulletins émis au nom de ces électeurs fantômes et voter à leur place ;
    * Aller chez des électeurs fragiles – malades, personnes âgées etc. – pour les convaincre de voter dans un sens et repartir avec leur bulletin pour le déposer dans l’urne ou dans une boîte déconcentrée. C’est ce qu’on appelle le moissonnage des votes ;
    * Avoir des bulletins préremplis, puis, après la fermeture des bureaux de vote, les mettre dans des enveloppes au nom des électeurs qui ne se sont pas déplacés afin de les « découvrir » quelques heures ou quelques jours plus tard ;
    * Permettre à des intérêts privés de financer le processus électoral, y compris le transport vers les bureaux de vote et les bureaux de vote eux-mêmes, ce qui offre de nombreuses occasions plus ou moins subtiles d’orienter le vote en faveur de tel ou tel candidat ;
    * Perdre délibérément, dans le transport postal des bulletins, les bulletins venant de zones qui ont tendance à voter pour votre adversaire.

    Le parti Démocrate – dont la culture a été forgée pendant ses cent ans de domination du Sud, une domination assise sur des lois qui limitaient au maximum le vote des Noirs – a gardé de cette expérience un grand professionnalisme dans la gestion du processus électoral. Pendant que les Républicains se concentrent sur les différences de programme et le débat d’idées, les Démocrates agissent sur la meilleure manière de faire entrer physiquement dans les urnes le plus grand nombre possible de bulletins marqués au nom de leurs candidats. Que ceux qui les ont remplis soient ou non convaincus des idées Démocrates. Qu’ils soient ou non ceux dont ils utilisent l’identité.

    L’attention des Démocrates pour le processus électoral plutôt que pour le combat d’idées se retrouve au sommet de l’Etat. L’administration Biden a instruit toutes les agences fédérales – dans les domaines du logement, des prestations sociales et de l’éducation – de contribuer à augmenter la participation électorale dans les clientèles traditionnelles du parti. Des crédits de 10 milliards de dollars ont été ouverts pour le financement des bureaux de vote et seront principalement orientés vers les zones Démocrates. 5 milliards s’y ajoutent pour permettre au service postal américain d’augmenter son rôle dans le transport des bulletins de vote.

    Contrairement aux 2 000 mules, dont l’emploi était illégal en droit américain, ces derniers efforts sont parfaitement légaux. Cela dit, pour les Démocrates, la distinction entre légal et illégal est secondaire. Seul compte le résultat concret : le nombre de bulletins de vote Démocrates qui sera compté dans les jours qui suivront l’élection. Cette attention exclusive au processus de vote et à son résultat donne aux Démocrates un avantage qui pourrait bien compenser celui que les Républicains ont, en ce moment, dans le débat d’idées et dans les sondages.

    https://menapress%2Eorg/articles/01160522

    1. Jacques B.

      Ceux qui votent ne décident de rien. Ceux qui les comptent décident de tout. (Joseph Staline)

      Il faut reconnaître que le système électoral américain est particulièrement compliqué, si on le compare avec le système français (par exemple), où pour une fois on peut dire que nous avons sinon le meilleur, en tout cas le moins mauvais système : vote en personne et présence d’assesseurs depuis le début jusqu’à la fin des opérations de vote et de dépouillement (à part quelques exceptions, qui jusqu’ici restaient très rares).
      Par exemple, faire confiance à des machines de vote me dépasse. Pourtant, aux US et même ailleurs, cela semble ne pas choquer beaucoup de gens.

      Une chose m’intrigue cependant dans cette histoire : comment – apparemment – aucun juge américain n’a-t-il jusqu’ici invalider l’élection de 2020, ne serait-ce qu’au niveau d’un État (je pense en particulier aux États qui ont fait basculer l’élection) ?
      les allégations de fraude ont pourtant été très nombreuses, les affidavits également…
      Millière de Dreuz affirmait à un moment que c’était parce que la justice américaine est corrompue (en gros), ou parce que pas mal de juges ont été personnellement intimidés par le camp Démocrate…
      J’ai arrêté de suivre cette affaire depuis un moment, mais le fait que beaucoup d’annonces (le « Kraken » etc.) n’aient pas été suivies d’effets m’avait refroidi ; comme si un certain nombre de partisans de Trump avaient tendance à prendre leurs désirs pour des réalités – c’est humain, cela dit. Mais quand même. Et aussi parce que le fond de l’affaire est le système électoral américain en lui-même, et que tant qu’il ne sera pas réformé pour revenir en gros au système que nous avons en France, avec de très rares exceptions (vote par procuration dûment justifié notamment), eh bien les électeurs américains donneront le bâton pour se faire battre par les fraudeurs de tout poil.

      Cela ne m’empêche pas de rester cependant intimement persuadé que Biden a volé l’élection de 2020, ne serait-ce qu’en prenant prétexte du covid pour faire « assouplir » les conditions de vote. On pourrait aussi parler de la complicité de beaucoup de médias avec le camp Démocrate, la censure de Trump et ses partisans, mais aussi l’étrange inaction du FBI et du DOJ, qui auraient dû au moins enquêter mais n’ont rien fait, ce qui est à mes yeux une forme de connivence voire de complicité… bref, les Dems ont fait feu de tout bois pour grappiller des voix ici et là, de façon « légale » en apparence mais pas forcément légitime…
      J’attends de voir la suite, en juillet, et si des enquêtes vont être déclenchées ; mais vu ce qui précède : hum…
      C’est aux citoyens américains eux-mêmes, à un moment, de se mobiliser pour avoir des élections dignes de ce nom.

      1. דוב קרבי dov kravi

        Puisque vous lisez Millière sur Dreuz, vous avez tous les éléments pour comprendre ces blocages institutionnels et politiques permettant aux Dems (devenus fous) de confisquer la démocratie américaine à leur seul profit.

        1. Higgins

          Oui. Il est curieux de constater que les républicains, que nous aurions tort de considérer comme des saints, font l’objet de nettement moins de reproches avérés. C’est idem en France. Quoiqu’on puisse en penser, la droite, dans toute son amplitude, fait plus l’objet de procès d’intention que de procès factuels.

        2. Jacques B.

          Je lisais Millière, plus précisément. Depuis l’affaire ukrainienne, ma consternation devant son approche dénuée de toute nuance l’emporte sur le reste. Le sentiment anti-russe très prononcé outre-Atlantique, qui a des côtés irrationnels, fait manifestement dire n’importe quoi aux gens, jusqu’à prétendre que l’Ukraine serait « une démocratie » alors que, par exemple, ce pays est classé 123ème au monde pour le niveau de corruption (le 1er de la liste, la Finlande, étant le moins corrompu). Certains semblent oublier que le rideau de fer est tombé il y a plus de 30 ans, et que si la Russie n’est pas exemplaire, elle n’est pas non plus la Chine communiste ou l’Iran des mollahs, ni même l’Arabie saoudite ou la Turquie, pourtant alliés des USA.

          1. Jusnaturaliste

            Tout-à-fait! Qu’un libéral ne supporte pas Poutine, les raisons ne manquent pas, mais qu’il en vienne à faire l’apothéose de l’Ukraine et de son président, là c’est du n’importe quoi.

          2. Jacques Huse de Royaumont

            Oui, Millière semble incapable de voir le rôle résolument toxique de l’état profond américain et sa logique de guerre sans fin.

            Entre la nation américaine et l’empire américain, il faut choisir et vouloir l’un exige de combattre l’autre.

      2. דוב קרבי dov kravi

        H16 a écrit en mars un article édifiant sur Hunter Biden et la collusion des médias pour ne pas nuire à l’élection de son père gâteux.

      3. laurent a LA

        J’ai suivi pas mal l’histoire et j’etais tres optimiste pour la discussion du 6 Janvier. Un bon nombre de representants avaient fait remarquer, sur la base des remarques de Julliani, que de nombreux votes pouvaient etre consideres comme illegaux principalement parce que les regles votes par correspondance etc… avaient ete changees sans l’approbation des gouvernement locaux et donc illegalement au vu des constitutions locales.
        Ca avait commence a chauffer avec notamment une Texanne qui avait fait un discour bien senti le 6, et puis…
        la police a ouvert les portes du capitole a la foule avant de tirer sur une nana desarmee; les debats ont etes arretes et l’histoire enterree. Officiellement, remettre en question l’election c’est se mettre du cote des « insurges » du 6 Janvier. Il y a des « insurges » en tole au secret depuis plusieurs mois, sans proces, sans rien. Un gars nomme Navarro, qui avait essaye de mettre en place des freins a la prise de pouvoir par Biden, s’est vu mettre en tole pas plus tard que hier. C’est pour dire.

        1. Jacques Huse de Royaumont

          La société française est un malade en phase terminale, le vote NUPES n’en est qu’un symptôme. Il ne faut pas trop s’inquiéter de son score, son pouvoir de nuisance se réduit à accélérer l’inéluctable. Et si pour l’occasion il se discrédite, l’opération ne serait pas si mauvaise.

          1. Higgins

            Totalement d’accord. Sur ce sujet : https:/ /maximetandonnet.wordpress.com/2022/06/07/la-verite-sur-nupes-et-le-melenchonnisme/

  6. Murps

    Valls battu.
    Mais les deux pingouins en tête sont un Nupaisse et un ex-elleheuraime dissident.
    Les deux cumulent 50 % et plus : les français de l’étranger votent massivement à gauche.
    On va avoir une assemblée massivement macroniste, j’ai du mal à suivre le paysage politique français actuellement.
    Côté américain, c’est plus simple, même si ils trichent.

    1. BXL

      Laurent a LA pourrait sans doute nous renseigner sur le vote français d’Outre Atlantique, n’est-ce-pas Laurent, celui que j’appelle our faraway friend ?

      1. laurent a LA

        Voui je viens de repondre plus haut. Ca fait mal au Q de l’avouer mais les gens a LA qui votent sont tres tres pro Macron.

    2. Aristarkke

      *Les deux cumulent 50 % et plus : les français de l’étranger votent massivement à gauche*
      Peut-être une façon de brûler leurs vaisseaux pour flinguer une éventuelle tentation de retour qui pourrait surgir?

      1. Pierre 82

        Amha, c’est plutôt parce que la plupart des Français de l’étranger, du moins ceux qui votent encore, sont des bobos de compétition, qui habitent des grandes villes US eu européennes, et qui partagent ce même mode de vie qu’on trouve à Paris. Ajoutez à cela un certain nombre d’agents diplomatiques fonctionnaires internationaux d’organisations diverses et variées.
        Pour qui pensez-vous que votent ces populations?
        Les autres exilés ne se déplacent pas vers un bureau de vote. Ils se contrefichent de ce qu’il se passe en France, pays dans lequel ils n’ont plus aucune intention de revenir.

        1. durru

          J’allais le dire.
          +1000
          La présence des expats aux votes est ridicule, seulement ceux qui ont un intérêt y vont, ou presque.

          1. Patrick

            en tant qu’ancien exilé, je confirme. Au UK, le taux d’inscription sur les listes consulaires doit etre de 50% a la louche.
            Personnellement, la seule raison pour laquelle j’y suis allé m’inscrire au bout de 7 ans était pour un renouvellement de passeport. Jamais veauté en 10 ans la-bas

          2. Grosminet

            Perso, me taper 300 bornes À/R pour choisir entre un clown ou un autre, c’est sûr que j’ai beaucoup mieux à foutre.

            1. durru

              Quelle idée aussi de s’éloigner à ce point des centres de civilisation !
              Dans une société, il y a ceux qui ont réussi et ceux qui ne sont rien. Combien de fois faut-il le répéter pour que ça rentre ?

  7. Mildred

    J’ai du mal à comprendre en quoi les élections américaines, truquées ou pas, nous concernent ?
    En revanche, il faudrait s’intéresser à nos propres élections, car les mêmes causes produisant les mêmes effets, il faudrait interdire purement et simplement les « machines à voter ».
    Or nous n’en prenons pas le chemin puisqu’en 2007 le Conseil Constitutionnel a estimé que l’utilisation des machines à voter « est autorisée par le législateur depuis 1969 » !

    1. Jacques B.

      Ça nous concerne un peu dans le sens où quand quelque chose est expérimenté aux USA et que « ça marche », il y a fort à parier que ce sera mis en place en France assez rapidement : exemple, les machines de vote…
      De plus, je suis persuadé, par exemple, que si Trump avait été réélu, nous n’aurions pas eu de guerre en Ukraine (Trump est d’une façon générale anti-guerres), et tout le bazar qui en découle…

    2. bibi

      Je doute fortement qu’avec une présidence Trump et un sénat Républicain, il y aurait eu des livraisons d’armes US en Ukraine.

    3. Higgins

      Je plussoie largement avec les deux autres commentaires. Trump élu, nous ne connaîtrions pas la guerre en Ukraine et autres billevesées.

    4. Grosminet

      Qu’on le veuille ou non, l’influence des États Unis sur le reste du monde étant encore ce qu’elle est, ça nous concerne.

  8. Nemrod

    En résumé, la fin justifie les moyens sauf si vous êtes dans le  » camps du Bien ».
    Le réel n’existant qu’à un échelon de plus en plus individuel et ses représentations et conséquences deviennent le nouveau mensonge …le complotisme.

    1. Theo31

      J’ai proposé naguère PUTES : Parti Unifié pour une Tournante et une Enculade Socialistes

      40 % des électeurs de Méchanculé ont voté pour l’homosexuel du château. Dans un pays normal, ça devrait discréditer à tout jamais Méchancon et sa bande d’enculés.

  9. Jacques B.

    Dans la dernière vidéo de « Draw my economy » sur YT, intitulée « Comment Changer Le Système Des Retraites ? », l’homme au chapeau propose la libéralisation des retraites, chose assez rare pour être signalée.

    Et si on regarde par curiosité les commentaires sous la vidéo, celui qui est (de loin) le mieux noté est désespérément marxisant et étatiste, tous les poncifs y passent 🙁 ce pays est vraiment mal barré…

  10. barbe

    En même temps, faut les comprendre, c’est tentant ces ballot box.
    N’importe qui peut y glisser des bulletins, falsifiés ou pas.
    Venant d’un peuple qui accepte aussi bêtement le capitalisme sans frein, rien d’étonnant.

    1. Grosminet

      C’est vrai que le capitalisme avec frein, aka le socialisme, ça fonctionne beaucoup mieux, y compris pour ce qui est du fonctionnement de la démocratie…

      1. barbe

        Un vrai libéral se doit d’être optimiste cher Grosmine.
        On va y arriver, à surmonter le régime de merde qui nous exploite tous.
        Sauf quelques happys few.

    1. Ba

      Pff, la première fois avec le covid, on pouvait à la limite penser que certains chercheurs étaient dupes sur l’existence de virus et cherchaient honnêtement leur origine, mais pas 2 fois de suite comme ça : là on voit très bien qu’on vous prend pour des cons.

      Il faut impérativement que vous compreniez que ce genre de théorie est uniquement un os à ronger pour les moutons noirs.
      Je vous explique c’est très simple : d’un côté vous avez les moutons blancs qui croient au virus et se fichent de savoir d’où il vient. De l’autre côté vous avez les moutons noirs qui croient aussi au virus mais dénoncent son origine humaine. Et donc au total, tous les moutons croient au virus et donc le berger est satisfait car les moutons ont peur du virus et donc sont tous d’accord pour être tondus.

      Maintenant il est temps de quitter la bergerie en comprenant que les virus n’existent pas et ne peuvent pas exister. Il faut dénoncer cette imposture pour débile mental. Et en plus en prime vois gagnerez du temps libre car vous arrêterez de lire l’ensemble des âneries produites à la chaine sur ces histoires de maladies.

        1. CPB33

          en même temps (comme dit l’autre chtarbé), je suis d’accord avec Ba sur ces conneries de virus inventés tous les 4 matins : la vache folle, grippe aviaire, tremblante du mouton, hépatite a b c d etc lgqpqr, sras, h1n1 n2 n3, covid, chikungunia (et j’en oublie) et maintenant variole du singe; on avait pas assez des différents cancers (d’on en sait pas trop ce qui les déclenche la plupart du temps) et vraies maladies ! ça rapportait pas assez à Big pharma…..

          1. durru

            C’est pas les virus qui sont « inventés », seulement l’affolement autour. Faut pas confondre.
            Je ne sais pas exactement sur quels critères les hépatites (par exemple) ne seraient pas des « vraies maladies ». Si vous avez une piste, j’aimerais bien pouvoir en parler à un ancien malade imaginaire…

          2. Pierre 82

            Je crois que ce à quoi il faisait allusion, c’est que AUCUN virus n’existe. J’ai un jour lu dans je ne sais plus quel magazine farfelu qu’il existe des gens pour qui aucun virus n’existe, car c’est une invention de Big Pharma et du grand capital (avec la complicité de l’infâme Olrich) pour se faire du fric.
            D’après eux, personne n’en a jamais vu, et aucune preuve de leur existence n’a jamais été démontrée.
            Je ne sais que dire.
            A côté de ça, qu’on nous invente de nouvelles maladies (ou plutôt qu’on renomme des affections plus ou moins rares et mal connues en se faisant mousser) juste pour effrayer la population, j’approuve des deux mains, surtout quand on comprend que le régime politique en vigueur dans les pays occidentaux ne tiendront bientôt plus que grâce à la peur panique de la population à propos de tout et de n’importe quoi, su moment qu’ils pensent que seul l’état peut les sauver.

  11. Jusnaturaliste

    Le problème n’est pas tant le tribunal populaire des médias, qui est une forme regrettable de liberté d’expression, mais le fait que malgré une audience en baisse, l’avis des médias continue de largement forger l’opinion de la majorité des gens, au point de décourager politiciens et juges de faire correctement leur travail et de faire passer ceux qui ont une opinion différente pour des tarés.

    Cette mainmise sur l’opinion est d’autant plus incompréhensible, lorsque l’on voit que les sondages montrent que les gens n’ont plus confiance dans les médias, mais que malgré cela, ils acceptent leur narratif.

    Donc pour moi, le problème est plutôt la démocratie. Quand une majorité des gens accepte et valide des mensonges en connaissance de cause, la démocratie ne peut plus fonctionner et il n’est donc pas étonnant que les libertés reculent et que la démocratie finisse par s’autodétruire.

    La France continuera sa descente aux enfers, et finira sous tutelle du FMI.

    1. MCA

      @Jusnaturaliste 6 juin 2022, 16 h 12 min

      Et si le problème venait plutôt de là (notamment vers 5:25, mais tout mérité à être entendu) :

      https:/ /www.youtube.com/watch?v=bxuWO71hrkE

      1. Jusnaturaliste

        @ MCA

        La manipulation des esprits… Oui c’est évident, et elle n’a jamais été aussi facile, car aujourd’hui, il n’y a plus qu’une seule source de manipulation.

        Avant, les gens étaient exposés à trois sources différentes de manipulation: les médias et l’école (gauche marxiste progressiste), les milieux de l’économie (droite capitaliste de connivence progressiste), la religion chrétienne (centre conservateur).

        Aujourd’hui, les médias ont été rachetés par les milliardaires, et les gens ne s’intéressent plus à la religion chrétienne, il n’y a plus qu’une seule source de manipulation qui est le capitalisme de connivence progressiste.

        Internet a été un temps un contrepouvoir, mais aujourd’hui la censure est automatisée et s’applique sur la plupart des sites.

        Il reste des voix discordantes, mais elles sont tellement diverses, qu’elles n’arrivent pas à fédérer une masse populaire suffisante pour peser démocratiquement: il n’y a qu’à voir l’inutilité complète du FN/RN.

  12. barbe

    Conclusion inévitable, Jusnaturaliste, si tu omets l’hypothèse, assez probable tout de même, d’une fraude à l’élection présipotentielle, via un centre de calcul basé aux Us pour ce qui nous concerne…
    Inutile donc d’incriminer un système, la démocratie, dont on n’a pas encore goûter le propre : voter directement les lois, révoquer les élus mis en examen, contrôler l’application des lois par le gouvernement…

    1. Jusnaturaliste

      @ barbe

      En Suisse, on a goûté le propre de la démocratie, c’est simplement un peu moins pire qu’en France. Par exemple, la Suisse a aussi pris des mesures liberticides contre le covid, et le peuple a largement soutenu ces mesures par votation. De même, les autorités viennent de mettre fin à la neutralité suisse en sanctionnant la Russie, et je ne serais pas surpris qu’un référendum validerait largement cette décision. Les libertés reculent aussi en Suisse, qui a tendance à copier ses voisins, et les Suisses cèdent également facilement à la propagande des médias.

      1. Mildred

        Vous voulez dire que les autorités suisses qui ont toujours réussi à faire croire à la neutralité de la Suisse y ont mis fin en sanctionnant officiellement la Russie ?

        1. Jusnaturaliste

          Hélas oui, la Russie a même mis la Suisse sur la liste des pays hostiles, la Suisse fait maintenant clairement partie du bloc occidental et a perdu toute crédibilité comme nation neutre.

        1. durru

          Tout comme les régimes communistes en URSS, en Chine ou ailleurs, plébiscités, ont reflété « la volonté des gens ». Certes.

          1. barbe

            Je ne savais pas qu’ils avaient le droit de vote.
            Pas d’élire, hein.
            De voter.
            Tu crois quand même pas que les gens que l’on élit se contente d’élire…

              1. barbe

                Tu m’as lu trop vite ; encore un effort s’il te plait pour ne pas confondre élire et voter (les textes). Ce que font les députes.

                1. durru

                  SI, j’ai bien compris. Les gens votaient pour élire ce qu’il fallait.
                  Quand tu trouves la différence avec la situation actuelle, tu m’annonces.

        2. Jusnaturaliste

          Je pense que si les Français avaient pu voter sur ces lois, les résultats auraient été exactement le même. Le fait qu’EM ait été réélu, et bientôt son parti, montre que la majorité des votants approuve ce qu’il fait.

          Voilà pourquoi plus de démocratie ne changera rien, actuellement, la seule chance de nos pays, c’est moins de démocratie, mais plus de libertés individuelles.

          1. Pierre 82

            C’est la thèse d’Obertone (et d’autres), à laquelle, après réflexion, je souscrit de plus en plus: il n’y a pas de crise démocratique en France. Macron a été effectivement été massivement ré-élu, car il est l’émanation de la volonté populaire.
            Pas besoin de tricher, ni de forcer, le troupeau est allé se faire tondre tout seul.

            Le problème, c’est que
            1. les sources d’information, pour le citoyen lambda, donne une vision et une analyse unique, avec deux ou trois divergences sans importance, et artificiellement créées pour faire croire qu’il y a bien plusieurs courants de pensée (socialos, LR, LREM… qui sont identiques)
            2. un système de scrutin qui rend quasi impossible l’émergence d’une nouvelle famille de pensée, tout en nous faisant croire que l’avènement de LREM constituait une nouveauté, et Macron pour un révolutionnaire. Un comble
            3. un système de gouvernance qui n’est rien d’autre qu’une dictature de la majorité, maladie évolutive consubstantielle à la notion même de démocratie, n’en déplaise aux beaux esprits. Cette tyrannie est une maladie dégénérative, qui a pris plusieurs générations avant de s’installer, et qui s’est répandue en une fois sur l’ensemble des démocraties occidentales. Nous assistons au stade terminal de ce régime, qui mutera sans doute en franche dictature d’ici peu. Il est maintenant admis par les médias que si 50,01% de la population veut un truc, les 49,99% doivent obéir et fermer leur gueule sous peine de sanctions sévères. Même critiquer publiquement est passible de sanctions. Et d’ici que ça passe dans les mœurs, on n’en est plus très loin.

            Je viens de relire l’opuscule de Vladimir Volkoff: « Pourquoi je suis moyennement démocrate », et l’ai déjà prêté à 4 amis (ça se lit très rapidement). Livre écrit en 2002, époque où l’autre Vladimir n’avait pas encore commencé à manger des chatons et des enfants, et n’était même pas encore insulté par les beaux esprits germanopratins.

            1. Cerf d

              un système de gouvernance qui n’est rien d’autre qu’une dictature de la majorité, maladie évolutive consubstantielle à la notion même de démocratie
              Je me permet de disconvenir respectueusement. Cette maladie n’est pas consubstantielle à la démocratie, mais plutôt à la présence d’une majorité stable à l’assemblée. La cinquième République a permis que le parti au pouvoir ait les mains libres durant toute la législature. Et cela a été aggravé par le quinquennat.
              Avec ses défauts, la 4ème avait le mérite d’empêcher l’inflation législative.

              1. Pierre 82

                J’ai longtemps pensé cela, mais j’observe juste que la maladie est commune à toutes les démocraties occidentales, qui ont d’ailleurs sombré dans cette maladie tout en même temps, il y a un peu plus de deux ans. Ce n’est donc pas franco-français.

                Et de plus en plus,je pense que c’est consubstantiel à la notion même de démocratie, qui évolue lentement en « démagogie » c’est-à-dire quand on commence à demander à la population qui elle veut qu’on vole, et pour le donner à qui.
                Cette tendance a d’ailleurs été mise en avant par tous les gens qui étaient opposés à ce type de régime, le trouvant malsain ‘au XIXème siècle, notamment).
                Au début, il y avait des garde-fous, mais petit à petit, ils ont fini par disparaître: ce qu’on appelait les contre-pouvoirs, comme le conseil constitutionnel qui veillait à ce que l’esprit des textes fondateurs soient respectés, comme par exemple, la protection du citoyen contre l’arbitraire. Dès l’instant où l’arbitraire est le fruit de la demande de la majorité, il est devenu parfaitement licite de brimer les opposants. L’exemple de la vaccination est exemplaire à ce sujet.
                Majorité stable ou pas, d’ailleurs, même s’il est vrai que ça n’aide pas.

                Ce n’est pas une thèse, mais une piste de réflexion

          2. durru

            La démocratie sans liberté d’expression ne veut rien dire (d’autres droits naturels pourraient être également concernés).
            J’insiste sur ma réponse à 20h42, le problème est là.

                1. Pheldge

                  Macron créé le Conseil National de la Refondation, dont les initiales rappellent le CNR de 1946 adulé et sanctifié par tous les partis, qui aux uns rappelle de Gaulle, et aux autres, diverses nationalisations, la Sécu, EdF et d’autres belles et grandes choses …

                  1. Léo C

                    Il n’en est pas à une fourberie près dans la récupération la plus crasse.
                    Souvenons-nous de sa larme de crocodile au Mt Valérien.

                  2. Aristarkke

                    En un bref résumé, le fondateur des bases de l’État-providence grançais fantasmé par les communistes notamment, tout heureux de faire oublier leur mésalliance initiale et d’être du côté des vainqueurs de WW Il…

      1. Citoyen

        C’est exactement ça, Jesrad.
        Il s’agit là, de la version soviétique. C’est devenu très courant à bien des endroits.
        Cela dit, il est possible de tout lire, en prenant soin d’utiliser le bon décodeur …, ça peut devenir très marrant …

    1. durru

      En Europe de l’ouest peut-être. Pour la Russie et la Roumanie au moins, c’est des récoltes record qui s’annoncent, au contraire.

      1. Jacques Huse de Royaumont

        Ce qui va peser lourd dans les relations internationales. Les pays dépendants du marché mondial des céréales vont de plus en plus faire pression contre les sanctions anti-russe.
        En insistant, on va se mettre le monde entier à dos.

        Quoi qu’en dise ce crétin de Macron, ce n’est pas la Russie qui est isolée.

      2. Grosminet

        En Roumanie, pas des records comme l’année dernière d’après ce que j’en ai entendu, mais sauf évènements imprévus pas mal quand même.

  13. Jesrad

    Combien de ces “mules” étaient chauffeurs Uber qui amenaient les électeurs de leur banlieue aux bureaux de vote ? Combien faisaient partie de ces associations partisanes très décidées à “aider” les personnes peu motivées ou bloquées chez elles à faire le déplacement ?

    Le problème c’est la fine ligne entre aider mamie ou le voisin en fauteuil roulant à aller “faire son devoir de citoyen”, comme cela m’est personnellement arrivé… et le moissonage systématique et organisé…

    1. Theo31

      Un ami grenoblois me racontait que les Italiens de la ville allaient voter dans leur patrie d’origine après que leur voyage eut été payé par les partis.

      Tiberi n’a rien inventé.

  14. Jacques Huse de Royaumont

    Suite à ce documentaire, des actions en justice ont-elles été intentées ? Si les dems sont aussi innocent qu’ils le prétendent, une telle diffamation est inacceptable. Ne pas porter plainte, c’est ne pas vouloir que la lumière soit faite.
    Mais, de toute façon, après la validation par le congrès en janvier 2021, le résultat entériné ne peut plus être mis en cause (si j’ai bien compris). Donc, quel objectif poursuit ce documentaire ?

      1. Pierre 82

        C’est aussi mon impression. Une agitation de plus, qui ne débouchera sur rien.

        D’ailleurs, entre nous, je parierais plutôt que le « raz-de-marée » attendu pour les mid-terms, fera un flop également, et que les dems se renforceront.

        Vouloir changer la donne par des élections, c’est ne pas avoir compris que les dems (ou progressistes, ou macronistes…) maîtrisent parfaitement le processus, et sont certains de gagner.
        Qui aurait pensé que Macron serait triomphalement réélu, alors que j’imaginais il y a 6 mois qu’ils nous sortiraient un candidat « de rupture » sorti d’un chapeau, pour appliquer la même politique. Même plus besoin de ça, le gars super détesté est quand même réélu. Pourquoi changer une équipe qui nous envoie dans le mur?
        Sans tricher de manière classique, mais beaucoup plus subtilement en entretenant le climat bizarre dans lequel nous vivons. Les mid-terms, c’est dans quelques mois, et beaucoup de choses peuvent se passer

        Il n’y a plus rien à attendre d’élections, on ne peut qu’attendre que le système tombe en faillite, qu’ils perdent le contrôle et que tout dégénère.
        Mais je ne m’attends pas à ce que tout cela débouche miraculeusement dès la faillite actée par un retour à une société apaisée et une économie libre.
        On devra d’abord passer par une période communiste pure et dure, mais qui ne devrait pas durer plus de 70 ans. Sursum corda.

        1. Jacques Huse de Royaumont

          La rentrée va être encore plus tourmentée que ces deux dernières années, et ce n’est pas peu dire. Entre la guerre d’Ukraine qui ne sera sans doute pas finie (l’oncle Sam y veuille) et où nous sommes de plus en plus impliqué, la crise économique multiforme, une grogne sociale qui ne demande qu’à se rallumer, des velléités de totalitarisme sanitaire et quelques échéances électorales importantes, le cocktail pourrait être explosif.

          Pour les midterm, je pense que les dems vont se prendre une claque : il savent tricher, mais leur adversaires ne sont pas tombés de la dernière pluie.

  15. JulesXR52

    Etant donné la vindicte, que dis-je, la hargne, que dis-je, la haine et le mépris – du jamais-vu – dont Trump a été la cible de la part de l’ensemble des démocrates pendant son mandat, il est impossible qu’il n’y ait pas eu de fraude massive lors de l’élection de Bidet. Ils ont eu 4 ans pour se préparer, c’est largement suffisant. Ce qui m’étonne le plus dans cette affaire, c’est l’impréparation des républicains, qui devaient pourtant bien se douter de ce qui se tramait dans l’autre camp. Peut-être avaient-ils envie de perdre, c’est en tout cas la seule explication que je voie.

    1. Jacques Huse de Royaumont

      Une bonne partie des républicains a subi Trump plus qu’il ne l’a soutenu. La fraude des démocrates leur permettait de se débrasser de l’importun sans donner l’impression de le trahir.
      Il est possible que certains d’entre eux aient laissé faire.

      1. Higgins

        C’est une vision assez juste et puis, on oublie trop souvent que les USA sont un pays à structure fédérale. Nous avons, fruit de notre histoire, un vision très jacobine de ce qu’est une politique intérieure. C’est là une notion totalement étrangère aux américains.

        1. bob razovski

          Très juste.
          Pour grossir le trait, j’ai l’habitude de répondre à ceux qui demandent pourquoi les USA ont tendance à mettre le bordel à l’étranger ?
          – « parce que le gvt fédéral ne peut pas le mettre à l’intérieur de ses frontières »
          Et j’ajoute « au contraire d’un gvt comme le notre, qui passe son temps à pourrir la vie de son pays car il est bien trop faible pour s’imposer à l’extérieur ».

  16. Aleph

    Très bon article. Cependant, je m’interroge sur le terme « populaire ». Il est employé pour dire « illégitime », mais le terme est utilisé pour les jury tirés au sort, c’est-à-dire sans prétention à la représentativité de la population, et surtout non-professionnels. Or les manipulateurs de la presse sont des professionnels. « Populaire » véhicule d’autre part l’idée de masse de gens, or les pervers de l’agit-prop de forment pas la masse, il la briment, l’aiguillonnent et l’aiguillent. Mais la surplombent avec mépris.

    A mesure que les faits sont escamotés, les opinions se fixent sur les sentiments, les émotions, les impressions, et la raison s’évapore : vient le règne de la faveur, et la presse, tout en générant de telles conditions quand elle abandonne les rapports factuels, s’érige en arbitre des élégances d’une société de cour. Le bon ton remplace la vérité, le « due process of law » se réduit à l’accusation en public portée par n’importe qui, la peine étant la flétrissure elle-même.

    C’est pourquoi, avec le terme « populaire », je m’interroge sur le terme « tribunal », vu qu’il n’y a précisément pas de débat. Je proposerais « dictature » pour souligner que l’enjeu principal est le pouvoir cru, évoquer le renversement et la perversion de toute forme caractéristique des sociétés avancées, suggérer l’aspect grégaire fondé sur le goût populiste pour l’humiliation publique et la peur de l’humiliation publique. En outre, la presse « dicte » le sujet des conversations.

    1. durru

      Le terme de « tribunal populaire » a gagné ses lettres de noblesse (si on peut dire) du temps des « démocraties populaires », qui étaient tout aussi démocratiques qu’elles étaient populaires.
      Je n’ai jamais envisagé ce terme en dehors de ce contexte…

  17. Spirou

    HS
    Test covid xpress en labo parisien
    Tout le monde masqués. Un jeune s’écarte de moi non masqué.
    Alors oui la prochaine alerte de rebond va très bien fonctionner

    1. Jacques B.

      Là je serais plus indulgent. Ceux qui se font tester sont souvent des gens avec des symptômes, et porter un masque dans ce cas de figure – c’est le cas de le dire – n’est pas forcément stupide, même si, je sais, Omicron ne donne plus souvent q’un rhume. Disons que si on est malade et qu’on peut éviter de refiler le truc à une personne âgée qui pourrait mal le supporter, ça a du sens. En revanche, une personne seule au volant de sa voiture avec un masque (j’en ai vu deux coup sur coup l’autre jour), comment dire…

        1. Jacques B.

          Je ne parle pas des tests. Je parle de mettre un masque si on a le covid et qu’on est en présence d’une personne fragile (âgée notamment). Pour une personne fragile, le covid, même Omicron, est sans doute plus risqué qu’un rhume (pas pour les jeunes). Perso si j’avais le covid j’éviterais de voir mes parents octogénaires pendant une dizaine de jours. Et il est possible que je porterais un masque si je devais me trouver dans un endroit confiné avec pas mal de monde, pour éviter de refiler le truc à une personne âgée. C’est l’usage que je ferais de ma liberté, mais je n’exigerais pas des autres qu’ils fassent de même, vu que c’est d’abord à chacun de se protéger lui-même. Mais l’un n’empêche pas l’autre.

    2. durru

      Scène amusante (enfin, ça dépend pour qui) en hypermarché ce week-end.
      Une mamie porte un masque (en tissu, pas vraiment propre) qu’elle n’arrête pas de monter sur son nez, puis le redescendre sous le menton. Et, convaincue, elle raconte qu’elle a entendu à la télé que le nombre de cas augmente de nouveau. C’est bon, pour elle le covid revient.
      Les gens attendent avec impatience la nouvelle qui pourra le mieux les terroriser.

      1. Spirou

        On me demande si j’ai des symptômes, je dis non et que c’est pour voyager. On me demande si je suis piqué, je dis non. Après moi un trentenaire apparait masqué et tend fièrement son pass vaccinale. Il a des symptômes…

        La dernière étude sur le masque indique effet nul sur la contamination. Pire en cas de contact, le masqué inspire plus profondément le virus et risque non une bronchite mais une pneunomie.

        On peut croire alors que le masque est le pb. Et bien non c’est la solution. Pour que l’épidémie se prolonge.

        Covid express : 70€
        Assurance covid : 45€
        Déclaration sur l’honneur que je ne vais pas mourir en uruguay
        Ma devise ? On est pas arrivé tant qu’on est pas parti

          1. Mitch

            Envie ou alors pas le choix.
            Sortir de ce cloaque, ne ce serait-ce que pour quelques temps, perso, c’est devenu une nécessité.

        1. Mitch

          Au moyen-age, ils tuaient les chats car ils étaient persuadés qu’ils étaient responsables de la transmission de la peste et pendant ce temps les rats porteurs des puces par laquelle la Peste se répandait partout eux proliférait. Rien n’a changé.

          Ah si, peut être une chose: il y a une minorité qui a l’outrecuidance d’essayer de se faire entendre (sur des endroits comme celui-ci par exemple). Le camp du bien et de la vérité a donné le nom de ‘complotiste’ à cette minorité.

  18. Jacques B.

    Sur la démocratie et la liberté (Jusnaturaliste), j’en suis arrivé à la conclusion que la démocratie est nécessaire mais non suffisante, comme on di(sai)t en cours de maths.

    Il est évident que pas mal de pays dans l’Histoire ont montré qu’un régime pouvait être -relativement – démocratique, sans pour autant que les libertés élémentaires soient respectées. Hitler a été élu démocratiquement, et jusqu’à sa mort il est resté populaire (au contraire des apparatchiks nazis) parmi les Allemands. À la même époque, les Japonais soutenaient massivement leur empereur et la politique (de guerre) menée par leur gouvernement. Les bolcheviks ont bénéficié d’une large assise parmi la population russe pendant très longtemps, et pourtant… etc etc etc. on peut multiplier les exemples à l’infini : la dictature de la majorité est une réalité humaine et historique.
    Orwell avait raison quand il a écrit : « Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice. » – le peuple en question, c’est la majorité du peuple, en démocratie.

    Et pourtant, supprimer la démocratie au prétexte qu’elle encourage la démagogie et ne garantit pas les libertés fondamentales n’est pas une solution, de mon point de vue. Car c’est dès le départ enlever aux gens la possibilité de s’exprimer sur ce qu’ils souhaitent, ne serait-ce que dans les domaines régaliens (je me place dans la perspective libérale selon laquelle toutes les missions autres que régaliennes sont retirées à l’État) : la justice, qui sanctionne-t-on, le cas échéant et comment ? l’armée, quels effectifs et moyens, pour faire quoi ? La police, idem. Il y a à mon avis aussi la question de l’environnement (quel gros mot) qui relève un minimum du gouvernement, car on ne peut pas laisser des gens jeter leurs déchets partout et polluer l’air ou l’eau, qui par définition sont communs à tous puisqu’ils circulent librement – et il faut bien définir des seuils de pollution.

    Revenant au sujet, la démocratie est le pire des systèmes, si on exclut tous les autres (là, il faut citer Churchill, je crois). Il est d’autant crucial d’élire des dirigeants responsables, qui sauront garantir les libertés fondamentales, même si une majorité de la population s’y oppose… donc un pédagogue, et non un de ces démagogues qui pullulent. Vaste programme, je sais…

      1. Pierre 82

        Justement, amha, c’est ça l’erreur, c’est de vouloir confier le système à des gens qu’on suppose irréprochables, alors que le souci est plutôt structurel.

        Quand on écrit une constitution, il ne faut penser qu’au mauvais usage que l’on peut en faire, et mettre suffisamment de garde-fous pour rendre impossible les abus. Imaginer qu’un jour, les manettes sont détenues par des cinglés, et imaginer les processus nécessaires pour limiter la casse. Normalement on appelle ça des contre-pouvoirs, mais on a bien vu que ça restait fragile, et pas seulement en 1940, mais également maintenant.
        Les USA avaient jusqu’il y a peu une des meilleures et plus robustes constitutions, mais malgré tout, ça n’a pas suffit, vu l’état de pourriture qu’ils ont atteints et dont ils n’ont plus aucun moyen légal de sortir.

        Ceci dit, l’antonyme de la démocratie n’est ni le fascisme, ni la tyrannie (qui peut en être le fruit, le XXème siècle l’a bien montré). Le contraire de la démocratie, c’est l’aristocratie, le pouvoir exercé par l’élite. Ce régime a des défauts évidents, pas l’idéal non plus.

        Donc je ne sais pas vraiment comment on peut faire… Yaka fokon…
        Un des principes les plus bafoués, c’est la subsidiarité dont j’ai déjà parlé. Faire en sorte que seuls les gens qui ont le « skin in the game » ait un droit de choisir.

    1. durru

      Hitler n’a pas été élu par une majorité absolue, ni même après l’incendie du Reichstag. Par la suite, il a soigneusement évité à demander un quelconque avis populaire. Faudrait peut-être se demander pourquoi.
      Pour le Japon, je ne connais pas les détails, je ne me prononce pas. Mais confondre l’institution de l’empereur et les actions du gouvernement, je ne le ferais pas…
      Le soutien de la population aux bolcheviks, j’aimerais bien savoir comment vous l’appréciez. Et à quelle époque. Car peut-être qu’à l’époque de la guerre civile il était réel, même si pas absolu. Mais 10-15 ans plus tard, je demande à voir.

      1. Aristarkke

        Le soutien aux bolcheviks a duré jusqu’à ce que la NEP doive être mise en place pour calmer les récriminations qui montaient, montaient, montaient comme les Shadoks pompaient, pompaient, pompaient…
        Initialement, en promettant la sortie du conflit mondial et des merveilles telles que le jardin d’Eden en aurait fait pâle figure à côté, il était évident qu’après les calamités amoncelées du règne de Nicolas II, qu’ils avaient trouvé leur public d’aficionados.
        Ce public avait au moins l’excuse d’étrenner un régime inhabituel et inconnu alors en travaux pratiques de la tenue des belles promesses…

        1. durru

          Si tu peux arrêter de temps à autre de raconter des âneries à ce sujet…
          Bien sûr qu’il a été élu, en tant que dirigeant de son parti et suivant le mode de scrutin en place à l’époque, comme le mieux placé pour accéder au poste de chancelier.
          Que ça nous plaise ou pas, il s’agit de l’expression des choix du peuple allemand. Plus de la moitié se sont portés sur les nazis et les communistes en novembre ’32. Puis, en ’33, ils n’ont toujours pas été une majorité absolue à accorder leur confiance au NSDAP. Malgré la terreur installée à ce but.

            1. durru

              Purée, qu’est-ce qu’il faut pas lire !
              « faible représentation au Bundestag », mon oeil : 196 députés sur 584 et de loin le premier parti (en novembre ’32 : https: //fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_l%C3%A9gislatives_allemandes_de_novembre_1932)
              Pour avoir une majorité, toute alliance devait composer soit avec les nazis, soit avec les cocos (qui avaient eux 100 députés). C’est un fait. Le reste, c’est des histoires à dormir debout. C’est pour faire croire que ce n’est pas le peuple allemand qui a choisi Hitler, mais seulement quelques politiques corrompus et inconscients. C’est complètement faux.
              Tu fais une confusion volontaire et bien confortable entre « gagner » des élections avec une majorité absolue et « gagner » des élections en sortant à la première place avec une majorité relative. Autant aux présidentielles seulement la première place compte, autant aux législatives le processus est plus complexe, mais l’ordre a son importance. Et plus de la moitié des députés issus des deux partis anti-démocratiques NSDAP et KPD ne laissaient pas trop de marges de manoeuvre, peu importe ce qu’on veut dire.

              Au lieu d’écouter des propagandistes, il serait bien mieux de regarder les chiffres.

            2. Jacques B.

              OK Theo, je n’aurais pas dû écrire « il a été élu démocratiquement ».

              Hitler a été nommé chancelier le 30/01/33 suite à la victoire de son parti et conformément à la constitution de la République de Weimar ; il accède donc au pouvoir « démocratiquement ». J’espère que c’est mieux comme ça.

      2. Jacques B.

        @ durru :

        Pour le soutien à Hitler, ce sont mes nombreuses lectures sur le sujet qui m’ont conduit à écrire cela. Une recherche rapide sur le net permet de trouver ceci par exemple : https://www.nonfiction.fr/article-6138-adherer_au_nazisme__lallemagne_sous_le_iiie_reich.htm (voir notamment le dernier tiers de l’article)
        Pour le soutien au gouvernement japonais et plus généralement à la politique très agressive menée à cette époque, là encore, mes lectures (même si ma mémoire peut me faire partiellement défaut).
        Pour les bolcheviks, je parle d’assise, à savoir d’une proportion suffisante de la population, pas forcément majoritaire – l’Histoire est souvent faite par les minorités – mais suffisamment déterminée pour tenir tous les rouages du pouvoir. Les sondages d’opinion n’existaient pas, donc très difficile d’être précis. Mais des lectures comme Solenitsyne ou Grossman ou d’autres donnent un bon aperçu.

        La question de fond de mon intervention demeurant celle de la place de la démocratie dans la défense des libertés.

        1. durru

          Attention, je n’ai pas essayé de dire que ledsites dictatures n’avaient pas de soutien dans la population.
          J’ai réagi par rapport à l’idée de « dictature de la majorité », dans le sens où nous n’avons aucune preuve matérielle qu’une majorité des Allemands, Japonais ou Soviétiques ont soutenu explicitement ces régimes à un moment ou un autre.
          Dans le cas allemand, malgré la légitimité incontestable de la nomination d’Hitler, lui ou son parti n’avaient pas l’appui explicite d’une majorité de la population. Dans les autres cas, nous n’avons que des impressions, pas de vote.
          Ce que je voulais dire, au-delà du problème de la liberté d’expression, c’est que la démocratie comme concept a bon dos, mais elle n’est pas, à mon avis, la cause principale de ces dérives.
          Pour le cas particulier du communisme, il a trouvé ses alliés objectifs dans la lie de la société. Ceci a pu être observé partout lors de la mise en place du système. Mais ça n’a jamais constitué une majorité. (D’ailleurs, on a ici un autre parallèle avec la France d’aujourd’hui, et il n’est pas fortuit.)

          Pour ce qui est de la démocratie, elle constitue, à mon avis, un élément non négligeable de l’évolution de nos sociétés. Un nombre plus important d’individus qui se sentent concernés par l’évolution de la société ne peut que créer une émulation, un engagement, un investissement.
          Et c’est le détournement du système, la révélation que cette image est falsifiée, qui produit l’effet inverse, qu’on observe aujourd’hui : l’absence d’engagement, l’apathie, l’exil (intérieur, le plus souvent).

          1. Higgins

            A la veille de la guerre et jusqu’en 1941-1942, je pense qu’il avait un réel soutien de la population allemande. Il avait redressé l’économie et les dieux de la guerre étaient avec lui. La situation a commencé à nettement se dégrader à partir de 1943 (Stalingrad, Afrique du Nord, Sicile et les bombardements alliés).

            1. Jacques B.

              Oui, c’est ce que dit l’article que j’ai mis en lien plus haut (dernier tiers notamment) et que j’avais déjà lu ailleurs : notamment entre 1939 et 1942, i.e. sur la période de temps où la Wermacht remporte victoire sur victoire. Quand les Allemands ont commencé à se prendre des bombardements à domicile, ils ont compris qu’on leur racontait un peu des histoires et le soutien au régime, surtout aux apparatchiks du parti, à commencé à baisser.
              On a d’ailleurs un aperçu du soutien au nazisme chez les Allemands quand on voit ce qui s’est passé après la victoire alliée et l’occupation du pays par les vainqueurs : à part le procès de Nuremberg, peu de nazis ont été inquiétés par la justice. Selon un certain nombre de témoins, pas mal d’Allemands étaient nostalgiques de la période hitlérienne, en tout cas en privé.

              1. Higgins

                Sur l’économie nazie, il faut lire l’excellent livre d’Adam Tooze « Le salaire de la destruction, Formation et ruine de l’économie nazie » aux Belles lettres (https:/ /www.lesbelleslettres.com/livre/9782251381169/le-salaire-de-la-destruction)

    2. bob razovski

      Etant donné que « démocratie » ne veut rien dire de précis, on peut évidemment lui faire dire tout et son contraire.
      Donc, avant de parler de « démocratie », il faut définir ce que c’est.
      Et là, ça peut devenir drôle (surtout si on s’amuse à lui accoler « république » ou « populaire » )… Pour moi, c’est un faux problème.
      Jacques, vous dites « Il est d’autant crucial d’élire des dirigeants responsables, qui sauront garantir les libertés fondamentales », je m’inscris en faux !
      Inutile d’élire qui que ce soit pour garantir quoi que ce soit si, au départ, le contrat est bien ficelé. Et le contrat qui lie le citoyen à l’état est la constitution (non ce fumeux contrat social de l’autre blaireau de rousseau).
      Donc :
      1) une bonne constitution
      2) un conseil constitutionnel chargé de vérifier que les législateurs ne font pas n’importe quoi
      3) Les citoyens qui votent les lois (ma vision de la « démocratie »)
      4) roule ma poule…

        1. Pierre 82

          En multipliant par deux la vitesse d’écoute et en m’armant de patience, j’ai écouté.
          Je suis content de ne plus écouter ni la TV, ni la radio (sauf pure musique). Quelle pâtée verbale !!Parfois, je me damande s’il y a encore des gens qui les écoutent ou les croient, à part ceux dont le gagne-pain consiste précisément à se nourrir sur la bête, et pour qui c’est une question de survie.

      1. Aristarkke

        Les citoyens votent les lois par le biais de leurs représentants, selon la thèse habituelle d’explication du fonctionnement démocratique. Or, avez vous déjà vu un député demandant à ses électeurs ce qu’il doit voter?

      2. Plutarque

        Non, on ne peut pas « faire dire tout et son contraire » à la définition de démocratie. On en trouve la définition dans le dictionnaire :
        « Système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple. » Point.

        Nous n’avons pas à dire que « Pour nous » un mot veut dire telle chose ; nous devons au contraire nous référer à sa définition exacte sinon plus aucun échange n’est possible.

        1. durru

          Démocratie directe vs indirecte.
          Le mot est le même, le sens… plus vraiment.
          Et je reviens sur la liberté d’expression. Sans ça, impossible d’avoir un débat démocratique et donc une démocratie.
          J’ai peur qu’on se trompe de cible.

        2. bob razovski

          Donc, d’après la définition du dictionnaire, nous ne sommes pas en démocratie.
          Alors pourquoi les tarés aux manettes n’arrêtent pas de parler de « démocratie » ? C’est bien qu’ils ont leur propre définition.

        3. Pierre 82

          « Souveraineté émanant du peuple ». OK.
          Par contre, j’aimerais plutôt qu’on définisse qui est ce fameux « peuple », considéré comme ayant une seule et unique volonté.
          Je fais remarquer au passage qu’en français, « peuple » est un mot au singulier, ce qui est curieux. En anglais, par exemple, on dira « People HAVE decided… » (pluriel) et en français « le peuple A décidé » (singulier).
          Pourquoi prétendre qu’il existe un « peuple », dont la décision finale correspondrait à SA volonté, qui doit par conséquent être exécutée, ce qui est, admettons-le, la porte ouverte à la tyrannie la plus abjecte dès lors qu’on estime que tous doivent s’y plier quelle que soit cette décision.
          Ne faisons pas les surpris: ce n’est pas une découverte, mais bien des arguments qui ont été avancés il y a bien longtemps par des opposants à un système démocratique de type « un homme, une voix ».

      3. Adresla

        Des pays qui ne soient pas des démocraties, il y en a que 4 dans le monde. A savoir le Vatican, l’Arabie saoudite, et les sultanat d’oman et de Brunei. Oui même la Corée du Nord est une démocratie. République démocratique populaire de Corée pour être précis. Démocratie est un mot fourre tout….

        1. durru

          Faut faire attention, quand même… Il y a une différence entre « un pays est une démocratie » et « un pays se déclare une démocratie », populaire, en plus 😀

      4. peshko

        Bonjour Bob, Bonjour tout le monde.
        Je suis nouveau (premier commentaire même si je lis depuis environ 1 mois désolé c’est un peu mong) et je suis content de trouver des « complotistes » ( à comprendre l’inverse des moutons).
        Je me sens moins seul.
        Sur le sujet de la démocratie :
        1) il est impossible que tout le monde soit d’accord sur un sujet (fort heureusement d’ailleurs)
        2)du coup il y a bien une « dictature de la majorité » au sein d’une société
        3) pour moi il est évident que 50% plus 1 voix est une des plus grosses arnaques au monde. La majorité devrais se situer au minimum à 80% (mon avis)
        4)limiter le rôle de l’état aux fonctions régaliennes : oui. Mais pas suffisant selon moi car il faut trouver le moyen de casser les monopoles. Même le libéralisme dans sa forme la plus pure peut aboutir à un monopole (le meilleur et le plus travailleur réussit à manger les autres) et du coup, c’est humain, le monopoliste aura tendance à vouloir conserver son monopole et du coup va empêcher le libéralisme de fonctionner correctement. Il va faire voter des lois qui m’arrangent et il pourra soudoyer le legislateur
        5) pour moi ce qui empêche le système d’être juste et que les libertés individuelles soient respectées c’est le manque de transparence et l’absence d’accès aux informations. Les Jésuites savaient que les secrets c’est ce qui faisait gouverner le monde…
        6) je sais c’est utopique mais imaginez que le secret bancaire n’existe pas et que chaque citoyen peut aller consulter tous les comptes bancaires et toutes les transactions… Et que la comptabilité de chaque entreprise soit disponible en détail pour tout le monde… Cela va régler un sacré paquet de soucis lié à la corruption et fraude. Et cela va permettre une négociation salariale plus facile…sans être obligé d’avoir un SMIC fixé par un ENAniste quelconque. Car la théorie libérale suppose que l’agent économique a toutes les infos et agit en conséquence

        1. durru

          Bonjour, et bienvenue au club 😉
          Ça commençait bien (à mon goût, du moins).
          Puis, patatras ! On se retrouve à chercher des solutions pour des problèmes créés de toute pièce par ce qui n’aurait jamais dû exister : la bureaucratie.

          Les monopoles, d’abord. Sans réglementations protectrices de la part de l’État, impossible de se maintenir sur le long terme. On enlève à l’État le droit de se mêler d’économie et ça va se régler tout seul. Exemple : Twitler (y’en a d’autres, j’en ai pris un très récent).

          Secret bancaire, ensuite. Mettre à disposition des actionnaires des données sincères, bien sûr. Mais pourquoi vouloir attenter à la vie privée des gens ?
          Pour rappel, la corruption a pour cause le pouvoir des politiques et/ou fonctionnaires de disposer de sommes d’argent importantes qui, de fait, ne leur appartiennent pas. Enlevez la tentation et la corruption perd tout son intérêt.
          Pareil pour la fraude. Enlevez l’enfer fiscal et pratiquement plus personne ne va essayer de frauder (faut quand même garder à l’esprit qu’il y aura toujours des individus prêts à enfreindre les règles, aussi peu contraignantes soient-elles).

          Pour finir, l’agent économique a besoin de connaître les informations qui le concernent, pas plus…

        2. Mildred

          Pauvre peshko qui aimerait une majorité à 80% ! Mais d’où qu’il sort ?
          Il ne sait pas que dans notre belle France les gens, pour tous les sujets qui leur tiennent à coeur, sont soumis à la dictature des minorités ?

          1. peshko

            En réponse à Durru et Bob,

            J’ai pris des raccourcis. J’ai considéré que le besoin de l’existence d’un état n’était pas remis en question. Après que ce soit un état, une ville, une région il faut à mon sens bien une force publique pour faire respecter les règles même si elles se résument à 2 (ne vole pas et ne blesse/tue pas).

            Autrement c’est une anarchie et de toute façon les gens chercheront à se regrouper pour se protéger de l' »Autre ».

            Donc si on suppose qu’une autorité publique doit exister il faut que les humains qui la composent soient payés par les autres (impôts).

            J’espère que jusqu’ici nous sommes d’accord.

            Ensuite vient le monopole : comme j’ai essayé de le dire le monopole est protégé par l’état ou même créé en partie par l’état. Mais à l’origine il y a aussi la nature humaine : un héritier d’un entrepreneur qui a réussi serait tenté de corrompre l’autorité publique pour que l’entreprise de son père prospère et que les concurrents soient écartés. Alors quand vous dîtes :

            « On enlève à l’État le droit de se mêler d’économie et ça va se régler tout seul. » C’est bien mais pas évident de mettre en place. Prenons ne serait-ce que la police et l’armée ( fonctions régaliennes minimum avec la justice). Qui choisit les uniformes? Ou les ordinateurs? Cela sera bien un acheteur public dépendant l’argent public et sujet à de la corruption. Et l’entrepreneur libéral n’aura aucun scrupule pour le corrompre pour emporter le marché. Pour les armes c’est encore pire ( la concurrence dans le secteur ne peut pas exister dans la pratique car les clients n’ont pas un raisonnement économique mais ont des besoins différents) – le cahier des charges d’un char Leclerc peut difficilement être réalisé par X entreprises.

            Donc limiter la possibilité de dépenser l’argent public : oui
            Mais comment empêcher les gens de tendre vers cela? Car dans tous les pays et toutes les époques on a toujours voulu profiter de l’argent et ou du travail des autres ( on peut considérer que l’esclavagisme était aussi une forme de commerce « libéral »…)

            Quand je propose la suppression du secret bancaire et celui des affaires c’est notamment pour empêcher toute sorte de fraude et de corruption car cela se verra….

            Pour moi c’est dans la nature humaine de vouloir progresser et entreprendre mais aussi dans la nature humaine d’être paresseux et de vouloir utiliser le fruit du travail des autres. Et pour empêcher ce deuxième côté « sombre » de l’homme ce n’est pas du tout évident, des slogans et des principes ne suffisent pas il faut des solutions concrètes. Voter une loi n’a jamais suffit. Car une autre loi peut changzr la première.Il faut, l’adhésion des gens ainsi que la sanction du ‘on respect de cette loi.

        3. bob razovski

          Bonjour Peshko,
          bienvenue chez les commentateurs complotistes 😉
          je vais commencer à répondre à vos points
          1- normal. C’est pour ça que le vote d’une loi ne devrait se faire que de manière très encadrée et n’intervenir qu’en dernier ressort (*). Or, la tendance est, depuis que les « représentants du peuple » ont besoin de justifier leurs émoluments, à la ponte de lois pour un oui ou pour un non. C’est d’ailleurs pour ça que le processus de vote (j’ai bien dit « vote ») prévois aussi l’abstention.
          (*) Dans le monde libéral théorique, un contrat suffit. Dans le monde libéral teinté d’un peu de réalisme, un contrat accolé à une constitution suffirait
          2- Ca ne découle pas naturellement du 1. Cette dictature de la majorité intervient parce qu’il y a une soi-disant représentativité, et non une véritable représentativité. Il est ainsi aberrant qu’un député ait une couleur politique. Un député n’a qu’un seul boulot : rapporter dans l’hémicycle la décision de sa circonscription. On est loin du compte. On entre aussi sur le terrain inconcevable des projets de loi, qui font de l’exécutif le véritable législateur.
          3- La majorité absolue est en effet une vaste fumisterie, d’autant qu’elle n’est couplée à aucun quorum. A vos 80%, je rajouterai 90% de quorum minimum.
          4- faire entrer l’état dans la casse des monopoles… ouille ! Sachant que l’état est le premier à tenter les monopoles. C’est sauter de Charybde en Scylla. Il est dans la nature du « rentier » (puisque c’est de ça dont vous parlez) de vouloir conserver sa rente. Et de voter en ce sens. L’histoire récente montre qu’il n’a même pas à faire voter des lois en sa faveur puisque c’est le programme qui lui propose de rester rentier. cf élection de macron, président des retraités. Si on regarde bien, les programmes ont toujours la rente pour objectif, rente actuelle ou future (casse de la rente actuelle), c’est ce que j’appelle le clientélisme.
          5- Là, je m’inscris en faux. l’accès à l’information n’a jamais été aussi facile et diversifié qu’aujourd’hui. S’il existe des gens qui ne vont pas à la pêche à la contradiction, c’est parce que la pravda leur convient. Je rejette la faute sur le non instruit, pas sur la non divulgation d’info.
          6- Ca créera surtout un système encore plus opaque, sous couvert de transparence. Et ça n’apportera rien. Savoir que la boite pour qui je bosse fait x milliards de benef… Si le poste ou le contrat qui m’est proposé table sur 2000 balles / mois, j’aurai beau avancer la compta de la boite, si le gars vous dit « c’est à prendre ou à laisser »…
          Par contre, le smic est la pire connerie qui ait été inventée en termes de rémunération. C’est devenu une base non négociable, imposée par l’état. Encore une démonstration de son pouvoir de nuisance. Ca empêche toute véritable négociation, puisque déjà, le recruté n’a plus conscience du véritable coût de son travail. Si l’état annonce qu’avec le smic, on s’en sort, c’est qu’on s’en sort.

          1. P&C

            rechercher l’information, ça demande du temps et de la curiosité.

            En Russie tsariste, les gens avaient renoncé à éduquer les moujiks non pas parce qu’ils étaient cons (quoique), mais qu’ils rentraient abrutis par le travail. Mis à part se torcher la gueule à la vodka et pioncer, ils n’aveint plus d’énergie pour grand chose.

      5. Jacques B.

        Vous avez raison, bob, de préciser les choses. Quand je dis « démocratie », je pense « démocratie représentative », mais effectivement une démocratie directe serait plus fidèle à l’idée de gouvernement par le peuple.
        D’ailleurs on pourrait aller plus loin par exemple sur le fait que sans information équitable, pas de vote des citoyens en connaissance de cause, donc pas de démocratie. Et l’information… vaste programme, encore que, en interdisant à l’État de se mêler de la question (par des subventions à tel ou tel média), on réglerait l’essentiel du problème.
        Le fond de la question soulevée par Jusnaturaliste demeure, quel que soit le type de démocratie : peut-elle assurer les libertés élémentaires ? La réponse est, de mon point de vue, clairement : non. Et pourtant, la supprimer serait peut-être pire en termes de conséquences pour les libertés.

        1. durru

          La démocratie, en soi, ne peut pas assurer les libertés fondamentales. Ce n’est pas son but, à la base.
          C’est à la constitution de s’en occuper. La démocratie peut juste donner les outils pour leur préservation. C’est pas pour rien qu’ils ont commencé par détourner le sens même de la démocratie…

          1. Theo31

            Pour qu’il y ait démocratie, il faut un marché libre, lequel repose sur la liberté d’expression et le respect des droits de propriété légitimes (i.e le capitalisme).

            La France n’est donc pas une democratie.

        2. bob razovski

          « La réponse est, de mon point de vue, clairement : non.  »
          J’irai même plus loin, dans le fait que c’est l’expression de la loi humaine (par opposition aux lois naturelles) qui va à l’encontre de la liberté.
          Nous en avons des exemples tous les jours.
          Mais je pense que la supprimer ne serait pas forcément pire « en termes de conséquences pour les libertés »
          Car la « démocratie » a beau être chez nous la formule choisie pour valider les lois, les lois humaines restent, par nature, arbitraires.
          A mon sens, seul un texte constitutionnel (non modifiable évidemment) peut garantir la liberté. On pourrait donc supprimer la démocratie, si un texte pose les bases de la liberté, ça me va.

          1. Jacques B.

            Je suis d’accord avec vous et durru, d’ailleurs c’est la différence entre démocratie et République, en principe. Et la constitution américaine, qui est plutôt bien faite, garantit prioritairement les libertés fondamentales.
            Mais le pessimiste (ou le réaliste ?) que je suis ne peut s’empêcher de remarquer que la constitution est faite… par des hommes, et qu’elle peut donc être défaite par des hommes. C’est ce que nous avons vu plus d’une fois en France, et même aux USA, certains s’y attaqueraient bien.
            Disons, pour revenir au sujet de départ, que si la démocratie ne suffit effectivement pas à garantir les libertés fondamentales, elle doit quand même être conservée (en format « démocratie directe » ou s’en approchant) tout en étant subordonnée à… une bonne constitution. En supposant que les gardiens de ladite constitution fassent bien leur boulot (Laurent si tu me lis)…

            1. Hari Seldon

              Vous mettez le doigt sur un point important je pense : la constitution est faite par des hommes et peut être défaite par des hommes.
              C’est là à mon sens la différence avec des civilisations basées sur des textes « écrits par Dieu ». Dans certains cas, l’herméneutique est possible, dans d’autres non, mais tout les cas le texte est inaltérable.

              Entendons-nous bien : je ne dis pas que les textes sacrés étaient une meilleure base que des constitutions, ni même qu’ils garantissaient une démocratie (ça serait plutôt le contraire !), mais ils avaient le mérite d’être inaltérables.

              Peut-être que le passage d’un texte fondateur théologique, sacré, à une constitution, légale, a été une porte vers ce qu’on appelle le gouvernement des juges (ou des juristes).

    3. Jusnaturaliste

      Je ne crois pas que la démocratie soit le moins pire des systèmes.

      Quand un roi foirait, il suffisait de lui arranger un accident, et on pouvait avoir très rapidement quelqu’un de plus compétent. Mais quand la majorité d’un peuple foire, on fait quoi?

    1. Roanna

      Pourtant j’aimais assez bien son émission -un bourbon sinon rien-, là où ça passe moins bien c’est quand il dit « je suis de gauche », c’est mettre une doctrine avant avant tout principe de bon sens, c’est aussi avouer sa vision unipolaire, sans ouverture.

    1. Reddef

      La fraude et les machines à voter pose problème aux USA depuis plusieurs décennies, et tout comme la crise du Covid nous aurons droit à une propagande pour une vraie démocratie en votant avec son smartphone etc …de toute façon la démocratie fonctionne à peu près bien quand tout va bien mais déraille facilement quand les problèmes arrivent

      1. Arthur H

        Etre moderne, c’est apprécier le passé continuellement; c’est améliorer ce passé sans le nier. C’est subtile, c’est fin, et c’est pourtant ancestral (enfin, c’est ce que je crois).

  19. Higgins

    HS mais j’ai découvert cette nouvelle, largement reprise par nos merdias officiels comme on peut s’en douter, portant sur les incendies de batterie : https:/ /www.france24.com/fr/europe/20220301-naufrage-d-un-cargo-de-voitures-de-luxe-qui-avait-pris-feu-au-large-des-a%C3%A7ores

  20. Jacques B.

    HS également :

    – Tous les travailleurs non essentiels recevront l’ordre de travailler à domicile
    – Une limite sera imposée aux déplacements non essentiels en voiture
    – Une limite stricte sur la quantité de carburant que les automobilistes peuvent acheter en même temps
    – La mise en œuvre d’une réduction immédiate et stricte de la limite de vitesse sur les autoroutes

    Telles sont les hypothèses sur lesquelles travaille le gouvernement irlandais pour cet automne, quand les pénuries de carburant seront effectives, selon The Irish Independent : https:/ j/www.independent.ie/irish-news/politics/return-of-work-from-home-plan-to-save-fuel-in-event-of-crisis-caused-by-ukraine-war-41724210.html

    Je ne sais si nous allons arriver à cette situation, mais si c’est le cas on peut dire que nous avons affaire à des génies. Réussir à démolir leurs pays alors que nous n’avons jamais eu autant d’atouts en main, il faut vraiment que ce soient des génies.

      1. P&C

        +10
        On redécouvre qu’il vaut mieux être adaptable que adapté…
        Le retour de la résilience au détriment de l’efficacité.

        Or, pour être résilient, mieux vaut être la fourmi que la cigale…

        La solution va être de faire des mesures quasi soviétiques pour encaisser…

    1. breizh

      C’est surtout la mise en place de la dictature climatique et de la décroissance, grâce à la sidération de la guerre en Ukraine : comme pour le covid, les populations vont accepter des contraintes délirantes uniquement dues à la perversion/corruption de leurs dirigeants.
      Cela va donner des idées à d’autres administrations !

      1. MCA

        Le contrôle effectif ne sera possible qu’avec la mise en place de l’identité numérique ET de l’Euro numérique.

        Nous allons droit vers une société à la chinoise.

        1. Arthur H

          « Jean-Luc Mélenchon, ce français qui fait rayonner la pensée Mao

          Le candidat de La France insoumise l’affirme : la Chine est un modèle dont la France et le monde doivent s’inspirer. »

          https:/ /www.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170321.OBS6905/jean-luc-melenchon-ce-francais-qui-fait-rayonner-la-pensee-mao.html

          A propos du dailalama: « chef religieux obscurantiste », « défenseur de la charia bouddhique »… la charia bouddhique… ô puti, j’ai bien rigolé. On l’entend moins, le méchancon, sur la charia tout court.

          1. Roanna

            L’avantage avec JLM c’est que le désastre on le connaîtra déjà au bout de 6 mois au lieu d’être obligé d’attendre 5 ans.
            Plus c’est rapide, plus ça secoue, plus ça réveille vite.

            1. Pierre 82

              Dans l’hypothèse – purement théorique – où Mélenchon serait majoritaire à l’assemblée, il se « tsiprasserait » dans la demi-journée, en allant tendre sa sébile au chancelier allemand en lui demandant ce qu’il doit faire pour que la BCE accepte de continue à verser des sous-sous dans son panier troué.
              Et il appliquerait les directives qu’on lui donne, en hurlant. C’est quelque chose qu’il adore faire quand il est contrarié: gueuler.
              Mais ça n’arrivera pas.

              Non, plus sérieusement, je pense qu’il essaie de rafler à MLP le rôle de chef de l’opposition en moissonnant un max de députés.

              Et si, ce qui n’est pas impossible, LREM n’avait pas la majorité absolue, il négocierait un accord de gouvernement qui aurait comme effet principal d’augmenter les mesures dites sociétales ou pour donner des facilités supplémentaires aux populations allochtones, y compris aux clandestins. Et encore plus d’argent dans ses associations, car n’oublions pas que c’est de ça qu’ils vivent.

  21. Jusnaturaliste

    Je n’ai malheureusement pas le temps de réagir à tous les commentaires très intéressants sur ce fil.

    La démocratie, c’est de facto une élite qui gouverne, mais qui est choisie par des électeurs qui sont nuls en économie, désinformés à longueur de journée, et qui sont prêts à perdre des libertés pour de la sécurité, et même à laisser l’Etat persécuter leur voisin. Cela ne peut pas fonctionner.

    Au lieu de cela, il faudrait un Etat purement régalien qui fonctionne comme une fondation: il est financé par des dons exclusivement anonymes, et rend service à toute la communauté. Une élite bénévole formée expressément à cette fin et avec un parcours de vie exemplaire est chargée de veiller à ce que l’Etat respecte la constitution. C’est l’élite bénévole qui choisit ses nouveaux membres afin d’assurer une bonne continuité, c’est aussi elle qui peut faire des ajustements à la constitution.

    1. MCA

      Dites moi « Justidéaliste »,

      « il est financé par des dons exclusivement anonymes »

      « Une élite bénévole formée expressément à cette fin »

      Je ne connais pas votre âge mais malgré cela m’étonne que vous croyiez encore au Père Noël.

      Je vous suggèrerais volontiers d’étudier de plus près la nature humaine; mais attention, le réveil risque d’être brutal.

      1. Jusnaturaliste

        @ MCA

        J’ai étudié la nature humaine et je vois autour de moi des gens qui même serrés financièrement trouvent encore moyen de donner à des associations qui ne leur apportent strictement rien et dont les salariés gagnent bien plus qu’eux. Tenez, même Pécresse a réussi à lever des millions pour qu’on lui rembourse sa dette, alors qu’elle avait prétendu assumer complètement sa défaite et qu’elle aurait eu les moyens de payer, elle a certainement reçu des dons de gens bien moins aisés qu’elle.

        Voilà pourquoi, je n’ai aucun doute qu’un Etat régalien, qui coûterait infiniment moins cher que l’Etat actuel pourrait s’en sortir par des dons seuls, d’autant plus qu’il rendrait des services évidents à toute la population, à commencer aux personnes les plus riches.

        Quant à l’élite bénévole, les personnes de valeur ne courent pas les rues, mais elles existent encore, et on n’a pas besoin d’en avoir des milliers.

        1. Roanna

          La honte ne l’étouffe pas celle là.
          Avec les millions « indus » dans l’affaire ALSTOM, oser faire l’aumône me semble bien représenter cette nouvelle caste de pingres.
          Et il y a des gens qui marchent dans la combine!

          1. Jusnaturaliste

            @ Roanna

            Ils ne marchent pas, ils courent. Les LR payent de bon cœur pour celle qui a fait le plus mauvais score au parti, les RN se sentent bien représentés par une candidate incapable de gagner une élection, Reconquête est en train de faire la même chose avec EZ, la France insoumise est complètement soumise à JLM, et une majorité réélit le président dont le bilan est le plus mauvais depuis Pétain et s’apprête à lui donner une majorité à l’assemblée.

            Et après, on dit que le moins mauvais système, c’est la démocratie…

  22. Héliodore

    Cette enquête vient renforcer le faisceau de présomption de fraudes massives qui existait déjà autour de l’élection de Joe Biden. Une simple consultation des données publique les plus basiques permet de construire ce faisceau. Quelques chiffres disponibles sur Wikipédia : entre 1980 et 2016, le taux de participation à la présidentielle américaine s’est constamment maintenu autour de 50/55 %. Un creux à 49 % pour la réélection de Bill Clinton en 1996 et un pic à 58,23 % pour l’élection triomphale du très charismatique Obama en 2008. En 2020, pour l’élection de l’extraordinairement charismatique Joe Biden, cette participation fait un bon de 10 points pour s’établir à 66,20 %. Du jamais vu depuis 1945. Même Kennedy, dont le charisme n’égale évidemment pas celui du bon Joe, n’avait pas fait mieux avec un modeste 62,77 % de participation. Voilà pour la participation. Le nombre de voix maintenant : en 2008, Obama, au terme d’un campagne toujours citée comme un modèle du genre, après avoir mobilisé des milliers de volontaires pour distribuer des millions de tracts et passer des centaines de milliers de coups de téléphones, Obama, donc, dont le « narratif » était on ne peut plus mobilisateur – le premier noir à la Maison blanche, etc. – Obama a rassemblé 69,5 millions de voix sur son nom. Record absolu dans l’histoire électorale américaine. Joe, qui a passé toute la campagne bien à l’abri pour ne pas attraper le méchant Covid, qui est encore plus méchant avec les gens aussi en forme que lui, Joe donc a tranquillement, sans forcer, écrasé le bel Obama en rassemblant – sans presque faire campagne – 81,3 millions de voix sur son nom. Très fort ce Joe ! Et, pour finir, le clou du spectacle. Il existe, dans la géographie électorale américaine, ce que l’on appelle des « bellwether counties ». ce sont des comtés qui présentent la particularité de presque toujours voter pour le vainqueur de l’élection présidentielle. Cette particularité est plus ou moins forte selon les comtés bien sûr. Le comté de Blaine au Montana, par exemple, choisit systématiquement le futur vainqueur de l’élection depuis 1944, à une seule exception près, Bush père en 1988. D’autres sont moins fiables. Mais lorsque l’on établit une liste de ces comtés et que l’on fait une moyenne de leur vote, on trouve TOUJOURS le vainqueur de la présidentielle. J’ai établi une liste de 160 de ces comtés. 2020 est la SEULE élection présidentielle depuis 1945 pour laquelle les « bellwether counties » n’ont pas donné le bon vainqueur : Joe Biden est à 48,70 %. Reagan était à 95,5 % en 1980, 100 % en 1984, Bush fils à 89 % en 2000, Obama était à 99,5 % en 2008 et à 79,5 % en 2012… Les Démocrates ont volé cette élection : c’est une quasi certitude.

    1. Jusnaturaliste

      L’élection était particulière, les Américains n’ont évidemment pas voté pour Biden, mais contre Trump, qui lui-même s’était aussi fait élire plus par accident que par véritable adhésion.

      Ces circonstances particulières peuvent justifier un résultat hors norme. Après, qu’il y ait eu triche, c’est évident, que cette triche ait volé l’élection, c’est possible, mais dans tous les cas, le résultat est serré, Trump a clairement échoué à convaincre les électeurs démocrates et une bonne partie des centristes. De plus, nombreux républicains n’ont pas cru à une victoire volée: le vice-président, le ministre de la justice, la cour suprême, des sénateurs, l’armée, etc… Cela me paraît donc difficile de conclure à ce stade.

      J’espère surtout que Trump passera la main, plutôt que de tenter une réélection, où il pourrait être à nouveau défait, mais malheureusement, il n’est pas du genre à rester sur une défaite.

      1. Héliodore

        C’est un vice très répandu que de croire que l’on vit une époque particulière. C’est à la fois un truisme : toutes les époques sont particulières et une erreur : puisque toutes le sont, aucune ne l’est. On ne voit pas bien ce qui, dans l’histoire récente, pourrait justifier l’anomalie statistique que représente l’élection de Biden qui ne ce soit pas déjà produit sous une forme ou sous une autre dans l’histoire américaine : le propre des séries statistiques est précisément de mettre en évidence la relativité des différences historiques.

        Il est faux de prétendre que Trump a été élu par accident. Il a entraîné l’adhésion massive de la droite américaine et a gagné dans l’Amérique rurale conservatrice haut la main, ce qui, étant données les particularités du mode de scrutin américain, lui a assuré une victoire confortable : 304 grands électeurs (Bush fils a été élu avec 271 en 2000). Nombre de gens pensent que Trump représente une sorte d’accident parce qu’ils ne connaissent les États-Unis qu’au travers des grands médias de gauche : ils en ont une vision biaisée mais ignorent l’existence de ce biais. Et, lorsque la réalité fait mentir leur vision, ils s’imaginent que c’est elle qui est sortie de ses gonds quand ils devraient plutôt réviser leur jugement. Trump représente pourtant une sorte de politicien américain assez classique, en tout cas d’un type qu’on trouve décrit dans Tocqueville : le bateleur médiocre qui se met au niveau des foules qu’il subjugue.

        Ce qui est vrai, en revanche, c’est que Trump était un candidat clivant en ce qu’il a fait la quasi unanimité des élites médiatiques, économiques, administratives et militaires contre lui. Le fait que de nombreux Républicains aient fait mine de ne pas croire à la fraude ne prouve rien : le coût d’un soutien à Trump dans ces conditions étaient sans aucun doute beaucoup trop élevé pour qu’ils acceptent de le payer et les bénéfices à retirer de l’opération beaucoup trop incertains.

        Le bilan économique de Trump, qui est la seule chose qui importe vraiment aux Américains, était bon, excellent même et Trump a mobilisé ses troupes en 2020 bien plus encore qu’en 2016 : il a très largement augmenté le nombre des voix qui se sont portée sur lui. Avant le dépouillement des sacs de votes par correspondance, il avait gagné l’élection haut la main. Mais, curieusement, ces fameux sacs ne contenaient que des votes démocrates…

        Un dernier mot sur le rapport de Trump avec l’armée afin de ne pas trop s’étonner que l’armée n’ait rien trouvé à redire à l’élection de Biden. Les généraux de l’armée américaine étaient, sont, massivement opposés à Trump qui prônait une forme de retour à la tradition isolationniste et la baisse des crédits militaires qui va avec. Le complexe militaro-industriel américain, qui coûte une fortune au contribuable, a démontré son inefficacité (difficultés face à la Chine comme à la Russie qui a rattrapé son retard technologique en vingt ans et avec un budget incomparablement plus faible) mais il enrichit ces généraux qui, pour beaucoup, passent une retraite dorée dans les conseils d’administration des firmes qui fabriquent les armes médiocres qui équipent l’armée américaine. On voit actuellement en Ukraine que le complexe en question a repris la main : les affaires reprennent.

        1. Jusnaturaliste

          Je ne parlais pas d’époque particulière, mais d’élections particulières, Clinton était ultra-favorite et sa défaite a été un coup de tonnerre qui a déjoué tous les pronostics et probablement surpris Trump lui-même.

          Ensuite, les instructions des démocrates étaient de voter par correspondance, et celles des républicains, de voter aux urnes, il est donc logique que le dépouillement des votes par correspondance allait très largement favoriser Biden.

          Trump a certes relancé l’économie et surtout eu le mérite de ne déclencher aucune nouvelle guerre, mais il a laissé les démocrates pourrir sa présidence, les problèmes des élections étaient au moins connus depuis Bush / Gore et Trump n’a rien fait pour y remédier, alors qu’il était conscient qu’il y aurait de la fraude, Trump n’a pas su donner de suites au scandale du serveur de Clinton, et sa réaction face à la défaite fut celle d’un homme désemparé. Sous son mandat, les Républicains ont perdu les deux chambres et sa réélection, et en quelques semaines Biden a détruit tout ce que Trump avait réalisé de positif pendant son mandat.

          Son style de communication par twitter était aussi profondément ridicule, et je pense que c’est ce qui lui a mis les centristes à dos, qui sont souvent des gens de la classe moyenne, pouvant tolérer une baisse de leur niveau de vie, or c’est leur vote qui est déterminant.

          Enfin, en tant que libéral, j’aurais de très loin préféré Rand Paul à Trump

          1. Héliodore

            Il n’y a pas plus d’élections particulières que d’époques particulières. Ou plutôt, toutes le sont, chacune à sa manière, et pourtant on ne constate jamais les anomalies qui caractérisent l’élection de Biden.

            Pour ce qui est du vote par correspondance, l’explication que vous avancez ne tient pas. N’importe quel spécialiste des processus électoraux vous dira qu’il est extrêmement rare qu’un vote sincère donne les résultats qu’on a pu constaté dans cette élection. Dans une démocratie libérale, lorsqu’une circonscription est massivement acquise à un candidat ou à un parti, on peut très exceptionnellement avoir des différences de très grande ampleur : 85 voire 90 % contre 10 ou 15 %. C’est rarissime. C’était peut-être le cas à Neuilly à l’époque du RPR triomphant. C’était peut-être aussi le cas à Washington DC lors de la dernière présidentielle (95 % pour Joe Biden, si mes souvenirs sont bons). Mais, dans l’immense majorité des cas, une domination électorale écrasante se traduit par un score du type 70 ou 75 % contre 30 ou 25 % et c’est déjà très rare. Cette loi vaut également pour les modes de scrutins. Si vous donnez pour instruction aux Démocrates de voter plutôt par correspondance et aux Républicains en se déplaçant, vous n’aurez que très exceptionnellement 90% ou 95 % de bulletins démocrates dans votre sac postal. Or c’est bien ce type de résultat qui a été constaté dans de nombreux comtés – en général bien choisis – et seulement dans certains états – choisis avec le même soin. J’ajouterai que j’ai lu, dans le New-York Post, une interview d’un militant démocrate, soutien de Bernie Sanders, quelques semaines avant l’élection. Ce dernier, qui ne souhaitait visiblement pas voir gagner Joe Biden, expliquait comment les Démocrates prévoyaient de fausser le vote par correspondance.

            Pour ce qui est de Trump, je ne prétends pas qu’il a été un bon président. Sa gestion de l’administration fédérale, en particulier, a été catastrophique : à aucun moment il n’a fait le ménage et mit des hommes à lui en place. Je pense que Trump est un histrion mais je pense aussi qu’il a fait la preuve qu’un histrion à peu près ignorant des rouages de la politique américaine peut aisément faire un meilleur président qu’un intellectuel de haute volée comme Barack Obama. Une vision simple mais dictée par le bon sens vaut parfois mieux qu’un excès de subtilité.

            Vous évoquez enfin la réforme des pratiques électorales américaines. Il me semble que votre remarque traduit une méconnaissance des États-Unis. Tout le monde oublie en Europe et, en particulier, en France que les États-Unis sont un état FÉDÉRAL. Cela signifie très concrètement que les pratiques électorales sont fixées localement, très diverses et surtout qu’elles ne sont pas du ressort de l’état fédéral. Il est extrêmement difficile, dans ces conditions, de pallier aux graves défauts du système électoral américain. Aux États-Unis, on l’oublie toujours ou on l’ignore, l’essentiel de la vie démocratique a encore lieu au niveau du comté. Pour les élections présidentielles, par exemple, il n’existe pas de bulletins uniformes comme en France. Chaque comté peut émettre ses propres bulletins et profiter de l’élection fédérale pour organiser sa propre consultation sur les sujets les plus divers et l’ensemble sur un même bulletin. Dans de très nombreux comtés, on vote sans avoir à apporter la preuve de son identité ! Et toute réforme venue de l’échelon fédéral serait très difficile à imposer : l’État fédéral américain est un état faible, même s’il s’est beaucoup renforcé depuis les années 1960, et les Américains souhaitent massivement qu’il le reste. Je ne peux que leur donner raison.

            1. Jusnaturaliste

              @ Héliodore

              Oui, les scores du vote par correspondance défient les statistiques, voilà pourquoi je pense aussi qu’une triche a bien eu lieu. La question est de savoir si elle a vraiment réussi à retourner l’élection ou pas. Or, je n’en suis pas convaincu, ne serait-ce qu’à cause de la perte de la deuxième chambre, qui prouve que le peuple américain n’a pas jugé bon de sanctionner les démocrates pour leur forfait.

              Je sais comment fonctionne un Etat fédéral. Trump ne pouvait pas agir directement en tant que potus, mais il aurait pu investir sa fortune et son poids politique pour pousser des relais républicains à faire des réformes dans les Etats clefs ou à mieux surveiller le déroulement de l’élection. Evidemment, il s’imaginait que ses réformes économiques auraient largement ratissé chez les démocrates, rendant une triche trop visible, mal lui en a pris, les gens votent rarement en premier pour l’économie.

              Je ne réduirais pas Trump non plus à un histrion, il est quand même un entrepreneur qui a un certain bon sens et qui est capable de gérer un empire financier, ce qui explique son bon feeling pour l’économie. Mais il n’a clairement pas su s’entourer, spécialement avec les ministres de la justice et le docteur Fauci. Il est aussi très dommage qu’il n’ait pas rétabli la tradition d’avant Reagan qui demandait à tous les fonctionnaires de démissionner lors d’une nouvelle élection, cela aurait fait un ménage plus que nécessaire.

              L’Etat fédéral américain est quand même capable de changer le niveau de vie des américains, c’est déjà beaucoup trop, je regrette franchement que le sud se soit embarqué dans la guerre civile, plutôt que de défendre la confédération, qui était bien plus libérale qu’une fédération.

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