Depuis décembre 2025, un homme allemand de 17 à 45 ans doit demander la permission de l’État pour quitter le pays plus de trois mois… Et ce, en temps de paix.
Auparavant, il existait un article (l’article 3) qui obligeait les hommes allemands entre 17 et 45 ans à demander l’autorisation aux autorités allemandes s’ils devaient quitter le territoire pour plus de trois mois, ceci ne s’appliquant qu’en cas de guerre selon selon l’article 2 de cette même loi.
Mais en décembre 2025, ce second article a été modifié pour que l’article 3 s’applique à présent « en tout temps ».
Cette modification bien que discrète révèle un changement de paradigme fondamental.
Cette mesure existait certes avant l’abolition du service militaire allemand, décidée et mise en place à la fin des années 2000. Mais les mentalités ont manifestement évolué, et les dirigeants allemands actuels n’ont plus grand chose à voir avec ceux des années 2000 et la sortie de la Guerre Froide. En lieu et place à la retenu des politiciens pragmatiques de l’époque, on trouve à présent des dirigeants de plus en plus liberticides, à chaque crise empilée ces dernières années.
Cette modification profonde d’un simple article de loi peut avoir deux lectures.
La première, évidemment, est celle d’une volonté de se préparer un éventuel conflit. La différence ici entre auto-intoxication, auto-persuasion et contingence minimale de défense est difficile à cerner mais après tout, à force de répéter que certains pays à l’Est constituent des menaces toujours plus grandes, il apparaît nécessaire de crédibiliser cette menace ne serait-ce qu’en mettant en place une conscription en cas de besoin.
La seconde lecture permet aussi de voir cet aménagement comme une volonté d’empêcher une fuite des talents et des individus du pays, ou de leur rendre la tâche un minimum plus compliquée.
Cependant, dans les deux cas, il ne faut pas croire que les Allemands soient les seuls à prendre cette direction. Par exemple, si la France n’a pas (encore ?) pris une mesure aussi radicale, il existe pourtant des mesures qui vont dans le même sens.
Ainsi et si on part du principe que ces changements s’inscrivent dans le cadre de préparations à un conflit, il convient de rappeler que la France a déjà voté, dans sa loi de programmation militaire 2024-2030, la possibilité de réquisitionner les personne, les biens et les services en cas de menaces :
« Art. L. 2212-1.- En cas de menace, actuelle ou prévisible, pesant sur les activités essentielles à la vie de la Nation, à la protection de la population, à l’intégrité du territoire ou à la permanence des institutions de la République ou de nature à justifier la mise en œuvre des engagements internationaux de l’État en matière de défense, la réquisition de toute personne, physique ou morale, et de tous les biens et les services nécessaires pour y parer peut être décidée par décret en Conseil des ministres. »
Et dernièrement, ce dispositif pourrait encore être élargi avec la récente proposition de loi créant un nouveau dispositif baptisé « état d’alerte de sécurité nationale », intermédiaire entre le temps de paix et l’état d’urgence, et favoriserait encore un peu réquisitions et dérogations diverses au régime normal…
Bref, on comprend bien que ces apports législatifs, introduits au cours de ces dernières années dans une indifférence assez poussée des médias, visent essentiellement à fournir un plus grand contrôle des citoyens et des biens par l’État. En outre, qu’il s’agisse de l’Allemagne ou de la France, ces textes laissent une large marge de manœuvre quant à l’interprétation de ce qui est possible : par exemple, la définition de la menace dans la loi française couvre de façon fort pratique un vaste champ d’application, surtout dans un pays qui multiplie les états d’urgence comme des saucisses industrielles depuis deux décennies.
Cette situation s’ajoute en outre aux tensions actuelles qui s’accumulent sur l’avenir de l’OTAN et l’éventuelle sortie des Américains de l’alliance. En effet, les réactions européennes franchement tièdes – voire carrément hostiles dans certains cas – vis-à-vis des opérations israëlo-américaines en Iran et dans le détroit d’Ormuz ont donné de solides raisons à l’administration Trump de prendre ses distances vis-à-vis des Européens, qui se retrouveraient alors livrés à leurs seuls moyens face à la Russie.
Cette tension n’est pas nouvelle, mais les récents événements l’accroissent singulièrement et il est probable que les dirigeants européens puissent être paniqués par un monde plus hostile dans lequel leur défense est loin d’être garantie en l’état actuel de leurs armées.
On peut pousser l’analyse un peu plus loin en notant l’actuelle montée en puissance de forces politiques « anti-système » tant à gauche qu’à droite, majoritairement propulsées par la jeunesse : les jeunes actifs votent en effet très à droite, et les étudiants très à gauche. Ces montées laissent craindre à un « establishment » confortablement installé depuis des décennies des débordements qu’ils auraient du mal à gérer et qui pourrait pousser les gouvernements, dans ces situations, à tenter de choisir la voie d’un conflit international afin de créer à la fois un ralliement au drapeau, tout en donnant d’excellentes opportunités pour mater les « éléments perturbateurs ».
Enfin, pour revenir sur la volonté de limiter ou éviter la fuite des talents, des cerveaux ou des patrimoines, rappelons que le mouvement n’est pas cantonné à l’Allemagne : de nombreuses discussions ont eu lieu et continueront de prendre place à l’Assemblée nationale française pour pousser l’idée d’un impôt universel qui serait dû par les personnes qui quitteraient la France.
Cette proposition est d’ailleurs à présent soutenue à la fois par la France Insoumise et le Rassemblement National. Pour le moment repoussée grâce à l’opposition des autres partis, cette proposition n’en demeure pas moins dans la tête d’une proportion grandissante des législateurs et le risque qu’une telle mesure finisse par passer est donc loin d’être négligeable compte tenu de l’équilibre des forces.
On peut certes comprendre que les États n’ont jamais réellement bien vu le départ de ses citoyens vers d’autres cieux (notamment fiscaux), et ce même lorsque ceux-ci souhaitent avant tout améliorer des opportunités que leur pays d’origine ne parvient pas à leur fournir. Cependant, la tendance est claire et on doit aussi noter l’accumulation récente des actions concrètes pour les empêcher à présent de franchir le pas ; un État qui vous donne la permission de partir pourrait bientôt ne plus vous la donner.
Bien sûr, nous n’en sommes pas à une interdiction pure et simple de quitter le territoire et, après tout, il n’y a pas de barbelés et de miradors pour quitter l’Europe (pas guère plus que pour empêcher d’y rentrer, du reste).
Mais l’Histoire nous enseigne que les murs ne surgissent jamais d’un coup : ils commencent par un formulaire, un article de loi modifié en catimini, un impôt « de solidarité » qu’on ne peut plus fuir. Et quand les barbelés apparaissent enfin, ceux qui voulaient partir découvrent qu’ils auraient dû le faire quand on leur demandait seulement la permission.





Merci, Monseigneur !
Le coup de l’art 3 qui édicte que :
Le patron a toujours raison
est bien connu comme étant adaptable…
Pour mes commentaires précédents, deux peuvent être retirés de la vue des aficionados.
Et la sécurité des doublons a été prise en défaut… JDCJDR…
A propos de votre dernier paragraphe, rappelons que le mur de Berlin n’a pas surgi du néant telle Athéna surgissant de la cuisse de Zeus. Les frontières est-allemandes avec celles ouest-allemandes ont été blindées préalablement si bien que le statut particulier de Berlin constituait la dernière issue pour « passer à l’Ouest » sans entrave particulière.
Ce trou temporaire dans la raquette a finalement été comblé d’un seul coup…
« qu’il s’agisse de l’Allemagne ou de la France, ces textes laissent une large marge de manœuvre quant à l’interprétation de ce qui est possible »
C’est de plus en plus le cas dans les lois et décrets grançais de permettre de larges interprétations quant à la caractérisation du délit, de la faute, etc…
Mon quart d’heure prioritaire étant achevé, les poteaux, vous pouvez me rejoindre ici !
Je me sens bon, comme le calife Haroun El Poussah… 😛
C’est le traître au sang mêlé, ce socialiste honteux, qui a créé pour la France l’exit tax. Une taxe similaire existait dans le Reich.
C’est symptomatique des socialistes. Des que ça tourne mal, on ferme les frontieres et on transforme un pays en camp de concentration.
et surtout on taxe, pour s’en mettre plein les poches et faire croire que l’on s’occupe du problème (que l’on a créé de toute pièce) : capital.fr/immobilier/a-paris-la-taxe-sur-les-logements-vacants-va-doubler-1525613
Je suis très dubitatif sur la possibilité de rétablir une conscription et le résultat exotique que pourrait produire une mobilisation dans le contexte actuel.
La jeunesse, qu’elle soit diverses ou de souche, une fois les armes de guerre dans leur pogne auraient d’autres cibles infiniment plus prioritaires que les russes. Des cibles bien plus « locales ».
c’est déjà le cas : voir les recrutements police, surveillants de prison et armée….ne parlons pas des flics municipaux…..
Les expériences de confinements covide ont prouvé que c’est parfaitement faisable. Et cela le sera d’autant plus que dans le cas de restrictions de sortie de territoire, cela ne concerne qu’une minorité d’individus que rien ne lie, et dont l’entrave à leur liberté de circuler restera invisible.
pour remettre un service militaire (tel qu’avant 1996), il y a TOUT à reconstruire et il faudrait plus de 10 ans pour y parvenir (au moins).
Faut pas croire , la gestion du personnel est une spécialité du Zizdèbe
Penses tu.
Ils iront se faire casser la gueule comme les copains et nous la casserons si ils ont l’ordre de le faire .
Mouais, mais le copain turcophone ou muzz, il préfèrera sans doute commencer par nettoyer sa section des éléments qui lui sont indésirables, avant d’accepter de risquer leur peau contre qui que ce soit.
Et si le qui que ce soit est russe ou muzz, il y aura des doutes encore plus grands.
Le philo de la cité n’est plus là.
Oui mais le danger, c’est l’extrême droite qu’on vous dit.
Lorsque les jeunes allemands devront demander à l’armée si ils peuvent aller faire leur work&travel en Australie, ce leur fera tout drôle.
Le gvt allemand est malheureusement complètement à la ramasse, ce qui se voit dans les sondages.
Il fallait voir ttes les discussions sur les prix de l’essence. Apparemment, il leur a fallu un WE pour décider de réduire de 17 ct. Ils auraient pu décider en 2 min de suspendre la taxe co2 ce qui aurait eu le même effet. Mais bon probablement les gens se seraint rendu compte à quel point on les arnaque.
Suspendre une taxe, mais tu n’y penses pas.
l’OTAN étant l’outil de colonisation des USA sur l’Europe, peu de chance que les USA s’en retirent et retirent toutes leurs bases en europe…
Ce serait bien pourtant !
Oui, l’OTAN étant un vecteur essentiel de la vente d’arme des US, aucune chance qu’il n’en sorte. Un coup de bluff de plus de Trump, qui laissera nos dirigeants en PLS.
AMHA, il n’y a pas de menace réelle pour la France, mais nos dirigeants s’étant apparemment eux-mêmes persuadés que la Russie allait les attaquer, ils tournent comme des poulets sans tête.
Les armes US… les européens se mettent à changer d’avis, et à considérer plus sérieusement les options alternatives.
A la rigueur, l’Europe peut servir de plaque tournante pour [les tournantes dans les caves ou les beaux salons] le blanchiment de l’argent des contribuables US.
Les USA donne des « aides au développement » que l’UE utilise pour acheter des Patriots qu’ils ne recevront jamais. Et c’est l’industrie militaire US qui y gagne. Garanti que les politiciens US vont voter pour continuer le cirque.
Ou alors les Européens s’endetteront pour acheter des F35 dépassés qu’ils ne recevront pas non plus. Mais les sénateurs US recevront une petite rétrocommission pour les aider dans leurs campagnes électorales…
Ce serait la seule raison pour les USA de conserver une emprise sur l’Europe.
Sauf qu’actuellement, l’Europe ne faut plus rien. Zone géographique ruinée, endettée, sans ressources naturelles, à la limite d’une guerre libanaise balkanisante.
La seule chose à piller, ce serait les cerveaux. Et ceux qui fonctionnent cherchent déjà à fuir, et il suffit de les accueillir.
Ils ont appelé à faire barrage, non ? Ben ils font barrage, voilà.