Paradoxalement, c’est quand les Français prennent des vacances qu’on sait que le pays tourne bien, et c’est lorsqu’ils les annulent qu’on sait que ça tourne au vinaigre. Et, actuellement, c’est exactement ce qui est en train de se produire.
Le récent sondage ELABE/BFMTV éclaire bien la situation : 6 Français sur 10 ont déjà modifié ou annulé leurs projets de vacances à cause du prix du carburant, et 14% renoncent purement et simplement à partir. Ceux qui s’accrochent à leur escapade rapprochent leur destination (61%), réduisent leurs dépenses sur place (60%) ou cherchent des offres au rabais (47%).
Un précédent sondage IFOP, en mars avait déjà remonté des éléments similaires notant une baisse de 9 points sur l’intention de partir, et celui d’avril dénombrait 37% de Français ayant abandonné l’idée même d’un week-end.
Bref, tout un pays pose ses valises avant même de les avoir faites.
Cette ambiance balnéaire de fin de civilisation se reflète dans le dernier baromètre Ipsos de mai : 91% des Français se déclarent pessimistes sur la situation économique (record historique).
Peut-être est-ce à cause d’une inflation qui réaccélère sagement (1,7% en mars, 2,2% en avril), ou d’une érosion cumulée du pouvoir d’achat sur cinq ans, d’une alimentation devenue 21% plus chère et d’une énergie qui a flambé d’un bon quart sur la même période ? Ou peut-être est-ce l’absence de toute réduction des taxes sur le prix des carburants, refusée par un gouvernement au budget momifié avant d’avoir vécu ?
En fait, les Français ont compris que la cavalerie ne viendrait pas car elle a vendu les chevaux pour payer les intérêts de la dette.
Et puisqu’on évoque cette dernière, les chiffres de l’INSEE en mars complètent le tableau avec un déficit public 2025 à 5,1% du PIB et dette publique à 3 465 milliards d’euros, soit 116,3% du PIB, montrant que le trou continue de se creuser de 3,1 points de PIB en un an. La Cour des comptes détaille, l’IFRAP documente, la presse rapporte – mollement – mais le gouvernement déboutonne sa chemise en toute décontraction pour laisser respirer une bedaine de plus en plus obèse.
Du reste, les Français ne sont pas complètement seuls à observer leur pays couler de façon de plus en plus rapide et visible. Bloomberg, relayé par Atlantico, s’inquiète : l’économie française entre dans une « zone de turbulences » sous l’effet de la crise iranienne, et le pays « pourrait avoir du mal à encaisser un nouveau choc géopolitique majeur ».
Non, sans blague ?
Quand un magazine financier new-yorkais arrive aux mêmes conclusions que le boulanger de Montreuil, on doit conclure que le diagnostic est vraiment évident. Mais heureusement, ces nouvelles de plus en plus catastrophiques n’entament pas le moral de nos dirigeants.
D’une part, les petits fours continuent d’arriver et les voitures avec chauffeur continuent de se conduire, et d’autre part leurs esprits sont résolument tournés vers un avenir réjouissant.
Ainsi, en octobre 2025, l’OFCE annonçait 0,7% de croissance pour 2026 ; mais Bercy, joyeusement, tablait fièrement sur 1,0%, soit 0,3 point d’optimisme arraché à la pure conviction, en arrondissant à l’euphorie.
Ainsi, en décembre, lors de ses vœux, Macron saluait la « solidité des institutions », « l’efficacité des armées » et la « tenue de l’économie » : « notre pays tient », martelait-il, formule convenant habilement à une nation prospère… ou à un patient sous perfusion.
Ainsi, en janvier 2026, 20 Minutes titrait sans complexe « Après une croissance 2025 finalement meilleure que prévue, le gouvernement est optimiste pour 2026 ». Avec une victoire à 0,9% de croissance, la barre des espoirs initiaux était visiblement placée à hauteur de chevilles. D’ailleurs, quelques jours plus tard, à Davos, le Président reprenait son couplet sur « une inflation parmi les plus faibles de la zone euro ».
La suite est aussi détendue du slip : le 27 mars, Sébastien Letordu Lecornu manque une luxation de l’égo en s’autocongratulant trop vivement : « quand on tient une ligne simple, sérieux, stabilité, maîtrise, les comptes s’améliorent sans brutalité », le sérieux étant ici un déficit qui passe de 5,4% à 5,1% et la satisfaction, celle de celui qui a pris 6 kilos au lieu de 8 pendant les fêtes.
Mais le bouquet est planté le 7 mai dans un courrier au Medef : « le gouvernement dont j’ai la charge ne déviera pas du cap », ce fameux cap à 3% de déficit en 2029, soit deux points à combler en trois ans, sans plan crédible, mais avec une fermeté communicationnelle de granit.
Avec une synchronisation diabolique, pendant que Lecornu rassure sur la trajectoire de 2029 (dans trois ans), les Français annulent leurs vacances de 2026 (le mois prochain).
L’air du temps a trouvé sa recette de saison : 5% de déficit, 116% de dette, 91% de pessimisme et un doigt de déni. Une préparation pimentée pour un dernier cocktail avant un suicide collectif détendu. On a décrété l’optimisme, on retravaille la garniture en cuisine pendant que la salle se vide, et on continue de commander des nappes en lin pour 2029.
En réalité, les Français ne sont pas pessimistes, ils sont lucides. Le gouvernement n’est pas optimiste, il est suicidaire, et il l’est d’autant plus volontairement que cette feuille de route lui va très bien : irresponsables et protégés de toute conséquence néfaste par un système médiatico-juridique qu’ils se sont taillés sur mesure, ses membres n’ont plus rien à faire des conséquences catastrophiques de leurs gesticulations d’opérette.
Le pillage tranquille a ceci d’agréable qu’il s’effectue sans nuisance sonore : pendant que le contribuable cherche désespérément la moitié d’un plein, eux cherchent posément un point ou deux sur un PIB de plus en plus illusoire.
L’écart n’est plus idéologique, mais temporel : pendant que le gouvernement fait semblant de vivre en 2029, ces futures années où le déficit sera réduit à 3% (mais si, mais si), le peuple continue de vivre au jour le jour, en 2026. Et personne au gouvernement ne veut plus se synchroniser : la fuite en avant continue.
Ce pays est foutu.





legrenierdeleco.com/pas-de-pessimisme-exagere-pour-notre-ministre-de-leconomie/
Et pourtant, le taux des OAT françaises à dix ans dépasse ce matin les 3,9% et frôle les 4% :
fr.investing.com/rates-bonds/france-10-year-bond-yield
Pour les OAT, ce qui frappe, c’est la rapidité de la montée du taux signé que ça ne va pas bien du tout.
Le nombre de boutiques vides est visible, la maladie n’est plus asymptomatique.
Il faut confiner les politiciens.
Gabegie financière dans tous les domaines, pour faire plaisir aux escrolos ou aux électeurs ou aux aux parents
Au final, stratégie à court terme qui ecoeure
Sans vouloir nuancer le constat, que je partage depuis plus de 25 ans que j’ai quitté ce pays de fous, il emble néanmoins que, dès qu’il y a un week-end de 4 jours, les routes sont noires de voitures. J’aimerais savoir la proportion de fonx et assimilés dans cette cohue.
Dans ma jeunesse, nous étions n° 4 ou 5 dans le classement européen du PIB par habitant en ppa. Aujourd’hui, nous sommes à la 25ème place, derrière la Pologne.
Même conclusion: CPEF
Et une fois qu’on sera dans le mur ? J’attends la boule de cristal détaillée pour les mesures bien trempées qui seront prises.
Le tonnage économique va être un peu difficile à digérer pour le FMI ou la zone euro…
Qui va prendre les bonnes mesures ?
Ou va t-on enfin écrire un art58 plus franc que celui de re-taïaut pour qu’il y ait enfin 100% de français optimistes dans les sondages ?
Heureusement, la gabegie est telle en France que le travail des agents du FMI en sera simplifié:
– baisser les salaires des fonx et élus de 20% au dessus d’un seuil bas; plafonner à 8000€/mois tous les salaires des fonx et élus, quelque soit leur poste
– itou pour les pensions
– suprimer les 3/4 des agences gouvernementales
– supprimer toutes les voitures avec chaufeur (ou sans) payées par le contribuable (pour le show)
– Supprimer les aides aux immigrés clandestins et à ceux qui ne travillent pas
– etc.
Je verrais bien nos clowns vendre le pays à la découpe plutôt que de baisser leurs émoluments ou remigrer quelques millions de personnes.
Et puis le FMI, combien de divisions ?
le FMI a les cordons de la bourse, pour les prêts exceptionnels qui devraient aider au redressement, alors on s’arrangera pour faire porter l’effort par les gueux, afin de ménager les esprits supérieurs qui dirigent la dhimmi- dtration – le FMI en aura besoin pour faire appliquer ses directives – …
Je ne suis pas certain que le FMI ait la moindre envie de ménager les responsables du désastre.
et pendant ce temps en Grèce (je le remets) : institutdeslibertes.org/la-grece-rembourse-sa-dette-les-lecons-dun-redressement/
« Au total, la Grèce a bénéficié de plus de 260 milliards d’euros d’aide internationale. »
Il va falloir injecter un peu plus de fric, la Grèce était une paille. Les retraites par répartition représentent par exemple 400 milliards par an.
Et ça n’est qu’un des postes de dépense…
La déconnexion des dirigeants de la réalité doit être liée à celle de la finance de l’économie réelle .
Un commentateur ce matin sur la trépignerie nucléaire trumpesque imagée par IA : » il ne faut pas le croire au mot , mais comme il est acculé … «
« protégés de toute conséquence néfaste par un système médiatico-juridique » euh, pardon, mais ce n’est pas gentil de jeter de l’eau, même propre, sur la magistrature, ce corps intègre, seul garant de la démocratie, unique défenseur de la république, qui ne fait qu’appliquer les lois votées par des z-autres ! 😉
La faute à Trump !
Effectivement, les français ne roulent plus : legrenierdeleco.com/la-consommation-de-carburant-en-chute-de-30-sur-les-10-premiers-jours-de-mai/